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Exportations de véhicules fabriqués en Algérie



Le ministre de l’Industrie et des mines, Youcef Yousfi, a indiqué récemment à Skikda que son département ministériel prévoit le lancement, dès cette année, de l’exportation des véhicules. Le ministre a précisé que l’Algérie dispose d’une base industrielle lui permettant de franchir cette étape, et ce, à travers les projets sidérurgiques en cours et les différentes usines produisant la matière première entrant dans la fabrication de véhicule. Selon le ministre, tous les indices attestent que les unités de l’industrie automobile peuvent fabriquer les équipements électroniques.

Le ministre y croit-il vraiment ?

Aussi, a-t-il tenu à indiquer, que le projet du complexe des textiles de Relizane contribuera grandement à la concrétisation de l’opération de fabrication de véhicules car comprenant 10 usines dont la première devra être mise en service fin 2019 où début 2020 avec la création de 10.000 postes de travail et des perspectives d’ouvrir 25.000 emplois au fur et à mesure de l’ouverture des restant des usines. Ce complexe – le plus grand en Afrique – exportera 60% de sa production, a ajouté le ministre. Cette importante base industrielle entre dans le processus de fabrication de véhicules et la compétitivité entre les investisseurs contribuera à la réduction des coûts des voitures, a estimé le ministre, ajoutant que son département ministériel accorde une importance capitale à la qualité, la transparence et l’exportation. Toujours aux dires du ministre l’industrie algérienne «est en perpétuelle évolution et dispose d’une base solide».

Faut-il y croire pour autant ? S’exprimant lors d’un point de presse Yousfi a relevé que l’Algérie «est forte de plusieurs industries, telles que la sidérurgie la mécanique et l’électronique, entrant toutes dans l’industrie automobile. Nous œuvrons pour  accélérer les opérations de sous-traitance pour participer à la fabrication de véhicules et passer cette étape qui consiste uniquement à faire de l’assemblage, du fait que nous possédons une base industrielle solide», dit-il. Le ministre a ajouté que l’augmentation du taux d’intégration dans l’industrie automobile va permettre de créer «une concurrence entres les fabricants d’intrants qui aura pour conséquence la baisse des prix».  Or tout le monde le sait, le marché automobile est en crise en Algérie, avec des prix jugés extrêmement élevés… une situation qui pointe, de l’aveu des autorités, un manque de transparence… quand ce ne sont pas les magouilles présumées des barons de l’industrie automobile, déjà épinglés pour nombre de scandales.  En juillet 2017, le ministre de l'Industrie de l'époque, Mahdjoub Bedda dénonçait «une importation déguisée» puisque «la voiture (produite localement) coûte plus cher que dans le pays d'origine»

 

4 producteurs assurent le montage de 7 Marques

En Algérie, l'industrie automobile «made in bladi» a vu le jour en 2014, au terme d'un premier partenariat conclu avec le constructeur français Renault. Depuis, les unités de fabrication se sont développées, avec actuellement 4 producteurs locaux assurant le montage de plusieurs modèles de 7 marques internationales. Dans l'esprit des autorités, deux objectifs, au moins, étaient poursuivis. Réduire «l'hémorragie» en devises étrangères, à mesure que la rente pétrolière s'effritait des suites de la chute des cours mondiaux et rendre les voitures plus accessibles aux Algériens. Si le quota de licences d'importation de voitures clé en main n'a cessé, depuis, de subir des tours de vis, le prix du «made in Algérie», en revanche, n'a cessé d'augmenter. Pour ce qui est de la devise étrangère, également, le montage local est loin d'être la panacée escomptée. 

 

la facture de CKD toujours en hausse

La facture d'importation des véhicules semi-montés a atteint les 450 millions de dollars durant les deux premiers mois de l'année en cours, soit près du double que sur la même période en 2017! Une situation qui a conduit le ministère de l'Industrie à publier, une «liste des prix sortie usine des véhicules particuliers montés ou fabriqués en Algérie». Une mise au point qui a jeté un véritable pavé dans la mare puisqu'elle a mis en exergue une marge qui va jusqu'à plusieurs milliers de dollars sur les prix des voitures chez les revendeurs. Pourtant en novembre 2014, une nouvelle page de l’industrie automobile s’est ouverte : Renault inaugure officiellement sa nouvelle usine à Oued Tlelat (Oran).

En l’espace de deux ans, l’entreprise a produit 55.000 véhicules, un signe  que la politique du gouvernement dans ce domaine est concrétisée. L’industrie automobile en Algérie prend aujourd’hui de plus en plus d’ampleur et gagne du terrain, surtout après la mise en application de la décision des pouvoirs publics de réduire les quotas d’importation des véhicules. Les concessionnaires sont autorisés à  importer 83.000 voitures seulement pour un montant inférieur à 1 milliard de dollars, alors qu’en 2015, le nombre de véhicules importés s’élevait à 265 500 pour une valeur de 3,14 milliards de dollars. Quant aux véhicules de transport de personnes et de marchandises classés en tant que biens d’équipement en 2016, leur facture d’importation s’est chiffrée à 782,36 millions de dollars contre 1,5 milliard de dollars en 2015, en recul de 48%. Concernant les parties et accessoires des véhicules automobiles classés en biens de consommation non alimentaires à l’instar des véhicules de tourisme, leur facture d’importation a atteint 393,96 millions de dollars contre 394,86 millions de dollars en 2015, soit une légère baisse de 0,23%.

