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Agriculture

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Campagne céréalière 2017/2018



Du côté du département ministériel de l’Agriculture, l’heure est à la présentation du bilan de la campagne agricole et comme événement phare celui de la production céréalière véritable baromètre de la sécurité alimentaire nationale.

La saison de la «Bonne graine!»

Considérée à juste titre comme une filière stratégique, la céréaliculture pèse de tout son poids sur la balance de l’économie nationale de par son importance dans l’alimentation humaine et animale. En dévoilant récemment le bilan de la campagne céréalière, le ministre de l’Agriculture du Développement rural et de la Pêche a indiqué que la valeur de la production des céréales de 2018 est de 220,257 milliards de dinars, dont 141,766 milliards de cette valeur constitués de blé dur. Cette dernière représente 7,5% de la valeur de la production agricole globale de 2017 et la consommation nationale par habitant et par an se situe autour de 251 kg.

La filière céréalière concerne presque la moitié des exploitations agricoles du pays, avec une superficie de 3,5 millions d’ha et elle procure plus de 600 000 emplois. Techniquement, Il faut noter que la superficie qui a été moissonnée est de l’ordre de 3.090.504 ha, sur une superficie à récolter de 3.126.857 ha. Pour la campagne précédente 2016/2017, la superficie moissonnée était de 2.349.733 ha, soit une hausse de 24% pour la campagne en cours. Il y a lieu de noter également  que 48% des superficies récoltées sont constituées de blé dur, soit 1.481.491 ha contre 1.170.141 ha à la même période de la campagne précédente, soit une augmentation de 27%. Aussi, 35% des superficies récoltées sont constituées des orges, soit 1.091.867 ha contre 773.063 ha la campagne précédente, donc une augmentation de 41,5%. Par ailleurs, la production réellement obtenue est estimée à 60.500.000 quintaux contre 34.702.169 quintaux la campagne précédente, soit une augmentation de 74,4%. Cette production est répartie entre le blé dur à raison de 31.503.530 de quintaux contre 19.909.570 de quintaux la campagne précédente, soit une augmentation de 58% et l’orge pour 19.540.388 quintaux contre 9.696.964 quintaux la campagne précédente, soit une augmentation de 100 %. Le reste  est constitué de blé tendre et d’avoine. 

Il s’agit d’une production record, qui n’a jamais été réalisée. Cette augmentation de la production est due essentiellement aux moyens matériels et humains mobilisés, au suivi rigoureux effectué par les cadres du secteur au niveau central et local, à l’implication des walis pour assurer le déroulement de la campagne dans les meilleures conditions et à l’amélioration de la productivité par hectare, toutes espèces confondues, qui est passée de 15 q/ha en 2016/2017 à 19 q/ha en 2017/2018. S’agissant de la quantité de céréales collectée par les CCLS auprès des céréaliculteurs, elle a atteint 27 millions de quintaux contre 16.181.843 qx, livrés la campagne écoulée, soit une augmentation de 67%. Le blé dur représente 76% du volume global collecté, soit 19.933.389 q.

Ce volume est nettement supérieur au bilan de collecte enregistré lors de la campagne écoulée qui était de 13.658.199 quintaux, soit une hausse de 46%. Du reste, le ministre a mis en exergue les efforts et les résultats probants, qui ont été enregistrés dans la filière des légumineuses alimentaires pour la campagne agricole 2017/2018. En effet, une production considérable a été réalisée par rapport aux années précédentes, principalement pour les pois-chiches et les lentilles, dont les superficies, les productions et les rendements ont connu une croissance de manière substantielle à travers l’ensemble des zones de production. Pour la campagne 2017/2018, les emblavures ont atteint 115.000 hectares, contre 77.113 ha pour 2015/2016, soit un accroissement de 49 %.En 2008, la superficie était de 61.211 ha. Les rendements moyens, toutes espèces confondues, ont atteint 12 qx/ha durant la campagne 2017/2018, contre 11 q/ha en 2016/2017. La production enregistrée pour la campagne 2017/2018 s’élève à ce jour, à 1. 300. 000 quintaux. Pour la campagne 2015/2016, le volume de production obtenue était de 770. 153 quintaux, soit une augmentation de 69%. En 2008, la production était de 401.725 seulement. Concernant la collecte des pois-chiches, elle est passée de 25.600 q en 2013 à 79.000 q en 2018, et celle des lentilles est passée de 400 quintaux en 2013 à 94.100 quintaux en 2018.

