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ALORS QUE TAHKOUT REJOINT LA «BANDE» À EL-HARRACH, Ouyahia et Sellal inculpés ?



Dans la foulée de l’instruction de l’affaire Tahkout et la mise sous mandat de dépôt de Mahieddine Tahkout et des membres de sa famille, les deux ex-premier-ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia sont inculpés, Les deux ex-Premiers ministres ne seront plus convoqués en tant que témoin, mais en tant qu’inculpés.

D’ex- ministres, à l’image de Boudjemaâ Talaie , des Transports, Youcef Yousfi, de l’Industrie, Abdelkader Benmessaoud, du Tourisme, Abdesselaam Bouchouareb ancien ministre de l’Industrie sont également inculpés dans le cadre de la même affaire. Ces anciens ministres risquent aussi le même sort que les deux ex-premiers ministres. L’on apprend aussi que 4 walis sont inculpés dans la même affaire. Il s’agit de deux ex-walis de Bouira, le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh et l’ancien wali de Tizi-Ouzou, Bouderbala. Le magistrat instructeur du tribunal de Sidi M'hamed (Alger) a ordonné lundi dernier le placement sous mandat de dépôt de l'homme d'affaires Mahieddine Tahkout à l'issue de son audition  pour des soupçons de corruption. Le propriétaire  du groupe Cima Motors, son fils et son frère ainsi que plusieurs responsables de l’Office national des œuvres universitaires (ONOU), de l’entreprise du transport urbain et suburbain d’Alger (ETUSA) et de l’Agence nationale de développement et de l’industrie (ANDI) étaient entendus pour des soupçons de corruption dans l'obtention de plusieurs marchés. Mahieddine Tahkout, convoqué au tribunal de Sidi M'Hamed, a entrainé avec lui une nébuleuse de pas moins de 150 personnalités dont une floppée d’hommes d'affaires aux relents de corruption.  L’ex- Premier ministre Ahmed Ouyahia,  les ex-ministres et d'autres en poste  sont convoqués dans le cadre de l’affaire Tahkout et de son fils Bilal. Des cadres des ministères du Transport et de l’Industrie, ainsi que des responsables de l’ONOU (Office national des œuvres universitaires), de l’ANDI (Agence nationale du développement de l’investissement) et de l’ETUSA, ont été convoqués par le même tribunal.

Un monopole de fait 

Ce qu'on appelle l'affaire Tahkout semble avoir des ramifications et des connexions assez vastes tant le bonhomme parti de rien est devenu un archi-milliardaire en à peine quelques années et de ce fait capable de mettre dans son escarcelle tant de ministres, de walis et de hauts cadres de l'administration. Pour rappel, le procureur général près le tribunal d’Alger avait ordonné d'établir une interdiction de sortie du territoire national (ISTN) à Mahieddine Tahkout ainsi qu’à des membres de sa famille. Son avion privé est lui aussi cloué au sol, interdit de quitter le sol national.  Dans le sillage de cette affaire, le parquet d’Alger vient de procéder à la mise en détention de l’ancien DG de l’entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger (ETUSA), Abdelkader Benmiloud. Les mêmes sources ont indiqué que l’actuel directeur des transports de la wilaya d’Alger, Rachid Ouzane, a également été placé sous mandat de dépôt. Les deux hommes doivent répondre à des accusations portant sur des soupçons d’octroi de marchés douteux à Mahieddine Tahkout. Abdelkader Zoukh, Abdelghani Zaalane, Ammar Ghoul et Amara Benyounes ont été également convoqués dans le cadre de cette affaire. De même, quelques walis seront convoqués par la justice pour être auditionnés sur les avantages dont a bénéficié Mahieddine Tahkout. Les auditions avaient trait à plusieurs dossiers liés aux contrats ainsi qu’aux avantages en lien avec l’investissement dans le montage automobile. Une douzaine de cadres dirigeants de ses entreprises, ainsi que des organismes cités dans ces affaires ont également été auditionnés. L’incarcération d’un des hommes d’affaires les plus sulfureux et les plus controversés de l’ère Bouteflika, avec Ali Haddad, l’ancien patron des patrons et les frères Kouninef met symboliquement fin au règne sans partage d’une caste d’affairistes qui, en plus d’avoir bénéficié des largesses du pouvoir, ont longtemps été associés à la prise de décision.

