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Denis Mercier, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air



Renouer avec la volonté de chercher des technologies disruptives qui soutiendront les développements industriels futurs, en prenant des risques. Considérer que l'innovation n'est pas l'idée mais la mise en œuvre de l'idée, même si elle n'aboutit pas. Travailler en écosystème en associant de façon équitable des partenaires atypiques aptes à penser différemment.

«Pour une Europe de l’innovation !»

Crésus : Quels sont votre vision et souhait pour soutenir le développement d’une vraie EUROPE DE L’INNOVATION au service de l'humanité ? 

Dénis Mercier : Ma vision est que l'Europe définisse l'innovation comme un axe prioritaire dans une politique commune de non-dépendance aux grandes puissances. Que les nations choisissent ensemble les sujets et investissent sur des axes porteurs d'une réelle souveraineté correspondant aux valeurs de l'Europe, en impliquant les jeunes générations et un large écosystème qui ne soit pas limité aux seuls grands groupes industriels.  

 

Comment envisager l'évolution des stratégies d'évaluation et de financement de l’innovation ?  

Privilégier l'innovation de rupture sans recherche du retour industriel et assurer une grande flexibilité de l'organisation en clarifiant les règles respectives de la gouvernance et du management. Dans ce modèle (projet J.E.D.I. développé par la France et l'Allemagne mais avec une perspective européenne), la gouvernance a pour but de fixer les sujets, désigner les équipes, établir les budgets des projets et les suivre avec un niveau de tolérance permettant d'assurer une large initiative aux directeurs de projets y compris dans la décision d'abandon. Ces projets doivent pouvoir associer à totale égalité des représentants de l'industrie, grands groupes ou PME/start-up, des chercheurs, des personnalités qualifiées, des universitaires, etc., en encourageant la multi-nationalité. Les projets doivent éventuellement permettre la réalisation de prototypes. La question de la propriété intellectuelle doit être traitée (échelle européenne ou lien avec le financement du projet selon l'utilisation de fonds communautaires ou de fonds engagés par les pays participants ou d'une autre approche permettant l'association avec des entreprises privées). Les régions doivent pouvoir s'engager dans les projets sous réserve de leur participation financière. 

 

Comment envisagez-vous prendre en compte en même temps les enjeux de Tech-Push et Market-Pull, faisant évoluer aussi les stratégies et outils d'évaluation et de coévolution des projets d'innovation, de co-financement ? 

 L'outil DRL-TRL est intéressant pour favoriser les synergies entre différents acteurs dans une approche asymétrique et gagnant-gagnant.

L'idée du projet J.E.D.I. est bien d'encourager le risque pour cibler les technologies disruptives avec un haut niveau de risque assumé, plutôt que la recherche de l'industrialisation. Mais l'adoption d'un modèle hybride permettant d'associer l'industrie qui bénéfice de l'IP est à étudier de près selon le modèle du DRL.

 

Quel conseil pour les générations des entrepreneurs et intra-preneurs innovants du 21e siècle ? 

 Renouer avec la volonté de chercher des technologies disruptives qui soutiendront les développements industriels futurs, en prenant des risques. Considérer que l'innovation n'est pas l'idée mais la mise en œuvre de l'idée, même si elle n'aboutit pas. Travailler en écosystème en associant de façon équitable des partenaires atypiques aptes à penser différemment. Penser les bouleversements que l'innovation peut amener sur les organisations et les business models.  

 

Quelle est votre plus belle expérience dans l'innovation ? 

Avoir convaincu 29 pays (OTAN) de la nécessité d'investir et de développer une feuille de route sur l'innovation, même si elle est disruptive pour les concepts et usages habituels.

 

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