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Mat au «diplo»



«Laissez-moi vous dire une chose : J’ai servi dans de nombreux pays en tant qu’ambassadeur. Dans des pays qui sont encore plus avancés par rapport au Canada en termes de PIB et en termes d’intelligence. Je citerai notamment l’Allemagne »… C’est le déplacé propos d’un ambassadeur qui s’inspire de de Mein Kampf pour tramer ses discours. Et c’est bel et bien à notre ambassadeur, Hocine Meghar, en poste à Ottawa face à la communauté algérienne et des officiels canadiens surtout à l’occasion du 

5 Juillet qu’incombe ce malvenu propos. La honte ! «En termes d’intelligence», il n’a pas fait mieux le chef de notre diplomatie au Canada. Nous avons toujours su, à travers la moue de notre corps diplomatique, que le succès est synonyme de discrétion. Surtout lorsqu’il s’agit d’un commis de l’État et, qui plus est, dans un pays hôte. Cela relève de l’originalité pour nos diplomates que d’être gauche autant dans l’articulation verbale, dans l’exemple, les mots et l’image qu’ils véhiculent de notre pays. Et on en arrive à la pesée de l’intelligence des peuples. Les propos de l’ambassadeur algérien ont été repris par une télévision locale au Canada.

Une éloquence qui nous fait rougir nous prétendant capables d’un quelconque jugement, nous, «les plus intelligents de la planète». L’Algérie des années 70, rayonnante, brillante de par sa parole pesée et dont le monde entier lui prêtait oreille… est désormais malmenée par un «ramassis» de diplomates last option. À se demander comment un tel hautain a pu servir l’Algérie, comme il le «pérore» lui-même, l’enrobe d’un verbe désobligeant, dans plusieurs pays.

Qu’est-ce que la diplomatie sinon que de représenter son pays auprès d’un pays étranger ou dans les négociations internationales afin de concilier des intérêts respectifs, de régler un problème sans recourir à la force. Être diplomate, c’est le vrai plus vieux métier du monde. L’image d’Epinal veut que le diplomate soit prudent, courtois et habile. Rusé, sans doute.

Il doit l’être en fondant son action sur des valeurs : s’abstenir de faire usage de gaucherie, d’insulte, de jugement. Il doit observer le respect de la dignité humaine, l’État de droit et les libertés fondamentales des citoyens. Le droit international.

La qualité première d’un diplomate est d’avoir de l’empathie : la capacité à comprendre que l’autre puisse voir le monde autrement, avoir des émotions différentes. Et ne jamais comparer les peuples. C’est le point de départ de la résolution ou de la prévention de conflits. La deuxième qualité essentielle est le sens du réel : fonder son action sur de hautes valeurs, reconnaître la fragilité de la paix, la propension au conflit et à la compétition inscrite dans le cœur humain.

Notre ambassadeur est loin du compte et il reste juste à nos amis canadiens de ne pas s’en tenir aux bourdes de nos commis grossiers. Heureusement  que beaucoup parmi les nôtres font toujours bonne école