Contact
  • Banner SOVAC 728x90

Actualité

Derniere minute

Exportations de produits agricoles, La machine mise en branle



La machine de l’exportation des produits agricoles semble être mise en branle, mais elle est toujours loin d’atteindre une vitesse de croisière. Jusque-là, l’Algérie n’a exporté que pour 54 millions de dollars. Pourtant, souligne Toufik Hadkeheil, président du cluster algérien des fruits et légumes à l'export, le pays dispose d’un potentiel important qu’il peut faire valoir sur le marché mondial. 

S’exprimant dans l’émission L’invité de la rédaction de la radio chaine III, M. Hadkeheil a plaidé en faveur d’une stratégie globale pour l’encouragement des exportations des produits agricoles. Selon lui, une stratégie efficiente exige, au préalable, la régularité et la continuité dans l’alimentation du marché mondial en fruits et légumes : «Donc le pays ne doit plus se contenter d’exporter les excédents du marché local pour s'asseoir à la table des grands exportateurs, mais plutôt réserver des concessions et des terres dont la production sera destinée spécialement pour l’exportation. L’exportation est parallèle avec le marché local mais les deux n’ont strictement rien à voir l’un avec l’autre. Les normes du marché local sont ce qu’elles sont et les normes du marché international sont ce qu’elles sont», affirme-t-il. L’invité de la chaîne III qui s’est montré optimiste et n’a pas cessé, toutefois, de répéter que «Rome ne s’est pas faite en un jour».

Selon lui, une stratégie d’exportation nécessite un travail en amont et un effort global sur plusieurs années. Entre autres impératifs pour l'essor de l'exportation des fruits et légumes, l'invité de la chaîne III insiste particulièrement sur la modernisation et l’industrialisation de l’agriculture nationale. Il faut en finir avec les pratiques artisanales et opter pour l’exploitation des terres d’une «manière plus industrielle», recommande-t-il. Pour étayer ses propos, le président du cluster algérien des fruits et légumes à l'export compare le rendement en Espagne qui (pour l’exemple de la tomate) de 400 tonnes à l’hectare alors que chez nous il ne dépasse pas les 40 tonnes à l’hectare. L'adaptation du commerce extérieur est une autre condition pour réussir le pari de l’exportation.

Dans ce sillage, M. Hadkeheil réitère l'appel de son cluster à l’ouverture d’un couloir vert pour les fruits et légumes. «Sur le plan théorique, le couloir vert existe, mais pratiquement, il n’y a que la datte qui en bénéficie», regrette-t-il. De son côté, le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bey Nasri, pointe du doigt le rôle de la Banque d’Algérie (BA) accusée de «freiner» les exportations hors hydrocarbures. Pour lui, cette banque est devenue un «blocage systématique» aux opérations d’exportations : «La situation ne cesse d’empirer. Même l’accueil nécessaire a disparu. 

À la Banque d’Algérie, l’on a constaté ces derniers mois, une nette régression dans la résolution des problèmes posés par les exportateurs», souligne encore  Ali Bey Nasri. Ce dernier énumère ensuite beaucoup d’anomalies. Il cite l’exemple de l’admission temporaire (un régime douanier qui permet l’introduction sur le territoire d’un pays, en suspension de droits et taxes, de marchandises importées dans un but défini et destinées à être réexportées dans un délai déterminé) que la BA refuse à plusieurs opérateurs. Pour illustrer cette irrégularité économique, Nasri avoue que durant les années 1990 où l’Algérie était criblée d’une dette de 32 milliards de dollars, les conditions étaient meilleures pour l’exportateur que ce qui prévaut actuellement : «À l’époque l’on accordait une rétrocession en devises de 100% au profit des exportateurs de produits industriels. De nos jours, l’on n’en rétrocède que 20%», observe-t-il. Selon lui, la Banque d’Algérie «considère actuellement l’exportateur comme un suspect». L’autre anomalie  évoquée par le président de l’Anexal a trait aux dispositions de l'article 29 du règlement n°07-01 du 03 février 2007 relatif aux règles applicables aux transactions courantes avec l'étranger et aux comptes devises qui stipule qu’à l'exception des opérations en transit : «Toute opération d'importation ou d’exportation de biens ou de services est soumise à l'obligation de domiciliation auprès d'un intermédiaire agréé».

Il arrive que des opérateurs reçoivent de l’argent en devises à l’avance, (avant la domiciliation), mais la BA refuse et menace d’appliquer des pénalités pour infraction à la réglementation, indique ce conseiller en commerce extérieur en marge d’une réunion de la Confédération algérienne du patronat (CAP). Dans une transaction, si vous recevez 100 euros en plus ou en moins, vous devrez les justifier, selon les exigences de la BA», dénonce-t-il. «Toutes les propositions et autres solutions suggérées par l’Anexal au gouverneur de la BA pour résoudre ces problèmes, sont restées lettre morte», ajoute Nasri. 

 

  • Pub Laterale 2
  • Banner Salem 2