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MOHAMED AYOUB HAFI, DG DU COMPTOIR DE LA PATIENCE, «L’offre Tashil vise à faciliter la vie aux Algériens»



Le crédit à la consommation, interrompu en 2009 en raison de la facture des importations, a été réinstitué en 2015 à la faveur de la prolifération des usines de montage automobile et de l’électroménager. Les institutions financières proposent toutes sortes de crédits à la consommation, allant des produits classiques jusqu’à ceux dits hallal ou compatibles à la chari’a. Pour répondre à toutes les questions que le consommateur se pose, le zoom de Crésus a le plaisir d’inviter Ayoub Hafi, un concessionnaire multimarques et promoteur de l’offre Tashil pour l’achat de véhicules neufs sans intérêts.

Crésus : Le crédit à la consommation est par définition un produit des institutions financières. Pouvez-vous nous parler de votre entreprise, le comptoir de la patience et de son statut ?

Mohamed Ayoub Hafi : Le Comptoir de la Patience est une entreprise  créée, en début d’année 2018, sur la base de plusieurs études effectuées ces dernières années et qui ont relevé les difficultés qu’il y avait sur le marché national, notamment pour ce qui est du crédit à la consommation. En réalité, nous ne faisons pas des crédits mais nous donnons des échéanciers aux clients. C’est la différence entre la banque et nous. La banque prête de l’argent. Nous, nous avons constaté que beaucoup de consommateurs algériens ne pouvaient pas acquérir un véhicule au vu des   montants pratiqués. Notre projet a été lancé officiellement le mois d’octobre 2018. Nous avons fait le choix des véhicules après avoir vu toutes les marques existantes. Nous avons choisi les véhicules les moins chers et la moyenne gamme, et pas trop le haut de gamme. En résumé, nous faisons la vente par échéancier.

Dans les informations que vous avez communiquées à ce sujet, vous avez exigé un salaire minimum de 30 000 DA pour l’acceptation du dossier. Cette somme c’est une fois et demie le SNMG. Une famille composée de trois à quatre personnes vit sur le rasoir avec cette somme. Alors pourquoi avoir fixé ce seuil minimal ?

Dans la vie, il faut faire des sacrifices. Et l’offre qu’on fait n’est pas une obligation mais un choix. Choisir un salaire de 70 000 DA serait plus rentable et plus facile pour nous mais on ne voulait pas bloquer les clients. Autre exemple : un salaire de 100 000 DA et un remboursement de 30 000 DA par mois ne va pas prendre beaucoup de temps. Mais on sait qu’une bonne partie des salariés algériens perçoivent des salaires bas. Donc la catégorie de consommateurs que nous ciblons ce sont les fonctionnaires. Leurs bas salaires les poussent à trouver des petits boulots qui leur permettent d’arrondir leurs fins de mois. Je les classe parmi les catégories les plus sérieuses car ces gens-là connaissent le coût de l’argent.

Sur la question de l’apport initial, on note que vous prenez en charge les véhicules à hauteur de 30%, de 50% et de 70%. Sur la formule de 30%, le citoyen apporte donc 70% du prix du véhicule. Où est l’intérêt pour vous ?

Dans ce cas de figure, on est bloqué par le salaire. Notre premier inconvénient, c’est le salaire. Les personnes qui ont un salaire de moins de 50% n’atteindront jamais le seuil de 50% car leur salaire ne suffit pas. Un salarié de 30 000 DA, cela nous fait une retenue de 9000 DA par mois et un total en 60 mois de 540 000 DA auxquels vous ajoutez les 50% restants de l’apport personnel à savoir 540 000 DA. Cela donne 1 080 000 DA et il n’y a pas de véhicule à ce prix-là sur le marché algérien. La garantie accordée par les concessionnaires des véhicules est de 5 ans. Ailleurs, elle peut atteindre 7 ans.  Mais 5 ans, c’est déjà une large période.

L’intérêt du crédit à la consommation c’est de permettre au citoyen d’accéder à la propriété. Si on ne donne pas le temps nécessaire au consommateur d’acquérir son bien, quel est l’intérêt ?

