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MAHIEDDINE TAHKOUT, L’autre baron des affaires



L’homme de l’ombre, Mahieddine Tahkout (M.T.), qui ne fait parler de lui que dans l’ombre, risque d’être le suivant dans la chasse de l’argent sale pour nettoyer la maison pour 2019.

M.T., dans les années 1990, à un moment où l’Algérie était confrontée à un réel problème de trésorerie, a su sentir les bonnes affaires. La première était le transport des étudiants dans un moment où le pays vivait des moments dramatiques. 

Alors que ses bus généraient, au début des années 2000, jusqu’à 10.000 DA de recettes par jour et par véhicule, le parc prenait de l’ampleur. La SNVI n’arrivant pas à satisfaire ses besoins, la société Tahkout importe à tour de bras des autobus de marque Mercedes Benz dans un premier temps avant de passer commande pour des voitures chinoises dont les enseignes sont désormais écoulées par la maison. Bientôt les bus desservent, dès 2005, de grandes lignes vers Tipaza, Boumerdès et Blida. Cela se passe au moment où le jeune patron, qui recrute l’essentiel de ses effectifs dans les rangs des retraités de l’ETUSA, négocie la cession des lignes de transport dans d’autres universités du pays. L’homme finit par asseoir son monopole sur l’ensemble des universités du pays. Le transport universitaire étant désormais acquis, Mahieddine Tahkout s’attaque désormais à d’autres segments : il crée une filiale dédiée au transport de voyageurs  longues distances. Comme d’habitude, l’homme ne tarde pas obtenir les autorisations de lignes et à livrer une concurrence à une autre entreprise publique, la SNTV (Société nationale de transport de voyageurs, qui compte plusieurs filiales régionales). L’acquisition des bus ne pose donc aucun problème puisque les banques publiques sont également mises à contribution. Et pour ne rien perdre, Tahkout achète les bus des marques chinoises dont il est le seul concessionnaire dans le pays.

Ne pouvant se satisfaire des seules lignes intérieures, Mahieddine Tahkout s’intéresse désormais aux lignes internationales. Il signe, l’an dernier, un accord pour assurer des dessertes entre l’Algérie et la Tunisie. Il a signé un accord avec la Société nationale tunisienne de transport interurbain (inter-villes). Le contrat porte sur l’exploitation de deux nouvelles lignes, l'une reliant la wilaya d'El Oued (Algérie) à Gafsa (Tunisie) et la seconde entre la wilaya de Tébessa (Algérie) à la ville tunisienne de Kasserine en prévoyant des extensions, le cas échéant, selon le procès-verbal de réunion.

Les autres grosses affaires : 

Air Méditerranée

Éclatée au mois de janvier 2010, selon un rapport dont nous détenons une copie, suite à une lettre de dénonciation reçue par les autorités, une enquête a été initiée par les services de sécurité sur la prise de participation de T.M. et consorts pour 75 millions d’euros  dans cette entreprise pour la  justification de la détention d’une telle somme par un résident algérien ainsi qu’un grand complexe hôtel , station de service et autres sociétés dans la région de Marseille et Nîmes estimés à des dizaines de millions d’euros.

Après déclenchement de l’enquête et l’interdiction de sortie du territoire prononcé contre T.M., un transfert de propriété d’Air Méditerranée a été effectué par T.M. et consorts à une entité morale qui se trouve dans un paradis fiscal. Le dossier n’a pas connu de suite.

Affaire SNVI

Une enquête a été diligentée par l’IGF et des conclusions ont été transmises aux services du Premier ministre de l’époque. Sans suite !

Les conclusions de cette enquête :

- L’octroi à T.M. des centaines de bus à des prix fixes pendant de longues périodes et sans possibilité de renégociation des prix alors que ces derniers ont augmenté

- Paiement en centaines de millions de DA à la SNVI pour la fourniture d’une grosse flotte de bus avec des chèques de banque Khalifa et Union Bank qui, selon les observateurs, n’ont jamais été honorés car antidatés. Pas d’avis de débit du montant de la banque.

- Mise à disposition gratuitement par la SNVI de 10 hectares de terrain comme parking pendant 8 ans sans autorisation des instances dirigeantes. Préjudice estimé à 180 000 000 de DA par an.

- Fourniture à M.T. de 350 moteurs de bus et camions neufs, 20 mois après l’expiration de la période de garantie. Dossier resté sans suite. 

• Affaire zone industrielle de Rouiba

MT a accaparé des dizaines de milliers de mètres carrés à la zone industrielle de Rouiba non attribuables car situés dans une zone non constructible.

