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FAKE-NEWS, La lutte qui s’organise



«Fake-news» est une appellation devenue très familière : pas une journée sans qu’on les nomme, d’autant plus dans cette période de crise. La diffusion de fausses informations est un problème qui affecte tous les pans de la société. En 2017, il a été élu «mot de l’année» par le dictionnaire Collins.

La propagation de ces fausses informations semble aujourd’hui «inarrêtable» et incontrôlable. Pourtant, la société commence à développer des outils et une prise de conscience face à ce problème.

 

 

 

 

Un combat loin d’être gagné mais qui n’est pas pour autant perdu.

Revenir à l’essentiel : qu’est-ce qu’une fake-news ?

 

 

Le terme «fake-news» existe depuis les années 1990 aux Etats-Unis, mais c’est en 2017, après l’élection de Donald Trump et la campagne du BREXIT que le mot gagne vraiment en visibilité. En France, le journal officiel recommande l’utilisation du néologisme «infox» et nous donne même une définition. Infox peut être utilisé «Lorsqu’il s’agit de désigner une information mensongère ou délibérément biaisée, répandue par exemple pour favoriser un parti politique au détriment d’un autre, pour entacher la réputation d’une personnalité ou d’une entreprise, ou encore pour contredire une vérité scientifique établie».

 

La fake-news peut aujourd’hui prendre plusieurs formes qui lui donnent toujours plus de crédibilité. Si le moyen le plus utilisé est l’écriture, le photomontage est un outil qui est aussi très présent car l’image est beaucoup plus marquante que les mots.

 

Sauf que depuis quelques années, le montage vidéo permet aussi la création de fake-news. Le format vidéo paraît beaucoup plus crédible aux yeux du public et peut toucher beaucoup de plus de monde quand on sait que 62% des résultats de recherches Google incluent une vidéo

Ces fake-news sont généralement produites par des «trolls» (personnes qui initient volontairement des polémiques sur un forum de discussion, un blog ou un réseau social dans le seul but de provoquer) qui ont un intérêt à voir cette information se propager. Elles peuvent être ensuite reprises par une armée de «trolls» ou de faux comptes afin qu’elles touchent ensuite des vraies personnes dans le but de les influencer. Ainsi, Facebook et Twitter avaient reconnu leur incapacité à endiguer la menace durant l’élection américaine de 2016. 126 millions de personnes avait été affectées sur Facebook par des fausses informations sur la campagne américaine. 

 

 

Les réseaux sociaux, relais des fake-news

 

L’influence des réseaux sociaux est une aubaine pour la propagation des fake-news. Pour bien comprendre l’impact que peut avoir une fake-news, il est important de rappeler celui des réseaux sociaux. En 2018, les réseaux sociaux comptaient 3,48 milliards d’utilisateurs.  En France, le nombre d’utilisateurs est de 38 millions (pour une population de 67 millions). Même si cette croissance est toujours forte à l’échelle mondiale, cette tendance ralentit en Occident : en France, le nombre d’utilisateurs stagne.

 

Au sein de la population française, ce sont les jeunes qui utilisent le plus massivement les réseaux sociaux : 93% pour les 18-24 ans et en particulier ceux ayant un diplôme (32% pour ceux n’ayant pas de diplôme contre 61% ayant un diplôme du supérieur).

 

Facebook, Twitter et YouTube sont les principaux canaux de diffusion des fake-news, et ceux pour plusieurs raisons: 

 

Facebook, à l’avantage du nombre d’abonnés (2,32 milliards d’utilisateurs) et la possibilité d’être dans des groupes où elles pourront être diffusées et être plus visibles 

 

Twitter très politisé, permet aux infox de toucher un public qui se sent impliqué dans ces questions ;

 

YouTube, grâce au format vidéo, dispose d’un meilleur taux de pénétration.

 

Les infox sont loin d’être sans conséquence. Nous avons déjà cité l’influence qu’elles ont pu avoir lors des votes de la présidentielle américaine et du BREXIT. Mais il y a aussi l’exemple du développement de la méfiance des vaccins depuis quelques années : en 2019, un rapport de la Royal Society of Public Health du Royaume-Uni montrait que les réseaux sociaux étaient notamment une des causes principales de la méfiance envers les vaccins. Beaucoup d’études infondées et de témoignages douteux circulent sur les réseaux sociaux au point que des épidémies de rougeole sont en train de resurgir un peu partout dans le monde occidental.

 

Aussi, les médias indépendants sont de plus en plus mis en avant, au détriment des médias traditionnels, qui accusent une grave baisse de confiance. Cependant, ces nouveaux médias ne sont pas sans risques : souvent «complotistes» ou très orientés politiquement, ils entretiennent ou accentuent les fake-news.

 

Ce sont à la suite de ces affaires mais aussi de plusieurs centaines d’autres qu’une prise de conscience du problème est apparue et qu’une volonté de contrôle a commencé à être revendiquée. La protection totale de la liberté d’expression est un argument qui fonctionne de moins en moins au profit de celui de la vérité.

