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M. Fares Mesdour, «SONATRACH, gérée aujourd’hui par un éméché, détenu et blanchi»



Un expert qui fait actuellement le buzz sur les réseaux sociaux eu sur les plateaux de télévisions. Apprécié par sa franchise sans mesure, Fares Mesdour, pressenti pour jouer un rôle dans la phase de transition ou dans la conférence nationale souhaitée par le président sortant, a été notre invité du Zoom de Crésus -émission coproduite par Crésus, Primium et El Hayat TV. 

Dans ce qui suit, une synthèse de son propos… 

Crésus : Si l’on devait analyser ce mouvement de jeunesse, le hirak, est-il vraiment spontané ? Y aurait pas un encadrement quelque part ?

Fares Mesdour : Cette jeunesse est sortie suite à des pressions psychologiques qui les empêchent de vivre. Ce mal de vie a duré assez longtemps. Ce mal de vie l’a poussée au suicide, à ce jeter en Méditerranée dans le seul but de quitter ce pays qui l’a rejetée. Et ce, à cause de gouvernants qui l’a déprimée. Des gouvernants qui n’ont proposé que le désespoir. Le problème est que cet état des choses a perduré. Il a d’autant perduré que nous le vivons depuis les années 90. Je suis de la génération des années 70 et j’ai vu des gens fouir le pays et la mort dans ces années-là. Et c’est légitime de fuir la mort. Par contre, notre jeunesse fuit le désespoir aujourd’hui. Une mort beaucoup atroce. La jeunesse, aujourd’hui, quitte le pays parce que les gouvernants ont tout fait pour lui faire croire que l’Algérie est un pays pauvre, un pays qui ne recèle aucune richesse, un pays d’austérité. Sobhane Allah, comparons de ce que dit la science sur l’Algérie, ce que disent savants et chercheurs au sujet de l’Algérie, et ce que disent ces gens-là au sujet de l’Algérie. Ces gens-là nous rabâchent à longueur d’année que notre pays n’a pas de grands moyens, que nous n’avons que le pétrole et le gaz. C’est la grande déroute. C’est  donc tout à fait normal que cette jeunesse fuît le pays. Cette jeunesse a patienté. Longtemps. Nous disons sabr Ayoub. Mais Sidna Ayoub n’a patienté que 16 ans. Les Algériens ont patienté 20 ans. Sidna Ayoub a vu sa chair se désintégrer alors que les Algériens  c’est leur âme qui se désintègre. Écoutez les slogans inspirés par ce fatal désespoir : «Cartonna fi Roma wella villa fel houma». Il faut analyser ces slogans psychologiquement. Donc aujourd’hui barakat.  

On est d’accords sur votre analyse, mas je parlais de cet encadrement, un mouvement tellement structuré qu’on aurait dit qu’il y a une main organisatrice derrière… 

 Je suis comme vous, certain que derrière cette masse de jeunesse, il y a des stratèges. Des conseillers spécialistes en sociologie, en psychologie et, éventuellement, dans d’autres domaines. Des orientations ne sont pas à exclure dans ce mouvement organisé. Parce qu’en face, il y d’autres gens qui ont vendu leur conscience et dont il faut s’en préserver. Des gouvernants qui sont fiers de prétendre que tout va bien, que l’État a construit 4 millions de logements, 10.000 kilomètres de chaussée goudronnée… En résumé, ils nous ont rempli le ventre des produits d’importations et bourré notre pays de béton. Mais le problème se situe à quel niveau ? Le problème est que les Algériens n’ont même pas participé à la construction. C’est le Chinois qui l’a fait. Le Chinois a trouvé une place en Algérie, alors que l’Algérien n’a que des yeux pour voir. 52 000 chinois travaillent en Algérie. Sans oublier les Italiens, les Turcs, les Espagnoles, les Américains… Sans oublier les expatriés des pays européens qui ont décroché des marchés en Algérie. 

Regardez les gens d’Ouargla qui se sont soulevé à chaque fois en réclamant une place dans le marché du travail, des jeunes diplômés. Et nous ? criaient-ils. On en déduit donc que tout cela a été sciemment programmé pour faire peur à cette jeunesse. La faire fuir son pays. Le pire est le réflexe des années 90. Ils faisaient peur aux gens en brandissant l’éventail de la mort des années 90. Ouyahia, le démissionnaire ou le démissionné, a joué sur cette peur. Ould Abbes l’a brandi. Le président de l’APN, idem. Je pose la question : Cette menace constitue un délit ou pas ? Le fait de manipuler les gens par la peur des années 90, est une menace. La loi de la réconciliation civile interdit d’évoquer cette période. Ces gens ont osé le faire piétinant cette loi, le sacre du Président sortant. On leur a rien fait. Qui veut dire que tout a été conçu pour manipuler le peuple. Sauf que le peuple aujourd’hui accepte de mourir, et le message des années 90 ne lui fait plus peur. Sauf qu’aujourd’hui, il n’accepte plus cette issaba au pouvoir corrompu. Le monde entier sait que ce pouvoir est corrompu. 

