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Monde

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Développement de la 5G en Australie



Canberra a décidé d’exclure les deux géants chinois des télécoms du déploiement du réseau 5G de son sol. Les Australiens estiment qu’ils représentent une menace pour la sécurité nationale.

Huawei Technologie et ZTE indésirables

L’Australie a exclu le 23 août dernier, Huawei et ZTE du déploiement du réseau 5G (Internet à très Haut débit) sur son sol. Les deux équipementiers et fournisseurs de réseaux de télécommunications chinois sont accusés par le gouvernement australien de «mettre en danger la sécurité nationale et d’être étroitement liés à des gouvernements étrangers, notamment chinois». Canberra met en avant le risque de «piratage des flux d’informations» transitant dans les réseaux et d’«espionnage». Il n’existe «pas de combinaison de contrôles techniques de sécurité permettant d’atténuer suffisamment les risques» souligne le gouvernement. «Peu d’équipementiers télécom sont capables de maîtriser la 5G. Les groupes chinois sont avancés en la matière, mais le problème est que leurs patrons ont la réputation d’être très proches du gouvernement, souligne Loïc Guézo, expert en cybersécurité du cabinat Trend micro. Inc. Il y a une réelle crainte sur la souveraineté des États qui leur achètent des technologies.»

Fondée en 1987, Huawei est le premier fabricant mondial de matériel de réseau de télécommunications et le troisième constructeur de smartphone mondial. Son budget de recherche et développement est désormais comparable à ceux des géants américains Amazon et Alphabet (maison-mère de Google). Son créateur est un ancien ingénieur de l’armée chinoise. De ce fait, le groupe, détenu par ses salariés, est régulièrement soupçonné d’espionnage au profit de la République populaire.

«C’est un résultat extrêmement décevant pour les consommateurs. Huawei est un leader mondial en 5G», a déclaré le groupe sur le réseau social Twitter. La firme ajoute qu’elle a «livré la technologie sans fil en toute sécurité» en Australie depuis près de 15 ans. Même son de cloche du côté des autorités chinoises. Pékin a réagi en estimant que l’Australie a recours «toutes sortes de prétextes pour édifier des barrières et adopter des mesures discriminatoires». Ce n’est pas la première fois que Huawei et ZTE sont visés par de telles mesures de la part de Canberra. En 2012, la première avait déjà été exclue des appels d’offres pour un ambitieux projet national de haut débit.

Et en juin, l’Australie avait adopté un arsenal législatif visant à limiter l’influence de l’Empire du Milieu dans les affaires intérieures, à la suite de critiques du premier ministre Malcolm Turnbull. Il y a quelques mois les États-Unis ont pris une mesure similaire. Huawei a été bannie des projets d’infrastructures américains pour des raisons de sécurité nationale. Et ZTE a été frappée de sanctions par Washington pour avoir violé les embargos en Iran et en Corée du Nord.

En avril, le département du commerce avait interdit aux entreprises du pays de lui vendre des composants électroniques. Finalement le 20 juillet les élus républicains du Sénat ont fait marche arrière. Huawei est par ailleurs le premier groupe industriel d’origine chinoise en France et compte 830 employés. L’entreprise chinoise a également l’ambition d’y développer un réseau de 5G. Sur son site Internet français, la société décrit son projet de «participer de manière active au développement de la 5G en y investissant plus de 600 millions de dollars, et cherche donc des partenaires français».

 

Norvège

La fin du pétrole est encore loin

Les réserves de Johan Sverdrup, l’un des plus grands gisements de pétrole de Mer du Nord, viennent d’être revues à la hausse. Le groupe pétrolier et gazier norvégien Equinor (ex-Statoil) a revu en hausse, le 27 août dernier, les réserves du gisement Johan Sverdrup, la plus importante découverte en mer du Nord depuis trente ans. Le gisement pourrait renfermer 2,2 milliards à 3,2 milliards de barils d’équivalent pétrole, contre 2,1 milliards à 3,1 milliards de barils précédemment estimés, affirme la compagnie publique dans son communiqué. Dans le même temps, les coûts d’investissements ont été revus à la baisse d’environ 30 %. Une première phase d’extraction doit démarrer en novembre 2019, mais l’exploitation n’entrera en vitesse de croisière qu’en 2022. «Le projet va créer encore plus de valeur et aura des retombées encore plus grandes que prévu auparavant», affirme le directeur général d’Equinor, Eldar Saetre. La compagnie norvégienne détient 40 % du gisement, aux côtés du suédois Lundin (22,6 %), de la société d’État norvégienne Petoro (17,36 %), d’Aker BP (près de 11,6 %) et du français Total (8,4 %). Au plus fort de son activité, le gisement, qui est situé à 155 kilomètres à l’ouest de Stavanger, produira jusqu’à 660 000 barils par jour, avec un seuil de rentabilité inférieur à 20 dollars le baril, estime la compagnie. Les cours du Brent de la mer du Nord avoisinent les 75 dollars le baril.

Ces annonces constituent une bonne nouvelle pour les finances publiques norvégiennes. L’exploitation de Johan Sverdrup devrait contribuer pour plus 900 milliards de couronnes, soit 92 milliards d’euros, à l’État pendant toute la durée de son exploitation, soit une cinquantaine d’années. Une manne supplémentaire pour la Norvège qui tire toujours 20 % de son PIB du pétrole et du gaz. En 1995, l’État a d’ailleurs créé un fonds souverain, alimenté par les recettes d’hydrocarbures et qui a su opportunément investir dans des sociétés qui ont flambé en bourse comme Apple et Google. C’est aujourd’hui le plus gros du monde, avec un encours de 889 milliards d’euros, au 27 août. Mais la dépendance au pétrole et au gaz continue de faire débat en Norvège, même si le pays en profite à plein.

Les dividendes de ce fonds financent aujourd’hui 8 % des dépenses publiques de la Norvège. Une commission nommée par le gouvernement a ainsi préconisé, vendredi 24 août, de continuer à investir dans le pétrole et le gaz. Il y a quelques mois, un rapport de la banque centrale suggérait au contraire de s’en désengager en mettant en avant des raisons éthiques. La remontée des cours du pétrole a remis les gisements de la mer du Nord sur le devant de la scène, même si la baisse globale de la production est désormais acquise, sauf nouvelles découvertes majeures. La déplétion pourrait toutefois être plus longue que prévue. Avec un prix plus élevé du baril et des technologies nouvelles d’extraction, certains gisements pourraient, par exemple, être exploités quelques années supplémentaires. Les coûts d’exploration ont aussi beaucoup baissé. Résultat, les majors recommencent à investir dans la région, qui présente en outre l’avantage de disposer d’une grande stabilité politique.

L’an dernier, Total a ainsi repris les actifs pétroliers du danois Maersk, en devenant le deuxième opérateur en mer du Nord, derrière Equinor. Sur le plan géographique et en termes de «risque pays», il rééquilibre ainsi son portefeuille. Alors que la production d’hydrocarbures a reculé entre 2004 et 2013 en Norvège, elle devrait de nouveau progresser avec le démarrage de nouveaux projets. Selon le gouvernement, elle devrait être de 4,4 millions de barils par jour d’équivalent pétrole en 2022, contre quatre millions prévus cette année.

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