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Par : samir mehala

Le harak, Lady Macbeth et les bonimenteurs…

Non, pas ce chef d’État, pas ce Premier ministre, pas ces ministres, pas ces secrétaires généraux, pas ces directeurs centraux, pas ce chef des armées, pas l’armée même, pas ce chef de la police, de gendarmerie… de la police et de la gendarmerie nous nous en cagnons. En passant pas de journaux ni de journaleux, et puis d’ailleurs, ces journalistes se mettent à nu au moins disant dans leur carrière...

LES DATTES ALGERIENNES PARTENT AILLEURS : L’économie tunisienne profite des faiblesses algériennes



Premier exportateur mondial de dattes, la Tunisie s’évertue à annoncer qu’elle a exporté, pour la saison écoulée, plus de 100 000 tonnes de ce fruit. Une opération qui a engrangé plus de 210 millions de dollars américains. Plus que cela, les autorités tunisiennes, qui expliquent que le chiffre est un record, même s’il n’atteint pas l’exceptionnelle saison de 2013 où ce pays voisin a expédié 103 000 tonnes de ce fruit vers plusieurs continents.

Ce qui est étrange est que ces quantités vendues en devises, sonnantes et trébuchantes, représentent près de la moitié de la production totale du pays (220 000 tonnes, officiellement) pour un pays qui se classe à la 10e position mondiale. Il est vrai que le pays de Bourguiba est le premier exportateur mondial de ce produit depuis plusieurs années. Tandis que l’Algérie, classée 4e producteur mondial et premier dans la variété Deglet Nour, n’est que le 8e exportateur, même si les performances algériennes se sont beaucoup améliorées ces dernières années.

Il est évident que les autorités tunisiennes utilisent tous les atouts en leur possession pour améliorer les rentrées en devises du pays qui est frappé de plein fouet par une crise économique aggravée par les attentats qui ont ciblé, en 2015, des sites touristiques dans un pays où le tourisme et l’agriculture représentent 20% du produit intérieur brut.

Ces chiffres des exportations des dattes « tunisiennes » omettent par contre un détail très important : une bonne partie de la datte « tunisienne » exportée provient en fait d’Algérie. Il est difficile de quantifier l’importance des dattes algériennes qui partent dans l’escarcelle de l’exportation tunisienne. Mais une chose est sûre : en l’absence d’une véritable politique algérienne d’exportation et surtout de labellisation, d’énormes quantités de dattes algériennes traversent, de manière informelle, la frontière entre les deux pays pour se retrouver sur le marché tunisien qui augmente ainsi ses capacités d’exportation. Mais, cela, personne n’ose le dire et ni les responsables tunisiens, ni encore moins les responsables algériens, ne peuvent en parler.

Des voltefaces historiques

Pourtant, des solutions qui peuvent légaliser ces opérations d’exportations clandestines existent. Et les chiffres de la chambre algérienne de commerce et d’industrie démontrent que pour un marché mondial qui avoisine les 1 milliards de dollars, il existe une dizaine de pays « exportateurs mais non producteurs ». On y trouve la France, les Pays-Bas, la Belgique et la Malaisie, à titre d’exemple. Ces pays n’inventent rien en matière du commerce international : ils importent des quantités de dattes de certains pays producteurs  (essentiellement d’Algérie et de Tunisie car le premier producteur mondial, l’Egypte, n’exporte que très peu de sa production) pour expédier, de nouveau, le produit dans d’autres pays dont les importateurs ne s’approvisionnent pas des pays producteurs directement. Ils sont donc le troisième maillon de cette chaîne.

C’est ce circuit que les autorités tunisiennes auraient pu suivre si elles ne voulaient pas porter un coup inamical à l’économie de leur grand voisin de l’Ouest. Mais au lieu de cela, la Tunisie préfère profiter, gracieusement, de cette manne importante que constitue la datte au lieu de passer par des circuits formels. Un geste qui aurait pu refléter, au moins, l’excellence des relations qu’entretiennent les deux pays sur les plans économique et surtout politique depuis de longues années.

