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Mot à dire
Par : samir mehala

Le harak, Lady Macbeth et les bonimenteurs…

Non, pas ce chef d’État, pas ce Premier ministre, pas ces ministres, pas ces secrétaires généraux, pas ces directeurs centraux, pas ce chef des armées, pas l’armée même, pas ce chef de la police, de gendarmerie… de la police et de la gendarmerie nous nous en cagnons. En passant pas de journaux ni de journaleux, et puis d’ailleurs, ces journalistes se mettent à nu au moins disant dans leur carrière...

Le secteur des forêts en hibernation économique



 

Le commerce des produits ligneux dans le monde augmente régulièrement depuis 1950, dépassant actuellement les 5 milliards de m3, ; cette augmentation touche tous les produits du bois. Ainsi, les sciages sont passés de 245 millions de m3 en 1950 à 600 millions de m3 aujourd’hui. Les panneaux sont passés de 10 millions de m3 en 1950 à 300 millions en 2010. Qu’en est-il en Algérie où le secteur des forêts doit jouer un rôle économique en temps de crise financière et écologique 

 

 

Les formations forestières et pré-forestières couvrent près de 7 millions d’hectares avec 4,3 millions de formations forestières et 2,7 millions d’hectares de steppes ne jouant pratiquement aucun rôle écologique, encore moins, économique. La forêt, au sens stricte, pouvant être aménagée et rentable, ne couvre que 1 million d’hectares, le reste n’est que formations dégradées (maquis, matorrals et garrigues). Cet espace devrait occuper au moins 10  millions d’hectares au même titre que les formations steppiques qui devraient couvrir au moins 6 millions d’hectares. Cette situation s’explique par le poids de l’anthropisation, des incendies et des échecs de gestion durable de ces formations végétales naturelles.

La forêt algérienne a perdu 1 815 000 ha entre 1850 à 1955, et 1 800 000 ha entre 1955 et 2010 imposant une physionomie de formations basses ne jouant plus leur rôle économique et écologique. Les facteurs ayant contribué à cette situation sont les incendies qui ravagent en moyenne 30 000 ha annuellement, le surpâturage avec une surcharge pastorale 5 fois supérieure aux possibilités, imposé par plus de 5 millions d’équivalents ovins qui agressent et entravent toute régénération naturelle et favorisent l’éclosion des incendies, les coupes de bois, en absence de contrôle, estimées annuellement à plus de 50.000 mètres cube de bois de diverses dimensions et 100.000 stères.

Face à ces fléaux, toutes les opérations entreprises depuis l’indépendance comme le pré-aménagement, l’aménagement des forêts, le reboisement, le repeuplement, les bandes forestières, la mise en valeur pastorale, la protection des bassins versants, la lutte contre la désertification, les espaces verts et la mise en valeur de l’espace steppique se sont soldés par des résultats mitigés caractérisés par un taux de réussite inférieur à 40% en moyenne et parfois plus de 70%. En 50 ans, les opérations de reboisement, au vu du nombre de plants livrés par les pépinières, devraient occuper une superficie de l’ordre de 3 millions d’hectares alors que c’est le chiffre de 1 million d’hectares qui est retenu ; soit un taux échec de l’ordre de 60%. Cette situation se justifie  par l’utilisation d’une seule espèce à plus de 96% (pin d’Alep) dont la probabilité de durée de vie n’excède pas les 30 ans avant qu’il ne soit détruit par les incendies. Les techniques de plantation (ouverture de potets, plants élevés en sachets, mauvaise qualité des plants, absence de suivi des réalisations, entreprises non spécialisées) semblent être les causes de cet échec en plus du mauvais choix d’espèces adaptées aux conditions stationnelles qui restent méconnues.

A cette situation inquiétante quand à l’avenir des formations forestières, il y a lieu d’ajouter les chiffres avancés par la carte de sensibilité à la désertification élaborée à la demande de la Direction générale des Forêts qui confirme que 487.000 ha sont déjà désertifiés, 5.061.000 ha sensibles à la désertification et 3.677.000 ha moyennement sensibles.

Le poids économique du secteur des forêts reste très marginal comparé au budget de fonctionnement et d’équipement dont il bénéficie annuellement ; il ne produit en moyenne que 200.000 m3 de bois soit à peine 500 millions de dinars. Les besoins en bois sont estimés à plus de 1.300.000 m3. Toutes les plantations à fort potentiel d’accroissement rapide n’ont pas réussi à inverser la tendance. La subéraie algérienne ne produit que 12.000 tonnes/an de liège qui est en grande partie transformé à travers les unités installées en Algérie. Sur les 4,2 millions d’ha de formations forestières, seuls 1,4 millions d’hectares sont constitués de forêts pouvant produire annuellement une moyenne de 200.000 m3 soit à peine 30 millions de dinars. Le stock de matières ligneuses est évalué selon les possibilités prouvées par les plans de gestion réalisés sur 800.000 hectares de forêts de pin d’Alep, d’eucalyptus et de chênes Zeen et Afarès, s’élèvent à 500.000 m3. Le volume annuel mobilisable actuellement s’élève en moyenne à 200.000 m3, dont 50 à 60% en bois de trituration, 20 à 30% en bois d’œuvre et 10 à 20% en bois de feu.

