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Agriculture

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Lutte contre la désertification



La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse (JMLCD), qui sera célébrée le 17 juin 2018, sera axée sur les possibilités existant pour les consommateurs de relancer l’économie, de créer de l’emploi et de redynamiser les communautés et leurs revenus en amenant par leurs achats le marché à investir dans la gestion durable des terres. 

Le barrage vert sera 

«remis au goût du jour»

A l’occasion de la présentation du thème de la Journée, Monique Barbut, secrétaire générale adjoint des Nations unies et secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), a déclaré que le slogan de la campagne. «La terre a de la valeur. Investissez-y», nous rappelle que la terre est un actif tangible et que sa valeur mesurable va bien au-delà de l’argent. Or, sa valeur se perd à cause de sa dégradation. L’Algérie figure en première ligne de front des pays africains menacés par le phénomène de la désertification. Selon une étude initiée dans les années 2000 par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural et de la Pêche et intitulée "carte nationale des terres susceptibles de désertification», le fléau de la désertification serait en train de reculer sur au moins 6 % de la superficie qui avait été classée comme susceptible d’être affectée par l’avancée des sables.

La carte en question, a été réalisée au moyen de photos satellite et a couvert 27 millions d’hectares. Aucun effort n’a été ménagé par notre pays dans ce domaine, et ce, depuis plusieurs décennies dans le but d’atténuer les effets catastrophiques de l’avancée du désert et de la dégradation des terres surtout agricoles, sans parler des autres conséquences néfastes, à l’image de l’exode incontrôlable des populations. Dans ce contexte, il faut souligner que 30 wilayas sont menacées dont 8 dans les zones steppiques, 13 dans les régions agropastorales ainsi que 9 wilayas sahariennes, soit 965 communes et 1870 localités. Pis, les régions du sud-ouest du pays connaissent une dégradation plus avancée par rapport aux autres régions.

 

Comprendre le long processus de la désertification

Pour bien comprendre le long processus de la désertification, un tour d’horizon de plusieurs publications scientifiques et techniques se rapportant au thème de la problématique de la désertification en Algérie et dans le monde, dont les auteurs ont mené durant plusieurs années des recherches et des prospections sur le terrain est nécessaire pour mieux cerner les causes et les conséquences de ce désastre écologique.

 

Quelles sont les causes de la désertification ?

Deux types de causes sont à l'origine ou susceptibles de mener à la désertification : les causes directes qui sont les variations du climat et les activités humaines, et les causes indirectes qui peuvent créer des situations susceptibles de conduire à la désertification (le déplacement des réfugiés pendant les périodes de conflits, une utilisation des sols ou une protection de l'environnement inadaptée, des facteurs socioéconomiques et politiques spécifiques, etc.).

 

Les causes directes :

-  Variations du climat

L'aridité : la persistance de températures élevées favorise l'apparition de sécheresse qui bloque les cycles et le développement de la végétation. Avant tout, il est nécessaire d'exclure de notre champ certaines régions du monde appelées déserts et qui sont caractérisées par une aridité et une hyperaridité « naturelle », comme c'est le cas au Sahara. La superficie totale des régions arides et hyperarides du globe est d'environ 25 millions de km². Mais l'aridité caractérise également de façon cyclique et à divers degrés d'autres régions de la planète.

- L'aridité résulte de l'interférence de nombreux facteurs :

- La faiblesse, voire l'inexistence des précipitations : de 0,5 mm à 250 ou 300 mm par an, selon le cas. - La forte chaleur : de 30 à 40°C le jour au moins en été.

- La fréquence du vent : en général en milieu de journée. 

De tout cela résulte une très forte évaporation : potentiellement, plusieurs mètres d'eau par an.

