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Agriculture

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Pour émerger en tant qu’activité agricole à part entière



S'attaquer au segment de l'exportation avant même que les objectifs de production et de qualité de nos miels soient grandement assurés, c’est comme mettre la charrue avant les bœufs. Avec une production de miel en Algérie estimée à plus ou moins  5000 tonnes/an  pour une consommation d’environ  0,200  kg/an par habitant contre 3,5kg/habitant/an en Europe, ces  niveaux  restent  très  faibles, donnant  au miel  une  part insignifiante  du régime alimentaire comparé à tous les bienfaits qu’il en attend.

L’apiculture doit impérativement se moderniser

Le  consommateur  algérien  considère  le miel comme  médicament, ses préférences se portent sur les miels foncés, liquides, emballés dans des bocaux en  verre,  mais  il est  dans la  confusion totale  quant au  circuit  commercial  de celui-ci ; de ce  fait,  il se  procure ses miels  par  les circuits  informels et  par  des rapports de confiance ou  se  tourne vers les miels  d’importation présents  dans les commerces, sans  être rassuré de la qualité de ces produits. Force est de constater que la filière apicole  demeure victime d’une désorganisation totale conjuguée à une prise en charge défaillante et de la part des responsables  de l’agriculture et des professionnels eux-mêmes. Du coup, cette activité d’élevage souffle avant tout au même titre que les autres filières de l’agriculture algérienne  des problèmes d’organisation de la profession et de programme de développement  d’où l’absence d’une  efficience palpable sur le terrain. Aussi, les objectifs  escomptés en 2015 pour atteindre le volume de 100 000 ont été considérés par beaucoup d’experts en la matière comme irréalistes !

En dépit des mesures de soutien financier engagées par les pouvoirs publics depuis l’avènement du projet de proximité de développement rural intégré(PPDRI), dans les années 2000  consolidées, les résultats n’ont pas suivis au regard de l’évolution mitigée de la progression de la production apicole en Algérie. On parle actuellement de quelques  200.000 apiculteurs et apicultrices qui activent d’une manière permanente ou ponctuelle dans la production de miel et autres dérivés (production de gelée royale, pollen, propolis, cire d'abeilles et essaims d'abeilles).Faute de recensement crédible, il est impossible de connaître à quelques milliers près le nombre exacte des agriculteurs et des simples citoyens qui pratiquent cette activité. Toutefois, on sait que  beaucoup de commerçants  gravitent autour de ce métier, à l’image des fabricants du matériel de travail, dont,  les divers accessoires, les ruches, les tenues de travail etc.

 

Les raisons qui font que le prix du kg de miel demeure élevé

Le prix inabordable du prix du miel sur le marché  prive une frange assez importante de la population algérienne d’accéder à ce produit tant désiré. Le problème du prix élevé du miel est tributaire tout d’abord de la quantité produite par les apiculteurs, par wilaya, et par région, il se trouve que la majorité des apiculteurs ne produit pas suffisamment, en volume et, par conséquent, elle ne peut pas vendre à perte, du moins en dessous des prix actuels du marché national. La principale raison de ce déficit en rendement relève du problème de la non-maîtrise des techniques modernes de production et, de ce fait, certains professionnels  n'arrivent même pas à assurer leur SMIG, et parfois, c'est toute la famille qui travaille pour assurer un gain acceptable de l’activité apicole. Donc, pour faire baisser les prix, la condition sine qua non réside dans l’amélioration des techniques de productions et, par conséquent, il y aura une  augmentation de la quantité de miel qui sera commercialisée à un prix plus ou moins raisonnable.

Aujourd’hui, malgré un foisonnement de salons et autres foires du miel, pour "pour tenter de casser les prix " rien n’y fait pour que le kilogramme de ce produit noble reste très assumant, généralement entre 1500 et 5000 DA ce qui fait que ce produit  reste très loin de la portée d’une majorité de nos concitoyens. D’ailleurs, les prix de certaines variétés de miel ont enregistré une augmentation sensible, à l’instar du miel de jujubier qui, de par sa rareté et ses effets thérapeutiques se monnaye aujourd’hui aux alentours des 5.000 DA le kilogramme, tandis que les autres variétés, miel de thym et d’eucalyptus s’écoulent entre 2800 et 3200 DA le kilogramme.

En plus des produits de base les plus connus de l’apiculture à savoir le miel et la cire, il existe également d’autres produits commercialisables comme le pollen, la propolis, la gelée royale, et le venin, utilisés pour leurs vertus nutritives et thérapeutiques. Aussi, il s’agit plutôt de l'augmentation des marges  des charges de production  depuis quelques années, du coup  cela  s’est répercutée  directement sur le prix du miel. Plus précisément, ce sont les dépenses relatives aux postes de la main-d’œuvre et de l’alimentation des abeilles ainsi que des frais de transport et d’entretien qui ont enregistré un accroissement des dépenses de plus en plus difficile à supporter par l’apiculteur. 