L’Algérie, c’est 32 millions d’hectares de terre arable de Tighenif à Biskra, 4 saisons et un climat modéré et nous importons notre blé de France. Question : La France est mieux gâtée géographiquement que nous ?

Mais on dit toujours que l’Algérien ne bosse pas, l’Algérien n’a pas la culture du travail, l’Algérien est un citoyen assisté…

On dit aussi que la population active est de 11 millions de travailleurs. Et si ce peuple ne travaille pas, comment vivions-nous avant ? Avant que ces gens accaparent le pouvoir, comment vivait ce peuple ? Comment étions-nous dans les années 80 ? Dans les années 70 ?

Nous étions endettés et au bord du dépôt de bilan. Le FMI nous guettait et les dents des loups luisaient pour nous croquer vivants… 

Nous étions endettés à cause des handicapés mentaux qui nous gouvernaient. Ces handicapés qui empêchaient la jeunesse d’innover. Feu Kasdi Merbah a voulu faire une révolution agraire avec les Américains sur un million d’hectares. Qui a arrêté ce projet ? Dans chaque hectare 120 tonnes… bien sûr ce sont ceux qui profitent des pavillons français, le pavillon français. Avec ce pavillon la ristourne des gens était assurée. Ce n’est donc pas de leur intérêt que l’Algérie récolte son blé. En final, le pays a été géré par des gens sales et corrompus. Corrompus à la moelle. 

La science nous dit que l’Algérie pourrait nourrir toute l’Afrique. Exporter au monde entier. Et je défie quiconque. Allons juste à Ménéa. Cherchons l’histoire coloniale de cette ville. Ménéa exportait des roses. Si dans cette ville, presque aride, la culture des roses est possible, que dirions-nous des autres villes algériennes ? Ménéa offrait ses roses tous les dimanches et mardis à la reine Elizabeth… qu’en est-il de cette ville aujourd’hui ?  Une ville qui couve une qualité d’eau la mieux appréciée au monde. Les Égyptiens investissent dans cette ville, car sa qualité de coton dépasse celle de l’Égypte. Les Irlandais ont investi dans une concession de 50000 hectares dans cette ville, pourquoi ? Pour info, petit pays dans les dimensions de la ville Ghardaïa, l’Irlande exporte l’équivalent de 125 milliards d’euros. 100 milliards pour les services et 25 milliards d’équipements agricoles. Et nous ? Notre économie ne pèse que 700 millions de dollars répartis entre deux grandes sociétés. 

Nous avons été l’objet d’un crime économique, un crime contre le pays.  

Ce pouvoir va plier bagage, quelles sont les garanties pour que le peuple aille  se (re) mettre sérieusement au travail ?

J’étais récemment en Malaisie, et croyez-moi où j’ai rencontré un petit homme d’affaires. Il s’est dit prêt à ramener en Algérie une centaine de savants pour aider le développement de l’Algérie sans contrepartie. 100 savants, chacun dans une spécialité bien définie. Sans cela, faisant appel à notre diaspora, à nos savants qui profitent aux autres. 

Mais nous n’avons pas cette envie de faire appel ni aux uns ni aux autres. Nous excellons dans le mépris de nos professeurs d’université, nous excellons dans l’importation de la drogue… Voilà la drogue dure qui arrive, et quelle drogue, celle qui est liée au trafic d’armes. Ces gens ont voulu noyer l’Algérie dans la drogue et les armes venues de Libye. En d’autres termes, ils voulaient détruire cette jeunesse.  

Que devrions-nous faire maintenant ?

Première des choses à faire, un audit. L’économie algérienne a bouffé 1500 milliards de dollars.  Où est tout cet argent ? 

Vous n’êtes pas de ceux qui sont en train de crier haut et fort de tout oublier et faire table rase de ses pertes ? L’essentiel est de récupérer le pays et voir naître une deuxième République ? 

Jamais. Nous avons trop pardonné. Dans les années 90, il y avait ceux qui luttaient et ceux qui faisaient de l’argent. Nous avons pardonné. Mais maintenant impossible. Ils ont tout détruit : l’éducation, l’enseignement supérieur ; l’économie, la finance, l’agriculture, l’industrie… Il nous faut un audit dans tous les secteurs.  À commencer par SONATRACH. Cette entreprise gérée aujourd’hui par un ex-détenu. Un type qui ose faire face au gens en étant éméché. Les vidéos révèlent tout. 

 

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