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Belkacem Bennikous, P-dg de KBS, président de l’Association des polytechniciens : «Le savoir c’est la base du développement d’un pays»



 

Plaçant la notion de la connaissance et du savoir au cœur du développement de l’économie nationale, BelkacemBennikous, P-dg de KBS et président de l’association des polytechniciens et professeur en même temps à l’Ecole nationale polytechnique d’El Harrach à Alger, n’a pas manqué de montrer l’exemple du Japon est des États-Unis, qui sont parti de zéro avant de devenir des puissances mondiale dans différents domaines qui assurent leur propre souveraineté et sécurité sur tous les plans.     

 

Mettant en revue plusieurs expériences et arguments scientifiques pour diversifier l’économie nationale qui se retrouve dans une période cruciale de son histoire, ce professeur qui se caractérise par sa simplicité et son extraordinaire modestie, a bien voulu répondre à bon nombre de nos questions qui vont dans le sens du développement des TIC et du numérique, avant de placer le pays dans le diapason des nations qui se développent dans le monde.   « Toutes les entreprises, les startups et les TPE commencent petites. Le constructeur des avions aéronautiques, était une petite entreprise. Aujourd’hui, un géant mondial dans la construction des avions. C’était toujours comme ça. Ça commence petit et puis ça se développe, surtout quand il y a ancrage du savoir dans les entreprises startups et dans  toute entreprise », dit-il pour mieux saisir les opportunités de développement de l’entreprise algérienne.  Rencontré à l’occasion de la tenue de la 4é édition de la GEW à Alger, cet expert dans le domaine des technologies, a bien voulu exprimer ses préoccupations et espoirs qui vont dans le sens du développement et de la diversification de l’économie du pays, afin de se substituer aux hydrocarbures qui sont limités dans le temps. 

 

Crésus : Voulez-vous  faire une présentation succincte de l’Association des polytechniciens que vous présider ?  

Belkacem Bennikous : L’Association des polytechniciens connaît trois types d’adhérents. Les chercheurs, les professeurs de l’encadrement pédagogique qui dépend directement de l’Ecole nationale polytechnique et, enfin, le troisième type  une quinzaine d’adhérents qui seconsacreà la fois à l’enseignement et à la recherche. Ils sont très bien adaptés aux normes ISO 9001 et tout ce qui est reconnu dans le monde de la recherche scientifique à travers le monde. Cette association de polytechniciens travaillent exactement avec la même méthode pratiquée dans les écoles connues dans le monde, en plus des personnels de l’administration qui dépendent directement du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Au total, ils sont entre 500 est 600 membres adhérents constituant la base de notre association qui œuvre dans le sens du développement des technologies en Algérie. La deuxième catégorie d’adhérents, appelée variableXlest constituée d’étudiants. Cette année, on a commencé par ce que l’on appelle les prépas1 et l’année prochaine on aura les prépas 2. C’est l’équivalent de master 1 et master 2 qui vont avoir lieu directement à l’école pour réparer les étudiants à la spécialité. Les spécialités sont au nombre de 15, et je précise qu’elles ne sont pas prises au hasard. Nous avons des spécialités qui répondent aux besoins du développement des technologies de notre pays, à commencer par le génie industriel, génie minier, chimique, mécanique et toutes les spécialités sont prises en compte. Les étudiants qui viennent à l’école polytechnique doivent avoir un 18/20 de moyenne générale au baccalauréat. Donc, on peut dire et avancer d’or est déjà, que ce sont  en quelque sorte des génies de l’Algérie qui accèderont à l’école polytechnique. Et pour ce faire, l’association des polytechniciens jouera un rôle considérable pour maintenir le cap des promotions sortantes, et ce, grâce à l’apport direct des entreprises du FCE avec une moyenne de 300 société à peu près et également 300 groupes pour les entreprises publiques. On aura à peu près entre 750 000 et 800 000 PME/PMI, à l’instar des startups présents à la rencontre de l’entrepreneuriatship qui s’est tenue du 16 au 22 novembre à Alger.

Qu’en est-il justement de l’importance de cette rencontre appelée GEW ?

Pour nous, on considère cette organisation comme un événement fondamental. L’Ecole polytechnique a pris conscience de l’importance du GEW (Global EntrepreneurshipWeek) il y aplus d’une vingtaine d’années. Ce n’est pas une idée venue de nous, mais ça a été soufflé par l’Unesco. Et c’est ce dernier qui a encadré cette école,ce qui lui a valu d’avoir une renommée mondiale. Pour cela, on doit dire que l’école est classé première dans le continent africain. On n’est pas classésdans les tops dans les grands thèmes,le puzzle, c’est vrai, c’est parce que nous ne sommes pas encore organisés suffisamment pour atteindre le niveau des écoles comme Harvard, Stanford, Maïté, HCEI, Polytechnique de France etc., mais, dans notre milieux de fréquentation, nous sommes vraiment bien placés. D’ailleurs, je voudrais aussi parler de la troisième catégorie de fréquentation qui regroupe les universitaires diplômés, comme les masters, les ingénieurs et les docteurs qui sont en tout, plus de 16000 diplômés avec qui nous sommes en bonne fréquentations.   Disons, qu’il est question de plus de 80% qui sont utilisés par les multinationale, notamment les entreprises Américaines, le canadiennes et également dans le continent européen, dont essentiellement la France, et le Japon pour l’Asie. Pratiquement, nous sommes présents dans les cinq continents de la planète. 