Cette relation « exceptionnelle » s’est souvent matérialisée par des aides directes de l’Algérie à une économie tunisienne qui a reçu des coups durs depuis la révolution de 2011. Les Algériens pensent alors que c’est à eux que revient, d’abord, le rôle d’aider leur « petit frère » de l’Est. Commencent alors des aides directes, évalués, jusqu’à 2015, à plus de 2 milliards de dollars, dont une bonne partie n’est pas remboursable. Un effort que l’Algérie a consenti au détriment de ses propres intérêts, puisque le pays vit une crise économique sévère, née de la chute brutale des prix des hydrocarbures en 2014.

En plus de cette aide directe, les autorités algériennes ont tout fait pour orienter le flux de plus en plus nombreux des touristes algériens vers la Tunisie. Ainsi, malgré la dégradation de la situation sécuritaire en Tunisie suite aux attentats de 2014 et 2015, plus d’1 million d’Algériens sont partis passer leurs vacances d’été dans les stations balnéaires tunisiennes durant l’été 2015. Alors que les touristes européens boudent les stations de Hammamet, Sousse ou encore Djerba, les Algériens se sont rués vers leur voisin dès la fin du mois de Ramadhan. Un geste à mettre beaucoup plus sur la solidarité que sur le compte de la nécessité économique. Car, ces milliers de touristes pouvaient très bien dépenser leur argent dans leur pays, ou bien choisir d’autres destinations plus importantes sur le plan de la découverte et des sensations fortes.

Sur le plan économique, les autorités tunisiennes ne peuvent rien reprocher à leur grand frère algérien. Pour aider la Tunisie à faire face à une activité terroriste particulièrement débordante, l’Algérie a déplacés des milliers de ses soldats à la frontière entre les deux pays. Pis encore, des avions algériens et d’autres moyens lourds sont mis à la disposition des forces de sécurité tunisiennes pour faire face à un terrorisme de plus en plus agressif et dévastateur. Ces aides, directes ou indirectes, ont permis à la Tunisie d’éliminer des dizaines de terroristes et à en arrêter d’autres. Des actions qui ont réduit de beaucoup l’activité terroriste dans ce pays, dont l’armée reste encore fragilisée et les institutions démocratiques peinent à se mettre en place.

Hypocrisies et ingratitudes

Sur le plan diplomatique, le poids de l’Algérie dans certaines institutions internationales et régionales a aidé la Tunisie à ne pas se faire isoler suite à la chute de Benali en 2011. Plus que cela, ce poids diplomatique de l’Algérie a épargné à Tunis des méfaits de la présence de certains pays qui nuisent à la stabilité de la région, comme le Qatar et l’Arabie saoudite.

Pourtant, tous ces appuis ne se soldent pas forcément par un retour de l’ascenseur. Car, rien que sur le plan diplomatique, la Tunisie s’est toujours montrée confuse sur la question du Sahara Occidental. Le président tunisien, Caid Essebsi a même refusé de répondre à une question posée par le correspondant du journal El Watan sur la position de son pays par rapport à la question du Sahara Occidental. « Je ne commente pas », avait-il dit, refusant ainsi de prendre position. Une attitude qui peut s’apparenter à un alignement sur la position marocaine, même si son premier ministre, Habib Essid, avait nuancé ses propos lors d’une visite effectuée, en mai dernier à Rabat. Il avait estimé que la question du Sahara Occidental doit être traitée dans le cadre des Nations-Unies.

Plus grave encore, alors que l’armée algérienne fournit des efforts énormes pour aider la Tunisie à surmonter sa crise sécuritaire, le gouvernement tunisien n’a pas trouvé mieux que d’ouvrir son territoire à une base avancée de l’OTAN. Un pied de nez à l’Algérie qui entretient une relation difficile avec cette organisation malgré l’existence d’une coopération, d’égal à égal, entre les deux parties. Le gouvernement de Béji Caïd Essebsi fait donc entrer le ver dans le fruit après avoir affirmé, à plusieurs reprises, son opposition à la présence de bases militaires américaines dans le pays.

