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RUMEUR SUR LA LIVRAISON GRATUITE DU GAZ À LA FRANCE, Les arguments de Sonatrach



La compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach a réagi à la rumeur répandue largement sur les réseaux sociaux concernant l’existence d’un accord entre l’Algérie et la France sur la livraison gratuite de gaz.

Depuis quelques semaines, une rumeur répandue sur les réseaux sociaux, alimenté en partie par un candidat virtuel à la présidentielle avortée du mois d’avril dernier, Rachid Nekkaz en l’occurrence, fait état d’un accord entre l’Algérie et la France sur la livraison gratuite de gaz. Cependant, cette information ne repose sur aucun fondement, et c’est ce qu’a affirmé l’expert en énergie, Mourad Preure, récemment.

Au sujet de ces contrats gaziers avec la France, qui importe 10% de son pétrole et de son gaz d’Algérie, Mourad Preure est catégorique : «l’Algérie ne donne pas gratuitement le gaz. Ce n’est pas possible. Pour que le gaz quitte les frontières, il doit passer par les douanes algériennes », a-t-il assuré : « Si vous exportez un conteneur de dattes, il faut que les douanes mettent leur cachet, sinon, il ne sort pas. De la même manière, un méthanier qui transporte le gaz ne sortira pas sans l’autorisation des douanes», a-t-il ajouté. La semaine passée, le groupe pétrolier Sonatrach a expliqué les procédures associées aux exportations de gaz algérien vers l’étranger, en réaffirmant dans une note que toutes les ventes de gaz à long terme étaient régies par des contrats d’approvisionnement soumis au principe du «Take or Pay». En vertu du principe «Take or Pay», l’acheteur est tenu de prendre livraison et de payer la quantité contractuelle ou de payer ladite quantité en cas de défaut d’enlèvement, a précisé la compagnie nationale des hydrocarbures dans un document rendu public : «Ces contrats et leurs amendements sont soumis à une procédure d’approbation comprenant en premier lieu l’accord des organes sociaux de l’entreprise (Conseil d’administration de Sonatrach) puis celui des autorités compétentes (approbation du ministère de l’Energie). Toutes les exportations (GN et GNL) sont strictement encadrées par les réglementations en vigueur», explique le groupe, ajoutant «qu’elles font l’objet d’une double déclaration douanière : la première est faite par Sonatrach au niveau des Douanes algériennes et la seconde est faite par le client au niveau des douanes du pays de destination. La déclaration en douane (dossier d’exportation) faite par Sonatrach auprès des Douanes algériennes comprend les informations relatives au client, le prix, la quantité, la date de livraison, le navire/gazoduc et à la facture domiciliée. Pour chaque volume exporté (GN ou GNL), les factures originales afférentes sont transmises en plus du client à la direction Finances pour exploitation contrôle et suivi, la Banque (BEA) pour domiciliation, les terminaux de comptage et méthaniers (factures domiciliées pour déclaration douanière) et les Douanes algériennes (une facture domiciliée) pour contrôle et suivi», est-il souligné. Toutes les transactions sont «traçables» au niveau de l’inspection principale aux hydrocarbures. Dans le cadre de la détermination du prix de base du gaz naturel par l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures «ALNAFT», Sonatrach est tenue de reporter mensuellement à cette agence les prix du gaz naturel pratiqués pour les exportations réalisées au cours du mois précédent, ainsi que les charges liées au transport (coûts de transport maritime et tarifs de transport par gazoduc). La note de Sonatrach rappelle qu’en 2018, les exportations de gaz se sont élevées à 51.5 gm3 dont 75% par gazoduc et 25% sous forme de GNL. La première destination du gaz algérien reste le marché européen, essentiellement l’Italie (35%), l’Espagne (31%), la Turquie (8.4%) et la France (7.8%). Actuellement, le groupe Sonatrach est classé 8e  exportateur mondial de gaz naturel liquéfié au niveau mondial avec une capacité de total nominale de liquéfaction de l’ordre de 34 gm3 par an. Sonatrach avait construit le premier complexe industriel de liquéfaction de gaz naturel dans le monde en 1964 dans la région d’Arzew (La Camel, Compagnie Algérienne de Méthane Liquéfié, train mis à l’arrêt en 2010).

 

