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MADJID MEDDAHI, PDG DE GRANITEX, «L’entreprise existe pour apporter de la plus-value à l’homme»



Il n’est pas de récurrence de parler d’entreprise. L’entreprise est la première pierre dans l’édifice de l’économie d’un pays. Elle est aussi emblématique de l’environnement dans lequel elle évolue. Bref, en résumé, une entreprise qui réussi est un signe précurseur d’une économie politique réussie. 

Pour parler d’un exemple de réussite, le PDG de la société Granitex, M. Madjid Meddahi, a bien voulu être l’invité des colonnes de Crésus et du Zoom de Crésus programmé dans la chaîne TV El Hayet… 

Crésus : Quel est M. Meddahi, le secret de la réussite si tant est pour réussir il faille d’autres secrets que ceux du travail ? 

Madjid MEDDAHI : Merci de m’avoir donné cette occasion de m’exprimer sur les colonnes de votre hebdomadaire Crésus et dans votre émission Le zoom de Crésus afin de parler de notre entreprise. En effet, nous existons depuis 1969 historiquement. Granitex a tout d’abord fabriqué des revêtements de sols et murs. Ensuite des enduits et des colles. Depuis 18 ans, Granitex fait beaucoup de produits chimiques d’intra cimentaire et beaucoup de produits également d’intrant dans l’acte de bâtir, l’acte de construire. C’est de la valorisation intrinsèque d’usage de matériaux en général. Usiner du béton à construire, c’est très facile et très aisé, en tirer des performances mécaniques et développer de la durabilité et l’efficience sur l’homme et l’environnement est ce qu’il y a de plus intéressant dans l’entreprise. L’entreprise existe pour apporter de la plus-value à l’homme et à l’environnement.  À l’homme, dans sa sérénité de consommation. Consommer un produit qui ne doit pas porter atteinte à la santé, un produit qui ne développe que de la plus-value. Un habitat qui ne développe que de la sérénité d’habiter. Et de la durabilité et la préservation de l’environnement. 

On parle beaucoup de cette efficience… On découvre ce mot alors que les anciens construisaient dans les normes et le respect de cette dernière… 

Absolument… Il faut cette efficience et cette efficacité. Et il faut beaucoup de moyens pour la développer. Beaucoup de regard pour l’efficience. 

Ma pensée aujourd’hui est que nous consommons des dollars pour ne développer que du dinar. 

L’habitat en Algérie consomme de l’énergie, ce secteur est très énergétivore. À l’avenir il nous faut travailler avec des matériaux isothermique et isophones. Travailler sur le comment améliorer l’acte de bâtir, comment arriver à diminuer la facture énergétique qui est payée en dollar. Sonelgaz est très gentille de nous fournir de l’énergie conventionnée et ça serait bien d’aller économiser dans les 40% de cette facture. 

C’est autant agréable d’entendre ce discours que nous avons envie de savoir un peu plus sur l’homme. Qui est Madjid Meddahi, l’homme aux commandes de cette entreprise ? 

J’ai fait mes premières études à Ben Aknoun, institut de technologie et du commerce, mais très courtement, car il fallait accepter des contrats de fidélité avec l’institution, et ce qui n’était pas ce à quoi j’aspirais. J’ai poursuivi mes études au Canada à l’université de Sherbrooke où j’ai appris beaucoup de choses. J’ai fait un diplôme de microstructure de matériau  de construction avec des développeurs de matériau de troisième millénaire, ce qui fait qu’aujourd’hui à Granitex, nous faisons beaucoup de recherches. 

Quelle différence entre les études ici et là-bas ?

Ma croyance à moi est que l’ingénieur est le même qu’il soit algérien ou japonais, européen, américain… Il doit réfléchir pour développer. Nous avons des capacités avérées et nous travaillons beaucoup avec l’université algérienne. Nous élaborons des programmes de recherche avec le professeur Abadlia Mohammed Tahar qui était à l’époque patron de l’université de Boumerdès… Un brillant chercheur qui reste incontournable dans le béton. Nous avons des éminences aussi bien en chimie, je citerai les gens de Blida, les gens de Biskra, de Msila, de Constantine. L’ingéniosité existe en Algérie.    

Pourtant la réputation d’incompétence colle à la peau de l’Algérien... 

Oui absolument… On nous l’a dit. On nous le dit, politiquement aussi. Ce qui a détruit toute créativité, toute ingéniosité algérienne…

La confiance en soi ?