En réalité, le coup de la datte n’est pas le seul acte « inamical » que les autorités tunisiennes portent à l’Algérie. D’autres produits du terroir, à l’image de certaines variétés de moutons du Sud-Est algérien ou encore de l’huile d’olive, sont détournés au profit d’opérateurs tunisiens qui, contrairement à leurs homologues algériens, savent exporter. Car, si cette attitude existe, elle est surtout due à  l’absence d’une politique de labellisation et surtout de l’exportation des autorités algériennes. Une situation qui pousse de nombreux producteurs algériens à chercher des alternatives pour écouler leurs marchandises sur des marchés extérieurs. Une attitude qui peut être illégale, mais légitime au vu des difficultés que vivent de nombreux agriculteurs algériens.

Les autorités tunisiennes ne sont mues, en réalité, que par les seuls intérêts économique de leur pays. Quitte à ne pas se montrer élégantes avec leur voisin de l’Ouest. C’est exactement ce qui s’était passé en 2014 lorsque la Tunisie avait imposé une taxe de 25% sur les produits alimentaire provenant d’Algérie. La mesure était tellement contraignante que des opérateurs, à l’image de Slim Othmani, le patron de NCA Rouiba, avaient estimé que la mesure visait ni plus ni moins à empêcher les produits algériens d’accéder en Tunisie. Cela s’était fait même si les deux pays avaient déjà signé un accord de libre échange. « La Tunisie est libre de sa politique économique, mais elle doit respecter les accords signés et ne pas jouer sur les termes pour définir une taxe. Nous considérons que cette taxe est une taxe douanière déguisée. Elle est instaurée pour bloquer les importations des produits algériens au profit de leur production nationale. Il aurait fallu que les autorités tunisiennes informent leurs homologues algériennes pour que ces dernières ainsi que les exportateurs algériens concernés prennent leurs dispositions », avait indiqué, à l’époque, Ali Hamani, président de l’association algérienne des producteurs de boissons dans une interview accordée au quotidien Liberté. Pis, l’homme insiste sur le fait que le produit algérien était dénigré chez notre voisin de l’Est. « (…) une campagne de dénigrement des produits algériens est orchestrée en Tunisie en proférant des allégations de non-conformité et d'insalubrité qui sont totalement infondées et diffamatoires. Une même campagne avait déjà ciblé les produits algériens durant l'été 2011 », indique l’homme qui défend les intérêts des producteurs algériens.

Une levée de boucliers des opérateurs algériens a permis d’annuler cette taxe. Les industriels, aidés par la presse et plus tard par les autorités ont remis les pendules à l’heure. Mais le mal est fait. Et le dénigrement des produits algériens est monnaie courante dans un pays qui n’hésite pourtant pas à déverser toute sorte de produits dans notre pays.

Coups bas historiques

Le jeu trouble de la Tunisie ne date pourtant pas d’aujourd’hui. Lors de la guerre d’indépendance, Tunis était en effet la base arrière de la révolution algérienne et le siège de ses institutions. Plus que cela, des Tunisiens qui habitent à la frontière entre les deux pays ont payé de leurs vies puisque des villages, à l’image de Sakiet Sidi-Youcef, ont été bombardés par l’armée coloniale, mêlant ainsi les sangs des deux peuples. Pourtant, ce soutien tunisien –  qui justifie parfois l’indulgence des autorités algériennes –  n’a pas empêché le leader tunisien défunt, Lahbib Bourguiba, de chercher à se débarrasser de certains dirigeants de la révolution algérienne. Et s’il était parfois obligé de composer avec Krim, Bentobbal ou Boumediene, c’était surtout parce qu’à un certain moment, l’Armée de libération nationale était plus puissante que l’armée tunisienne elle-même.