En matière de besoins en bois, la production nationale, de mauvaise qualité, ne couvre que 15% des besoins du pays qui sont estimés à plus de 1.300.000 m3. Ces besoins seront de l’ordre de 2.500.000 m3 à l’horizon 2020. Les besoins en alfa sont estimés à environ 200.000  T/an (tous produits papetiers confondus) alors que la production nationale ne s’élève qu’à 30.000 T/an au plus, soit à peine 15% des besoins). Pour le liège, la demande pour couvrir les besoins locaux et dégager un surplus à l’exportation, serait de 30.000 T/an sur la base des capacités de transformation installées. Alors que les possibilités de production de liège ne sont que de 10.000 T/an à cause de la régression des surfaces de chêne liège exploitées.

Au niveau de l’espace steppique la situation n’est pas plus intéressante puisque les pertes de productivité des sols dégradés en milieu steppique sont importantes et la production totale de la steppe, qui était de 1,6 milliard d’unités fourragères en 1978, n’atteint plus aujourd’hui que le tiers, soit environ 530 millions d’unités fourragères. Sur les 6 millions d’hectares il ne reste que 2 millions colonisés par des espèces végétales.

Quelle stratégie pour redynamiser le secteur des forêts ?

Les objectifs fixés dans différents programmes par le secteur des forêts restent utopiques car il est impossible d’aménager 3 millions d’ha quand on ne maîtrise pas la technique  d’aménager 4 millions d’ha de nappes alfatières alors qu’elles n’existent pas ; de réhabiliter le barrage vert alors que les espèces sont inadaptées ; de reboiser 5 millions d’ha des sols dégradés et de traiter 12 millions d’ha en travaux de DRS alors que cette technique est révolue.

Face à cette situation pouvant être qualifiée de catastrophique vu les investissements consentis dans ce secteur, la mise en place d’une nouvelle stratégie reposant sur les éléments suivants s’impose :

1.      Faire le cadastre de l’espace forestier et le délimiter par des bornes et une cartographie au moins au 1/25000e

2.      Réaliser un inventaire des peuplements pour réaliser la typologie et la cartographier dans le temps et dans l’espace à une échelle au moins au 1/5000e

3.      Fixer les attributs des différents écosystèmes et identifier les espèces à forte résilience, les espèces clés de voûte et stables intéressantes et résistantes

4.      Pré-aménager les écosystèmes forestiers et alfatiers à travers la restauration écologique qui les prépare à un aménagement durable

5.      Arrêter avec les vrais spécialistes les techniques d’aménagement des différents peuplements issus de la typologie

6.      Interdire toute autre activité dans l’espace forestier et steppique mais encourager l’agroforesterie

7.      Former des gestionnaires en développement durable des écosystèmes forestiers et steppiques

Avec cette approche, dans 10 ans au plus il serait possible d’augmenter sensiblement les superficies des diverses formations naturelles pour atteindre au moins 6 millions d’hectares dans le domaine forestier et 4 millions d’hectares dans le secteur steppique.

Le but étant également de lutter contre l’érosion, de protéger les barrages et d’augmenter la production de biomasse ligneuse.

Les objectifs suivant après réhabilitation de l’espace forestier et steppique peuvent être atteints, à savoir près de 1.000.000 m³/an pour le bois d’usine, 2 millions de stères de bois d’industrie et 200.000 Qx /an pour le liège. Pour que cette richesse soit disponible et renouvelable, elle doit faire l’objet d’un diagnostic phytoécologique et dendrométrique confié à de vrais spécialistes. Ce qui n’est pas le cas au regard des échecs dans toutes les réalisations. Cette exploitation ne peut se faire que si, au préalable, l’ensemble des forêts productives sont aménagées et un programme d’exploitation durable est concrétisé.

Comme chaque année et c’est devenu une tradition, sans plus, l’Algérie célèbre la Journée mondiale en omettant que ce patrimoine pèse lourdement sur le budget de l’Etat et qu’il doit jouer son rôle écologico-économique. Il existe plusieurs options de développement et de valorisation de ce patrimoine qui dispose d’une assiette foncière qui dépasse les 10 millions d’hectares. Le Plan National de Reboisement doit être reformulé pour devenir un plan de valorisation des espaces forestiers et steppiques à travers des opérations de préparation au développement axé sur le potentiel génétique local.

Ces objectifs ne peuvent être atteint que si une restructuration de cette administration pour la rendre technique car elle s’est sclérosée dans un cadre administratif et politique imposé par les plans de développement agricoles au détriment de la gestion directe des écosystèmes forestier et steppique.

 

K. B.

 

 

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