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Chroniques

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La paix des justes



C’est bien décevant, en ce début du vingt-et-unième siècle, que quelques hommes politiques occidentaux, élevés dans la tradition de la démocratie et la liberté, croient à la suprématie de leurs peuples sur le reste de l’humanité.

Que les  Occidentaux comprennent que tant qu’ils n’accepteront pas de faire la paix des justes, les musulmans les regarderont toujours avec appréhension et douteront de leurs intentions. Cette paix des justes, et des braves, a pour nom

– pour plus d’un milliard de personnes – «restituer aux Palestiniens leur pays occupé». Et puis après… tout peut être négociable.

C’est un sentiment de frustration et d’injustice que ressent le musulman envers ce qui se passe à Jérusalem et à Gaza. Les musulmans naissent et meurent avec l’espoir de pouvoir visiter un jour le troisième lieu saint de l’Islam. Voilà une vérité que nos frères judéo-chrétiens veulent à tout prix occulter. Et pourtant…

Le «Marchandisage»

Combien de faits et gestes militent pour une vision d’avenir. Ils sont presque à portée de main. Pourquoi refusons-nous de vivre en paix ? Et à qui profite la guerre ? Bien sûr, ils sont bien connus les pourvoyeurs de la haine et du mépris entre les peuples.Le «marchandisage» [merchandising] de l’humanité a brouillé les cartes de la fraternité entre les peuples. Le «marchandisage» crée la géopolitique. La géopolitique crée «la réal-politik», qui crée à son tour la raison d’Etat, qui peut être la cause de toutes les dérives. 

Certes, la politique a ses raisons, mais ne peut-elle pas être au service des dialogues interreligieux ? Des rapprochements entre les peuples ? Du bien-être du monde ? Pourquoi la politique rime toujours avec mensonge et polémique ? 

Et pourtant, l’homme est un nomade. C’est un grand voyageur. Depuis ses origines jusqu’à nos jours, la sédentarité ne l’intéresse que pour accomplir des désirs momentanés. Une fois le but atteint, il prend le chemin d’une autre terre qu’il croit meilleure que la première. Et c’est ainsi depuis la nuit des temps. Depuis l’Homo sapiens. L’homme est un animal qui marche plus qu’il ne parle ou rit ou cogite. Et c’est en marchand que le premier homme a conquis la terre. 

Pas de fumée sans feu

C’est bien décevant, en ce début du vingt-et-unième siècle, que quelques hommes politiques occidentaux, élevés dans la tradition de la démocratie et de la liberté, croient à la suprématie de leurs peuples sur le reste de l’humanité. Pis encore, ils confondent spiritualité avec fanatisme. En vérité, et que mes amis occidentaux, laïques et croyants, me le permettent de dire : Il n’y a pas de fumée sans feu… et sous la fumée dort la cendre-poudre aux yeux. 

Contre le bien-être du monde, les vautours rodent sur les cimes, crachent le feu de leur bouche, brûlent les espoirs et retournent se cacher dans les tréfonds de la scatologie. Leurs écrits empestent le monde d’effluve malodorant. Heureusement que les hommes de bonne volonté s’attèlent, ici et là-bas, à redonner vie aux valeurs universelles de la tolérance et de la paix. Malheureusement, ils ne sont pas nombreux… 

Mais comme disait Sénac : «Ce n’est pas la torche, mais il y a une rougeur à l’horizon».     

 Abattons les obstacles. Détruisons les préjugés. Anéantissons les clivages. Tout en restant «nous-mêmes » pour nous connaître. C’est-à-dire, différents et semblables. Et pour pouvoir atteindre cette perfection «humaine», un seul chemin y mène : le Dialogue. 

S’il y a une paix des braves, elle doit être assise sur un dialogue des «Justes». Notre terre «nourricière» est tellement généreuse qu’elle peut nous donner davantage de richesse. Il suffit d’accepter de partager. Il suffit de croire en l’idée de la fraternité entre les hommes. 

Dire la vérité peut donner un nouveau souffle à l’altérité. Ce sont les mensonges et les calomnies qui engendrent la méfiance, non l’authenticité. Encore moins, la sincérité ou la franchise. Car il ne faut rien attendre de celui qui ne vit que pour lui-même. Car la vie est une symphonie harmonieuse. Et le pouvoir de l’harmonie c’est de pénétrer les âmes. Comme la musique. Comme la sagesse. Comme la religion… comme l’amour. 

L'impasse 

N’est-il pas judicieux et sage de résoudre ce conflit qui dure depuis soixante-cinq ans ? Les enfants, des deux bords, ont droit à la vie. Pourquoi s’acharne-t-on à leur inculquer la haine dès leur enfance ? Pourquoi s’acharne-t-on à aller vers l’impasse ? Vers l’inextricable…                    

«Je ne comprends décidément pas pourquoi il est plus glorieux de bombarder de projectiles une ville assiégée que d'assassiner quelqu'un à coups de hache», disait Dostoïevski.  

