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Radioscopie de la filière agrumicole qui peine à décoller, Les experts au chevet du secteur



Les principales contraintes de la filière sont le morcellement des exploitations, la vente sur pied de la production et une faible intégration des différents segments de la filière, auxquelles s’ajoutent d’autres contraintes encore plus importantes et qui impactent la filière, une mauvaise gestion des ressources hydriques et le vieillissement des vergers d’agrumes qui est caractérisé par une faible cadence de renouvellement des plantations, avec un niveau de productivité inférieur au seuil de rentabilité de 30% à 40%, estiment les spécialistes .

Le ministre de l'Agriculture du Développement rural et de la Pêche (MADRP), Abdelkader Bouazghi, a procédé à l'installation du Conseil national interprofessionnel de la filière agrumicole visant à consacrer la coopération, la concertation et l'action commune en vue de réaliser un saut quantitatif et qualitatif dans cette ressource agricole. L'installation du conseil s'est déroulée en présence des investisseurs, les agriculteurs de cette filière et plusieurs experts nationaux et méditerranéens en la matière. A cette occasion, le ministre a indiqué que la filière agrumicole concerne plusieurs intervenants, à savoir : les producteurs, les exportateurs ou encore les sociétés de valorisation, de transformation, de stockage et de commercialisation, en plus des instances activant dans le domaine de l'assistance technique, scientifique, de stockage et de l'importation des matières premières : «Il est attendu de ce conseil d'œuvrer à la mise en place d'un cadre efficace et optimal permettant d'appuyer la dynamique de développement marquant cette filière tout en ouvrant un espace plus large pour la concertation, l'arbitrage et l'entente entre tous les acteurs de l’agrumiculture dont les associations de consommateurs», a indiqué Bouazghi qui a estimé que l'agrumiculture «est l'un des importants systèmes de production en Algérie qui revêt une importance considérable dans la politique de développement agricole eu égard à ses avantages préférentiels vis à vis de l'économie nationale». Selon le ministre, le programme du secteur en la matière «vise la revalorisation de l'agrumiculture à travers la modernisation des moyens de production, la bonne maîtrise de la machination, l'amélioration du rendement et de la qualité de production et la promotion de la productivité dans le but de couvrir les besoins de la consommation nationale. L'Etat a entrepris d'autres mesures en vue d'encourager les producteurs d'agrumes, à savoir l'organisation de cette filière, le renforcement du réseau d'entreprise exerçant dans ce domaine, le soutien à la protection du produit national à travers les crédits et l'encadrement technique en termes de recherche, de formation et d'orientation et d'accompagnement aux agriculteurs sur le terrain», a fait savoir le ministre. L'agrumiculture est présente sur 32 wilayas pour une superficie globale de 70.503 ha, contre 63.186 ha en 2010. L’occupation des superficies est comme suit : 49.201ha d’orangers, soit 73,2%, avec la prédominance des variétés précoces (Washington et Thomson Navel) et des variétés tardives (Valencia Late) 11.082 ha de clémentiniers, soit 16,5%, dominée par la clémentine 27-49, 2.623 ha de mandariniers, soit 04%, constituée principalement de la mandarine commune 4.193ha de citronniers, soit 06,2%, constituée de la variété Eureka avec 91 ha de pomélos, soit 0,1%. Selon leurs exigences pédoclimatiques, notamment les besoins en eau, les agrumes sont essentiellement localisés au niveau de la plaine de la Mitidja, périmètre de la Mina et bas-Chélif, le périmètre de Habra (Mascara), périmètre de Bounamoussa (Annaba) et la plaine Saf Saf (Skikda et Guelma). Cette filière assure plus de 250.000 postes d'emploi permanents et saisonniers, a conclu le ministre. La production globale d'agrumes (orange, clémentine et citron) pour la saison agricole de 2018 a été estimée à plus de 14 millions de quintaux, dont plus de 11 millions de quintaux d'oranges, 2,5 millions de quintaux de clémentines, et près de 800.000 quintaux de citrons. La wilaya de Blida vient en tête avec 4,1 millions de quintaux, suivie de Mostaganem avec 1,2 millions de quintaux, puis Tipasa avec 1,1 million de quintaux, la wilaya de Chlef étant considérée parmi les cinq wilayas pionnières dans ce domaine. Le reste de la production agrumicole était réparti sur les 28 autres wilayas. Cette filière prend une courbe ascendante : la valeur de production des différentes variétés d'agrumes ayant atteint durant la campagne agricole 2017-2018 une hausse considérable, soit l'équivalent de 186 milliards de DA, contre près de 82 milliards de DA en 2010 soit un peu plus que le double. Cette valeur représente 5% de la production nationale agricole globale. La production nationale agrumicole avait dépassé les 14 millions de quintaux en 2018, contre 7 millions de quintaux en 2010. L’objectif est d'atteindre 20 millions de quintaux dans les prochaines années.