D’autre-part, il existe des phénomènes  exogènes difficilement maitrisables ce qui exige de  l’intervenant un effort d’innovation pour  faire face aux perturbations négatives qui peuvent en découler particulièrement dans  la conduite de l’activité apicole. Ces nouveaux  paramètres qui sont venus se greffer aux autres préoccupations de l’éleveur, à l’image des changements  climatiques en premier lieu, la sécheresse peuvent être contrer  par  la pratique de la transhumance  qui devient obligatoire pour les éleveurs  dans le déplacement des ruches vers des régions dont le couvert végétal offre une ressource alimentaire aux abeilles.

Du reste, certaines pratiques agricoles comme les traitements phytosanitaires anarchiques sans prendre en considération la zone des opérations ont  une influence négative sur l’activité des abeilles. Alors  comment vous expliquez cette relation de cause à effet? Effectivement, certaines pratiques agricoles portent préjudices à l'apiculture et aux abeilles, l'utilisation abusive et désordonnée des pesticides (ce qu'on appelle les phytosanitaires) qui sont censés, protéger les fruits et légumes et préserver la nature et l’environnement. Certains apiculteurs, traitent, même pendant la floraison. D'autres augmentent les doses des produits très toxiques, de peur de ne pas atteindre le résultat escompter etc. L’abeille est un insecte très fragile et très utile, et c'est notre devoir à nous tous, de la protéger en lui assurant un espace et un environnement plus ou moins sain, exempt de toutes toxicités surtout chimique.

 

 Les milieux de la profession parasités 

Nul n'est parfait, même certains prophètes ont failli à leurs missions paraît-il, les apiculteurs sont des humains avec leurs forces et leurs faiblesses, peut-être que certains sont plus attirés par le gain facile et  tentent de falsifier, voire mélanger ou vendre totalement les miels qu'ils ne produisent pas. Mais sachez que lors de notre petite enquête certains apiculteurs gardent toujours leurs  principes  et ne toléreraient jamais que des personnes pareilles exposent à leurs côtés des produits ayant subi des modifications physico-chimiques.

Ainsi, les plus honnêtes des apiculteurs ne ménageront aucun effort pour combattre et dénoncer toute contrefaçon  des produits de la ruche, les miels frelatés, mélangés, voir fabriqués artificiellement et non produits par les abeilles. D’ailleurs, un honnête apiculteur  s’est dit volontaire pour saisir la justice quand les preuves sont irréfutables, en  se constituant, partie civile afin de défendre  les intérêts des apiculteurs et de l'apiculture en général.

Jusqu’à preuve du contraire, l’annonce en grande pompe de la création d’un consortium des exportateurs  de miel, suivi de la cérémonie de son installation en date du 27/10/2015 baptisé «Algerian’s Honey Bee Products» et composé de 14 membres (apiculteurs professionnels et coopératives apicoles)n’a, hélas,  jamais vu le jour depuis. Une deuxième rencontre du comité de suivi a été organisée au niveau d’Algex où un expert  en agronomie et consultant auprès du PNUD dans notre pays  a présenté la démarche à entreprendre pour l’exécution du projet sur le terrain regroupant des apiculteurs ou coopératives apicoles. Des lors, des responsables à la société Algex, avaient  expliqué les avantages d’opérer en groupe et les facilités financières et fiscales que l’État met à la disposition des consortiums pour la mise en œuvre et l’accomplissement d’un projet d’exportation. Finalement, à l’époque les membres du consortium ont procédé à l’élection de son directoire dont un  bureau exécutif constitué de 7 membres à sa tête un président, puis rien !

 

Vivement une place qu’elle mérite

En conclusion, on peut affirmer que les potentialités naturelles en Algérie sont largement assurées pour permettre à  cette activité hautement économique d’avoir une place non négligeable sur le marché local et, pourquoi pas, international. Si on se réfère aux différentes qualités de miel qui sont actuellement produites en Algérie, on ne dénombre pas moins de treize variétés différentes. Il s’agit du miel d’oranger, d’eucalyptus, de romarin, de lavande, de jujubier, d’euphorbe, d’arbousier, de la carotte sauvage, d’atractilis, de thym, d’origan, de peganum (harmel), de caroubier et, enfin, de toutes les fleurs de printemps. Mais toute cette panoplie de miels n’a pas contribué à rendre le prix du miel accessible aux consommateurs vu la production aléatoire et surtout dépendante des conditions climatiques (sécheresse, intempéries…) et la place vouée au miel par le consommateur lui-même qui le considère comme médicament à vertus thérapeutiques avant d’être alimentaires. 

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