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DES ASSOCIATIONS ALERTENT SUR LA FUITE DES CAPITAUX, Des hommes véreux commencent à vendre leurs biens



Ali Haddad, le président démissionnaire du FCE et patron du groupe ETRHB a été arrêté au poste frontalier d’Oum Tboul, en partance pour la Tunisie. Son arrestation a fait suite à une interdiction de sortie du territoire national (ISTN). Le patron du groupe ETRHB a été reconduit vers Alger. Un des plus grands bénéficiaires de cette période faste, est tombé dans les filets de la justice. Ali Haddad, a été arrêté aux premières heures de dimanche 31 mars, près de la frontière avec la Tunisie. 

Il était en voiture, en compagnie de son chauffeur, avait sur lui une importante somme d’argent. Le désormais ex-patron des patrons, a été cueilli par des agents de la douane algérienne, près d’Oum T’boul (El Tarf), lesquels l'ont remis à la police. L’homme d’affaires a été par la suite confié au Centre territorial de recherches et d’investigation (CTRI), puisqu'il fait actuellement l’objet d’une Interdiction de sortie du territoire algérien, une «ISTN». C'est le premier homme d'affaires empêché de quitter le territoire national, ce qui confirme bien l'existence de cette liste de 110 personnalités interdites de quitter le pays qui vit en ce moment des heures troubles. 

Mais un autre homme d’affaires proche de la famille Bouteflika Réda Kouinef a réussi a réussi à prendre le large le 20 février dernier, soit deux jours avant la première marche du 22 février. Il se trouve selon les dernières informations aux Emirats arabes Unis (UAE). Des enquêtes préliminaires sont mises en œuvre pour des faits de corruption et de transfert illicite de capitaux vers l'étranger, a annoncé, dans un communiqué, le Parquet général près la Cour d'Alger qui confirme, en outre, l'interdiction «conservatoire» de sortie du territoire national de certaines personnes. «Conformément à l'article 11 alinéa 3 du code de procédure pénale, le Parquet général près la Cour d'Alger porte à la connaissance de l'opinion publique que des enquêtes préliminaires sont mises en œuvre pour des faits de corruption et de transfert illicite de capitaux vers l'étranger», précise la même source. Dans ce cadre et «pour les nécessités des enquêtes, le Procureur de la République près le tribunal de Sidi M'Hamed a procédé à l'application des dispositions de l'article 36 bis 1 du Code de Procédures pénales et a pris des mesures conservatoires en ordonnant l'interdiction de sortie du territoire national à l'encontre de certaines personnes», ajoute le communiqué sans donner plus de détails. 

D’autres sources proches du sérail, de nombreux hommes d’affaires proches du cercle présidentiels qui ont trempé dans des affaires douteuses ou qui ont bénéfice des largesses du clan Bouteflika sont dans le collimateur de la justice. Le deal conclu entre la hiérarchie militaire avec le président Bouteflika ne concerne pas les hommes qui ont longtemps profité du système. Si le président sortant a bénéficié d’une certaine clémence en échange de son retrait volontaire de la présidence de la république, cet accord n’est pas élargi à son proche entourage.

Deux noms sortent pour l’instant du lot en plus de Haddad. Il s’agit de Rédha Kouninef et de Mourad Eulmi, le patron de Sovac. Une véritable opération «mains propres» qui ne devrait épargner personne. L’ex ministre de l’Economie Mourad Benachenou avait publié il y a quelques mois une tribune fort intéressante dans la presse nationale ou il s’’est attaqué à ceux qu’ils qualifient de milliardaires de pacotilles : «Il est évident que tout changement de cap dans le domaine central de la politique économique, -qui a erré au cours de ces dernières décennies, et a donné lieu à la création d’une classe de parasites pillards tournant autour des centres de pouvoir, -aura des conséquences négatives sur cette nouvelle classe, qui rêve de prendre les rênes du pouvoir politique en vue de sauvegarder ses milliards de dinars et de dollars mal acquis. Que toutes les opportunités qui se présentent, si anodines soient-elles, soient exploitées par cette race de termites, dont la seule patrie est l’argent, n’a rien de surprenant» dit-il. Plus explicite, Benachenou a avancé la thèse que cette faune d’hommes d’affaires menace même la sécurité du pays de par sa connivence avec certains états étrangers : «L’histoire d’autres pays est là pour prouver que la classe des compradores ces hommes d’affaires qui construisent leurs richesses et leur puissance sur la dépendance de leurs pays à l’égard de l’étranger, n’hésite jamais à préférer ses intérêts à ceux de son pays, et à pousser, si ce n’est, à créer les conditions justifiant l’intervention de puissances étrangères dans les affaires internes du pays. 

