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C H E R A G A S (2éme partie)



En 1849, le centre s'agrandit de 710 hectares supplémentaires avec de grandes concessions (neuf comprises entre 15 et 25 ha, deux de 60 ha «mais aussi vingt-deux de 7 à 8 ha pour des « colons de CHERAGAS qui n'avaient pas de lots)» et un vaste lot communal de plus de 100 hectares.

Apparemment, ce n'est qu'en 1847 qu'eurent lieu, à CHERAGAS, les premiers essais de la culture du géranium rosat. Leur distillation sur place est attestée dès 1851, les produits étant envoyés à Grasse. Dans ce domaine aussi, H. MERCURIN semble avoir été un initiateur: «il cultive beaucoup de géraniums et en tire un parti avantageux, ainsi que des fleurs d'oranger et de plantes aromatiques du voisinage ; il a monté une distillerie dont les essences ont figuré à l'exposition universelle de 1855».  

Plus tard, CHERAGAS fut gagné par la fièvre de la vigne, nouvel élément de sa prospérité. 

CHERAGAS, 1960. – Vue prise de la route de DELY-IBRAHIM côté sud. Au fond, les collines montant vers le BOU- ZARÉAH. Noms des premiers concessionnaires (Source : Thèse de M. Alain SAINTE-MARIE,  universitaire).  Ils sont au nombre de 63 et la lettre «G» indique les colons dont l’auteur a la presque certitude qu’ils sont originaires de GRASSE et de son arrondissement : AIGUIER - ANDOULY - BEUVELET (G) – BOITTEZ – BROC - CHAVANEL – CLERIQUE Antoine (G) - CLERIQUE Jean – CROESY - CROSNIER - DAUMAS – DELANGE - DERTIER – DEVOLFLE - DIDIER – FAISAN – FAISSOLLE (G) - FLAVIEN  - FLORY (G) – FLORY Louis (G) - FUNEL Antoine (G) – FUNEL Pierre (G) - GEOFFROY (G) - GIRAUD (G) – GUIGNON (G) - HENREIK – HUET – HUGUES (G) - LAMBERT  (G) - LEYDIER - MALFRAIN – MANDINE (G) - MARCURIN (G) – MARIANON – MARIAUD - MAUBERT (G) - MAYER – MELLON - MERCURIN  (G) - MURAIRE (G) - NESLER  -  NICOLAS  (G) – ODIER - O’DONOVAN – OURNOLEAUX - PAPILLON - PERI (G) – PORRE - PORTANNIER – PUVEREL (G) – REBUFFEL (G) - RENAUD  - RIEDI - ROCHE - SALOMON – SCHNEIDER - STABLE STRABFORELLY - THOMENC – TRUCK Paul - VIAL (G) – VIAL Guillaume (G) - VIAL Joseph (G) - Ce Blog vous donne également des indications intéressantes sur nos migrants d’alors : http://cheragas.blogspot.com/ , en particulier celle-ci : LA DÉFINITION DU COLON :  

L’émigration comprend deux catégories distinctes de personnes : - Les SIMPLES OUVRIERS qui se rendent en Algérie pour y travailler librement, soit chez les particuliers, soit dans les ateliers du Gouvernement ; et les COLONS qui viennent exploiter, en qualité de concessionnaires, les terres mises à leur disposition par le Gouvernement. Les textes ajoutent savoureusement qu’il faut encore distinguer quatre éléments parmi les colons : «le CAPITALISTE qui, ne voulant pas se livrer exclusivement à la culture, établit des familles sur les terres concédées et les pourvoit de maisons, de matériels d’exploitation, etc. - le PETIT PROPRIETAIRE qui se fixe sur son lot et y fait valoir ses terres à l’aide de sa famille ou de domestiques ; - le FERMIER ou les MÉTAYERS que le capitaliste emploie ; - et le COLON INDUSTRIEL qui est l’aubergiste, le boucher, le boulanger, le menuisier, le charpentier, le forgeron, le tuilier, etc. qu’il faut dans toute agglomération d’habitants ».  

A CHERAGAS, la population initiale sera constituée de petits propriétaires pour l’essentiel. Le plan GUYOT avait aussi envisagé l'implantation d'une brigade de Gendarmerie. Le village centre (Source encyclopédie Notre-Journal) L'arrêté portant formation du village fut promulgué le 22 août 1842, étant paraphé par le lieutenant général BUGEAUD, gouverneur général de l'Algérie. Il prévoyait l'établissement de 60 familles sur une circonscription territoriale renfermant 400 hectares environ, dotée par les Domaines et divisée en 200 lots, territoire qui devait être ultérieurement augmenté de 200 hectares.