Lors de la visite 2009/2010 de l’ex- ministre de l’Industrie, M. Temmar, les industriels de la zone ont signifié leur mécontentement. Une enquête a aussi été ordonnée.

Affaire CIMA MOTORS, spécialisée dans la revente de voitures multimarques

Au départ, CIMA MOTORS signe un contrat de concessionnaires avec trois partenaires chinois avec lesquels il domicilie les factures d’importation chez Société Générale d’Algérie. T.M. crée ensuite une société d’export à Marseille qui refacture des voitures d’autres marques au prix très élevé, ce qui causa une fuite conséquente de la devise. Les concessionnaires légaux disposant d’un contrat de concession avec les maisons mères ont dénoncé cet état de fait mais sans succès car T.M. continue à piétiner les lois de la République. Les enquêtes diligentées par les services de sécurité et la Banque d’Algérie ont été stoppées net. 

Affaire de voitures de luxe importées directement des USA

Ce sont des voitures personnelles dont la majorité n’a pas été dédouanée selon des indiscrétions. Certaines de ces voitures, dit-on, ont été recherchées à l’international et «introduites illégalement» en Algérie. 

- Affaire VEDIS :  

T.M. s’approvisionnait en pièces de rechange et en véhicules chez ce concessionnaire depuis des années et voilà qu’il refuse de payer une ardoise de plus de 400 millions de DA.

- Affaire Moula BIC : 

TM a accaparé cette unité industrielle en chassant les propriétaires et les quelques 300 travailleurs grâce à sa société de sécurité qui chasse les ouvriers manu militari. 

Le syndicat de l’ETUSA crie au scandale

L’entreprise Tahkout Mahieddine chasse sur tous les terrains. Transport universitaire, transport aérien avec Air Méditerranée, média, montage automobile de plusieurs marques étrangères et désormais le transport en commun. T.M., bien embusqué, saute déjà sur les bonnes affaires. Parmi elles, il y a le marché juteux du transport urbain et suburbain à Alger. Si le contrat fait le bonheur de ce groupe privé, au sein de l’Entreprise publique (ETUSA) l’accord fait grincer des dents. 

La grogne est là. Les travailleurs et leurs représentants sont en colère et affichent même leur crainte sur l’avenir de leur société. Contactés par téléphone, certains syndicalistes émettent des réserves sur le contenu de cet accord qui constituent, à leurs yeux, «une menace pour les intérêt de l’entreprise». «Oui, cette décision est incompréhensible. Pourquoi affréter des bus ? Pourquoi ne pas en acheter directement pour renforcer la flotte de l’ETUSA ?», s’interroge M. Azzi, syndicaliste et membre du bureau du syndicat de l’ETUSA. Selon lui, l’entrée du groupe Tahkout n’est pas de bon augure pour la société : «Nous ne sommes pas contre cette entreprise qui a le droit d’activer. Mais il faut préserver les intérêts de l’ETUSA. Les autorités pouvaient accorder, par exemple, à T.M. de nouvelles lignes qui ne sont pas couvertes par notre société si l’objectif était d’améliorer le service à Alger. C’est incompréhensible !», tonne-t-il. 

 Les travailleurs sont aussi inquiets. Ils veulent comprendre, surtout, la forme de la relation qu’entretiendront l’ETUSA et le groupe Tahkout. « Selon les termes du contrat, Tahkout devra payer les chauffeurs et les receveurs. Mais cela reste flou. De quel contrat bénéficieront les employés de cette société mixte ? Rien n’est clair», indique un ancien syndicaliste et receveur à l’ETUSA. Selon lui, ce nouveau contrat rappelle les «déboires» de l’entreprise dans le cadre de son association à la gestion du tramway d’Alger et les téléphériques. «Quel avenir pour notre société ? Elle risque de perdre du terrain et des parts de marché, comme ce fut le cas pour le transport universitaire», ajoute notre interlocuteur. Ces craintes ont été soulevées déjà en 2015, au moment où l’offensive de l’homme d’affaires était au stade de la rumeur. «Serait-on en train de casser l’Etusa au profit de l’entreprise Tahkout qui vient 

d’obtenir l’accord du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, de déployer 1000 bus à travers la capitale ?», s’interrogeaient les syndicalistes à l’époque. Ces derniers accusent même le ministre des Transports de l’époque, Amar Ghoul, de contribuer à cette entreprise «en retirant 36% et 41% des actions de l’ETUSA dans les sociétés de gestion du tramway d’Alger et des téléphériques». 

 

 

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