Organisé en réseau, on essaye d’apporter  le maximum de matière grise qui réponde aux besoins de l’Algérie.Tous les pays se sont développés grâce au savoir et à la connaissance à l’exemple du Japon qui n’a aucune ressource naturel, si ce n’est la matière grise.Avec le savoir, le Japon possède le premier PIB dans le monde.Il est toujours présent dans le management et le High Tech,toujours présent dans la médaille du Field et des prix Nobels.  Ce sont là quelques exemples de ce pays qui s’est développé en mettant le savoir et la connaissance au service du développement de l’économie. C’est ce que nous voulons faire de notre pays de manière durable en diversifiant les ressources du pays et sortir de la dépendance des recettes des hydrocarbures qui sont arrivées à terme.

Le GEW a commencé depuis 2010 en Algérie. Qu’en est-il des résultats depuis ?

Après son élection, le Président américain, Barack Obama,qui savait que le développement de l’Afrique et du Moyen- Orientpeut se faire à travers le développement des entreprises. Barack Obama l’a dit lors de sa visite au Caire, qu’il allait aider l’Afrique et le Moyen-Orient non pas par les discours et les paroles mais par la connaissance et le savoir qui viennent des entreprises qui tirent l’économie des pays vers le haut. Il a dit clairement que la croissance des entreprises commence par la création et le développement des startups. Et quand on parle de startups, on fait allusion à la connaissance et au savoir que l’on doit mettre en valeur et placer à la base du développement pour aller de l’avant dans tous les secteurs et domaines d’activités au service d’un pays.

L’Algérie accuse un grand retard dans le développement des TIC qui sont à la base de toute évolution et croissance. Pourquoi justement a-t-on accusé tout ce retard, ne serait-ce par rapport aux pays voisins, alors que l’Algérie est aux commandes de développement des TIC ?

Certes,  on est en retard, mais on n’est pas dans le retard accumulé.Il faut dire et reconnaitre qu’il y a des entités à l’image des Polytechniques où les mêmes cours se font aux États-Unis, en France et ailleurs. Mais, il faut aussi dire qu’on ne communique pas assez pour faire connaître nos avancées dans tel ou tel domaine et secteur d’activité. Nous sommes constamment des protestataires. La première comparaison que l’on fait,  c’est avec l’Amérique, le Japon et tout autre pays très avancé dans le monde du savoir.

Pourquoi, justement, l’on ne communique pas assez, pendant que d’autres pays le font de manière régulière et transfrontalière, alors qu’on vit une mutation très rapide avec le monde des TIC ? 

On peut dire que l’on manque beaucoup et surtout dans le monde de la formation. Il faut également investir dans le domaine de l’entreprise et s’engager à former dans un domaine très répandu qui réponde aux besoins de l’entreprise.Et il faut disposer d’un grand nombre d’instituts et écoles de formation en matière de  ressources humainesdans divers spécialités tant en qualité qu’en quantité, afin de satisfaire la demande des entreprises.

Par conséquent, ce que demandent les entreprises, c’est d’abord le management. Ceci dit, on ne peut pas diriger une entreprise si l’on n’est pas formé en conséquence.Aussi,on ne peut pas diriger une entreprise sans avoir les outils et les connaissances managériales qui montrent les voies et techniques de conduire la société vers des objectifs positif et une croissance de manière continue. Beaucoup de chefs d’entreprise travaillent dans la facilité parce que leur produit est demandé. Mais, dans une situation de compétitivité et de concurrence du marché, le manager doit avoir une formation assez solide pour faire face aux aléas du marché dans toutes ses dimensions.Cela y va de soi. Si l’on veut par exemple exporter un produit, on est obligé de se mettre au niveau de la certification ISO. Il faut aussi connaître et maîtriser beaucoup de choses pour surpasser le concurrent étranger et arracher une part de marché importante et continuer dans le sens de la croissance économique.

 

Que faut-il comme moyens humainset financiers qui permettent la création de Startups ?

Pour répondre à la question, je prends l’exemple de l’école polytechnique qui forme chaque année quelque 300 diplômés dans la spécialité. Déjà, bien avant la sortie des promotions, les étudiants ont déjà des projets de fin d’études. Quand ils sortent de l’école, ils ne vont pas aller chercher à travailler dans une entreprisedans la mesure où ils sont déjà aptes à créerleur entreprise ou startup.

Comment passer à la concrétisation après le prérequis ?