Le souci n’est pas dans le crédit ou dans la démarche. Il est dans le bien qu’il va acquérir. Un bien immobilier entretiendra toujours sa valeur, mais pas un bien automobile qui perdra sa valeur en cinq ans, surtout avec le renouvellement rapide du parc automobile. Si on pouvait acheter dans le marché parallèle des véhicules d’occasion, on l’aurait fait. Mais cela coûte plus cher aujourd’hui en Algérie. Mais cela va se régler avec le temps.

A propos de l’octroi du crédit et de l’assurance liée au crédit, est-ce que vous êtes souverain dans l’étude du dossier ou bien vous êtes liée à une institution financière ?

A notre niveau, il existe une commission qui est présidée par un juriste qui étudie les dossiers déposés. Il y a des critères de sélection. 

On doit s’assurer que le demandeur n’a pas contracté un autre crédit pour ne pas dépasser le seuil de 30 000 DA. Un salarié solvable, stable dans son travail peut obtenir le véhicule. Ce sont là les critères principaux que nous pratiquons. Donc, vous voyez bien que le dossier n’est pas compliqué. On s’intéresse à l’essentiel : la solvabilité et le paiement mensuel.

Il y a par exemple des personnes qui contractent un crédit mais qui se retrouvent dans l’incapacité de le rembourser. Comment faites-vous ?

Dans pareil cas, ce n’est pas à nous d’agir. Il y a une assurance-crédit qui prend en charge les différents risques qui existent. Il y a aussi la conduite en état d’ivresse, la conduite sans permis, l’accident, la fausse déclaration le non-paiement. On s’acquitte d’une assurance qui intervient  à partir du troisième mois de non-paiement et qui prend le dossier en charge. L’assureur effectue le remboursement et entame les démarches adéquates.

Et le capital investi par votre société comment sera-t-il remboursé  ?

Ce sont les assurances qui nous remboursent. Les assurances s’occupent de tout.

Vous travaillez avec les concessionnaires. Quel type de contrat vous lie avec eux ? Vous payez cash et vous revendez le véhicule par la suite ou bien vous avez une remise sur chaque véhicule vendu ?

Ce volet est un peu compliqué chez nous en Algérie. Je dirai qu’on agit au cas par cas. Chaque concessionnaire a sa méthode de travail, son règlement intérieur. Il y a ceux qui travaillent par seuil, ceux qui travaillent avec une remise fixe, ceux qui travaillent par quotas. Pour l’heure, on s’adapte aux règles du concessionnaire car on est nouveau sur le marché. Nous avons l’ambition d’être leader sur ce segment, mais d’ici là on suit le marché et ses règles. On choisit les véhicules qui sont demandés par nos clients, on les achète et on les leur revend.

Est-ce qu’il y a des constructeurs plus flexibles que d’autres ou des constructeurs plus stricts que d’autres ?

Chaque constructeur a sa méthode.

Je voudrai qu’on aborde la question du prêt halal, conforme à la charia. Si on fait un comparatif des prix, une banque a un taux classique qui est vérifié. Par contre, cette question de mourabaha pousse les citoyens à payer plus alors que s’ils vont dans une banque classique ils payeront moins cher. Pouvez-vous nous expliquer cette différence ?

Je ne saurai vous répondre au nom de mon organisme. Cependant, ce que je peux vous dire, c’est que nous travaillons beaucoup avec les entreprises publiques auxquelles on délivre la marchandise et on attend un mois et parfois une année pour être payé. Dans les transactions, il y a le bénéfice et l’intérêt. Le consommateur algérien en général a un problème avec l’intérêt. Nous, on prend un bénéfice, c’est clair. Mais, on ne prend pas d’intérêt. Par exemple, si je vous vends un véhicule à 1 400 000 DA, à la fin de l’échéance vous n’allez payer que 1 400 0000 DA et pas plus.

Mais le bénéfice c’est l’intérêt. Cela revient au même. Le taux d’intérêt c’est le bénéfice. Mais si je comprends bien, le citoyen se dit : si j’achète un véhicule avec le mode de calcul de la chari’a, c’est bien même si je le paye à un prix excessif. Est-ce que ce n’est pas une petite arnaque commerciale ?

Au niveau des banques, on prend en considération le montant du crédit, la durée du crédit et les échéances de remboursement. Dans le calcul islamique, on vous vend un véhicule à un prix fixe en tenant compte de tous les critères. Chez nous, cela se passe autrement. On avait prévu de vendre le véhicule au prix du concessionnaire et on comptait pour cela sur les remises du concessionnaire. Mais ces dernières ne sont pas motivantes – certains concessionnaires pratiquent des remises de 10 000 DA seulement -, et même avec l’économie d’échelle les revenus en cinq ne suffiront même plus pour payer les salaires des employés. 

