Contact
  • Banner SOVAC 728x90

Lecture

Derniere minute

R I V O L I (2éme parties)



Une bouteille renfermant un écrit signé par tous les colons a été scellé et recouverte dans les fondations. Jusqu’en 1852, le centre est administré par les militaires, pour devenir RIVOLI. Tous les hommes devaient être présents matin et soir à l'appel au travail. Chaque soir, extinction des feux.  Pendant cette période des colonies agricoles, RIVOLI était le chef-lieu d’une direction qui comprenait : NOISY-LESBAINS et LA-STIDIA. RIVOLI dépendait alors d’ABOUKIR. C’est le nom d’une d'une ville italienne, sur l'Adige près de VERONE. Siège d'une victoire remportée par Bonaparte sur l'Autriche en 1797. 

La bataille de RIVOLI a eu lieu le 14 et 15 janvier 1797 aux environs de Rivoli Veronese dans le Nord de l'Italie, entre l'armée française et l'armée autrichienne. Elle s’inscrit dans la suite de batailles livrées pendant le siège de Mantoue, menées par l’armée d'Italie du général français BONAPARTE et les armées autrichiennes envoyées pour délivrer la ville. L’auteur d’un Guide d’Algérie de 1855 nous décrit ainsi les premiers pas de cette colonie agricole de 1848 : « Elle est située à l’extrémité occidentale de la Vallée des Jardins, sur la grande route de MOSTAGANEM à MASCARA. Cette colonie, composée de 70 maisons environ, ayant chacune un puits, est sans contredit, après MAZAGRAN, le centre agricole le plus prospère de la subdivision ».  Le voisinage de la riche plaine de l’HABRA n’a pas été d’une faible ressource pour les colons de RIVOLI, pendant les premières années de leur installation. Les travaux de défrichement, rendus pénibles et lents par l’extraction des palmiers nains qui couvrent tout ce territoire, n’auraient pas permis aux colons, malgré toute leur ardeur, de trouver dans leur concession des moyens suffisants d’existence pour leur famille.  

A ce sujet, L’Echo d’Oran du 25 novembre 1848 indique «qu’une souscription a été ouverte à MOSTAGANEM afin de payer les ouvriers ayant l’habitude de ce travail et qui serviront à défricher les lots de jardins des familles les plus nécessiteuses pour la fondation du village de RIVOLI. A la fin novembre, le maire de MOSTAGANEM envoie à l’officier, chef de la colonie de RIVOLI, six défricheurs espagnols».  Les défrichements se font généralement en hiver. La terre y est plus humide et le labeur un peu moins pénible.  Mais le travail ne s’arrête pas là. Les défricheurs vont sécher leurs souches devenant en été charbonniers. La vente du charbon de bois est immédiate et bien rémunératrice. De véritables «armées» de défricheurs se constituent et se déplacent en Oranie au gré des contrats d’une année sur l’autre.  La plaine de l’HABRA leur fut alors d’un bien grand secours, ils y récoltèrent, pendant les premières années, une moyenne de 25 000 quintaux de foin, que l’administration leur acheta.  Maintenant les défrichements et les cultures sont très avancés ; les cultures industrielles se font déjà remarquer ; les plantations publiques ainsi que celles des particuliers ombragent le sol. Les colons ont suppléé à l’absence d’eau courante par des puits ; il y en a un dans chacune des maisons de la ville, et dans presque toutes les concessions, il y a une noria qui suffit aux irrigations. Tous les puits ont de 4 à 5 mètres de profondeur ; quelques-uns même n’ont pas plus de 3 mètres. Parmi les colons de RIVOLI, il en est quatre ou cinq qui se sont distingués, et ce n’est pas sans intérêt qu’on visite leurs propriétés. De ce nombre, nous citerons principalement M. BORDAS, qui a exécuté des travaux considérables, et M. BLOU, dont la propriété est en quelque sorte littéralement couverte par les cultures de tabac et de plantes industrielles : 25 000 pieds de vignes, 500 arbres fruitiers, 100 caroubiers et 200 caféiers ; le tout d’un grand rapport.

