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Karim Isker, représentant de la société ARKEMA, leader de la recherche en chimie innovante



Arkema est un groupe chimique français, acteur mondial de la  chimie de spécialités et des matériaux avancés. Le groupe emploie 19 800 personnes dans près de 55 pays. Issu de la branche Chimie de Total, Arkema a pris son indépendance en 2006,  favorisant l’émergence d’une nouvelle entreprise dédiée à l’innovation et à la performance.

«Cap sur l’Algérie»

Karim Isker, directeur du Développement revient sur le parcours et les ambitions du Groupe et présente ses projets de développement en Afrique du Nord, et tout particulièrement en Algérie.

 

 

Quand et comment est né le Groupe ARKEMA ? 

Karim ISKER : Arkema est née en 2004, suite au spin-off d’une partie de la branche chimie de Total. Une équipe de management constituée d’anciens hauts responsables de la chimie de Total et d’Elf a pris en mains les destinées de cette nouvelle société pour lui donner une impulsion et bâtir un groupe chimique tourné vers les matériaux et solutions d’avenir. La société a été mise en bourse en mai 2006. Nous avons énormément grossi depuis notre sortie du Groupe Total. Notre chiffre d’affaire a cru de 3 milliards en 11 ans pour atteindre 8.3 milliards d’euros en 2017.  Nous visons un CA de l’ordre de 10 milliards en 2020.  Pendant le même temps, notre capitalisation en bourse a été multipliée par 4, Arkema affichant aujourd’hui l’une des toutes premières performances de la bourse de Paris.

 

Arkema est présent dans combien de pays ?

Dans 55 pays sur lesquels nous opérons 136 usines.  Majoritairement présents en Europe  et en Amérique du Nord au début de l’aventure, nous nous nommes par la suite fortement développés sur le continent asiatique porté principalement par la croissance chinoise. Nos revenus se sont équilibrés sur ces 3 zones : 38% en Europe, 32 % en Amérique du Nord, et 30% en Asie et reste du monde. L’objectif est d’atteindre 33% en Asie et reste du monde en profitant d’une croissance toujours soutenue dans l’est asiatique, même si la Chine a ralenti ces dernières années, et d’un marché dynamique en Afrique du Nord et Moyen Orient. 

 

Qu’est-ce qui fait qu’Arkema est perçu aujourd’hui comme un groupe solide ?

C’est sa culture d'innovation, sa proximité avec ses clients et sa volonté de s'adapter en permanence à un monde qui bouge.  Arkema innove autour de 6 plateformes de recherche orientées sur les grands enjeux du développement durable : les nouvelles énergies, les matériaux biosourcés, le traitement de l’eau, l’allégement des matériaux, l’amélioration de l’habitat, l’électronique. Un changement de cap d’une chimie autrefois traditionnelle vers une chimie de spécialités. Nous sommes une société dans laquelle la recherche occupe une place importante : 3% de notre chiffre d’affaires est consacré à nos efforts de R&D. Nos équipes de recherche sont fortes de 1600 scientifiques, répartis dans nos 13 centres de Recherche en France, aux Etats-Unis et en Asie. La société peut être fière de figurer pour la 7e année consécutive dans le Top 100 des entreprises les plus innovantes au monde au côté de sociétés comme Apple, Google, Nike… Arkema est l’une des 5 sociétés chimiques figurant dans ce classement. Notre ADN c’est la recherche de nouveaux matériaux toujours plus innovants. 

 

Quel investissement représente l’innovation pour Arkema ?

Nous investissons de l’ordre de 250  millions d’euros chaque année. Nos chercheurs travaillent en collaboration avec nos clients sur leurs problématiques concrètes, mais ils sont aussi très impliqués sur des projets de long terme, pour rester parmi les leaders de demain. Les produits issus de la recherche mettent généralement entre 5 et 10 ans avant d’être fabriqués à l’échelle industrielle. Aujourd’hui Arkema récolte les fruits  de sa recherche dans de nombreux secteurs : nos polymères techniques 6 fois plus légers que l’acier, et à la tenue mécanique comparable, remplacent de nombreuses pièces métalliques dans les voitures et les avions et permettent ainsi d’économiser le carburant, nos matériaux utilisés dans les panneaux  photovoltaïques améliorent considérablement leur performance et durée de vie, nos polymères fluorés sont utilisés dans les batteries au lithium pour optimiser leur puissance, nos produits d’isolation hautement performants permettent un habitat à énergie positive, nos peintures à base de PVDF Kynar® Aquatec offrent une garantie de durabilité grâce à leur résistance exceptionnelle aux rayons solaires. Nous avons développé aussi des résines très performantes utilisées pour  la filtration de l’eau. La liste est longue … Mais l’innovation, c’est le pari gagnant que nous faisons pour demain. 

 

Quelle est votre rôle chez Arkema ? Quelles sont vos ambitions en Afrique du Nord ?

