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Oussama Sahnoune, double champion d'Afrique de natation, se confie à Crésus : « A part le ministre, personne ne m'a aidé »



En 2012, lorsque nous l'avons découvert aux Jeux arabes de Doha, on s'était dit que ce jeune nageur pourra devenir, un jour, le requin des piscines.
En 2012 à Doha, il avait raté de justesse la médaille d'or au 100m nage libre et n'a été battu que de quelques petits centièmes de seconde par le grand tunisien Oussama Mellouli.

Aujourd'hui, l'Algérie peut être fier de son enfant qui, quatre ans plus tard, devient sacré meilleur athlète des 12emes championnats d'Afrique de natation à Bloemfontein, en Afrique du Sud.
A 24 ans, le Constantinois, fervent supporter du CSC, a non seulement remporté les épreuves individuelles du 100m et du 50m nage libre mais s'est permis le luxe de pulvériser les deux anciens records des championnats d'Afrique détenus respectivement par le Tunisien Oussama Mellouli et l'Algérien Salim Ilès.

Crésus est allé à la rencontre de ce champion qui avait cru en ses capacités pour honorer son pays en dépit de la souffrance qu'il avait vécu quand il s'entrainaît dans des conditions très difficiles à Constantine où les moyens d'infrastructure n'existent même pas.
« La fédération algérienne de natation ne m'a pas aidé pour devenir champion d'Afrique et pour atteindre ce niveau. Non, je n'ai eu aucune aide de sa part. Je dis que c'est le ministre de la Jeunesse et des Sports qui m'a beaucoup aidé durant les quatre dernières années, dans la période 2012-2016», nous lance Oussama Sahnoune à travers l'entretien qu'il nous accordé par téléphone à partir de Bloemfontein.

Crésus : Oussama, ça vous fait quoi d'être double champion d'Afrique mais également meilleur nageur africain 2016 ?

Oussama Sahnoune : Oui, c'est toute une joie qui m'envahit car cela me tenait à cœur de réaliser ces records. Aujourd'hui, je n'arrive pas à trouver les mots pour exprimer toute ma joie. Quand on est champion d'Afrique, c'est toute une joie qui va avec mais quand on est double champion, il est normal que l'on devienne doublement joyeux.
Je suis doublement heureux d'avoir remporté les courses du 50 m crawl et 100m crawl, avec deux records pulvérisés. Le premier a été détenu par le nageur tunisien Oussama Mellouli qui avait réalisé 49.81 sur 100m et le second qui avait été détenu par mon compatriote Salim Ilès avec 22.65. Donc, en pulvérisant ces deux records (49.60 et 22.39), je crois que je viens de faire un grand pas en avant d'autant que j'avais un pressentiment avant le déroulement de ces championnats d'Afrique.
L'autre énorme surprise, c'est le fait d'être élu meilleur nageur de ces championnats d'Afrique 2016. Cela m'a aussi procuré beaucoup de joie et de fierté algérienne surtout lorsque j'avais reçu le trophée de meilleur nageur africain 2016. Un trophée que je dédie à tout le peuple algérien, à toute ma famille et à ceux qui ont toujours cru en moi. Aujourd'hui, je suis très satisfait et je ne m'attendais pas à ces résultats.

Pourquoi vous dîtes que vous ne vous attendiez pas à ces résultats ?

« Vous savez, après les JO de Rio, je ne me suis pas reposé. J'ai enchaîné directement pour préparer les championnats d'Afrique. Le temps était quelque peu très court car je devais aller en Afrique du Sud pour réaliser quelque chose, viser la plus haute marche du podium et ce ne sont pas les concurrents qui manquaient pour l'adversité. Croyez-moi que ce n'est pas facile et je m'étais dit que c'est l'occasion pour émerger du lot. Donc, je n'ai eu aucun repos et tout bouillonnait dans ma tête. Aujourd'hui, Dieu merci, mes efforts sont récompensés par ces performances qui honorent mon pays. Donc, c'est la raison pour laquelle que je vous ai dit que je ne m'attendais pas à ces sacres et, généralement, c'est lorsque l'on ne s'y attend guère que la surprise surgit »

Pour arriver à ces sacres, il doit y avoir une aide morale, matérielle et financière de la part de l'instance fédérale ou des autorités algériennes...

Non, la fédération algérienne de natation ne m'a pas aidé, ni pour devenir champion d'Afrique ni pour atteindre ce niveau. Non, je n'ai eu aucune aide de sa part. Je dis que c'est le ministre de la Jeunesse et des Sports qui m'a beaucoup aidé durant les quatre dernières années, dans la période 2012-2016. J'espère que le ministre M. Ould Ali va encore m'aider pour confirmer à l'avenir ces performances parce que pour moi c'est un exploit et pour préparer les Jeux olympiques 2020. Je pense que c'est dès maintenant que je dois préparer les prochains JO et là, je dois mettre tout le paquet. Je sais qu'il faut y aller doucement mais sûrement mais, comme je viens de vous le dire, les JO ça ne se prépare pas deux ou trois mois à l'avance mais quatre ans.
Bon, j'ai eu une entrevue avec Monsieur le ministre qui m'a promis de l'aide. Cela m'encourage forcément et me permet de me donner à fond pour la suite de ma préparation surtout pour ce cycle olympique et honorer mon pays comme je viens de le faire ici en Afrique du Sud.

Vous êtes champion 2016 et les prochains JO c'est en 2020. Entre- temps, à quoi allez-vous vous attaquer comme échéance?

Après ces championnats d'Afrique qui viennent de se terminer, je vais rentrer en France pour reprendre la compétition car en ce moment, en France, c'est le début de la saison sportive en natation. Je vais reprendre tout doucement en marquant bien entendu un tout petit repos. J'en ai grandement besoin. Donc, je reprendrai tout en essayant d'améliorer des points. J'ai deux échéances l'année prochaine, à savoir les Jeux méditerranéens en Espagne et les championnats du monde à Budapest, en Hongrie. Pour le moment, je suis le seul qualifié avec les minima A. Ces deux compétitions vont se dérouler en 2017 aux mois de Juillet et Août

Ton club Cercle des nageurs de Talence à Bordeaux t’a-t-il fait changer beaucoup de choses ?

Depuis que je suis en France, je me sens très bien puisque je travaille à l'aise. Quand j'étais à Constantine, il y avait un manque flagrant d'infrastructure et vous l’avez constaté avec moi, à Constantine, dans quelles conditions je m'entraînais.
A Bordeaux, les moyens sont nettement meilleurs et il y a un point très important qui m'a beaucoup aidé sur le plan moral, c'est la fréquentation. Donc, ça c'est important car tout le monde sait que le niveau de la natation algérienne est très faible par rapport à celui de la natation mondiale et c'est grâce à la fréquentation par le biais des compétitions du championnat de France, que mon niveau a évolué, que mon expérience a gagné en maturité et, aujourd'hui, c'est cette expérience qui m'a permis de gérer au mieux ma compétition, tout seul, pendant un mois en Algérie sans mon entraîneur et, au final, je décroche deux médailles d'or et deux records pulvérisés.
Aujourd'hui, je suis très content car je n'ai pas perdu de temps et je suis resté actif. J'ai appris beaucoup de belles choses en natation et je ne vais pas m'arrêter là. Je vais encore travailler.