 

Une production céréalière record

Si l’on compare les volumes de production céréalière en Algérie durant la période allant de l’année 2000 autrement dit de la mise en œuvre du Plan national de développement agricole (PNDA), initié par le président de la république, on constate que sur le volet de l’amélioration de la productivité des céréales c’est parti en dents de scie pour une moyenne ne dépassant pas les 37 millions de quintaux. La production moyenne de céréales est évaluée à : - 2,25 millions de tonnes au cours de la décennie 1990/99, à - 2,8 millions de tonnes sur la période 1999-2008 et à - 4,3 millions de tonnes sur la période 2009-2017. Le blé dur représente plus de 50% de la production, le blé tendre à peine 20% ces dernières années. Toutefois, un pic a été atteint en 2009 où l’on a obtenu un record de 61 quintaux avec les moyens humains, matériels et financiers de l’époque c’est-à-dire moindre que ceux mobilisés aujourd’hui. A la faveur de cet exploit de 2009, on s’est même permis le luxe d’exporter pour la première fois de l’orge à l’étranger. La question qui se pose maintenant est la suivante : à quoi est due cette performance ?

Précisément, dans ce cas de figure, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures, c’est tout simple et c’est grâce à une pluviométrie exceptionnelle d’où une production exceptionnelle. D’ailleurs, en ce temps-là, le ministre de l’Agriculture M. Benaissa avait averti : «certes, la campagne moissons-battages de la saison 2009 a été exceptionnelle avec une récolte de céréales en Algérie qui dépasse les 6,1 millions de tonnes, mais qu’il n’y a pas lieu de pavoiser tant qu’on n’aura pas consolidé ce résultat pour les prochaines années ,d’autant plus que le bilan de cette campagne a démontré l’existence de certaines insuffisances notamment en matière d’équipements et de stockage qui nécessitent qu’on y remédie».

En fin connaisseur du monde agricole algérien, le Dr Rachid Benaissa ajoutera que «le premier défi que les céréaliculteurs algériens devront relever sera celui de minimiser les pertes qui ont atteint 12% de la production de céréales de l’Algérie, soit un peu moins de 800 000 tonnes. Ces pertes sont imputables à la non-maîtrise de l’itinéraire technique, à la vétusté des machines utilisées et, à un degré moindre, aux incendies et reconversion en fourrages. Plus on avancera en termes techniques, plus ce taux va diminuer».

 

Et la pluviométrie dans tout ça ?

Si l’on fait une lecture plus approfondie de la présentation de ce bilan de fin de campagne, l’on remarquera d’emblée que (peut-être cela a été fait sciemment par les rédacteurs du rapport) l’élément primordial et déterminant qui a contribué à ce résultat plus que positif n’est autre que l’enregistrement d’un très bon apport pluviométrique au moment où le stade phénologique de la céréale avait le plus besoin pour faire grossir le grain. Pour preuve, selon des statistiques relatives aux volumes des eaux de pluie emmagasinées en Algérie durant la période allant de mars à mai ont été parfaites pour les besoins de  développement de la plante. Pas seulement ! Certaines wilayas ont vu les quantités parfois triplées par rapport à la moyenne saisonnière.

Il faut préciser aussi qu’en terme technique on est en présence d’une étape cruciale où l’on risque de gagner ou de perdre toute une année de labeur si l’eau des précipitations venait à faire défaut (stress hydrique pour le végétal) en raison du climat de notre pays qui est du type semi-aride, voire aride dans certaines zones où la désertification est passée par là. De plus, l’eau est le facteur limitant numéro 1 de la production des céréales en Algérie.