L’emplacement désigné était l’ancien quartier de la tribu des Scharayah qui, affaiblie par des émigrations successives dans les premières années de la conquête abandonna entièrement ce territoire en 1840. Pour être plus précis il convient d’ajouter que, si les Scharayah ont bien volontairement quitté l’endroit dans un premier temps, ils n’ont pas été autorisés à s’y réinstaller lorsqu’ils en ont fait la demande en 1842. Mais l’arrêté créant CHERAGAS vient tempérer l’apparente brutalité de ce refus. Il y est précisé, en effet, que si les 400 hectares de la nouvelle localité sont constitués pour l’essentiel de terres domaniales, les parcelles comprises dans ce même territoire et reconnues comme appartenant à des particuliers, sont expropriées pour cause d’utilité publique et font, à ce titre, l’objet d’indemnités dues aux propriétaires dépossédés. C'est devenu un village de colonisation classique : forme rectangulaire, place centrale et réseau de rues en damier. C'est également un carrefour à cinq branches, trois chemins départementaux vers GUYOTVILLE, DELY-IBRAHIM et OULED-FAYET, et deux branches situées sur la RN 41 traversant le village entre EL-BIAR et ZERALDA.  

Au milieu du village une place avec, sur un modeste socle, la statue du buste du Maréchal Pélissier (1794-1864) duc de Malakoff.

CHERAGAS était le village auquel revenait la priorité de l'industrie du crin végétal ; plusieurs fabriques importantes y étaient installées ; mais grâce à la marche du défrichement, elles devront, faute de matière première, émigrer vers le Sud.

L'élevage des bestiaux était favorisé par les nombreux coteaux boisés, où l'herbe croissait en abondance. Les excellentes qualités du lait pour la fabrication de fromages, sous le nom de «Brie de Chéragas», étaient fort appréciées des gourmets.  

CHERAGAS : L’auberge du moulin

Commune de plein exercice 1856 - CHERAGAS est promu CPE, avec deux annexes : STAOUELI et ZERALDA (jusqu'en 1887).  Mairie de CHERAGAS En 1891 la commune était déjà connue pour ses usines de la fabrication du crin végétal, pour un fromage très estimé et aussi ses distilleries pour les plantes odoriférantes, Géraniums rosat, Jasmin, verveine et menthe poivrée. Les distilleries apporteront la richesse et la prospérité au village. La chute des cours en 1908 de ces matières premières amènera des transformations. On plantera alors de la vigne.  

Aérodrome de CHERAGAS 

Le samedi 15 mars 1958 est une date inscrite en capitales dans l'histoire de l'aviation légère en Algérie. Six appareils deux «Norecrin», trois «Jodel» et un «Fairchild» (sur dix-sept que comptait l'Aéro-club d'Algérie) quittèrent ce jour-là la piste de Maison-Blanche, mais ne revinrent pas à leur base habituelle. Comme les oisillons d'une heureuse couvée, envolés de leur nid, ils vinrent se poser en leur nouveau domaine l'aérodrome de CHERAGAS. L'inauguration de l'aérodrome n'est intervenue qu'à la fin de la période française. Même si cela a apporté de nouvelles activités, celles d'un aéroclub et celles d'une école où étaient formés des officiers observateurs pour guider et appuyer les troupes au sol à la recherche des bandes rebelles, ce fut marginal et éphémère. D'ailleurs les personnes concernées ne résidaient pas forcément à CHERAGAS.  

CHERAGAS PAR LA TRAVERSE 

Souvenirs recueillis de la bouche de Monsieur Henri GRAS, fils du receveur des PTT de CHERAGAS.    «Lorsque les Algérois parlaient d’un habitant de CHERAGAS, citoyen ou visiteur de ce beau village du plantureux Sahel, ils ajoutaient plaisamment : «il descend de CHERAGAS par la traverse ». Or à vrai dire, il n’y a pas de raccourci évident pour aller de CHERAGAS à ALGER, la route nationale passant par EL-BIAR étant semble-t-il le plus court chemin. Pourquoi cette expression qui à première vue semble péjorative ?  

«Voici l’histoire : Du temps où il était employé des douanes, Henri FIORI, plus tard député d’Alger, se plaisait à monter des sketches qui étaient joués sur les tréteaux d’un petit théâtre algérois. Dans l’un d’eux, il avait mis en scène une brave campagnarde qui arrivait de sa ferme pour vendre sa marchandise à la ville. Elle arrivait sur le plateau, du côté jardin, avec un grand panier à deux rabats, dont l’un était soulevé par la tête d’une oie qui cacardait bruyamment ; le compère de la revue lui demandait alors d’où elle venait dans cet équipage, et elle lui répondait avec candeur qu’elle descendait de CHERAGAS par la traverse, ce qui avait le don d’exciter le rire des spectateurs.  

«Lorsque plus tard FIORI se présenta à la députation, il fit sa tournée électorale et il eut bien entendu à se présenter aux électeurs de CHERAGAS qui lui avaient gardé une dent pour avoir raillé l’une de leur concitoyenne et lui demandèrent des comptes au sujet de cette moquerie, les femmes s’associant à leurs époux avec autrement plus de violence, bien que n’étant pas encore électrices. Il fut décontenancé et bien en peine d’expliquer la chose en bafouillant quelques excuses, aussi n’eut-il pas dans cette circonscription le pourcentage d’électeurs qu’il eut à BAB-EL-OUED, son fief, malgré les tournées d’anisette qu’il offrit à la ronde. 

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