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La IIe République, le combat d’un peuple (1e Partie)



En effet, aucun mouvement de protestation n’aura duré autant que celui mené, depuis le 22 février 2019, mais aussi et surtout à notre connaissance aucun pays n’a vu manifester, environ 25 millions de personnes  drapées  de l’emblème national pour clamer le changement radical du système.

C’est bien une nouvelle page de l’histoire d’une Algérie nouvelle qui s’écrit pour défendre une juste cause : celle d’une Algérie libre et démocratique au sein de laquelle  le peuple algérien doit être maître de son destin. C’est à cela que nous aspirons  dans un monde  en perpétuelle mutation basé sur les quatre moteurs principaux  de la construction de la démocratie d’un pays, à savoir : l’économie du savoir,  les valeurs du travail, les élites et la société civile  de porter l’espoir de tout un peuple  à l'heure où l'Algérie n'a pas encore atteint son indépendance économique en dehors des hydrocarbures  et  réussi sa transition politique démocratique, et enfin, l'économie de marché. Oui, l’Algérie est le seul des rares pays au monde qui n’ont pas abandonné le socialisme, car nous sommes ni en transition, ni en voie de développement. Pourtant, la politique est la science de la gouvernance,  c’est encore le message fort  que le peuple algérien  a voulu  transmettre à travers  ce 6e vendredi consécutif au pouvoir.

Des foules immenses qui manifestent  par millions avec un sens civique et un pacifisme exemplaires à travers tout le pays, ont encore  réclamé, un changement radical du système  et l’instauration d’une IIe République marquant la naissance d’une Algérie nouvelle prospère et moderne. Parmi les principaux slogans  exprimés lors de ces manifestations populaires grandioses, prolongement  des précédentes où notamment des millions d’Algériens ont marché  dans toutes les wilayas avec la participation de toutes les forces vives du pays, descendues dans la rue avec pour slogans : «Silmiya, silmiya» («pacifique, pacifique»), changement radical du système, non à la prolongation au 4e mandat et non au 5e mandat pour Bouteflika  et ont, une nouvelle fois, exprimé leur refus des mesures annoncées  par le pouvoir, tous les regards sont désormais braqués  sur le Palais d’El Mouradia et celui du gouvernement  (siège  du Premier ministère).

La question que nous abordons ici, est celle du rôle dévolu à l’Etat dans le processus de  notre indépendance qui place aujourd’hui les intérêts suprêmes du pays au-dessus de toute  considération qui prive notre système de démocratie  d’une meilleure représentativité et donc de meilleurs représentants du peuple dans le processus dynamique de l’Algérie dans le cadre de l’exercice de la légitimité de son peuple et sa souveraineté. En effet, l’Algérie doit être  dotée d’un nouveau rôle pour l’État réformé pour faire face à la mondialisation, car notre pays n’est pas épargné par le grand courant de cette mondialisation synonyme d’américanisation et d’occidentalisation qui agite l’ensemble des pays non démocratiques et modernes. Cela nécessite un nouveau système de  gouvernance et de gestion   des institutions de l’Etat à la hauteur des aspirations de cette population  majoritairement jeune (de moins de 35 ans), afin que l’Algérie soit réellement démocratique  pour améliorer la transparence et lutter plus efficacement contre les pratiques déloyales, notamment au service de la nation,  de son  peuple et de sa jeunesse  au  vu de  la situation cruciale que traverse le pays.

Il va sans dire que l’étape actuelle nous impose de bien  gérer notre  projet de société  d’une IIe République   démocratique et populaire, parce que  toute  nation qui aspire à devenir  un pays  démocratique et développé  doit préparer sa transition politique, économique et sociale. Cela nécessite la restauration de la relation citoyenne Etat-Nation : «L’Algérie par tous et pour tous» pour instituer la pensée critique en Algérie, car ce n’est pas le manque de moyens qui met en danger une nation, mais une carence de ses idées. Un fondement stratégique dans l’approfondissement du processus démocratique et le renforcement des bases de l’Etat de droit qui marquera le plus le nouveau visage  du développement  socio- économique, politique et culturel de l’Algérie future. Ainsi, inévitablement, la situation politique  algérienne traduit une crise de la démocratie représentative criante. Mais, une fois encore, nous ne pouvons pas faire comme si le monde n’avait pas changé. C’est là, un vaste sujet et  qui mérite qu’on s’y penche sérieusement qui, faut-il le rappeler, que c’est l’histoire  d’un peuple, d’une révolution, d’une nation, d’un Etat, de tous  les martyrs et de tous les chefs historiques à l’origine du déclenchement  de la révolution du 1er novembre  1954.

