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Chroniques

Derniere minute

Pour quelques dollars de plus



Qu’attendons-nous pour choisir la voix du modernisme ?

Détrompez-vous, il ne s’agit pas du western spaghetti de Sergio Leone des années 70. Même si je l’aurais intitulée : «Pour une poignée de dollars», autre film culte du même réalisateur, ma chronique se veut être solennelle comme le sont la crise économique et l’inflation galopante. On ne badine pas avec le nerf de la guerre. Sinon… 

 

Sinon quoi ? Hé bien… «Le bon, la brute et le truand» se mêleront de ce qui ne les regarde pas. 

 

Le pain quotidien

Vous m’avez compris. Il s’agit bien d’argent, et même qu’il s’agit de monnaie d’échange ; scripturale ou fiduciaire, qu’importe, du moment qu’elle est sonnante et trébuchante. Qu’importe si elle (la monnaie d’échange) nourrit le peuple et ses anges gardiens. Plutôt ses anges gardiens pour qu’ils continuent à voler des ailes et apporter au petit peuple sage comme une image son pain quotidien.

Le 15e  Forum international de l’énergie (IEF 15) se tiendra  du 26 au 28 de ce mois à Alger. Il réunira plus de 600 participants étrangers. Les 73 pays membres du forum ainsi que les compagnies pétrolières et gazières seront représentés par d’éminents experts en la matière. Une autre rencontre, et pas des moindres, est programmée dans la foulée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). On a appelé cette réunion : réunion informelle de l’OPEP.  Formelle ou informelle ? Là est la question, comme dirait Shakespeare… 

Et pourtant, ce mot (informel) en Algérie, fait peur. Car il est responsable d’une saignée de l’économie nationale sans précédent. Il en a même tué  avant même leur naissance de belles perspectives d’avenir. On a aussi essayé, par experts interposés, de le (l’informel) juguler pour en faire une force économique formelle. Mais en vain. Un ministre a été sacrifié pour avoir cru, tel un mathématicien qui résout les équations, en faire une manne pour l’emprunt obligataire. 

Revenons à la réunion (informelle) de l’OPEP. Sans être expert ni homme politique, encore moins un invité de marque, juste avec mon esprit observateur et critique d’écrivain conscient du devenir de son pays, je dirai(s)… 

Clair comme l'eau de roche

En vérité, il n’y a rien à dire. Tout est clair comme l’eau de roche. Pour quelques dollars de plus on cogite et on s’agite comme au temps du «Che» à qui serait le leadership – aux pieds d’argile –. Car aujourd’hui, [comme hier d’ailleurs], tout est dans le génie créateur. Dans l’intelligence et le discernement. Le reste, intérêt et capital, ne peut être que sociétés  «opéable ». Et pourtant, combien nous ne détenons pas de véritables « entéléchies »  en dormance. Et pourtant, ces prodiges n’attendent que le «l’ets go!» pour casser la baraque du marasme qui n’a que trop duré. Nous avons dans les expériences qui nous ont précédés un paradigme pour y puiser la force de croire aux jours meilleurs. La Chine a bien assimilé la chose et le concept en focalisant tout son dynamisme dans l’idée que seul le génie créateur est porteur de richesse. Il est l’unique et inépuisable ressource de toutes les richesses où qu’elles soient.

Une moto en pièces détachées

En 1946, une année après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, un jeune japonais, qui revenait au pays du Soleil levant [après une longue nuit de guerre et d’Hiroshima] avait dans ses bagages une moto américaine en pièces détachées. A la douane de la ville américaine d’où il comptait partir pour le Japon, on se moqua de l’homme jusqu’à s’esclaffer de rire. Que pouvait-il bien faire de ce tas de ferraille se sont-ils dit tout en dissimulant leur fou-rire. Quelques années après, on sut que ce jeune Japonais s’appelait : Monsieur «Honda»…

Et la liste est longue. Pas plus loin que ça, la Corée du Sud, le pays des matins calmes, elle aussi peut nous servir de rampe de lancement. Elle est le parfait exemple de la réussite du génie créateur. 