- Activités humaines

Les régions arides, semi-arides et subhumides sèches, sont caractérisées par des écosystèmes extrêmement fragiles, à sols pauvres et à faible productivité. Une exploitation non rationnelle de terres arides conduites à dégradation de la couverture végétale et l'exposition des sols à l'érosion éolienne et hydrique. Les activités humaines liées aux systèmes d'exploitation des sols peuvent donc aggraver les effets du climat et conduire à la désertification.

Il existe quatre catégories de causes : Le déboisement, les systèmes de culture, la surexploitation des pâturages et l'utilisation inadéquate des technologies d'irrigation peuvent entraîner la salinisation, qui est une forme de dégradation des terres.

 

Les causes indirectes :

Si le déboisement, la culture excessive, l'utilisation abusive des pâturages et une mauvaise gestion des systèmes d'irrigation sont les causes directes de la désertification, elles se produisent le plus souvent dans des sociétés soumises à des contraintes et qui sont amenées à porter atteinte délibérément à leur environnement. Ces facteurs sociaux, économiques et politiques encouragent ou forcent les gens à adopter des pratiques d'utilisation destructives des terres. Si cette pression n'est pas neutralisée, les efforts tendant à agir sur les causes directes ne produiront que des résultats de courte durée et les conséquences de la désertification ne feront que s'intensifier. Ces pressions peuvent être réunies en 5 groupes : pression démographique, pression de la pauvreté, pression du régime juridique des terres, pression du nouvel ordre économique mondial, pression de la répartition inéquitable des ressources.

 

Stratégie de lutte en Algérie

L’Algérie a toujours recommandé un combat urgent contre la désertification. « La communauté internationale doit mener un ’’combat urgent’’ contre les phénomènes de la désertification et de la dégradation des terres », avait affirmé l’ancien  ministre de l’Agriculture et du développement rural, le Dr Rachid Benaissa à l’ouverture des travaux de la 10e session de la Conférence des Parties (COP10) à la Convention des Nations unies sur la lutte Contre la Désertification, le 17 octobre 2011 à Chang Won, en Corée du Sud. Le Dr Benaissa dira à cet effet : «Après un long processus de quinze ans mené par les pays parties et le Secrétariat exécutif de la Convention, la question de la désertification, de la dégradation des terres et de l’atténuation des effets de la sécheresse constitue un défi universel, au même titre que l’atténuation et l’adaptation aux effets des changements climatiques et la préservation de la biodiversité.

La responsabilité internationale se trouve, dès lors, entièrement engagée dans la lutte qui leur est livrée. Ce combat universel s’impose à nous tous d’une manière urgente. Nous pensons que c’est là, le premier message que doit confirmer notre réunion d’aujourd’hui en Corée du Sud». «L’Afrique reste le continent le plus affecté dans ce domaine. Ses représentants, réunis à Alger du 07 au 09 septembre 2011 en prévision de cette dixième Conférence des Parties, ont rappelé non seulement les préoccupations continentales, mais aussi la nécessité d’accroître la synergie entre les trois Conventions issues de Rio. Les pays africains ont suivi les recommandations de la stratégie décennale et de la Convention grâce au travail louable du Secrétariat Exécutif.

Ils ont harmonisé leur vision, et se sont engagés à aligner leurs plans d’action nationaux de lutte contre la désertification sur le plan cadre stratégique décennal 2008-2018 de la Convention et qui nécessite une mobilisation financière urgente et d’un accès facile aux financements prévus à cet effet parle Fond pour l’Environnement Mondial (FEM).L’Algérie, désignée pays pilote pour cet exercice par l’UNCCD, a aligné son programme d’action en juillet 2O11, et en a fait part aux autres pays de la région à l’occasion de la réunion d’Alger», a ajouté l’ancien ministre.