STATISTIQUE OFFICIELLE (1851) :

-Constructions : 71 maisons bâties partie par l’Etat, auxquelles les colons ont ajouté 8 hangars, 4 écuries, 39 étables, 9 gourbis, 69 puits.  Bétail (distribué) : 4 mulets, 48 boeufs, 7 chèvres, 41 truies, 18 verrats ;  

-Matériel Agricole (distribué) : 60 charrues, 30 herses, 60 bèches, 60 pioches, 60 pelles, 30 voitures bouvières, 6 brouettes ;  Plantations : 1 180 arbres – 

-Concessions : 415 hectares – Défrichement : 235 hectares – Récoltes (1852) sur 395 ha cultivés en grains, 750 hectolitres de blé tendre, 1 500 de blé dur, 1 330 d’orge, 420 de seigle, 97 de maïs, d’une valeur totale de 36 087 francs.  Pendant la période militaire, des colonies agricoles, RIVOLI a été le chef-lieu d’une direction qui comprenait AÏN-NOUSSY, ABOUKIR, SIDI-CHERIF, BLAD-TOUARIA.

-En 1857, RIVOLI devient une Commune de Plein Exercice.

-En 1888, un Conseiller général de MOSTAGANEM, Monsieur BLOCH, en parle, lui, en ces termes, trente ans après :  « Village agricole prospère qui, avec ses 1 500 habitants, produit dès maintenant 18 000 hectolitres de vin par an ».

-En 1902, la Commune de RIVOLI (1 693 hectares : 679 habitants dont 515 Européens) avait dans ses attributions :

-HASSAÏNIA et CHERABA, douars : )

-DRADEB, douar : ) 1 347 habitants (indigènes) – Surface : 2 241 hectares. -NADOUR, hameau : )

RIVOLI

« …Je quitte MAZAGRAN, toujours par la Nationale MOSTAGANEM-PERREGAUX, qui borde à ce moment la belle vallée du NADOUR, pour entrer bientôt dans un écrin de verdure. En effet, des deux côtés de la route, des arbres énormes et feuillus mêlent leurs branches et forment une très longue tonnelle jusqu’à l’arrivée à RIVOLI. «RIVOLI un village, que j’aime bien, tracé par le génie militaire, ses rues sont larges, droites, parallèles ou perpendiculaires. Son aspect a changé au cours des années 1930. Les vieilles maisons de colonisation ont disparu pour laisser place à des bâtisses modernes dont quelques-unes, comme les villas DESPRES, SAURIN ou CHARPENTIER, témoignent d’un goût certain. La mairie elle-même a fait peau-neuve et dresse sa belle silhouette sur la place de l’église ». «Mon meilleur souvenir est celui que m’ont laissé ses fêtes patronales, parmi les plus belles, sinon les plus belles,  de tout l’arrondissement de Mostaganem. Elles étaient tellement fréquentées que les chemins de fer mettaient à la disposition du public mostaganémois des trains spéciaux qui arrivaient vers 20 heures à RIVOLI pour en repartir vers deux heures du matin, et ce, en dépit des cars et des voitures particulières qui envahissaient toutes les rues du village. Quelle foule ! Quelle cohue ! N’empêche, on s’amusait bien. « Un autre souvenir, teinté de tristesse celui-là : ce sont les inondations que pendant longtemps RIVOLI, construit dans une cuvette, eut à subir. Plus ou moins graves, elles étaient presque annuelles et les anciens gardaient un souvenir reconnaissant à M. GONNARD, leur ancien maire, qui, en 1903, se distingua lors d’inondations particulièrement dévastatrices. «Enfin, ce dernier souvenir qui me vient du cimetière : parmi les tombes, les plus anciennes bien sûr, certaines portent dans l’épitaphe la mention «né à Paris (tel) arrondissement» et rappellent que RIVOLI fut créé, en novembre 1848, avec la bénédiction de l’archevêque de Paris, par 71 hommes, 44 femmes et 82 enfants qui avaient quitté la capitale exactement un mois auparavant. En juin 1962, vivaient encore à RIVOLI des descendants de ces pionniers comme les HAUDRICOURT, CHAVET, SAINT-UPERY, VIGNAU, GRAILLAT, HAMELIN, etc. «Avant de quitter RIVOLI je veux rappeler que le frère de notre directeur, M. Eugène BELLIER, fut un temps le maire du village et que le colonel RIVORY, commandant actuellement la base d’aviation du secteur de Nancy, est le fils d’un petit colon de RIVOLI. Mais je veux aussi rendre un hommage particulier à la mémoire de M. Humbert BOURDIOL.«Humbert BOURDIOL, ingénieur agricole et esprit très curieux, avait appris qu’aux environs de COLOMB-BECHAR on cultivait des blés hâtifs, une variété de blé dur, une variété de blé tendre. Ces blés étaient moissonnés dès le début avril, juste avant que ne soufflent les vents chauds du sud ou que n’arrivent les nuages de sauterelles.  BOURDIOL vit tout l’intérêt qu’il y aurait à acclimater ces variétés de blé dans le Tell. C’était en 1919, il revenait de la guerre. Avec persévérance il se mit à l’ouvrage et il n’eut de cesse jusqu’à la réussite. En 1934, il pouvait semer des blés hâtifs à RIVOLI, l’année suivante on en semait un peu partout dans le Tell, à la grande satisfaction des agriculteurs. Ces blés furent appelés «Florence Aurore» mais, pendant longtemps, ils furent connus sous le nom de «blés Bourdiol …».