 

 

Une prise de conscience à tous les niveaux

 

 

C’est, notamment, en Europe de l’ouest que cette prise de conscience est la plus avancée. Cette idée de la nécessité de combattre les fake-news sur les réseaux sociaux vient aujourd’hui de trois milieux différents. Le monde journalistique a été le premier à combattre les fake-news puisque l’information est à la fois son outil de travail et son domaine de vente. Cela fait donc plusieurs années que des services de «fact-checking» ont émergé au sein des médias. Ils reprennent les fake-news les plus relayées et les décryptent afin de remettre la véracité au cœur de l’information. Mais c’est vraiment depuis quatre ans que les projets de «fact-checking» ont explosé.

 

En 2018 il y avait dans le monde 149 projets 

 

Le blog montre par ailleurs que les projets sont majoritairement européens, mieux financés et mieux organisés. Ils sont donc un bon moyen de parer aux fake-news. Cependant, leur utilité, leur force même, est aussi leur plus grande faiblesse : mettre en avant une fake-news, c’est aider à sa propagation. En effet, parler de ces infox dans les médias, que ce soit pour les démentir ou non, les rendent plus visibles et renforcent même leur crédibilité aux yeux de certains. Par exemple, les thèses «complotistes» se sont renforcées quand les médias ont démenti les rumeurs comme celles du Traité d’Aix-la-Chapelle ou du Traité de Marrakech.

 

Le milieu politique se voit concerné - à raison-puisque les politiciens et les institutions sont les plus visés par ces fake-news. Les politiciens sont par exemple des acteurs majeurs des réseaux sociaux, notamment de Twitter. Ils utilisent de plus en plus leur influence pour amener ce problème au cœur des débats et sensibiliser le public. Les élus de l’Etat amènent progressivement cette réflexion dans les instances afin que le public puisse lui-même faire le tri. Celle-ci passe par la sensibilisation et l’éducation à ce phénomène via l’école et internet.

 

Mais le combat va plus loin et fait émerger des lois en Allemagne et également en France. La loi contre la manipulation de l’information oblige la transparence des réseaux sociaux sur leurs contenus sponsorisés et à leurs coopérations avec l’État notamment en période électorale pour lutter contre les infox. L’Union Européenne est aussi très mobilisée face au fake-news car elle en subit en continu notamment à l’approche des élections européennes. La Commission européenne a relancé elle aussi son fact-checking «Décodeurs de l’Europe» pour les élections et épinglé les réseaux sociaux pour les contraindre à améliorer leurs systèmes de contrôle.

 

Les réseaux sociaux doivent aujourd’hui répondre à cette pression qui ne se limite pas à la Commission européenne. Ils sont conscients que cela leur fait perdre en crédibilité et que l’on attend d’eux un sérieux sur ce qu’on trouve sur leurs plateformes. C’est pourquoi les entreprises concernées développent toutes des algorithmes et des fonctionnalités pour bloquer les contenus nocifs. Facebook a lancé «Click-Gap» en avril 2019. Le manque de résultats face au combat contre les fake-news a provoqué une baisse des actions de Twitter et ce, malgré ses bons résultats financiers. En réponse, la plateforme a augmenté ses dépenses , supprimant par la même occasion des millions de comptes nuisibles. Enfin, YouTube arrête de proposer des vidéos «conspirationnistes» en lecture automatique et s’efforce de supprimer les contenus indésirables.

 

Mais c’est du grand public que doit venir une solution réelle à ce problème. En effet, c’est lui la cible des fake-news et ce n’est que par sa méfiance et son esprit critique que le problème sera résolu.

 

Étant donné que les jeunes générations sont plus présentes sur les réseaux sociaux qu’une autre classe d’âge, elles sont les plus touchées : en 2018, les 18-24 ans ont à 38% déjà relayé une fake-news en pensant qu‘elle était vraie – score plus élevé que les autres tranches d’âges [10]. Néanmoins, la même année, seulement 24% des élèves de terminale disent avoir confiance en les informations provenant des réseaux sociaux [11]. Les jeunes générations, bien que les plus touchées, sont donc en réalité assez sensibilisées sur le sujet, à l’inverse des générations plus anciennes. Celles-ci sont les plus crédules et ont besoin d’être sensibilisées. Ainsi, un individu de plus de 65 ans a sept fois plus de chance de partager une fake-news qu’un moins de 29 ans [12].

 

Les fake-news sont un facteur crisogène important ; lutter contre permet de monter le niveau de confiance et de baisser la propagation d’idées fausses, déstabilisant l’équilibre des organisations et le vivre- ensemble. La prise de conscience et les actions menées pour limiter les fake-news sont essentielles et peuvent espérer les contrer, reste qu’il ne faut jamais baisser la garde.

 

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