Ces compradores ont, sans doute, commencé à tisser avec des puissances étrangères les liens qu’ils jugent nécessaires pour justifier ces interventions, mêmes si elles doivent conduire à la destruction du pays» dit-il. Des milliardaires, des hommes d’affaires véreux et des courtisans du régime qui ont indécemment acquis des biens et des richesses tentent de se débarrasser de leurs trésors en prévision des changements attendus en Algérie après le départ du pouvoir du clan Bouteflika. Pour freiner ces opérations, la Fédération nationale des agences immobilières (FNAI) a appelé, le 21 mars dernier, dans un communiqué, l’ensemble de ses adhérents à faire preuve de vigilance contre d’éventuelles propositions de vente qui pourraient être mises sur le marché «dont les acquisitions initiales sont douteuses. Au regard des événements que travers notre cher pays, et afin de prendre une attitude exemplaire dans le cadre de l’exercice de la profession, il est important d’attirer l’attention de l’ensemble des confrères que d’éventuelles propositions de vente pourraient être mises sur le circuit dont les acquisitions initiales sont douteuses», lit-on dans le communiqué signé par le président du directoire de la FNAI, Azzedine Shemcheddine :«De ce fait, une approche vigilante serait souhaitable et, en particulier, concernant la légalité des documents y afférent et ce, conformément aux textes des lois en vigueur», poursuit-il. D’autre part, la FNAI affirme son engagement et sa solidarité avec les manifestants contre le 5e  mandat du président Bouteflika, et «pour la légitimité de leurs revendications». De son côté l’avocat et défenseur des droits de l’Homme Mokrane Ait Larbi a, dans un message publié sur sa page Facebook, demandé au Procureur général auprès de la Cour de justice d’Alger de poursuivre les corrompus : «Le peuple défend les intérêts de la société contre les grands corrompus alors que le parquet attend des instructions venant de personnes dont l’implication dans la corruption est certaine», a dénoncé l’avocat qui a ajouté :  «Vous savez que la loi vous oblige, en tant que Procureur général, à demander au procureur de la République d’interdire à ceux qui pourraient être poursuivis pour corruption de quitter le territoire national et d’ouvrir des enquêtes et les présenter à la justice conformément à l’article 32 de la Constitution qui dispose que tous les citoyens sont égaux devant la loi», a-t-il demandé au Procureur général. Pour Me  Ait Larbi, «il faut concrétiser ce principe dans la réalité en ouvrant des enquêtes sur ceux qui ont volé l’argent du peuple et en les présentant à la justice». Une procédure qui, selon lui, «ne nécessite de plainte de personne mais seulement l’application de l’article 36 du Code des procédures pénales qui dispose clairement que le procureur prend ou ordonne de prendre toutes les mesures nécessaires pour chercher et investiguer les crimes punis par le Code pénal dont la loi de lutte contre la corruption». «Si la loi permet la poursuite des corrompus sans plainte préalable, qu’attend le parquet pour appliquer la loi sur les corrompus en réponse aux demandes légitimes du peuple ?», a conclu Me Ait Larbi. L’Ordre des avocats d’Alger s’est aussi impliqué dans la lutte contre les transferts illicites de devises, en mettant en garde les institutions financières du pays.

