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La stratégie de la diplomatie économique chinoise en afrique



La forte présence chinoise en Afrique ces dernières années est qualifiée de tsunami. La «Chinafrique», avec tout ce que cela comporte comme invasion et occupation des terres, a tout l’air de ressembler au schéma des ex-occupants français ou anglais de l’Afrique… durant la période coloniale.

Un néocolonialisme avéré

La relation Chine-Afrique a été cimentée lors de la conférence afro-asiatique de Bandung du 24 avril 1955. Cette relation s’est fortement développée avec le décollage de l'économie chinoise et  les indépendances africaines et ce, sur les plans politique, économique, sur le contrôle des conflits afin d’entamer des réformes économiques  et de son intégration  dans les années 90.

Après la Guerre Froide, la Chine a vu l’Afrique autrement a dépassé le cap des risques et endosse un rôle d’importance mondiale. En 1998, La connaissance du monde, un journal chinois, nomme l’Afrique «Terre virginale» que le monde n’a jamais su découvrir par le passé. Elle appela dès lors ses investisseurs à la découvrir et tenter leur chance dans le grand continent.

Diplomatie économique 

La diplomatie économique est devenue l’axe centrale dans la diplomatie chinoise sous l’ère du président Hu Jintao et ce, depuis 2002. Cette politique met l’accent sur le développement du commerce, des investissements et surtout d’apporter de l’aide pour faire face aux défis que doit relever l’Afrique. En 2006, la Chine inscrit sur son tableau de bord cette «La politique africaine» qui s’inscrit dans sa relation traditionnelle Chine-Afrique en poursuivant de prêter main forte avec les avantages fondamentaux : établissement  et développement avec de nouveaux partenaires, la promotion de principe d’égal à égal dans les affaires et les négociations, le principe de confiance, la coopération économique et le développement de la coopération culturelle.

Aujourd'hui, la diplomatie économique Chinoise en Afrique est effective au niveau national, au niveau des provinces, des villes aussi, non seulement par des forums sur la coopération sino-africaine (FOCAC), mais par les forums régionaux. 

Avec la devise «la diplomatie comme locomotive, les sociétés des wagons», la Chine est arrivée à créer des relations, étape par étape, de la coopération sur le plan économique, commercial, culturel, social avec beaucoup de pays africains. 

Les objectifs

La Chine souhaite obtenir trois objectives stratégiques : l’approche et l’exploitation des ressources abondantes, l’expansion du marché pour ses exportations et étendre ses zones d’influence par le soutien des pays africains dans les Forums internationaux.

Depuis 2000, la relation commerciale Chine-Afrique enregistre une croissance rapide. Le rapport du Conseil chinois pour la promotion du commerce international (CCPIT) montre que le volume du commerce bilatéral entre la Chine et l'Afrique a atteint 149,1 milliards de dollars, en 2016, contre 10,8 milliards de dollars en 2001, autrement dit 14 fois plus et ce, sur une période de 15 années.

Les Investissements directs étranger (IDE) de la Chine dans le continent sont passés de 317 milliards de dollars en 2004 à 3,2 billiards de dollars en 2016. La Chine importe principalement des matières premières de l'Afrique, 95% des produits  africains totaux  dont 56,4% pour le pétrole. Le groupe des pays en tête du partenariat faible avec la Chine sont l’Angola, Soudan, République du Congo, Guinée-Bissau, Gabon, Libye, Maroc, République du Congo, République démocratique du Congo, Mauritanie et Zambie. Les IDE chinois concentrés principalement dans les pays riches en ressources minérales, notamment en Afrique du Sud, République du Congo, Nigeria, Niger, Algérie, Angola, Kenya, Zambie, Éthiopie et Ghana.

La Chine a construit des parcs industriels, des zones commerciales libres et des zones économiques spéciales.  Les infrastructures dont les ports maritimes, aéroports et une géographie favorable de l'Afrique ont beaucoup aidé à ce développement. Avec la stratégie nommée «la Ceinture et la Route» et la stratégie «la Route de la soie», la Chine souhaite établir des connexions des ports maritimes chinois avec les côtes africaines de l'Afrique, notamment la Méditerranée. Les commerciaux et investisseurs chinois sont toujours accompagnés par des conditions favorables comme les aides, la formation, etc.... 

Ces aides du gouvernement chinois octroyés à l'Afrique sont engagées sans contrainte politique, mais elles exigent (selon le mécanisme d’aide et le propriétaire d’aide) des pays africains d’être les premiers partenaires économiques de la Chine. Cette politique diffère de l’approche occidentale.  Les pays africains obtenaient de l’aide, y compris la Chine, Ghana, Nigeria, Soudan, Éthiopie, Mauritanie, Angola, Zimbabwe, Guinée-Bissau, Cameron, Afrique du Sud… sans contrainte politique. 

Bien que nous ne puissions pas nier la réalité de l’émergence de la Chine, la politique de la diplomatie économique chinoise en Afrique commence à être critiquée. Par la stratégie qui favorise l’argent contre les ressources naturelles, l’exploration du pétrole dans plusieurs pays africains comme au Soudan, Angola… ; l’exploitation du bois au Libéria, Gabon ; l'exploitation des arbres en Zambie et au Ghana et la production agricole en Kenya et au Zimbabwe. Grâce à des investissements et des aides, l'entrepreneur chinois est en phase de construire des routes en Guinée-Bissau, en Éthiopie…,  des barrages au Congo et la Rivière Nile, des hôpitaux, des écoles, des stades et des palais présidentiels partout dans le  continent africain. 

La Chine et les valeurs

Face à la Chine, l’Afrique a perdu plusieurs de ses valeurs, les ressources naturelles explorées ne bénéficient plus aux pays africains ni aux sociétés africaines. Pire encore, la Chine avoue se concentrer uniquement dans l’exploitation et non être un partenaire économique fiable dans la création d’emplois et le développement des marchés de consommation chinoise dans ces pays (marchandises et vêtements pas chers de la Chine qui inondent les marchés africains), l’effet négatif sur la production locale du pays. Autre aspect, les projets de l'exploitation des ressources naturelles de la Chine en Afrique détériorent l’environnement du continent africain. 

Catastrophe environnementale 

L'exploitation du cuivre en Zambie, le projet de la construction des barrages au Congo, Gabon…, risquent la détérioration des écorégions du parc national Ivindo. L’autre devise chinoise «non ingérence» dans la politique chinoise en Afrique a promu les conditions pour une corruption caractérisée dans les pays africaine. Les rapports confirmés disent que  le gouvernement chinois demande aux pays africains de ne pas annoncer clairement les montants des aides octroyées aux pays africains. La Chine donc laisse la porte ouverte à la corruption, bien que nous n’ayons pas beaucoup de données sur la corruption dans ces pays. La Chine en Afrique se présente comme le nouveau colon des nations africaines. 

La Chine est un pays en phase de devenir une grande puissance économique, politique et militaire. Elle pratique une politique sage, qui va dans la durabilité, l'efficacité et la diplomatie douce aux régions … en même temps, elle fait profiter les gouvernements africains des avantages complets. 

En fait, la Chine a remplacé la politique de «non ingérence» par la politique de «l’ingérence  innovante».  Une stratégie du néocolonialisme ?