 

Nécessité de relancer les travaux du barrage vert

L’Algérie se prépare à relancer le projet du Barrage vert, avec la mise en œuvre d’un programme de réhabilitation des plantations dans l’extension de l’aire d’intervention. Pour se faire, des ateliers régionaux ont déjà eu lieu pendant le premier trimestre 2018. Ils ont été pilotés par la Direction générale des forêts (DGF) et l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). La réhabilitation et l’extension du Barrage Vert entre dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie forestière à l’horizon 2035, dont l’un des axes majeurs porte sur le projet intégré de restauration des terres dans les zones arides et semi-arides dans le contexte des changements climatiques. Le projet s’inscrit également dans les engagements internationaux de l’Algérie, singulièrement ceux relatifs à la mise en œuvre de la Convention de lutte contre la désertification, à l’adaptation aux changements climatiques et aux objectifs de développement durable (ODD).

 

Le Fonds vert pour le climat à la rescousse

A la faveur de l’organisation d'un atelier de concertation nationale sur la réhabilitation du Barrage vert à  Alger, le Directeur général des Forêts, Azzedine Sekrane avait déclaré que l'Algérie a demandé officiellement aux responsables du Fonds vert pour le climat (un mécanisme financier de l'ONU), de mobiliser 50 millions de dollars pour financer un projet intégré visant à restaurer des terres dans les zones arides et semi-arides relevant du Barrage vert. Dans ce cadre, la DGF a présenté une idée de projet sur le Barrage vert à soumettre au financement dans le cadre du Fonds vert pour le climat, a-t-il fait savoir. La DGF a argumenté son travail sur la base des résultats d'une étude entamée depuis 2012 et dont les résultats ont été présentés en 2017 par le Bureau national d’étude pour le développement rural (Bneder), portant sur la réhabilitation et l'extension du Barrage vert, sur plus de 4,7 millions d'hectares.

L’étude en question a mis en exergue la dégradation de 50 % de la zone du Barrage tout en faisant ressortir un plan d'action mettant l'accent sur la restauration et le développement des espèces endémiques des zones arides et sahariennes en tenant compte de la résilience et la protection de la biodiversité. Le plan d'action proposé inclut les domaines forestier, dunaire et agropastoral ainsi que les bandes routières, en intégrant aussi les aspects socioéconomiques.

D’une durée de 5 ans, ce projet vise à prévenir, réduire au minimum et à faire reculer la désertification et la dégradation des terres, atténuer les effets de la sécheresse dans les zones touchées, en améliorant la résilience des systèmes humains et naturels des zones du Barrage vert à travers une gestion durable et une réhabilitation des forêts et pâturages. Sur les 50 millions de dollars demandés par la DGF, 20 millions seront consacrés à la mise en œuvre d'activités de restauration des écosystèmes affectés en privilégiant les espèces autochtones résilientes, 20 millions de dollars pour l'amélioration de la gestion des zones vulnérables de façon à prévenir la désertification, 5 millions pour la mise en place d'un système de surveillance des effets du changement climatique et d'aide à la prise de décision.

Les 5 millions restant seront destinés au renforcement de la prospective et de la recherche, au développement de l'activité des petits exploitants et soutien des entreprises vertes et bleues, afin d'assurer des réponses durables aux changements climatiques. La zone d'intervention du projet couvre les 10 wilayas du Barrage vert, soit l'essentiel des zones arides et semi-arides du pays. Du coup, une équipe technique de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s’est déplacée au niveau d’une zone pilote du barrage vert dans la wilaya de M'sila, en mars 2018, afin d'évaluer les actions à entreprendre dans les meilleurs délais. La décision finale du Fonds vert pour le climat est tributaire essentiellement des résultats de cette évaluation, a-t-on précisé du côté de la DGF.

Le Barrage vert vise à créer une véritable barrière de verdure reliant les frontières algériennes d'Est à l'Ouest sur une longueur de 1.500 km et une largeur de plus de 20 km, soit une superficie de plus de 3 millions hectares. Le grand mérite revient au feu Président Houari Boumediène qui annonça en 1970 la mise en place du projet du "Barrage vert", l’un des plus ambitieux projets agro-écologiques mis en œuvre en Afrique et l’un des plus ambitieux réalisé par l’Algérie après son indépendance en 1962.

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