En tant que directeur du développement Business Corporate, rattaché à la Direction générale du Plan et de la Stratégie, j’ai en charge d’identifier les opportunités de développement à l’international, d’aider nos Business units à implanter leur usines et développer leurs ventes. J’ai contribué à déployer nos activités dans des pays comme l’Arabie saoudite ou le Maroc ou nous étions peu présents et y ai bâti un réseau solide pour asseoir notre notoriété. Accroître notre présence en Afrique du Nord et plus particulièrement en Algérie constitue aujourd’hui ma priorité, convaincu du fort potentiel de développement dans cette partie du monde. Nous pouvons aider dans beaucoup de domaines. Nous avons des solutions pour que tous puissent par exemple accéder à l’eau potable à moindre coût grâce à notre système de filtration innovant qui permet d’éliminer totalement les virus et bactéries. Nos produits permettent aussi d’accompagner le développement de l’électricité solaire, de produire une énergie verte et accessible dans les lieux les plus reculés et ne plus dépendre du prix du pétrole. Nous sommes prêts à collaborer avec les acteurs locaux, privés ou publics, pour créer un « local content » fort qui permettra de minimiser le recours aux importations et  d’amener de la valeur ajoutée aux pays en créant des emplois. La croissance en Afrique a redémarré et pour une société comme Arkema il est important d’y être. Le Maroc a développé une politique de «local content» forte. L’Algérie fera pareil. Il n’y a pas de secret. Il faut être présent et saisir les opportunités pour se déployer. On est tout à fait prêt pour cela.

 

Vous avez effectué un voyage officiel en Algérie en février 2018 dans le cadre de la visite de la délégation du Medef français. Qu'avez-vous à nous dire à ce sujet ?

C’était pour moi un voyage-découverte. J’étais impatient de revenir en Algérie, après de nombreuses années d’absence. J’ai trouvé le pays changé. Beaucoup de choses ont été faites au niveau des infrastructures notamment dans le domaine des routes et les transports. Ce que j’ai vu montre que le pays avance. Néanmoins l’emploi reste préoccupant chez les jeunes et c’est pourquoi  la politique du «local content» doit être encouragée pour créer plus d’emplois. Il faut encourager l’investissement privé, national ou étranger, qui est pourvoyeur d’emplois.  J’ai entendu beaucoup de critiques sur la lourdeur administrative, les retards de paiement, la règle du 51/49 qui freine l’ardeur des investisseurs étrangers. Mais à mon sens il faut surtout qu’on donne aux investisseurs plus de visibilité ! Quand on investit massivement dans des industries comme la nôtre où les temps de retour ne sont pas immédiats, il faut de la visibilité, il ne faut pas que les règles changent tous les deux ans.

 

Privilégieriez-vous plutôt un  partenariat avec le secteur public ou le secteur privé ?

Arkema est ouvert à tout type de partenariat que ce soit dans le secteur privé ou public. Lors de mon voyage avec le  Medef, j’ai eu l’occasion de rencontrer Sonatrach et des sociétés du secteur privé. Les discussions ont été riches et tous se sont montrés ouverts à étudier des collaborations. Arkema est désireux d’amener ses meilleures solutions techniques en Algérie, à y développer une offre de services adaptée et d’aider à la formation des jeunes ingénieurs algériens. 

 

Quelles sont les prochaines étapes pour votre développement en Algérie?

Nous avons développé une approche par «marché» qui nous permet aujourd’hui de mieux accompagner les besoins du client. Nous sommes prêts à  rencontrer dès à présent les acteurs de ces grands marchés que sont le Pétrole et le Gaz, l’Eau, les Energies Nouvelles ou la Construction, présenter nos différentes solutions et discuter des bases d’une collaboration concrète.  La priorité sera de renforcer notre présence dans le domaine du Pétrole et du gaz et d’étudier des partenariats dans le domaine de l’eau qui est un véritable enjeu de société. Mais nous n’exclurons pas bien sûr les autres opportunités qui pourraient se présenter, par exemple dans le secteur de la construction ou l’expertise développée dans le domaine des matériaux isolants et adhésifs au travers de notre filiale Bostik permettrait d’accompagner le fort développement du secteur. Nous avons déjà un bureau de liaison à Alger qui travaille principalement pour les additifs pétroliers et qui nous épaulera dans notre développement futur.

 

Qu’en est-il du Maroc et de la Tunisie ?

Nous sommes présents au Maroc ou nous avons une usine de fabrication de colles à Casablanca (Bostik). Nous souhaiterions être davantage présents dans le domaine des phosphates et des engrais ou nous avons développé une gamme large d’additifs, tant pour l’extraction du phosphate, la chimie du phosphorique et les engrais. Avec la Tunisie, nous n’avons pas d’activité industrielle mais la chimie des phosphates et du phosphorique nous intéresse également. Il y a la possibilité de sourcer localement notre matière première pour la fabrication de nos gaz réfrigérant à partir de déchets phosphoriques.

 

à part le Maghreb, où y aurait-il aussi des opportunités ?

Nous voyons beaucoup d’opportunités pour  nous développer sur le marché africain. Notamment dans le secteur minier, pétrolier, de l’eau et de l’habitat. Une  base de production au Maroc ou en Algérie nous permettrait de vendre sur le marché africain avant d’envisager de nous y établir.

 

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