Le rachat d’Anadarko par Total acté

La première cargaison commerciale de l’histoire du GNL a été chargée à partir de ce complexe en septembre 1964 à destination du terminal de Canvey Island en Angleterre. Les capacités d’exportation de GNL de Sonatrach se sont renforcées avec la construction d’autres complexes au niveau des zones industrielles d’Arzew GL1Z (1978) et GL2Z (1981) et de Skikda GL1K (1980). L’Algérie a ainsi été le plus grand exportateur mondial de GNL jusqu’en 1974, puis le deuxième jusqu’en 2003, le 4e  jusqu’en 2008. En parallèle, Sonatrach a renforcé et diversifié ses capacités d’exportation à travers la construction des gazoducs Pedro Duran Farell (GPDF, 11.5 gm3/an) en 1996, Medgaz (8 Gm3/an) en 2011 qui se sont ajoutés au gazoduc Enrico Mattei (GEM, 32.5 Gm3/an) mis en service en 1983. Sonatrach a mis en service deux Méga trains à Skikda (GL1K) et à Béthioua (GL3Z), respectivement en 2013 et en 2014. «Sonatrach dispose par ailleurs d’une flotte de 8 méthaniers (environ 1 millions de m3 GNL) avec différents types de capacité de transport qui lui permettent de desservir aussi bien la région de la Méditerranée que les longues routes», explique la même source. Il s’agit des méthaniers Cheikh El-Mokrani (75.000 m3), Cheikh Bouamama (75.000 m3), Global Energy (75.000 m3), Abane Ramdane (125.000 m3), Berge Arzew (138.000 m3), Lalla Fatma n’Soumer (145.000 m3), Ougarta (172.000 m3), Tessala (172.000 m3) Sonatrach a également développé ses capacités d’exportations Gazoducs, précise le même document. Elle dispose en effet de trois gazoducs internationaux pour une capacité totale de 52 gm3 par an. Le gazoduc transméditerranéen (Transmed, 32.5 gm3) appelé aussi gazoduc «Enrico Mattei» reliant l’Algérie à l’Italie à travers la Tunisie. Les livraisons commerciales à partir de ce gazoduc ont commencé à partir du mois d’avril 1983. Le Gazoduc Maghreb Europe (GME, 11.5 Gm3) appelé aussi gazoduc «Pedro Duran Farell» reliant l’Algérie à l’Espagne à travers le Maroc à partir duquel les débuts des livraisons commerciales ont commencé au mois de novembre 1996 et le Medgaz (8 Gm3), gazoduc reliant directement l’Algérie à l’Espagne, opérationnel depuis mars 2011. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a vanté une acquisition des actifs africains du groupe américain Anadarko au cœur de sa stratégie et s’est dit confiant de trouver un accord avec les autorités algériennes : «Les actifs d’Anadarko (…) sont en plein cœur de cette stratégie de croissance prioritaire sur nos forces : l’Afrique et le GNL au Mozambique, l’Afrique et le Deep offshore au Ghana et en Afrique du sud, et enfin, l’Algérie conforte notre position dans la zone Moyen-Orient/Afrique du nord», a-t-il dit lors de l’assemblée générale des actionnaires.  Ils vont conforter notre place de major leader sur ce continent africain au très fort potentiel, de numéro 2 mondial de l’industrie du gaz naturel liquéfié», a poursuivi Patrick Pouyanné. Total avait annoncé début mai passé un accord avec Occidental Petroleum en vue de racheter pour 8,8 milliards de dollars (7,8 milliards d’euros) les actifs d’Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud. Cette opération est encore soumise à la finalisation du rachat d’Anadarko par Occidental Petroleum. En Algérie, le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, a fait savoir que la compagnie publique Sonatrach userait des moyens à sa disposition pour «préserver ses intérêts» dans le cadre de cette transaction. «Il ne faut pas s’inquiéter outre mesure» de la situation en Algérie, a répondu Patrick Pouyanné à un actionnaire qui l’interrogeait sur ce point. «Il est normal que les autorités de chaque pays producteur souhaitent avoir un dialogue avec leurs principaux partenaires, Total est un partenaire de l’Algérie et donc c’est dans ce cadre-là que nous allons avoir ce dialogue très prochainement avec les autorités», a-t-il expliqué.

 

Le ministre de l’Énergie reçoit  le PDG de Total

Le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab a reçu le PDG du groupe pétrolier français Total, Patrick Pouyanné. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par le dossier du rachat par Total des actifs en Algérie de la compagnie pétrolière américaine Anadarko. L’entretien entre le ministre et le PDG de Total a eu lieu en présence du PDG de la compagnie pétrolière nationale Sonatrach, Rachid Hachichi. «Lors de cet entretien, les parties ont passé en revue les relations entre le groupe Total et le groupe Sonatrach, notamment dans les domaines gaziers ainsi que les perspectives de collaboration entre les deux groupes dans des projets à grande valeur ajoutée en Algérie et à l’étranger», indique le ministère. «Les parties ont par ailleurs témoigné de la volonté indéfectible des deux Groupes économiques de préserver leurs intérêts communs et d’œuvrer à développer un partenariat pragmatique qui créé de la valeur pour les deux parties sur le moyen et long terme», précise le communiqué du ministère. Le communiqué du ministère de l’Énergie ne précise pas si la question du rachat des actifs d’Anadarko en Algérie par Total a été évoquée. En effet, le déplacement de Patrick Pouyanné à Alger intervient au milieu d’une polémique engendrée par l’annonce que la compagnie pétrolière française a signé début mai un accord pour 8,8 milliards de dollars avec l’américain Occidental Petroleum pour le rachat des actifs en Afrique, et en Algérie, de la compagnie américaine Anadarko dans le cadre de l’acquisition de cette dernière par Occidental Petroleum pour un montant de 57 milliards de dollars. En réaction, le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab avait laissé entendre que l’Algérie s’opposerait au rachat des actifs d’Anadarko en Algérie, avant de faire machine arrière rapidement en affirmant que «Sonatrach cherchera un bon compromis» tout en ajoutant que la compagnie pétrolière nationale «doit entretenir de bonnes relations avec des partenaires étrangers pour développer ses programmes». Le PDG de Total avait indiqué pour sa part que le groupe va «dialoguer» avec les autorités algériennes «très prochainement» .

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