Pourquoi insiste-t-on, du côté-ci de la barrière, comme de l’autre, à retarder une «échéance» fatidique.  Je parle de l’échéance «déterminisme historique» de la paix entre les hommes. «La paix universelle se réalisera un jour, non parce que les hommes deviendront meilleurs (il n'est pas permis de l'espérer), mais parce qu'un nouvel ordre de choses, une science nouvelle, de nouvelles nécessités économiques leurs imposeront l'Etat pacifique», prévoyait Anatole France dans ses discours. Ce jour n’est-il pas arrivé ? Regardons ce qui se passe autour de nous. C’est vrai, les nouvelles nécessités économico-politiques appellent à un nouvel ordre mondial, bâti sur la compréhension, le respect mutuel et la paix.

Le quarante-quatrième président des Etats-Unis, d’origine africaine, de couleur, immigrant (nomade, selon le terme de Jacques Attali) en est la preuve tangible que le monde a déjà entamé la marche vers ce «nouvel ordre mondial». Les printemps arabes, la révolte des indignés, en Europe et en Amérique, réclamant un partage équitable des richesses de la terre, en sont une autre preuve. Et la vraie richesse dont les hommes doivent en disposer, sans distinction de race, de religion ou de culture, est le droit à la vie. Comment peut-on, encore, dans ce siècle des lumières de la technologie et des perspectives futuristes, tourner le dos à des enfants réclamant juste un toit et un bout de terre… pour jouer comme tous les autres enfants du monde. 

Je suis triste, mais je garde l’espoir. 

Je sais, mon état d’âme n’est qu’une goutte d’eau dans un océan. Mais ma «goutte, pleureuse» est pure et limpide. Elle apporte la vie. 

Un futur à inventer

En vérité, l’humanité est arrivée à un point de non-retour. Si les hommes n’acceptent pas de vivre ensemble, ils finiront par s’anéantir. 

Imaginons la terre, avec ses forêts et ses rivières, ses montagnes et ses océans, ses fleurs et ses jardins, ses neiges et ses pluies, ses aurores et ses crépuscules, sans qu’aucune âme humaine n’y vive… sans qu’aucun homme ne puisse dire : la vie est belle ! 

Après la découverte des quanta et de la pensée phénoménologique, nous savons que le futur n’est pas à découvrir mais qu’il est à inventer. Que me servirait de vivre dans un palais au milieu d’un bidonville ? Que me servirait de vivre dans l’opulence et l’abondance alors que mes frères ne trouvent pas quoi manger ? Mon avenir est lié à celui de tous les hommes.       Alors…Inventons l’avenir des hommes. Celui de tous. Sans exclusion ni marginalisation. Faisons abstraction du «je pense, donc j’existe» égoïste, et remplaçons-le par : «Je pense, donc j’agis pour le bien de l’humanité et je deviens homme». Non, la vie n’est pas une absurdité fatale, où vit Sisyphe le bienheureux. Non, l’ordinateur ne peut pas remplacer l’homme. Car la vie a un sens. Et son vrai sens est dans le partage des valeurs universelles. 

En dehors du solipsisme, il y a d’autres réalités ; il y a surtout la réalité du destin commun des hommes. Vivre ou ne pas vivre ensemble, dans la diversité, là est la question. Là est l’avenir…

Notre entéléchie (c’est-à-dire notre devenir en puissance), la vraie, est celle-là. Le reste n’est que littérature de «l’homo-œconomicus». 

Je n’oserai jamais dire : «L’Occident est un accident».  Non, l’Occident n’a pas apporté que du mauvais. Il y a certes dans la philosophie occidentale comme une «Suffisante suprématie» depuis ces temps-là-gréco-romain, mais renier tout l’Occident, comme ça, en bloc, c’est se voiler les yeux d’une autre « Suffisance » orientale. 

De Gutenberg à Pasteur…

Il n’y a qu’à feuilleter les pages sublimes de ce monde légué par ces illustres hommes : de Gutenberg à Pasteur. De Newton à Fleming. D’Edison aux frères Lumière. De Shakespeare à Charly Chaplin.

 «Tu es l'homme et tu m'apparais avec le visage de tous les hommes à la fois... Tu es le frère bien-aimé. Et à mon tour je te reconnaîtrai dans tous les hommes».  Citation de Saint-Exupéry. Oui, dans chaque homme nous avons un frère. Dans chaque sourire. Chaque larme. Chaque soupir… 

«Le véritable sage n'est pas celui qui voit, mais celui qui, voyant le plus loin, aime le plus profondément les hommes.» Maeterlinck.

 La réflexion et les idées sont une nécessité pour éviter chocs et antagonismes. «Il s’agit de s’élever ou périr», avait dit un éminent penseur. La civilisation est ordre et idées. La barbarie, anarchie et chaos. 

«Aimer Dieu signifie (...) exécuter volontiers ses commandements ; aimer son prochain signifie pratiquer volontiers tous ses devoirs envers lui»,  Emmanuel Kant.

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