En effet, la mobilisation  populaire est  un moment  historique  à la mémoire  des martyrs et tous les chefs historiques qui ont déclenché le 1er  Novembre  1954. Oui, ce jour-là, le peuple algérien a écrit une des plus belles  pages  de son histoire : la mobilisation  des étudiants et des intellectuels algériens, des travailleurs, des paysans, des jeunes, des femmes, l’équipe de football du FLN, la troupe artistique  du FLN qui ont marqué leur présence dans l’histoire  de leur pays durant la guerre de libération pour le combat libérateur qui rayonnait  sur le monde, à la mesure  de sa grandeur  et de ses espoirs qui nous a permis de vivre libres et indépendant aujourd’hui. A cet égard il convient  de rappeler la célèbre phrase de Didouche Mourad : «Si nous venons  à mourir,  défendez  nos mémoires». Cette célèbre phrase, inspire amplement la dynamique citoyenne en cours  dans le pays  où effectivement on relève le retour de l’histoire nationale pour la protection  des symboles de la mémoire collective comme chaque vendredi les manifestants qui brandissent les portraits  de l’héroïne Hassiba Ben Bouali, Didouche Mourad, Zighout Youcef, Larbi Ben M’hidi, Amirouche, Hocine Ait Ahmed, Mohamed Khidher, Rabah Bitat,  Benboulaïd, Boudiaf, Krim Belkacem, Abane Ramdane,  Messali El Hadj, Mohamed Khemisti…,  dénotent le haut degré  de maturité politique d’un peuple aux valeurs  de la Révolution du 1er Novembre 1954.  

Car toute nation est fière de son histoire, elle se construit et assoit  son unité nationale. Une réelle prise de conscience  qui augure  l’éclosion d’une nouvelle ère politique  en Algérie  nous offre,  en effet, l’occasion  d’unir nos pensées à la mémoire de celles  et de ceux  qui ont sacrifié leur vie  pour libérer ce pays magnifique qu’est l’Algérie. La réponse se trouve d’abord dans ce que tout le monde sait, les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Algérie s’étend  sur 2,5 millions de kilomètres, c’est cinq fois la France, le plus vaste d’Afrique, 42 millions d’habitants dont 70% de jeunes, et riche de gisements de matières premières (pétrole, gaz et  énergies renouvelables), un secteur agricole avec près de 10 millions d’hectares fertiles. Malgré cela, l’Algérie paie aujourd’hui de tout-pétrole «Les Algériens et le prix du baril de pétrole», c’est-à-dire que la relation entre l’Etat, le contribuable et l’économie est  demeurée de type rentier.  D’ailleurs, ayant suscité une vive admiration partout dans le monde entier qui soutient ces manifestations  originales  de par leur ampleur et leur caractère  pacifique où le peuple algérien éclaire le monde et montre la voie  de la démocratie populaire sans violence. Un peuple empreint d’une maturité politique  extraordinaire qui se retrouve et devient plus fort pour le 6e vendredi consécutif. L’Algérie nous interpelle tous  pour serrer  les rangs et élaborer une vision  prospective  d’avenir auquel aspire le peuple algérien, afin de se  doter  d’institutions authentiques qui plaident le cadre d’un Etat démocratique et républicain. Une démocratie désigne un  pouvoir à l'écoute et au service du peuple qu'il représente.

Malheureusement, nous en sommes bien loin et, sur ce sujet, les Algériens ont rendez-vous aujourd’hui avec la démocratie riche en messages politiques  et en enseignements attachés à sa souveraineté,  à son indépendance  et  à sa liberté. Un acte fort et un acte superbement humain et volontaire pour redonner au peuple de l’Algérie d’aujourd’hui,  un nouveau souffle démocratique réel, comme modèle  de gouvernance le plus fiable, dont la source est la légitimité du peuple  et l’alternance au pouvoir pour être  seul maître  de son destin. Il faut faire appel à l’honnêteté, l’intégrité, la compétence, la défense d’un programme clair et l'engagement au service du peuple, car il y a une aspiration de fonds de participation au changement  du système  et à la décision qui doit être examinée. Dans ce contexte, 57 ans déjà, plusieurs générations et plusieurs gouvernements sont passés, et l’on constate toujours ce malaise de cette jeunesse qui se sent marginalisée et plongée dans un marasme sans fin. Diplômés universitaires ou issus de l’école fondamentale, leur sort est demeuré le même. Faute de mieux, ils  se rabattent sur «le trabendo, la harga, les phénomènes d’immolation…», sans fin depuis le contre-choc pétrolier de 1986, suivis des évènements du 5 octobre 88 et  de la tragédie nationale des années 90.

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