 

Quelques chiffres sur l’enjeu céréalier en Algérie

La place des céréales dans le système productif agricole et la consommation ne sont plus à démontrer. La population algérienne compte 42 millions d’habitants en 2018. Plus de 50 millions  à l’horizon 2030.

L’agriculture algérienne : chiffres-clé : 

- 8, 5 millions d’ha dont 1,3 mha en irrigué, 

- 10% du PIB en moyenne et 15% de la population active.

Le soutien de l’Etat au secteur est estimé à 130 milliards de dinars (soit un peu plus de 1 milliard de dollars US (950 millions d’euros).

Un seul office (l’office algérien interprofessionnel des céréales-OAIC) joue un rôle central dans la mise en œuvre de la stratégie céréalière algérienne.

 

Place des céréales dans le système productif agricole et agro-alimentaire

❖ Près de 600.000 agriculteurs pratiquent la céréaliculture en Algérie (60% des agriculteurs), dont 372.400 à dominante céréalière recensés au niveau des Chambres nationale de l’agriculture comme des professionnels de la filière (le tiers des agriculteurs recensés).

❖ 3,2 millions hectares emblavés en moyenne annuelle soit plus de 40% de la SAU agricole et près des ¾ si l’on introduit la jachère. Le blé dur occupe une place dominante.

❖ La transformation en semoule et farine est assurée localement dans sa globalité par les minoteries (263 unités) et les semouleries (135 unités) répartis au niveau national.

Les capacités annuelles de trituration des entreprises de la filière céréalière sont évaluées à 110 millions de quintaux en semoule et farine représentent plus du double des besoins du marché intérieur.

❖ Les disponibilités en blés (dur et tendre) sont assurées principalement par les importations du blé tendre à une hauteur de 78%, destinées à la transformation en farine panifiable et par la production locale, 55% pour le blé dur destiné à la fabrication de la semoule.

Place des céréales dans la consommation alimentaire en Algérie

❖ Les céréales et leurs dérivés fournissent plus de 60% d’apport calorique et 75 à 80% d’apport protéique de la ration alimentaire.

Les consommations annuelles par habitant seraient de 105 kg de farine, 76 kg de semoule et 6 kg de pâtes alimentaires et couscous industriel (DIVECO, 2011) soit 187 Kg. Selon d’autres sources (MADRP), la consommation des céréales annuelle moyenne par habitant /an est estimée à 241,2 kg de céréales entre 2004-2013 et 230kgs/hab/an (OAIC).

La tendance est à un recul de la consommation de blé dur (semoule) et une hausse de consommation de blé tendre. Le fait urbain explique cette tendance qui se dessine(ONS, 2011).

❖ Le groupe des produits céréaliers occupe le premier poste de dépenses consacrées à l’alimentation (17,5%), suivi par le groupe des légumes frais (13,4%), les viandes rouges (13,3%), le lait et les produits laitiers (8,4%), les volailles (8,3%) et les huiles et graisses (7,1%) (source: enquête dépenses ONS,2011).

 

Des politiques de soutien à la filière céréalière

❖ Des politiques d’intensification céréalières mobilisant divers instruments : appui aux exploitations céréalières en zone favorable (1,2 millions d’ha) avec incitations financières à l’acquisition de matériel, subventions à l’utilisation de semences certifiés, de désherbants et engrais chimiques (20%), crédits de campagne à taux nul, prix garantis et fixés à des niveaux supérieurs aux cours internationaux.

❖ La filière céréales bénéficie d’une politique de transfert social avec un soutien à la transformation des blés aux minoteries et semouleries et des subventions à la consommation de pain (dont le prix est constant depuis 2001).

Source : L’Algérie et le marché des céréales, Omar BESSAOUD, Economiste.

 

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