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OLIVIER DE LA GUERONNIERE, DG D’AMANA ASSURANCE EN ALGÉRIE, AU ZOOM DE CRÉSUS, «Ne pas importer tel quel le produit français….»



Nous avons, dans nos multiples et précédentes éditions, parlé du domaine des assurances tant ce dernier est très important. Utiles ou obligatoires, les assurances c’est selon les appréciations de chacun. Dans cette édition, et dans le Zoom de Crésus, diffusée aussi sur Al Hayat TV, nous parlerons des assurances avec un partenaire étranger la MACIF française qui s’est contractée avec la Société algérienne des assurances -SAA- dans le cadre de la règle 51/49 pour créer AMANA assurance, spécialisée dans l’assurance des personnes. En matière de chiffres, la MACIF en France c’est 1400 délégués, 515 points de ventes, 25 centres d’appels, 18 millions de contrats, 6,2 milliards d’euros de chiffre d’affaire, et plus de 400 millions d’euros de résultat. Olivier de la Guéronière, représentant de la MACIF et DG d’AMANA Assurance, a bien voulu être notre invité pour répondre à quelques-unes de nos questions.

Crésus : Quel est le climat des affaires en Algérie ? 

Olivier de la Guéronnière : Cela fait plus de quatre ans que je suis ici en Algérie où j’ai eu un accueil formidable de la part de l’ensemble de l’environnement économique. Les gens m’ont un peu regardé au début, puis très vite adopté. C’est un vrai bonheur de travailler dans cette économie jeune et avec un potentiel absolument considérable pour n’importe qui arrive de l’extérieur. C’est vrai qu’avec le choc pétrolier et la baisse du prix du pétrole, on ressent quelque ralentissement dans l’économie mais le potentiel d’un pays de 42 millions d’habitants avec des richesses avérées, une jeunesse formée…, le potentiel reste considérable.  Je précise que je suis le DG d’AMANA Assurance, une entreprise algérienne avec un actionnaire français, la MACIF, et des grands actionnaires algériens, la SAA, la BADR et la BDL. 

Nous avons eu des croissances de l’ordre de 20% durant plusieurs années, c’est vrai que l’économie a ralenti mais le potentiel reste le même et nous continuons à investir d’une manière résolue et décidée. 

Comment se sont faits les accords entre la MACIF et les entreprises algériennes ?

Dans le monde entier, d’une manière générale, une règle qui veut qu’on ne met pas dans un même bilan les assurances dommages et les assurances des personnes, existe. Un peu comme dans les banques, certains pays ne mettent pas dans le même bilan la banque des affaires et la banque des particuliers. C’est pour des raisons de protection. En Algérie, pour des raisons historiques, ce n’était pas le cas. La loi de 2006,  entrée en vigueur en 2011,  a imposé aux assurances une spécialisation.  A partir de là, les plus grands acteurs se sont retirés. Il y a quand même un milliard de dinars à mettre en capital. Et donc le premier assureur dans ce pays, par la taille et par les ressources, la SAA, a décidé, afin de créer sa compagnie d’assurance de personnes, de s’allier avec un partenaire français où le marché est plus développé et c’est la MACIF.AMANA Assurance, filiale de la SAA, qui propose l’assurance de personnes à tout le public algérien, a été créée avec 41 % pour la MACIF, 51 pour la SAA et le reste entre la BDL et la BADR.  La MACIF qui apporte un savoir-faire provisoirement plus avancé, et la SAA, la BADR et la BDL qui ont des réseaux de distribution sur tout le territoire national…

La MACIF, via AMANA, utilise le réseau de la SAA donc ?   

AMANA possède 5 bureaux régionaux, et c’est surtout une base pour des animateurs commerciaux et qui vont dans les différents réseaux de nos partenaires. J’ajoute qu’à ces actionnaires, qui sont nos principaux distributeurs, se sont ajoutées des compagnies qui n’avaient pas envie de créer leur filière d’assurance des personnes comme Alliance, la Trust… qui distribuent les produits d’AMANA. Au total, sur le territoire, un réseau de 800 points de vente où les produits d’AMANA sont disponibles.