Bien sûr ! Et de notre part, nous sommes fiers d’être arabo-berbéro-musulmans et ça aurait été très facile pour nous de s’associer avec des étrangers. On se tape l’argent et tout. Mais ce n’est pas à quoi nous aspirons. Nous sommes des ingénieurs et notre souci est d’arriver à être ingénus. Nous avons tout à faire dans notre champ. Granitex propose des additifs chimiques pour béton qui donnent de la performance de durabilité et des performances mécaniques au béton qui donnent du confort à l’habitat et qui économisent de l’énergie. Qui ralentissent les flux sonores. Nous sommes à un carrefour très intéressant dont le secteur est nourri d’une belle maîtrise d’œuvre qui a eu à connaître une évolution certaine. Une potentialité d’un marché en croissance. 

Aujourd’hui, le marché algérien est très attentif à l’innovation. Cette dernière existe et elle est possible, chez nous et dans tous les champs de construction en Algérie. 

Est-ce que le lobby pétrolier bloque l’émergence d’autre formes d’énergies : renouvelable, solaire etc., afin d’assurer cette efficience énergétique dont nous parlions ?

Aujourd’hui, nous avons le pétrole. Que ferons-nous demain ? C’est connu que les pétroliers sont les pourvoyeurs de fonds. Notre belle compagnie pétrolière nationale devrait se pencher un peu plus sur les énergies alternatives. Nous avons des ressources incommensurables, très intéressantes.     

C’est bien beau, mais te rappelles-tu de ce fameux appel d’offres sur le solaire qui a abouti sur 150 mégawatts après deux ans dans le tiroir des bureaucrates qui voyaient grand ?

C’est une question de volonté politique.  C’est bien beau la phraséologie politique. La politique a besoin de business concret. Il faut passer à l’action, ce n’est pas sorcier. L’énergie alternative a été pourtant produite par nos aïeuls. Nos constructions en Kabylie et à l’intérieur du pays nous renseignent sur le mode de consommation énergétique de nos grands-parents. La géothermie, nos grands-parents la maîtrisaient. Construire avec des matériaux isothermes et isophones, ils l’ont fait. 

N’allons pas trop vite avec les éoliennes…  Doucement. 

Tu as parlé et tu es aussi un spécialiste en chimie. Des labos à Granitex ? Comment fonctionne t-il ? A-t-il intégré un département d’intelligence économique ? Travaille-t-il sur des formules ? 

On n’invente pas le fil à couper le beurre. Nous faisons la même chose partout dans le monde dans ce domaine. L’espionnage industriel c’est juste comment tricoter. Je ne suis pas quelqu’un qui croit au principe pompeux du transfert de technologie. La technologie, ça se vole, ça s’acquiert. 

Ça s’achète aussi, non ?

Je te vendrai une fausse technologie. 

Donc l’espionnage industriel s’impose,  c’est que t’es en train de dire ?

Ah oui, bien sûr, Monsieur. On rentre dans un laboratoire, on ouvre les yeux, les oreilles, les doigts et les mains… et on pique même la poubelle.  

Il y a d’autres méthodes : payer un lobbyiste…  

J’en conviens, oui, oui…  Il y a des approches beaucoup plus intelligentes que cela. Des approches de coopération avec des compagnies d’envergure pour avoir des marchés… 

Justement sur ce volet de coopération, Granitex importait ses produits de Corée…  

Oui, on travaille beaucoup avec le Japon, le monde asiatique… Avec l’Amérique du nord pour une question de prix. C’est une question de rayonnement humain. J’ai beaucoup travaillé avec les chercheurs américains, canadiens et asiatiques. Une question de prédisposition psychologique.   

Il y a aussi un projet avec le leader de la chimie en France, ARKEMA ?

J’adore ARKEMA. ARKEMA est une histoire d’hommes et de croyants. De valeurs aussi.  C’est une compagnie éthique. 

Avec eux il y aura beaucoup de projets. Des projets de développement mutuels. 

Quelle est la progression de croissance de Granitex ? 

Le marché national est dopé par des marchés publics. Notre croissance à nous est de 22 % en moyenne avec un chiffre d’affaires de 960 millions de dinars. 

Une ambition de produire en Afrique où j’ai beaucoup d’amis, car exporter n’est pas intéressant pour nous. 

 

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