Contact
  • Banner Redmed 748x90

Actualité

Derniere minute

Révolte juvénile ou «REVOLUTION DE LA ROSE»



Comment répondre à l’attente de la jeune génération algérienne ? Le chemin est long à parcourir, mais la jeunesse algérienne a compris que son avenir est entre ses propres mains et qu’il est lié au progrès et à la consolidation des acquis. 

La jeunesse reprend 

son destin en mains

Mais cet engagement suppose en outre qu’une grande attention soit portée au problème des formes et du style. Le socialisme ce n’est pas seulement un objectif matériel, mais c’est aussi la réponse la plus valable à la vie et à ses richesses : l’amour, la joie, le bonheur. Le monde regarde et scrute avec étonnement les événements qui se déroulent en Algérie depuis les fameuses marches du 22 février dernier qui a eu un effet boule de neige sur l’ensemble des catégories de la population. Des événements d'octobre 1988 à Alger, tout a été dit-ou presque. Que se passera-t-il durant ces quelques jours qui marqueront ce moment idoine où la vérité des choses se dévoile brusquement ? Le régime livrera à tous son vrai visage en ces journées où les groupes d'intérêt au pouvoir ne s'affrontent jamais à visage découvert : ils se réfugient derrière la manipulation étrangère. Après les événements d’Octobre 88, le 22 Février 2019 est à inscrire désormais dans le registre des grandes dates historiques, la jeunesse algérienne a pris son destin en main. A ce titre, il est légitime de dire que les manifestations des berbéristes en 1981 à Alger, Constantine (1986) Alger (1988) et Tizi-Ouzou (2001) ont été les vrais premiers épisodes de la libération de la parole. Depuis la prise de pouvoir de Bouteflika en 1999, les libertés démocratiques acquises au prix d’un immense sacrifice (des centaines de morts en octobre 88 et quelque 200.000 morts durant la décennie noire) ont pris un recul dangereux.

Les pays occidentaux, les pays du bassin méditerranéen et les pays africains regardent avec une attention particulière le déroulement des évènements en Algérie et sur quoi va déboucher cette dynamique pacifique et rebelle de la population qui est sortie comme un seul homme se dresser contre un pouvoir oligarchique et autiste qui a fermé tous les espaces politiques, économiques et culturels. Son maintien au pouvoir durant vingt ans, mais aussi le fait que tout le pouvoir était organisé pour l’enrichissement d’un clan et non pas au bénéfice de la population, avec à la clé une corruption galopante qui a gangrené l’ensemble de l’Etat. C’est une loi universelle : un jour ou l’autre, un tel pouvoir finit par tomber comme un fruit pourri. Ce qui était surtout frappant, c’était de voir que 90% des manifestants étaient des jeunes. Le fait est qu’en Algérie, la gouvernance est catastrophique. Aussi, l’Algérie peut s’enorgueillir d’avoir une population très jeune, de plus en plus urbanisée, qui a une conscience politique et est constamment connectée au monde. Elle sait ce qui se passe autour d’elle, et elle prend de plus en plus son destin en main. La jeunesse algérienne est en train de se structurer pour dire : «C’est nous qui décidons !» Au-delà de l’ivresse du pouvoir, beaucoup de responsables s’accrochent de peur d’être poursuivi pour des crimes économiques. On se trompe en tenant ce raisonnement. Le terrorisme se nourrit de la mauvaise gouvernance. Celle-ci sape l’idée même de la lutte antiterroriste. Pour que cela marche, il faut être soi-même exemplaire. Depuis le 22 février et l'avènement des manifestations nationales contre le 5e  mandat du président Bouteflika, l'espoir renaît chez une jeunesse que l'on disait perdue et non concernée par la chose politique.

Les jeunes étaient présents en force durant les marches historiques du 22 février, des 1er et 8 mars qui viennent de s'écouler avec un seul mot d'ordre: prendre leur destin en main en disant non au 5e  mandat et oui au changement. La révolte des étudiants  était la première démonstration de force de ceux qui sont en train d'écrire une nouvelle page de l'histoire du pays. La mobilisation pour le rejet du cinquième mandat et le changement du système se poursuit. Les collégiens et lycéens ont interrompu leurs cours et investi les rues d’Algérie pour manifester contre le 5e  mandat de Bouteflika et exiger un changement en profondeur du système. Alger, des centaines de jeunes venus de différents quartiers ont investi, dès les premières heures de la matinée, la rue Didouche-Mourad aux cris de «La lilkhamissa» (Non au cinquième mandat. Parallèlement à cette mobilisation, les étudiants tiennent des assemblées générales un peu partout dans le pays pour débattre de la décision unilatérale du ministre de l’Enseignement supérieur, Tahar Hadjar, d’avancer les dates des vacances universitaires. Perçue comme une volonté de casser le mouvement de contestation contre le cinquième mandat, les étudiants ont suggéré de nouvelles marches pour exprimer leur rejet de la décision. En attendant que la position des étudiants se précise, de nombreux responsables de facultés ont déjà décidé de ne pas respecter l’instruction ministérielle. C’est le cas notamment des universités de Tizi-Ouzou et de Skikda qui ont dénoncé la volonté du ministre de politiser l’université.

Elles ont décidé de poursuivre normalement les cours. D’autres centres universitaires devraient suivre le pas. Un cinglant désaveu pour Tahar Hadjar. Le dégoût général a laissé place à de l'espérance et à la confiance. Ceux qui composent la grande majorité de la population estiment qu'il était temps que ce soit eux qui décident dans un pays où ils veulent tracer leur avenir : «Je suis là pour changer les choses. On n'a qu'un seul pays, je veux le voir au sommet. C'est à nous d'amener ce changement», disent-ils en chœur. Cela ne les empêche pas néanmoins  d'avoir une conscience politique qu'ils considèrent comme étant la clé de l'émancipation de cette catégorie : «On va marcher pacifiquement pour obtenir ce changement tant espéré. Mais notre combat ne s'arrêtera qu'une fois que nous aurons des élections libres et transparentes où le peuple choisira en toute démocratie ses dirigeants», souligne une jeune fille frêle, pas plus haute que trois pommes, mais qui dégage une force et une détermination à faire bouger des montagnes. C'est d'ailleurs le même sentiment qui se fait ressentir chez la majorité de ses camarades de lutte.

Cette «révolte» populaire les a donc réconciliés avec le monde de la politique, mais surtout la citoyenneté. Car, on sent une véritable fierté d'être algérien chez ces jeunes qui arborent fièrement l'emblème national, et dont le seul souci est que «Tahia El Djazair». Surtout que cette prise de conscience collective a été accompagnée d’une démonstration de civisme et de pacifisme. Des scènes de pacifisme et de fraternité jamais vues dans le monde. Ce qui montre le degré de conscience d'une jeunesse qui n'a nullement l'intention de devenir comme la Syrie ou la Libye. «Ça a commencé par des fleurs, ça se terminera par des fleurs !». Car, tout simplement, on est dans un pays unique, avec un peuple unique, l'Algérie...

  • Pub Laterale 2
  • Banner Salem 2