Il a demandé au gouverneur de la Banque d’Algérie et aux directeurs des banques de ne plus valider et de régler tous les contrats et toutes les opérations commerciales des intérêts privés : «Certains intérêts privés accélèrent et mettent la pression pour faire passer le paiement de leurs contrats en profitant de la situation actuelle », alerte l’Ordre des avocats d’Alger. Il demande aux institutions financières d'assumer leurs responsabilités en assurant qu’il veille à défendre les intérêts du peuple algérien, soucieux de la sauvegarde de l’argent public. L’Ordre des avocats d’Alger demande à la Banque d’Algérie de veiller à «éviter la dilapidation de l’argent public», avec un «contrôle rigoureux» des opérations financières et la mise en place « des mesures nécessaires et conservatoires pour faire face à toutes tentatives visant à transférer illégalement l’argent public» à l’étranger, et ce, en attendant «la mise en place d’un État légitime». La montée au créneau de l’Ordre des avocats d’Alger survient après les informations circulant sur les réseaux sociaux, faisant état d’un prêt de 100 millions de dollars accordé par le CPA à l’homme d’affaires Réda Kouninef, dans des conditions douteuses. Ces affaires ont ressortir de ses gongs la Banque d’Algérie pour qui ce prétendu emballement des transferts de capitaux, par le canal bancaire, tel que rapporté par des médias, «est dénué de tout fondement».

A ce propos, ils expliquent, tout d'abord, que l’octroi de crédits bancaires aux opérateurs «relève des seules prérogatives des banques commerciales et obéit à des procédures et règles établies par ces banques, conformément aux lois et règlementations en vigueur». En particulier, le dinar étant l’unique monnaie qui a cours légal en Algérie, aucune banque, et en aucun cas, ne peut octroyer et n’a octroyé un crédit en dollars ou en toute autre monnaie que le dinar. C’est le cadre légal. Toute autre assertion est infondée, affirment les responsables de cette institution bancaire. Dans ce sens, ils soutiennent que les opérations de transfert de capitaux «s’effectuent dans le cadre des relations financières du pays» avec le reste du monde dans trois cas principalement. Le premier cas concerne la couverture des opérations d’importation de biens et services, conformément à la législation et à la règlementation régissant le commerce extérieur et les changes en vigueur et selon des procédures établies.  Ainsi, toutes les banques sont tenues de veiller au respect de cette règlementation et de ces procédures, le contrôle des changes étant délégué à ces institutions, insistent-ils. Toute opération d’importation doit être préalablement domiciliée auprès d’une banque.

Le transfert, au titre du paiement de l’importation concernée, intervient à la réception, par la banque, des documents attestant la bonne exécution de l’opération. La Banque d’Algérie exerce régulièrement des contrôles à postériori et établit, le cas échéant, des procès-verbaux d’infraction qui sont transmis aux juridictions compétentes, détaillent les mêmes responsables de la Banque centrale. Le deuxième cas de transfert de capitaux est la couverture d’un investissement à l’étranger effectué par un opérateur résident en Algérie. De tels transferts ne peuvent avoir lieu que s’ils sont autorisés par le Conseil de la monnaie et du crédit (CMC), poursuivent-ils. A titre indicatif, sur les trois dernières années et à ce jour, le CMC n’a autorisé que le transfert en couverture des opérations de Sonatrach, font-ils savoir. Quant au troisième cas de transfert de capitaux, il intervient « dans le cadre du transfert des dividendes liés à des investissements directs en Algérie », affirment les mêmes responsables qui précisent que ces opérations obéissent également à une législation et à une règlementation strictes. A titre informatif, au cours des deux premiers mois de 2019, «il n’a été constaté aucune augmentation significative des transferts en devises par rapport aux mêmes mois des trois années précédentes», relèvent-ils. En conséquence, soutiennent-ils, «le prétendu emballement des transferts de capitaux, par le canal bancaire, est dénué de tout fondement».

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