Nous avons beaucoup de relations avec l’ANPT (Agence Nationale des Parcs Technologiques) de Sidi Abdellah qui gère la fameuse silicone vallée de l’Algérie et nous bénéficions de tous les moyens qui existent à l’ANPT pour accompagner les startups au niveau de Sidi Abdellah. Nous avons des accords solides avec eux et le Ministère de tutelle. 

Le volume des startups reste insignifiant par rapport aux attentes. Avez-vous des statistiques dans ce sens ?

Personnellement, je n’en ai pas. Mais, je sais une chose, c’est qu’au niveau global, l’Algérie crée 70 entreprises startups pour 100 000 habitants.Aujourd’hui , pour être au niveau de la moyenne mondiale, il faut atteindre le niveau de 350 entreprises startup pour 100 000 habitants. Donc, 350 moins 70 entreprises startups créées par an pour 100 000 habitants, on aura finalement 280 entreprises startups de déficit en Algérie. Ce qui fait un déficit global de plus de 1.200.000 de startups.

Avez-vous quelque chose à ajouter pour conclure ?

Je dirais que je suis très heureux de voir les Algériens s’intéresser à la création des startups. Je vois que l’Algérie est très bien placée dans certains concours internationaux. Et ce qui me fait encore plus de plaisir, c’est de voir aussi l’école polytechnique décrocher les meilleurs prix dans les GEW. Depuis le lancement de GEW en 2010, ce sont toujours les diplômés de l’école qui décrochent les meilleurs prixau niveau mondial, mais très peu de gens le savent.

 

Peut-on avoir l’apport des TIC en termes de PIB Algérie comparativement à quelques pays avancés ?

Je n’ai pas le chiffre exact, mais je sais qu’il y a un effort extraordinaire pour améliorer les choses. Le fait d’avoir un ministère entier dédié au développement de la poste et TIC, cela veut dire que l’État accorde une grande importance au développement des TIC qui s’acquitte d’une mission extrêmement importante en Algérie. Je pense que cela, va apporter de grands résultats. Mais, il ne fait êtres pressé dans ce domaine. Bien que la technologie n’est pas régit par la vitesse, mais, beaucoup plus par l’accélération. C’est-à-dire, au moment oùvous m’avez posé la question, à la fin de ma réponse tout a changé dans les TIC. Donc, il faut avoir cette faculté de s’adapter à cette accélération de la technologie des TIC.

 

Ou on est on actuellement en termes de classement dans le monde ?

Disons que ce sont des classements qui se font selon des critères qui sont en dehors de notre connaissance des tenants de ces concours. Nous ne sommes pas consultés. Mais, je pense que le puzzle pour être dans le Top open, doit exister. Il suffit au fait d’être partisan de l’international.

 

Qu’en est-il de l’importance du partenariat et de la création d’emplois dans ce domaine ?

Tous les pays du monde, posent le problème du partenariat. Le leader mondial dans les TIC, c’est les USA et le Japon. Il suffit de faire la prospective.Pour atteindre le niveau, le Japon a mis 20 ans. Donc, aujourd’hui, pour arriver au niveau de l’Amérique ou du Japon, je dois travailler 20 ans. C’est à dire, en 2050, je vais avoir le même niveau que le Japon, c’est déjà pas mal pour le pays. Nous serons déjà à niveau appréciable et ça va être très facile pour arriver au niveau de ces pays.

En termes de création d’emplois, je dirai que c’est un secteur extrêmement important pour le pays. Cela va permettre la création d’emplois en fonction de la création est diversités des startups. Et ça permet aussi et surtout de se placer dans le management de l’excellence. Il faut aller très vite dans les TIC pour réussir le domaine du numérique. L’environnement du travail numérique, n’est pas encore touché par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ainsi que le ministère de la poste, des télécommunications, de l’information et de la communication, et encore moins le secteur de l’éducation national ainsi que le ministère de la formation professionnelle. Il faut absolument s’y mettre pour être au diapason de l’évolution des technologies des TIC et du numérique.  Lorsque on commencer la formation du numérique dans les différents secteurs que je viens de citer en plaçant la formation moderne, c’est déjà placer l’Algérie au niveau moyen mondial. D’un autre côté, si l’on regarde du côté de tous les pays qui sont au diapason de l’évolution des TIC, on dit titre souvent que 2050, sera la troisième révolution du numérique est de l’hydrogène et sur lesquelles seront bâtis les futurs pays de 2050 et 2060.

L’hydrogène est déjà présent dans les véhicules qui sont dans la norme ISO14001. Ces véhicules qui rentre dans le cadre de la protection de l’environnement, ne dégagent plus de  CO² mais, c’est du HD². C’est extraordinaire. 

Les pays qui développent plus numérique aujourd’hui,c’est le Japon. Le pays qui développe les piles à combustibles, c’est le Japon.  Chaque année, le Japon organise un congrès des piles à combustibles. Tous les pays participent à ce congrès.

Entretien réalisé par A.mar C. 

 

 

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