Encore loin du compte....

Les exportations algériennes en agrumes ont connu une baisse en 2017 en raison d'un manque d'organisation dans cette filière et de lacunes en matière des normes exigées par le marché mondial, a affirmé le SG de l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (ALGEX), Hocine Boubtina.

Ce dernier a indiqué que les exportations des agrumes se sont établies à 20.304 dollars en 2017 contre 42.921 dollars en 2016, précisant que les principaux clients sont les pays du Golfe. Par catégories, les exportations des oranges ont totalisé un montant de 10.589 dollars en 2017, soit 52% du total des exportations algériennes en agrumes. Les exportations des mandarines se sont chiffrées à 8.351 dollars alors que celles du citron ont été de 1.279 de dollars, a-t-il détaillé. Le Qatar est le premier client de l’Algérie en matière des agrumes avec une valeur de 8.943 dollars (44% des exportations), suivi des Emirats arabes Unis avec 6.133 dollars (30%) et d'Oman pour 5.104 dollars (25%). Selon Boubtina, cette baisse des exportations «témoigne de l'existence de contraintes en citant le manque d'organisation au niveau des professionnels de la filière, l'absence d'une visibilité sur les capacités d'exportation et la nécessité de répondre aux normes internationales», dit-il. Pour sa part, le directeur de l’Institut technique de l’arboriculture fruitière et de la vigne (ITAFV), M. Rabhi, a évoqué «les contraintes portant sur le foncier, la faible intégration des différents segments de la filière, l'insuffisance de concertation entre les acteurs et opérateurs en amont et en aval de la filière et la mauvaise gestion des ressources hydriques. Il s'agit également de vieillissement du verger d’agrumes qui est caractérisé par une faible cadence de renouvellement des plantations avec un niveau de productivité inférieur au seuil de rentabilité économique normative de 30 à 40 tonnes/ha. Il a aussi cité les contraintes techniques « liées à l’insuffisance de l’application de l’itinéraire technique». Selon cet expert, l'agrumiculture occupe 0,7% de la superficie agricole utile, tandis que la superficie totale est de 67.190 ha dont 59.935 ha de superficie productive, avec une prédominance des oranges navels et clémentines. Pour ce qui est de la production, elle a connu une évolution entre 2007 et 2015 en passant de 6 millions qx à 13 millions qx en 2015. Concernant l'analyse de la structure variétale des agrumes, il est relevé une prédominance des variétés précoces qui assurent une disponibilité de fruits au moment où l’étalage fruitier est réduit mais peu diversifiée, une faiblesse des variétés de saison qui devraient assurer la soudure entre les variétés précoces et celles tardives, une faiblesse des superficies des variétés tardives qui devraient permettre un échelonnement de la disponibilité des agrumes jusqu’à la fin du mois juin et une faiblesse des superficies réservées aux citronniers et pomelos.

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