Heureusement que dans d’autres secteurs, il y a le chronomètre, c’est-à-dire que nous avons des remises qui vont de 10, 15, voire 20% sur le montant acheté. Pour le véhicule, la remise n’est pas vraiment motivante. On fait une augmentation qui est bien étudiée. Elle n’est pas importante car comme je dis toujours, nous sommes des prestataires de service. La différence entre une banque est nous c’est que la banque vous donne un crédit. Elle ne vous suit pas mais elle suit son crédit. Nous on vous vend un véhicule et on suit le véhicule. C’est pour cela que nous avons créé d’autres avantages. De petites expériences vécues nous ont donné ces idées d’avantages que nous avons inclus dans notre offre, tel l’assurance tous risques, les 10 bons de carburant.

Justement, parlons de l’offre Tashil qui est l’offre qui vous distingue en ce moment des autres prestataires. De quoi s’agit-il ?

Commençons par l’assurance qui est un des ennemis des automobilistes. Dans le cas où il y a un sinistre, le remboursement prend généralement beaucoup de temps. A notre niveau, nous avons pris le soin d’éliminer cet écueil. Comment ? S’il y a un sinistre, c’est nous qui prenons la réparation. Nous devenons l’interlocuteur entre nous et le concessionnaire et nous et l’assurance. Le client n’a qu’à prendre son véhicule pour la réparation. Si son véhicule ne peut pas être déplacé, on lui envoie une assistance. Le véhicule de remorquage prend le véhicule et si le concerné se trouvait en famille dans son véhicule, l’assistance lui envoie également un véhicule taxi pour le raccompagner lui et sa famille ou les personnes qui sont avec lui. 

Dans la convention qu’on signe avec le client, il est prévu également une assurance médicale en cas de sinistre du véhicule ou même à domicile. Si un client a un souci médical à la maison, il n’a qu’à appeler à un numéro et dans les minutes qui suivent une ambulance et un médecin se présentent chez lui et l’accompagneront jusqu’à la prise en charge du malade. On parle d’une globalité de l’assurance.

Par ailleurs, le salarié qui perçoit un salaire mensuel de 30 000 DA va mettre tout son argent de côté pour acquérir un véhicule. En plus, le salarié ne pourra même pas disposer du salaire qui correspond au mois de l’acquisition du véhicule. C’est pour cela que nous avons cru bon d’insérer dans notre offre 10 bons de carburant qui vont l’aider pour circuler pendant un minimum de deux mois et de prendre en charge aussi les frais d’immatriculation du véhicule ainsi que la première vidange. Le client dispose donc de deux à trois mois pour remonter son budget.

Votre offre est vraiment alléchante que vous avez sans doute bien étudiée. Est-ce que vous avez des demandes par rapport à votre offre ? Quels sont les échos qui vous parviennent des clients ?

Je n’ai pas de chiffres par rapport à cela mais je peux vous assurer que nos employés travaillent même chez eux pour répondre aux demandes tellement les heures de bureaux ne suffisent plus. On a beaucoup de demandes et beaucoup d’offres mais nous veillons à ce que ça soit toujours structuré. On veut passer toujours par les œuvres sociales, les conventions primaires, pour bien connaître nos clients.

Vous avez déjà commencé à distribuer les véhicules ?

Nous avons commencé à la fin de l’année. Mais l’opération va connaître un rythme plus poussé à partir du 20 janvier 2019. Pour avoir des véhicules immatriculés en 2019, les clients ont préféré attendre le début de l’année pour se lancer dans l’opération.

Je vous souhaite une bonne continuation et je vous laisse le soin de conclure cet entretien.

Le projet Tashil est là comme son nom l’indique pour aider les gens. Celui qui allait acheter un véhicule à 1 million de DA peut prétendre à mieux avec l’offre Tashil. Le marché est assez grand. Jusqu’à 250 000 véhicules sont vendus par an. Nous comptons vendre entre 1 000 et 2 000 véhicules durant la première année. Nous ne dominerons pas le marché mais on facilitera la vie à au moins 2 000 personnes.

 

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