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Le vingt neuvième sommet de l’ua devrait adopter les réformes annoncées



Les Chefs d’Etat et de gouvernement  du continent se sont retrouvés lundi dernier à Addis-Abeba pour le 29e sommet de l’UA  qui s’annonce des plus rudes tant la bataille des coulisses prendra le pas sur les réformes annoncées. Plusieurs pays parmi eux le Maroc qui vient de faire son retour après plus de trente ans d’absence, veulent bousculer la hiérarchie instaurée par les grands donateurs (Algérie, Afrique du sud, Egypte, Nigeria ou encore le Gabon). 

L’Algérie toujours maître du jeu

Par contre, plusieurs «poids lourds» du continent seront absents à ce rendez vous continental, Jacob Zuma, le roi Mohamed VI, Caid Essebci, El Béchir, Pierre Nkurunziza, Sissi, Muhammadu Buhari, Macky Sall,  Eduardo Dos Santos, de même pour le Camerounais, Paul Biya, qui n’a pas foulé le parquet du centre de conférences de l’UA depuis une décennie. Le président Bouteflika qui ne participe plus à ce genre de rencontres, sera lui représenté par le nouveau Premier ministre Abdelmadjid Tebboune. Principal sujet à l’ordre du jour : la réforme de l’Union africaine (UA).

Certaines crises qui secouent le continent, notamment au Mali, au Soudan du Sud et en Libye, seront également au cœur des discussions entre dirigeants africains. Présent pour le sommet historique de janvier dernier marquant le retour du Maroc au sein de l’UA, le roi Mohammed VI sera cette fois-ci représenté par son frère, le prince Moulay Rachid, qui prononcera un discours en son nom.

Présidant la délégation algérienne, Abdelmadjid Tebboune présentera un mémorandum sur la «stratégie africaine en matière de lutte contre le terrorisme» qui devra servir de feuille de route pour l’ensemble des efforts de l’organisation continentale dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. La délégation algérienne présentera également, pour examen et adoption le rapport de la Commission africaine de la deuxième session du comité technique spécialisé sur le développement social, le travail et l'emploi (CTS). Mais ce sommet constituera surtout une belle opportunité pour Tebboune, tout le long des rencontres bilatérales avec les chefs d’Etat et de gouvernement, de tâter le pouls du climat des affaires africains, dans le cadre du plan global de diversification de l’économie du gouvernement.

Deux Algériens ont été élus par le Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) par une écrasante majorité des voix exprimées au sein des instances de l’Organisation continentale. Il s’agit de Mme Maya Sahli Fadel, réélue au poste de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et de M. Hocine Ait Chaalal, élu au poste de membre du Conseil consultatif de l’Union africaine sur la corruption lors de la 31e session du Conseil exécutif de l’UA. L’Algérie, qui joue un rôle essentiel dans l’organisation, devra peser de tout son poids pour réduire l’influence naissante du Maroc qui aspire à convoiter la place de l’Algérie en vue de court-circuiter l’organisation panafricaine dans le dossier du Sahara occidental.

L’UA tout comme l’OUA, ont soutenu les efforts de l’ONU pour la décolonisation du dernier pays encore sous domination. Faute d’arguments forts et s’appuyant sur l’invective et la désinformation, le roi du Maroc, Mohamed VI accuse l’Algérie d’utiliser ses pétrodollars dans le conflit au Sahara occidental. En clair, le roi du Maroc accuse l’Algérie d’acheter des voix au sein de l’UA pour faire adopter les résolutions qui sont toutes en défaveur de ce pays sur la question de la décolonisation du Sahara occidental. Les diplomates marocains ne sont pas en terre conquise à Addis-Abeba.

Un groupe important de pays soutenant la cause sahraouie s’est, d’ailleurs, chargé de le leur rappeler en introduisant dans leur rapport du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’organisation continentale une clause qui demande l’envoi à brève échéance d’une mission d’observateurs des droits de l’Homme sur le territoire du Sahara occidental, occupé illégalement par le Maroc. Surpris par l’initiative, la délégation marocaine  a été prise de panique et a dû demander à ce que le rapport en question soit revu. En vain, puisque tout le monde a émis un niet catégorique à la demande marocaine. L’on ajoute que la médiation nigériane désignée à l’effet d’essayer de trouver un «arrangement acceptable pour tout le monde» n’a rien pu faire.

Il s’agit là de la première passe d’armes entre les partisans d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui et le Maroc qui a intégré l’UA il y a à peine six mois. Les observateurs s’attendent à ce qu’il y en ait beaucoup d’autres, surtout que les Sahraouis ont juré de ne pas se laisser marcher sur les pieds.

Les objectifs de cette réforme menée par Kagame en collaboration avec l’actuel président de l’UA, Alpha Condé, sont de fluidifier le fonctionnement de l’instance et aller vers l’autosuffisance financière, alors que l'organisation panafricaine est financée à plus de 70% par des bailleurs internationaux, dont la Chine, l'Union européenne, la Turquie ou encore les États-Unis. Autre réforme annoncée : au lieu d'être choisis par le Conseil exécutif de l'UA, les commissaires pourraient désormais être nommés par le président de la commission.

D'autre part, le projet prévoit une répartition des tâches entre la commission et les communautés économiques régionales (CER), comme la CEDEAO, qui sont subordonnées à l'UA. Ces instances régionales seraient incitées à agir davantage en premier lieu, avant une réaction de l'UA. Cette réforme pourrait affaiblir le Maroc. Le projet de réforme porté par Paul Kagamé prévoit aussi de donner plus de poids au président de la commission de l'UA, qui est aujourd'hui le Tchadien Moussa Faki Mahamat.