La fin d’un empire industriel

Les rapports des puissances de l’argent avec le monde politique n’ont jamais été aussi alambiqués que pendant ces dix dernières années. Cette proximité avec le pouvoir lui a épargné bien des déboires, notamment suite à la découverte d’un immense scandale auquel était liée son usine d’assemblage de véhicules en 2017. Des images relayées sur les réseaux sociaux avaient, en effet, montré des séries de voitures de marque Hyundai presque entièrement montées dans des containers. Dans l’une de nos précédentes éditions Crésus avait soulevé un nombre importants d’affaires douteuses auquelles était lié Mahieddine Tahkout. Ce dernier, ses proches ainsi que plusieurs personnes ont été auditionnés par le tribunal de Sidi M’hamed dans l’affaire des contrats conclus avec des entités administratives et des entreprises publiques portant sur la vente de véhicules et bus commercialisés par son groupe Hyundai et du marché juteux des bus universitaires. L'homme d'affaires est l'opérateur n°1 du transport des voyageurs en Algérie où il détient presque un monopole du transport universitaire. Ces bus transportent la majorité des 1,5 million d'étudiants algériens à travers plusieurs régions. La présentation devant le tribunal fait suite à ces interrogatoires par les éléments de la gendarmerie nationale de Bab Jdid.  Tahkout, a dans les années 1990 à un moment où l’Algérie était confrontée à un réel problème de trésorerie a su sentir les bonnes affaires. La première était le transport des étudiants dans un moment où le pays vivait des moments dramatiques. Alors que ses bus généraient, au début des années 2000, jusqu’à 10 000 DA de recettes par jour et par véhicules, le parc prenait de l’ampleur. La SNVI n’arrivant pas à satisfaire ses besoins, la société Tahkout importe à tour de bras des autobus de marque Mercedes Benz dans un premier temps avant de passer commande pour des voitures chinoises.  Les bus desservent, dès 2005, de grandes lignes vers Tipaza, Boumerdès et Blida. L’homme finit par asseoir son monopole sur l’ensemble des universités du pays. Le transport universitaire étant désormais acquis, Mahieddine Tahkout s’attaque désormais à d’autres segments : il crée une filiale dédiée au transport de voyageurs sur de longues distances. Comme d’habitude, l’homme ne tarde pas obtenir les autorisations de lignes et à livrer une concurrence à une autre entreprise publique, la SNTV (Société nationale de transport de voyageurs, qui compte plusieurs filiales régionales). L’acquisition des bus ne pose donc aucun problème puisque les banques publiques sont également mises à contribution. Et pour ne rien perdre, Tahkout achète les bus des marques chinoises dont il est le seul concessionnaire dans le pays. Ne pouvant se satisfaire des seules lignes intérieures, Tahkout s’intéresse désormais aux lignes internationales.

Il signe, l’an dernier, un accord pour assurer des dessertes entre l’Algérie et la Tunisie. Il a signé un accord avec la Société nationale tunisienne de transport interurbain (inter-villes). Le contrat porte sur l’exploitation de deux nouvelles lignes, l'une reliant la wilaya d'El Oued  à Gafsa (Tunisie) et la seconde entre la wilaya de Tébéssa à la ville tunisienne de Kasserine en prévoyant des extensions le cas échéant, selon le procès-verbal de réunion. L’entreprise Tahkout  chasse sur tous les terrains : transport universitaire, transport aérien avec Air Méditerranée, Média, montage automobile de plusieurs marques étrangères et désormais le transport en commun. Tahkout,  bien embusqué, saute déjà sur les bonnes affaires. Parmi elles, il y a le marché juteux du transport urbain et suburbain à Alger. Si le contrat fait le bonheur de ce groupe privé, au sein de l’entreprise publique (ETUSA) l’accord fait grincer des dents. Éclatée au mois de janvier 2010, selon un rapport qui a fuité dans la presse, suite à une lettre de dénonciation reçue par les autorités, une enquête a été initiée par les services de sécurité sur la prise de participation de T.M. et consorts pour 75 millions d’euros  dans cette entreprise pour la  justification de la détention d’une telle somme par un résident algérien ainsi qu’un grand complexe hôtelier, une station de service et d’autres sociétés dans la région de Marseille et Nîmes estimés à des dizaines de millions d’euros. Après déclenchement de l’enquête et interdiction de sortie du territoire prononcé contre lui, un transfert de propriété d’Air Méditerranée a été effectué par T.M. et consorts à une entité morale qui se trouve dans un paradis fiscal. Le dossier n’a pas connu de suite. Une enquête a été diligentée par l’IGF et des conclusions ont été transmises aux services du Premier ministre de l’époque. Les conclusions de cette enquête indiquent l’octroi à TM des centaines de bus à des prix fixes pendant de longues périodes et sans possibilité de renégociation des prix alors que le prix a augmenté ; paiement en centaines de millions de DA à la SNVI pour la fourniture d’une grosse flotte de bus avec des chèques de la banque Khalifa et Union Bank qui, selon les observateurs, n’ont jamais été honorés car antidatés ; mise à disposition gratuitement par la SNVI de 10 hectares de terrain comme parking pendant 8 ans sans autorisation des instances dirigeantes.

Préjudice estimé à 180 000 000 de DA par an ; fourniture à M.T. de 350 moteurs de bus et camions neuf 20 mois après l’expiration de la période de garantie. M.T. a accaparé des dizaines de milliers de mètres carrés à la zone industrielle de Rouiba non attribuables car situés dans une zone non constructible. Lors de la visite 2009/2010 de l’ex-ministre de l’Industrie, M. Temmar, les industriels de la zone ont signifié leur mécontentement. Une enquête a aussi été ordonnée. Au départ, CIMA MOTORS a signé un contrat de concessionnaires avec trois partenaires chinois avec lesquels il domicilie les factures d’importation chez Société Générale d’Algérie. T.M. crée ensuite une société d’export à Marseille qui refacture des voitures d’autres marques au prix très élevé, ce qui cause une fuite conséquente de la devise. Les concessionnaires légaux disposant d’un contrat de concession avec les maisons mères ont dénoncé cet état de fait mais sans succès car T.M. continue à piétiner les lois de la République. Les enquêtes diligentées par les services de sécurité et la Banque d’Algérie ont été stoppées net.

VEDIS TM s’approvisionnait en pièces de rechange et en véhicules chez ce concessionnaire depuis des années et voilà qu’il refuse de payer une ardoise de plus de 400 millions de DA et l’affaire Moula BIC TM a accaparé cette unité industrielle en chassant les propriétaires et les quelques 300 travailleurs grâce à sa société de sécurité qui chasse les ouvriers manu militari. Pour sa part Bilel Tahkout, fils de l’homme d’affaire qui bénéficiait d’une concession de 8000 ha en 2016 dans le but de réaliser un projet de production d’arbres fruitiers, s’est vu lui aussi retirer ses terres pour les mêmes motifs. Ces concessions ont été obtenues grâce à la corruption de hauts fonctionnaires de l’ONTA, dont certains ont été entendus par la justice.    

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