Rampe de lancement

Comme l’Algérie, la Corée du Sud avait vécu une guerre des plus atroces. Comme l’Algérie, la Corée du Sud était un pays rural sans industries ni infrastructures de base. Mais la première décision que les Coréens avaient prise, avant même l’application du processus de développement, était leur engagement solennel pour changer de mentalité de ruraux assistés en citadins entreprenants. C’est-à-dire qu’ils ont choisi le modernisme comme rampe de lancement de leur rêve. Et ils ont réussi leur pari. Et ils l’ont réussi en s’endettant auprès des institutions financières mondiales, le FMI entre autre. Alors qu’est-ce ça aurait été s’ils avaient les ressources que nous avons ?...

Certes, grignoter quelques dollars sur le prix du baril est une bonne chose, mais c’est une  bonne chose éphémère. Et on ne peut pas bâtir une économie sur l’éphémère, dût-il être indispensable.  Même si les desseins occultes de la géostratégie mondiale ne nous laissent aucun répit. Et pour les contrecarrer, le pays à besoin de  stabilité et un consensus quasi général. Sans pour autant renier les principes de justice et de l’Etat de droit.  

Prendre le taureau par les cornes

Qu’attendons-nous pour choisir la voix du modernisme ? Se moderniser ne veut nullement dire renier notre identité. Se moderniser veut dire être au diapason des pays qui ont réussi à bâtir une société où les citoyens, sans distinction de leur rang social, sont égaux devant les droits et les devoirs. Se moderniser c’est aussi prendre le taureau par les cornes, ou donner un coup de pied dans la fourmilière, ou employer les grands remèdes pour les grands maux. Se moderniser c’est croire en la jeunesse et ses capacités. C’est surtout l’écouter pour mieux la responsabiliser. 

Comment s’y faire ? Commencer comme les autres, par l’éducation. Par l’épanouissement de l’homme…

Les initiatives existent. Et elles sont nombreuses. Même qu’elles n’attendent qu’à être dépoussiérées et mises à l’épreuve. Il y a parmi ces initiatives proposées, justement, une qui a été suggéré dans un livre par un Sud-Coréen, ancien ambassadeur en Algérie.  

A la recherche du Graal

Il ne s’agit guère, ici, d’une insatisfaction chronique comme le prêchent quelques-uns en tout lieu et tout temps. Ma contribution est une critique constructive. «Naqd banae», comme il plaît à certains. Et même que je la veux objective. Il n’est pas dans mon intention comme ceux qui, par le hasard ou l’intelligence, se trouvent propulsés au-devant de la scène par leurs écrits, une fois ayant atteint le graal, leur première sortie est une diatribe contre leur pays qui les a enseignés et nourris. 

Gueules de bois

Dans les journaux et sur les plateaux de télés de quelques pays, avec leurs mines patibulaires de gueules de bois, sans pudeur ni retenu, ils charcutent leur peuple comme s’il s’agissait d’un pays ennemi. Et ils osent, en se prenant pour des oracles grecs, pousser le bouchon jusqu’à l’overdose en annonçant  à qui veut les croire que tout va sombrer d’ici quelque temps. Car, en vérité, ces gens-là souffrent du syndrome de «la haine de soi». Rien ne passe chez eux. Ils filtrent et scannent tout. Et tout à leurs yeux, est chaotique. 

Mon intention n’est nullement semblable à leur «chienlit». Car c’est de mon pays qu’il s’agit. Et je sais ce qu’est une Patrie…

Mais voilà, on m’a enseigné dans les écoles de mon pays que quand cesse la critique, cesse la pensée ; et quand cesse la pensée, meurent les peuples. Et je ne veux pas que mon pays meure et, encore moins, son peuple dont je fais partie…

La terre abandonnée

Une poignée de dollars, de plus ou de moins, pour le prix d’un baril de pétrole, ne peut en aucun cas compenser l’ardeur d’une nation à vouloir redorer son blason et mettre son destin entre ses mains. Nous l’avons bien vécu un jour… quand les colons sont partis et ont abandonné la terre et les usines, les administrations et les écoles. Quand nos parents et nos frères, gouvernants et gouvernés, se sont mobilisés, ces années-là, sans autre considération que celle de servir le pays, ils ont pu relever le défi. Et de fort belle manière. En quoi aujourd’hui diffère-il d’hier ? Ne sommes-nous pas toujours frères, ou est-ce les bienfaits de la vie qui nous ont corrompus ? Ou est-ce… le rêve qui ne veut pas éclore ?...   

Accroches

-Les initiatives existent. Et elles sont nombreuses. 

-Comme l’Algérie, la Corée du Sud avait vécu une guerre des plus atroces. 

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