Cette relation séculaire a fait qu’après l’indépendance, l’Algérie apporte un soutien économique actif à la Tunisie. C’est par le biais de l’énergie algérienne qu’une bonne partie de la Tunisie est électrifiée. L’Algérie fournit, également, du gaz naturel à un prix préférentiel à son voisin de l’Est et cette politique n’a jamais changé même aux pires moments de la crise qu’a vécue l’Algérie durant les années 1990. A cette époque, pourtant, les Algériens qui partaient en Tunisie –beaucoup ont des familles la-bàs- étaient très mal vus. Pis, des Algériens étaient emprisonnés pour des raisons parfois injustifiées. Mais à cette époque, les Algériens n’étaient pas riches et leur pays vivait dans une instabilité politique et sécuritaire.

Une coopération pourtant prometteuse

Pourtant, théoriquement et grâce au secteur des hydrocarbures, la balance commerciale entre les deux pays est en faveur de l’Algérie. En 2013, l’Algérie avait exporté l’équivalent de 1,6 milliard de dollars de produits vers la Tunisie qui n’a exporté vers son voisin de l’ouest que 493 millions de dollars américains. Mais en réalité, les gains de la Tunisie de cette coopération sont beaucoup plus importants. La preuve est que les 1,2 million de touristes algériens qui ont passé leurs vacances en Tunisie ont généré des recettes de plus de 2 milliards de dollars pour ce pays. Et cela n’a jamais été démenti. Puisqu’au plus fort de la crise sécuritaire, les Algériens continuaient à se rendre massivement vers la Tunisie. Ils emportent avec eux des devises et de l’animation dans un pays déserté par les touristes européens. A cet atout touristique, il faut ajouter l’implantation de plus en plus importante d’entreprises tunisiennes qui investissent en Algérie. Un rapport, établi en 2014, par l’ambassade de France, a explique que jusqu’à 2013, on décomptait 70 entreprises tunisiennes présentes en Algérie, majoritairement dans les secteurs de l’énergie, de l’agro-alimentaire, du bâtiment et des services, dont PoulinaGroup Holding qui y dispose de quatre filiales mais aussi Mabrouk, Loukil, Mohsen Hachicha, Altea Packaging, Servicom ou encore Soroubat. « Ceux-ci représenteraient en 2012 un montant total d’environ 120 MDT (60 millions d’euros) », ajoute le document.

Pour booster encore leurs relations commerciales, les deux pays ont signé, récemment, des accords commerciaux importants. Ainsi, le ministre algérien du Commerce, Bakhti Belaib, et son homologue tunisien, Mohsen Hassan, ont convenu en mai à Alger de mettre en place un marché commun pour promouvoir les produits des deux pays à l'étranger, notamment sur le marché africain, dans le cadre de partenariats économiques. Les deux parties s'emploieront à promouvoir les relations commerciales et économiques, qui ne reflètent pas le niveau des relations politiques (entre les deux pays), par la mise en place de partenariats pour investir le marché africain, avait précisé M. Belaib lors des travaux de la 4e session de la commission algéro-tunisienne de suivi des échanges commerciaux. Le ministre algérien était cité par l’APS. Par ailleurs, l'Algérie s'attelle à accélérer la création d'une zone de libre-échange en Afrique, laquelle permettra de renforcer la coopération entre l'Algérie et la Tunisie et de faire la promotion de leurs produits, a-t-il ajouté.

Une initiative qui a donc pour but de ne s’intéresser qu’à ce qui peut arranger les deux pays voisins qui partagent non seulement les frontières mais également des liens humains très forts. Car, de nombreuses familles ont des membres essaimés des deux cotés de la frontière. Puis, comme « nous ne pouvons rien contre les lois de la Géographie », les deux pays n’ont pas d’autres choix que de coopérer et de rechercher des intérêts mutuels. Une meilleure manière de s’éloigner des égoïsmes qui peuvent être nocifs non seulement aux deux Etats mais également aux deux peuples. Un message que les Tunisiens auraient dû comprendre depuis longtemps.

 R. A.

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