Alors, sur le terrain, en quoi se concrétise le savoir-faire de la MACIF ?

Il ne s’agit d’aller déballer, tel quel, ce qui se fait en France avec la MACIF. J’ai compris cela en arrivant en Algérie. Ça n’a aucun sens. 

Pourtant c’est un modèle qui marche en France… 

Bien sûr, mais aujourd’hui les assurances de personnes en Algérie sont à un niveau extrêmement faible.  Les Algériens ne connaissent pas. 

Si, quand même, avec les crédits pour les logements AADL, LPP… l’assurance vie est rentrée dans la culture algérienne…

Oui, mais pas assez. Même si vous comparez les statistiques avec les pays voisins, le niveau reste très faible en Algérie. Donc, il faut populariser ce produit, il faut le faire comprendre au consommateur. Donc, il ne faut pas partir avec les produits qu’on fait en France et les importer, car il y a des dizaines d’années de distances entre les deux pays. Il faut partir du consommateur algérien. Lui proposer des produits sains qui répondent à des besoins déterminants et pas chers. Petit à petit, dans quelques années, je suis certain que nous aurons les mêmes produits ici qu’en Europe. La démarche est de faire naître une industrie d’assurance. C’est celle-là notre mission. Quand on regarde les pays qui ont émergé économiquement, on note toujours une corrélation entre les dépenses d’assurance et le développement économique. L’assurance favorise le développement économique. 

L’assurance des personnes touche à la sécurisation des parcours des gens…

L’on remarque qu’en France, il y a toujours de nouveaux produits. L’assurance des deux comme les trottinettes, avec ou sans moteurs… enfin de nouvelles pistes de réflexions… qu’en est-il chez nous ? 

AMANA est une assurance de personnes. Si la MACIF et la SAA ont décidé de faire ça ensemble, parce que justement ils se connaissent depuis longtemps. Les deux roues c’est la SAA, cette boîte extraordinaire qui est dans un processus de transformation magnifique. N’oublions pas que la SAA a l’âge du pays avec le travail de M. Sais qui fait un travail de modernisation…  après, les choses doivent venir. Le dernier produit qu’on a sorti en France, et dont vous parlez, vient à la suite d’un public et d’une histoire. Et entre la MACIF et la SAA, il y a un travail de transfert de savoir-faire, c’est certain. Transfert de compétence, aussi… après, c’est à la SAA de décider à quel rythme doivent aller les innovations. 

La question qui se pose est pourquoi la MACIF s’intéresse à l’assurance vie en Algérie pour un public désintéressé et laisse d’autres segments d’assurance comme ceux des dommages  auto…?

La MACIF est le leader en assurance auto en France. L’opportunité qui s’est présentée pour la MACIF en Algérie n’était pas sur l’automobile. Ce qu’on a proposé à la MACIF c’est de créer en commun une société d’assurance-vie.

C’est qui ce «on» ?

La SAA. 

Comment se fait la réflexion sur un nouveau produit chez AMANA ?

On part du besoin du client. On commence par des produits simples et c’est à nous d’être intelligents  pour réfléchir à d’autres produits qui répondent aux besoins des gens…

Mais là on revient au sujet sur l’assurance, est-elle utile ou obligatoire…

C’est exactement cela. Aujourd’hui, les gens se mettent en assurance quand c’est obligatoire. Donc, c’est l’assurance automobile, c’est obligatoire. Quand on demande un visa, la réglementation européenne impose une assurance voyage… Si on reste simplement à la perception du citoyen, on n’a pas à faire le métier d’assureur. Il faut que le citoyen comprenne à quoi sert l’assurance. L’assurance permet d’entreprendre, en tout point de vue, dans la vie. Car derrière vous aurez un filet de sécurité. Notre mission est de faire comprendre aux gens qu’ils achètent l’assurance non pas par obligation mais par envie. 

Comment cela se fera, par un matraquage médiatique ?

Oui, mais d’abord il faut régler les problèmes. Certaines boîtes ont du retard dans l’indemnisation des assurés. Il faut avant de faire le matraquage médiatique, faire un peu le ménage. 

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