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Agriculture

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Filière Arbricole : La qualité des produits ne suit pas



Nonobstant les progrès  enregistrés ces quinze dernières années dans le domaine de l’accroissement  de la production fruitière en Algérie, force est de constater que du point de vue de la qualité du produit, il reste beaucoup à faire.

Afin d’examiner  les aspects liés à la production des fruits et des plants ainsi qu’à l’organisation de la profession et à la valorisation de la production fruitière, M. Abdelkader Bouazghi,  ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche (MADRP), a réuni  récemment à Alger, les principaux responsables de son département (cadres centraux du MADRP), des  instituts techniques et les directeurs des services agricoles des wilayas potentielles, les présidents et les secrétaires généraux des chambres de l’agriculture des wilayas, le président du Conseil national interprofessionnel de la filière arboricole et des pépiniéristes potentiels. 

Dans son allocution d’ouverture des travaux, le ministre a tenu à mettre en exergue les efforts et les résultats positifs enregistrés dans le domaine de la filière arboricole en Algérie en présentant les  indicateurs clefs de cette dernière tout en soulignant l’importance qu’elle revêt sur le double  plan de l’amélioration  et du développement de la production, en particulier, les plants agrumicoles et oléicoles en pépinière.

Vers la création de conseils multi-professionnels

D’ailleurs, à la faveur  de cette rencontre nationale, il a été question de débattre d’un projet  de création des conseils multi-professionnels dédiés à la filière arboricole au niveau des wilayas, ainsi que toutes les actions permettant la redynamisation de cet important segment stratégique de la production végétale. Cependant, l’un des objectifs à atteindre à l’horizon 2022 c’est celui de produire un volume de 22 millions de quintaux de fruits tout en favorisant l’introduction et l’essor de nouvelles espèces de types tropicales à l’image du kiwi de l’avocat et de la banane. 

Pour ce faire, le département ministériel de l’agriculture s’est engagé dans ce cadre à ne ménager aucun  effort pour assister  les arboriculteurs dans leurs action, notamment en matière de mécanisation des travaux  culturaux  et de système  d'irrigation à l’image du goutte à goutte. Par ailleurs, les pépinières constituent également un maillon de grande importance dans la chaîne globale de ce genre de culture. Il faut noter dans ce sens que sept millions de plants fruitiers  ont été importés en 2017/2018 alors qu’une quantité de 8 millions d’autres ont été produits localement. 

Dans le langage des chiffres

Par le truchement  des chiffres, M. Bouazhgi a indiqué que les performances  ont été obtenues grâce, d’une part, à l’extension des superficies plantées et, d’autre part,  de l’augmentation du volume de la production. Aussi, il faut noter que la surface occupée par les spéculations  arboricoles, toutes espèces confondues, est passée de 154.000 ha en 2000 à 262 000 ha en 2018 soit un taux de croissance de 70 % avec une sole arboricole de 3 % par rapport à la surface agricole utile (SAU). Du point de vue potentiel de production, selon les statistiques révélées par le ministre, le volume a atteint en 2018 les 16 892 480 quintaux contre 4 523 370 quintaux en l’an 2000 soit un taux de 273 % dont 6 0110 640 quintaux genre noyaux et 8 095 581 genre pépins. Cette autosuffisance de la production permet une consommation de 40.3 kg/habitant de fruit annuellement. 

Du reste, étant donné le surplus de cette production, l’Algérie a réussi à mettre sur le marché international, durant l’année 2017, plus 409 tonnes de fruits notamment pour l’exportation vers les pays comme l’Espagne, la Thaïlande et la Russie. Sur le plan économique, le poids de la filière ne pèse pas moins de 197.8 milliards de DA contre 121.6 milliards de DA en 2010 soit un taux de 63 % dont 8 % du montant de la production totale agricole. Par ailleurs, le ministre a fait savoir que la filière arboricole en Algérie emploie quelque 1,6 millions de travailleurs permanent et saisonniers en plus de la main- d’œuvre qui active dans le secteur de l’industrie agroalimentaire.

Encore des défis à relever

Néanmoins, en dépit des nombreux défis relevés dans ce segment de la production végétale en particulier et la production agricole en général, il n’en demeure pas moins qu’il reste beaucoup à faire, spécialement dans la bataille de l’export. La dynamique de relance de la filière arboricole doit être poursuivie en permanence afin de mieux maîtriser le processus de la production et la mise sur le marché d’un produit compétitif et de meilleure qualité. 