Depuis, la facture d'importation des collections CKD destinées à l'industrie de montage des véhicules de tourisme ne cesse de grimper pour atteindre près de 3 milliards de dollars en 2018 contre 1,67 milliard de dollars en 2017, selon le Centre national des transmissions et du système d'information des douanes (CNTSID). Ainsi, les importations des collections CKD des véhicules de tourisme (classés dans le groupe des biens de consommation non alimentaires) ont-ils augmenté de plus de 1,32 milliard de dollars, soit une hausse de 79,23% par rapport à 2017. Cette tendance haussière a également touché les importations des véhicules de transport de personnes et de marchandises et de leurs collections CKD avec une facture de 732,14 millions de dollars en 2018 contre 521,22 millions de dollars en 2017.

Les importations des véhicules de transport de personnes et de marchandises et des collections CKD de cette catégorie de véhicules (classés dans le groupe des biens d'équipement) ont ainsi connu une hausse de l'ordre de 211 millions de dollars (+40,5%). Ainsi, la facture globale d'importation des collections CKD destinées à l'industrie de montage de ces deux types de véhicules et l'importation des véhicules de transport de personnes et de marchandises (produits finis) s'est-elle chiffrée à plus de 3,73 milliards de dollars en 2018 contre 2,2 milliards de dollars en 2017, en hausse de 1,53 milliard de dollars (+70%).

Concernant les importations des parties et accessoires des véhicules automobiles (pièces détachées pour les véhicules d'occasion...), elles ont baissé à 374,6 millions de dollars contre 416,23 millions de dollars, soit une baisse de 41,65 millions de dollars (–10,01%). En outre, les importations des pneumatiques neufs en caoutchouc se sont chiffrées à 147 millions de dollars en 2018 contre 123,62 millions de dollars en 2017 (+19%). Pour rappel, l'industrie de montage local des véhicules de tourisme a réalisé une production de 180.000 véhicules en 2018 contre 110.000 en 2017, en sus de la production de 4.500 véhicules industriels en 2018. Youcef Yousfi a indiqué que l'investissement se concrétisait grâce à la stabilité du pays et la confiance des investisseurs en son avenir : «La stabilité du pays attire les investissements et contribue à ce qu'ils aient confiance en l'avenir du pays».

Le même ministre de Youcef  Yousfi, avait déclaré en octobre 2018 que la production des véhicules assemblés en Algérie devrait atteindre les 400 000 unités d'ici à 2020, dont une partie sera destinée à l'exportation : «Le nombre des véhicules assemblés localement a atteint 110 000 unités en 2017 et devrait atteindre 400 000 véhicules d'ici à 2020, dont une partie sera destinée à l'exportation», a affirmé le ministre lors d'une conférence-débat au Forum d'El Moudjahid. A une question sur le plafonnement des prix des voitures assemblés en Algérie, M. Yousfi a rappelé avoir évoqué ce sujet à plusieurs reprises. Selon lui, «les industriels activant dans le domaine de l’assemblage de voitures doivent respecter le cahier des charges qu’ils ont signé et que le prix de la voiture assemblée ne doit guère dépasser celui de la même voiture importée. Ils doivent aussi augmenter progressivement le taux d’intégration nationale qui, au et à mesure qu’il progresse, doit se traduire par une baisse graduelle des prix des véhicules», a-t-il ajouté. Concernant les véhicules industriels fabriqués par la société nationale des véhicules industriels (SNVI), il a fait savoir que le taux d’intégration nationale dépasse actuellement les 80%.  Yousfi a insisté sur la nécessité de créer une industrie automobile en Algérie à partir de l’activité d’assemblage, mais cela, a-t-il observé, «exige de la patience et ne peut avoir lieu en une ou deux années».

A ce propos, il a souligné que ce processus avait même pris 50 ans dans certains pays. Dans ce sillage, M. Yousfi a évoqué la nécessité de développer également la sous-traitance dans l'industrie automobile, permettant la création de milliers d'entreprises qui fabriqueront les 30 000 à 50 000 pièces et composants entrant dans la fabrication des véhicules. M. Yousfi a révélé que son ministère a enregistré une dizaine de nouvelles demandes d'implantation d'usines de montage de véhicules en Algérie de la part de constructeurs de plusieurs pays. Sur ce point, il a avancé que son département ministériel étudiera d'une façon «approfondie» ces demandes et c'est au Conseil national de l'investissement (CNI) de trancher soit par la validation, soit par le refus des projets soumis.

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