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Agriculture

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FEMMES RURALES EN ALGÉRIE



Considérée comme une agricultrice de second rang dans l’interprofession agricole, la femme rurale algérienne est souvent marginalisée dans la prise de décisions pour faire valoir son droit à la valorisation  de son travail et, du coup, imposer ses intérêts sur l’échiquier de la profession agricole.

Entre reconnaissance 

et marginalisation

Le 15 octobre dernier, l’Algérie a célébré  la journée internationale de la femme rurale, une occasion qui a mobilisé, comme à l'accoutumée, et les institutions officielles et la société civile pour débattre, le temps d’une petite journée, des acquis et des préoccupations de cette importante frange du monde agricole algérien. Aussi, hormis les slogans éphémères, il demeure important de s’intéresser encore davantage aux revendications  de la femme rurale dans notre pays et pas  seulement lors de brèves  cérémonies  qui sont organisées à son honneur mais tout au long de l'année et aux quatre coins de l’Algérie.

 

Un dispositif de soutien financier très insuffisant

La femme rurale algérienne, qui force le respect et la reconnaissance,  mérite biens des éloges si l’on tient compte des nombreux sacrifices qu'elle a endurés durant la lutte armée pour sa libération du joug de l'occupant français, tout en continuant au jour d’aujourd’hui d 'apporter sa petite pierre à l’édifice pour construire une Algérie forte et  prospère. Certes, le 15 octobre 2018 la femme rurale ou l’agricultrice a  pu apprécier les progrès réalisés par l’État dans sa prise en charge au niveau des différents domaines, de la vie socio-économique mais les chiffres et autres statistiques actualisés ne reflètent guère la réalité du terrain. La preuve, actuellement, elles sont nombreuses à revendiquer leur part de soutien au secteur socio-économique car elles participent efficacement à son enrichissement, non pas par soucis d'assistanat mais pour faire valoir leur volonté de bien contribuer au développement économique de leur pays. Les exemples de cette marginalisation de fait s'est traduite parfois par des révélations qui nous laissent parfois pantois. A l’époque de la présidente Mme Saïda Benhabyles, alors présidente de l’Association de la femme rurale, la sonnette fut tirée   après avoir déclaré en présence des responsables des départements de l’Agriculture et du Développement rural et de la Famille et de la Condition féminine de l’époque ,que «la volonté politique existe pour la promotion de la femme rurale, mais le problème est que des sommes d'argent extraordinaires de  par leur importance ne sont pas arrivées à destination des besoins des femmes rurales», avaient-elle fait remarquer. C’est malheureusement l'un des problèmes majeurs auquel est confrontée une majorité de cette catégorie de femmes quoique le contraire est affirmé par les pouvoirs publics puisque la ministre de la Solidarité nationale, de la famille et de la condition de la femme, Ghania Eddalia, avait  annoncé en mars dernier  que l'Agence nationale de gestion du micro-crédit (ANGEM), avait financé 168.000 microprojets au profit de la femme rurale pour un montant global de plus de 14 milliards DA et ce, depuis 2005. D’autre part, il faut savoir que malgré les multiples instructions qui sont envoyées aux directions des institutions bancaires  dans le but d'octroyer des crédits aux femmes rurales-agricultrices, celles-ci ne se traduisent pas en réalité sur le terrain ce qui entrave particulièrement les activités qui tentent de faire émerger le secteur agricole au niveau du milieu rural. Du reste, toute tentative d'investissement dans telle ou telle branche de la sphère économique,  particulièrement agricole et agroalimentaire, est vouée à l’échec, ce qui décourage bien des femmes rurales à passer de l’étape des activités traditionnelles à l'entrepreneuriat et à la modernisation de leur outil de travail et de gestion de leur entreprise.