La profession qui souffre de certaines lacunes en terme de traçabilité de la production, est appelée aujourd’hui à veiller à ce que tout se fasse selon les normes internationales afin que nos fruits obtenus soient de taille pour concurrencer ceux de l’étranger. D’ailleurs, c’est la mission qu’attend la nouvelle composante du Conseil national interprofessionnel de la filière arboricole qui doit se consacrer à la mise en œuvre d’une stratégie basée sur des objectifs en rapport avec la nouvelle donne du marché local et international. A l’instar des autres filières agricoles, il y a une chose qu’il est important de préciser car rarement abordé, à savoir celle de l’encadrement technique des EAC et EAI. Dans ce cadre, il est urgent de revoir tout le système d’encadrement des exploitations agricoles y compris celles aux mains des opérateurs privés sous l’égide des pouvoirs publics (MADRP (production) et celui du Commerce (qualité à l’exportation). 

En effet avant la restructuration des ex-domaines autogérés, les exploitations agricoles étaient gérées et encadrées par des techniciens et ingénieurs agronomes en contact permanent avec les instituts techniques officiels, l’information technique suivant de l’amont à l’aval. L’exploitation agricole était organisée de groupes pour chaque filière (technicien de suivi, chefs de cultures etc.), ceci permettait  plus ou moins une qualification. Depuis la restructuration des exploitations autogérées, tout ce personnel s’est disloqué et s’est réparti à travers les EAC et EAI, des cadres agronomes se sont regroupés en EAC, d’autres ont rejoint des agents de maîtrises par affinité et enfin d’autres agriculteurs se sont regroupés par affinité familiale. 

La cassure était nette et a engendré une concentration de la qualification  dans un minimum d’EAC et la majorité des autres exploitations collectives se sont retrouvées avec des  agriculteurs limités à  leur seule expérience qui était insuffisante pour la maîtrise de leur système de production et suivre l’évolution des techniques. Le réseau d’information qui va des institutions publiques d’appui ou administratives s’est cassé !

Qualité du produit, le point faible de la filière arboricole

La qualité des fruits  demeure un problème récurrent et pour les exploitants et pour les opérateurs économiques, qu’ils soient transformateurs ou exportateurs. Le hic est  que les services de contrôle de l’Etat sont absents sur le terrain et donc aucune  étape du processus de la production de la récolte et du conditionnement  du fruit n’est soumise à un  contrôle d’usage. 

Du coup, la traçabilité est loin d’être un souci pour les agriculteurs lesquels privilégient l’aspect commercial au détriment de la qualité de leur produit, profit oblige. Du reste, il a absence de normes de conditionnement et d’empilement, le non-respect des dates limite de cueillette ou de récolte, endommagement des produits lors de la récolte ou de la cueillette. Pour sa part, le MADRP affirme que la production nationale agricole assure plus de 70% des besoins de l’Algérie en produits agricoles, mais sans garantir  que les produits sont issus d’une pratique agricole conforme aux normes de qualité, c'est-à-dire indemnes de défaut de présentation de maladies et cultivés sans excès de pesticides. 

Quant aux propriétés organoleptiques des fruits à ce coté- là le sujet n’a jamais été évoqué par les professionnels de la filière. A vrai dire, jusqu’à l’heure actuelle, nous faisons face un terrible déficit en  structures spécialisées de contrôle de la qualité des produits agricoles. Effectivement, plusieurs experts  ont ressassé à maintes occasions ce problème :  l’Algérie accuse, hélas, un énorme retard notamment dans  la création de laboratoires de contrôle de la qualité. Suite à la fâcheuse affaire des produits agricoles  refoulés de l’étranger, le ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et de la Pêche a renforcer l’encadrement  des opérations d’exportation des produits agricoles en veillant à ce qu’ils répondent aux normes phytosanitaires exigées par le pays importateur, sans plus. Pour ce qui est de la qualité (présentation, forme, calibre, texture etc.), cette fonction est dévolue  au centre de conditionnement des fruits et légumes dont la majorité fonctionnent avec des moyens humains et matériels très dérisoires. Etant donné  que le gouvernement veut faire de l’année 2019 celle des exportations hors hydrocarbures, nous  jugeons opportun que les responsables des secteurs concernés par les exportations de se pencher sérieusement sur  la prise en charge de l’aspect qualitatif des fruits et légumes destinés à l’export. 

 

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