Contact
  • Banner SOVAC 728x90

Agriculture

Derniere minute

Aviculture



Le forum Europe-Maghreb de la filière agricole «FIFAVIE» qui s’est déroulé à Alger en avril 2017, a inscrit parmi les thèmes de réflexion  les perspectives d’utilisation d’aliments alternatifs locaux en agriculture.

Utilisation d’alliments alternatifs locaux

En effet, suite au développement des élevages  industriels pour satisfaire la demande croissante des populations urbaines en viandes blanches et en œufs l’Algérie enregistre une forte dépendance du marché extérieur en aliment composés pour volaille, essentiellement le mais grain et le tourteau  de soja  En 2012, les importations de maïs ont été de 2,5 millions de tonnes et ceux de soja de 500.000 tonnes nécessitant  une forte dépense   en devises et influant directement sur le prix de revient du poulet et des œufs.  Peut-on réduire cette dépendance en substituant ces matières premières par de la production nationale ou par d’autres aliments de substitution.  Concernant le mais, cette culture est exigeante en eau puisque c’est une céréale d’été. La culture en sec a donné de bon résultat dans la plaine de Tarf ou de Mitidja avec des rendements de 35 à 45 quintaux/ha (les années 1980) mais ce sont des zones favorables très restreintes. Ce sont les cultures en irrigué dans les zones sahariennes qui permettent de produire de grandes quantités de maïs grain mais à quels coûts de production par rapport  au maïs importé ? D’autre part, l’eau et la bonne terre étant des facteurs rares et coûteux, quelle est la production la plus prioritaire, le blé ou le maïs ?

Les deux céréales étant subventionnées par l’État, les quantités respectives à produire seront des choix politiques induits par la disponibilité financière du pays.  

Il ya une autre céréale qui conviennent à l’alimentation agricole c’est le TRITICALE, un hybride artificiel obtenu par croissement du blé avec le seigle, c’est une plante rustique céréale d’hiver qui est de plus en plus cultivée par des agricultures de la région de Constantine pour l’ensilage destiné aux bovins laitiers. L’institut technique des grands cultures (ITGC) a de longue date élaboré une fiche technique de vulgarisation, sa culture DEVRA être être beaucoup  plus encouragé par l’État et pourra ainsi se substituer progressivement et partiellement au maïs d’importation. Concernant le tourteau de soja, le problème est un peu plus complexe. 

Tout d’abord, il ya lieu de signaler que la culture du soja est parfaitement possible dans notre  pays. Durant la seconde Guerre mondiale, sa culture en sec a été introduite dans les plaines d’Annaba et Taraf et a donné de bons résultats. Les travaux d’expérimentation à  l’institut agronomique ont été entrepris par le Pr Laumont depuis 1939, et 153 variétés de soja ont été testées jusqu’à 1954 avec la constitution d’une banque de gènes. Le professeur concluait ainsi ses travaux : «L’Algérie a une place de choix parmi les pays aptes à produire du soja dans le monde». Les fiches technique de vulgarisation de cette culture avaient été réalisées à cette époque. Il est anormal que notre pays n’ait accordé aucun intérêt à cette proléagineuse, ne serait ce pour l’alimentation humaine directe sous forme de lait de soja, produit actuellement importé par nos superettes et vendu à un prix exorbitant ; la presse a annoncé la création prochaine d’une usine de lait de soja à Bouira ; on espère que cette usine s’approvisionnera en graines de soja produites en Algérie et non importées.

Il est à signaler qu’un kilogramme de farine de soja entière permet de produire 6 litres de lait, dont la valeur est similaire ou lait de vache ; d’autre part, il est possible de cultiver en Algérie d’autre graines proléagineuses comme le tournesol et le colza. L’IIGC à élaboré en 2006 d’excellentes fiches techniques de vulgarisation mais ces productions sont bloquées par l’industrie des corps gras(publique et privée) qui ne veulent pas ou ne peuvent pas triturer les graines de soja de tournesol de colza pour produire de l’huile pour la consommation humaine et des tourteaux pour la consommation animale sachant par exemple que 100 kg de grains de soja donnent 72 kg de tourteau à 48% de protéine, 18 kg d’huile brute et 10 kg de coques. Les huileries algériennes préfèrent importer des huiles brutes pour les raffiner et les conditionner ; conséquence : tous nos besoins en tourteaux sont importés et  l’État devrait obliger toutes les huileries à s’équiper d’installation de trituration de graines oléagineuses et leur faciliter l’accés à des prêts bancaires bonifiés pour la reconversion de leurs installations qui pourront enfin servir de débouché   pour les grains de la production nationale de tournesol par exemple, qui est cultivé en Tunisie et au Maroc mais pas en Algérie.

Cependant, même après cette reconversion de nos huileries, les quantités de tourteaux produites resteront insuffisantes pour nourrir les cheptels avicoles et ruminants, d’autant plus que les graines seront importées en majorité sinon en totalité. Nous devrons donc trouver d’autres ressources alternatives pour le tourteau de soja ; ce n’est pas  un problème propre à l’Algérie puisque même la  France, grande puissance en élevage, dépend à plus de 60% des importations hors Union européenne, des protéines végétales soja pour la nourriture  de son cheptel ; ce pays a lancé le plan protéines végétales fourragères (2014-2020) basé sur la luzerne et le trèfle il fait bénéficier les éleveurs d’une aide d’environ 100 euros par hectare de légumineuses fourragères et d’une subvention de  30% pour les séchoirs solaires de luzerne.  

 

En Algérie les solutions techniques alternatives pour la nourriture protéinique du cheptel agricole pourront être les suivantes :  

1- Développer l’algoculture pour la production de spiruline algue qui contient jusqu’à 70% de protéines : en moyenne 50 à 70 % du poids sec contre 35% pour le soja ; elle apporte la qasi-totalité de acides gras essentiels. La spiruline pourra être utilisée pour l’aviculture et pourra être utilisée pour l’agriculture et l’aquaculture. La presse  a annoncé en 2016 la création d’une ferme de culture à Alger de 2 tonnes/an dans la commune de Mansourah (Ghardaïa) et financée pour l’ANSEJ ; un projet similaire existe dans la daïra de Loutaya (Biskra) et dans la commune de Beni Boussaid (Tlemcen).Il y a donc espoir en la matière.  

2- Production d’acides aminés industriels, notamment la LYSINE et la MÉTHIONINE, indispensables dans les rations avicoles. Les investissements sont à réaliser en partenariat avec les multinationales qui détinnent le savoir-faire tel que Rhône Pouline par exemple, premier producteur de méthionine. 

3- Production de farine d’insectes, solution d’avenir qui commence à se développer en Europe. Il s’agit en particulier du vers de farine : larves de TENEBRIO MOLITOR. Avec 10 kg de son de blé  on obtient 7kg de vers de farine composé de 50% de protéines.

  • Pub Laterale 2
  • Banner Salem 2