ETAT-CIVIL 

Quelques naissances :

-Première naissance en 1848 (03/12) : de TURLUTTE Amandine - Père colon âgé de 32 ans – Mère Ménagère âgée de 22 ans 

-Premier décès en 1848 (25/12) : de SANDRE Julien, âgé de 17 mois natif de Paris - Père, 39 ans, cultivateur ;

-Premier Mariage en 1849 (04/06) : de M. LE ROUX J. Charles (colon natif de Paris) avec Mlle PERIN Anne (SP native de la Meuse) ;

L’étude des premiers actes de Mariage nous permet de révéler quelques origines :

-1850 (24/11) : de M. GELIX Jean (Cultivateur natif de l’Aude) avec Mme (Vve) MARTIN Marie (SP native de la Seine Maritime) ;

-1850 (02/12) : de M. GEORGE J. Michel (Cultivateur natif des Vosges) avec Mlle FOUCAULT Louise (SP native de Paris) ;

-1850 (21/12) : de M. RABION Edmé (Cultivateur natif de la Nièvre) avec Mlle BERNARD Marguerite (SP native de la Meurthe d’alors) ;

-1850 (23/12) : de M. REGNOULT Louis (Militaire libéré natif de l’Eure) avec Mlle LANGLOIS Eugénie (SP native de Paris) ;

-1851 (13/03) : de M. POINTU Claude (Colon natif du Puy de Dôme) avec Mlle CASTILHON Madeleine (SP native des Hautes Pyrénées) ;

-1851 (10/07) : de M. SAMUEL Jean (Colon natif de l’Isère) avec Mlle CHABUEL Marie (SP native de l’Isère) ;

-1852 (08/02) : de M. TUFFIER Hilarion (Colon natif de l’Orne) avec Mlle BARTHOLIN Catherine (Couturière native de la Loire) ;

-1852 (18/03) : de M. BEURVILLE Achille (Instituteur natif de la Marne) avec Mlle MONTALANT Léontine (SP native de Seine et Oise) ;

-1852 (05/05) : de M. REMY Michel (ex -natif de la Meurthe) avec Mlle SCHMITT Barbara (Couturière née en Prusse (Allemagne) ;

-1852 (20/10) : de M. HEMONET Pierre (Colon natif du Morbihan) avec Mlle BILLORET Louise (SP native de Paris) ;

-1852 (08/11) : de M. MASSOUTIER Jean (Colon natif du Tarn) avec Mlle ZIMMERMAN Françoise (SP native d’Alsace) ;

-1853 (19/01) : de M. LUBIN Louis (Militaire natif du Nord) avec Mlle CHERADAME Eulalie (SP native de Paris).                           

A suivre

  • Pub Laterale 2
  • Banner Salem 2