 

Amélioration de la prise en charge sociale, un acquis certain

Dans le chapitre de la prise en charge sociale et en l'absence de statistiques fiables, on ne sait pas combien de femmes rurales en activité sont affiliées à l'une des caisses de la sécurité sociales en Algérie. Officiellement, les populations rurales sont au nombre de 14 millions d’habitants, dont la moitié sont des femmes et 70% des jeunes de moins de 30 ans. Toutefois les portes sont désormais ouvertes à l’accès au nouveau dispositif  d’affiliation volontaire à la sécurité sociale. Depuis l’entrée en vigueur de la LFC 2015, les prétendantes ont la possibilité de bénéficier d’une couverture sociale pour eux-mêmes et leurs ayants- droit en dépit que celles-ci travaillent dans l'informel. Aussi, la femme rurale qui participe à la création de la richesse qui utilise le circuit formel ou informel doit se conformer à la nouvelle réglementation pour ouvrir droit à l'ensemble des prestations sociales telles que : le remboursement des frais médicaux, maternité, retraite, décès, etc.

Ces dernières années, les pouvoirs publics ont redoublé d'effort dans le domaine de la vulgarisation et de la sensibilisation des travailleurs ruraux afin qu'ils se rapprochent des caisses de la Sécurité sociale pour se mettre en conformité vis-à-vis des nouveaux textes en la matière qui vont leur permettre d'assurer leur personne et leurs ayants-droits en ces temps de crise et de lendemains incertains.

 

Nécessité d’une nouvelle approche de la politique du développement rural

Les femmes rurales doivent savoir également qu'elles ne sont pas seules sur le terrain. A la faveur  de la politique de renouveau rural, mise en œuvre au milieu des années 2000, un nouvel essor à la dynamique rurale est en train de voir le jour, à travers notamment les PPDRI (programmes de proximité de développement rural intégré) en dépit  les résultats qui sont mitigés ou ne sont pas à la hauteur de leur attentes, cependant la politique prônée jusqu'à présent nécessite une nouvelle approche. C’est le cas de le dire puisque les associations locales ont toujours appelé les décideurs à revoir la politique des besoins effectifs de la femme rurale à la lumière de la nouvelle donne socio-économique de l’Algérie.   

 

L’impossible émergence en tant que véritable acteur économique

En dépit de leurs grande expérience dans le domaine du savoir-faire et leur capacité de mettre sur le marché des produits agricoles de qualité très appréciable, il n’en demeure pas moins que les femmes rurales impliquées dans le système productif celles-ci n’arrivent pas à s’intégrer dans les organisations professionnelles et associatives d’une  manière durable. Ce n’est pas leur nombre qui fait défaut, ni leur niveau d’instruction qui leur permet de s’imposer dans le système, mais c’est plutôt cette mise à l’écart volontaire imposée par leurs collègues masculins qui règne actuellement dans les milieux de la profession agricole en Algérie. Dans ce cadre, les exemples sont légions. Au niveau de la wilaya d’Oran, plus de 800 femmes sont inscrites, alors qu’aux registres de la chambre agricole de la wilaya elles sont pas moins de 4 000 femmes activant dans le secteur de l’agriculture au niveau de cette région du pays, une force non négligeable et ce n’est pas rien. L’autre référence nous vient de Tizi-Ouzou dont les femmes rurales ont toujours été un modèle national dans la mise en valeur de toute sorte de produit du terroir jouissant d’une qualité organoleptique unique. 

Toutefois, il est regrettable que cette richesse n’est pas exploitée à bon escient malgré qu’elle est jalousement entretenue au fil des ans par les femmes rurales grâce à la mobilisation de ces dernières, notamment à travers  des deux fameuses activités traditionnelles relatives à la cueillette des olives et  à la récolte des figues. Force est de constater que ce travail très pénible  eu égard aux conditions très difficiles dans lesquelles évoluent les travailleuses des champs, est loin d’être considéré comme une valeur ajoutée qui mérite une réelle considération de la part des pouvoirs publics pas seulement lors des manifestations officielles.

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