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B A T N A (3)



Dans le Sud-est algérien, la ville de BATNA, capitale des Aurès, est à 435 km au Sud-est d'ALGER et à 113 km au Sud-ouest de CONSTANTINE. Située à 1 041 mètres d’altitude, dans une plaine arrosée par de nombreuses sources, cette ville est de construction entièrement française. Dans une région semi-aride, la température moyenne est de 4° centigrade en hiver, la nuit elle descend en dessous de zéro et de 35° en été.

Et dans son ombre, mais ô combien efficace, la chère, la si sensible et douce Madame CIANFARANI. BATNA – quartier du STAND – ils nous ont quittés tous les deux, mais aucun Batnéen et surtout aucun musulman ne les a oubliés… « En montant vers le Camp, il y avait l’ancienne École maternelle où je revois encore la silhouette si droite de Madame LACROIX accueillant les petits en larmes le jour de la rentrée. Derrière l’église, notre chère église aujourd’hui détruite, Monsieur RUFFINO présidait aux destinées de l’Ecole de garçons, avec sévérité, certes, mais avec tant de conscience et de sagesse. Près de la pépinière se dressait l’École primaire supérieure où les grands nous regardaient du haut de leur taille ou de leur savoir… Que cette École, à l’époque, me paraissait grande, sévère, mystérieuse ! Monsieur MALPEL, Monsieur BÉRARD, Madame TINGRY, que vous me sembliez lointains ! Et puis notre École, à nous les filles ! Comment ne pas citer Madame FAES qui a ouvert les portes de l’enseignement à tant de petites filles qui arrivaient émues, désemparées et qu’elle savait si bien consoler avec une pomme ou tout simplement une caresse affectueuse… Mais de tous ces souvenirs, de tous ces noms qui se bousculent dans ma tête, sans que je puisse tous les citer, émerge pour moi la silhouette d’une petite jeune femme, si mince, qui courait toujours, à peine plus âgée que ses élèves du Cours Complémentaire. Elle brûlait de tout nous apprendre, les mathématiques (hélas pour moi !) les sciences, la nature, la vie enfin ! Elle nous racontait Marie CURIE, elle nous faisait aimer la vie des insectes…Nous la mettions souvent en colère, t’en souviens-tu Baby…, Suzanne…, Michelle…, Paule…, Geneviève… ? 

Mais nous l’aimions et l’admirions tant ! Elle s’appelait Yvonne LEBAS…Yvonne BERARD et aujourd’hui encore, malgré tant et tant d’années, elle pleure lorsqu’elle nous retrouve et elle sait encore apporter à celles qui en ont besoin, son soutien moral. Merci, Madame BERARD, d’avoir donné à toutes ces filles cette image merveilleuse de l’ÉCOLE en majuscules, telle que le concevaient tous nos enseignants d’Algérie. Ces femmes et ces hommes admirables qu’il m’est impossible – je leur en demande humblement pardon – de tous les nommer ont donné à notre petite ville, perdue au cœur des Aurès, une animation, un élan irremplaçables. Rappelez-vous ces fêtes où, dans des costumes de contes de fées, les enfants trouvaient leur part de rêve et du merveilleux… Rappelez-vous les lendits scolaires, les compétitions sportives qui faisaient vibrer, sous nos rires et notre joie, notre cher vieux stade… Ces enseignants…Ils ont été le fer de lance de la présence française. En plus du calcul, de la grammaire, ils nous apprenaient la morale et l’instruction civique…Ils nous apprenaient à connaître et à aimer notre patrie, la France, si lointaine pour la plupart d’entre nous, mais ils ont aussi ancré, dans notre cœur, l’indéracinable amour de notre Algérie… Avez-vous oublié ? Depuis ces années «d’avant-40», d’autres enseignants se sont succédé et tels ces beaux athlètes des olympiades, ils ont inlassablement repris le flambeau… A eux aussi, du fond du cœur, Merci ! » Laissons parler un algérien : Monsieur BOUKDJADJI, ancien élève des Écoles de l’enseignement dit « des Indigènes », devenu Inspecteur d’Académie à Constantine, Oran…, parlant non en chef académique, mais en tant qu’ancien élève de la cohorte des instituteurs de l’époque : « Jamais, comme élève, comme enseignant, comme inspecteur, il ne m’a été donné de constater qu’un enseignant avait, dans sa classe, heurté les convictions religieuses d’aucun de ses élèves… Je suis originaire d’une ville où les familles musulmanes, israélites, chrétiennes, étaient strictes sur ce point… Sur les bancs de l’École Publique se sont nouées des amitiés qui ont résisté aux pires vicissitudes, et l’une des raisons de ce fait, c’est la stricte neutralité religieuse des maîtres… Et actuellement, aucun Algérien, même parmi les plus critiques à l’égard de la période française, ne s’est jamais senti blessé à l’école, dans ses convictions religieuses. On peut affirmer que l’enseignement laïc, tel que nous l’avons connu en Algérie, est à peu près unique au monde ». 

BATNA – caserne de la Garde Républicaine. Jean-Luc CARBUCCIA Jean-Luc CARBUCCIA est né à Bastia en 1808 et mort à Gallipoli en 1854. C’était un général et archéologue français. Il entre à Saint-Cyr en 1825 et en sort sous-lieutenant deux ans plus tard. Présent au débarquement du corps expéditionnaire de l'Algérie en 1830, il prend part à tous les combats des débuts de la conquête : débarquement du corps expéditionnaire à SIDI-FERRUCH, aux sièges de FORT L’EMPEREUR (devenu FORT NATIONAL) et d’ORAN. Il regagne la France six ans plus tard avec le grade de capitaine. En 1839, il regagne à sa demande l'Algérie. Trois blessures, quatre citations et la croix de chevalier de la Légion d'honneur témoignent de ses qualités de soldat. Il y gagne également l'estime du duc d'Aumale et du maréchal Bugeaud, gouverneur de l'Algérie. Colonel à 40 ans, il succède au colonel, comte de Noue le 31 août 1848, à la tête du 2e  régiment étranger en Algérie et au colonel Canrobert à la subdivision de BATNA. Il reçoit le premier drapeau du régiment. Tout particulièrement apprécié par ses hommes, il sait en tirer une obéissance aveugle. En 1854, nommé général, il est affecté à Paris. Mais la guerre de Crimée éclate, il demande à y être envoyé. Il y participe à la tête de la brigade de Légion étrangère. Après les obsèques du général d’Elchingen, mort du choléra d’une façon foudroyante, il rentre fatigué. Le lendemain, 17 juillet 1854, contaminé lui aussi, il meurt en quelques heures, âgé de 46 ans, devant Gallipoli. L’ARCHEOLOGUE. En plus d'avoir été un grand chef militaire, le général CARBUCCIA (colonel en Algérie) était féru d'archéologie. Sous ses ordres, son régiment, le 2e  régiment étranger a commencé les campagnes de fouille de la ville romaine de LAMBESE. Cette ville fut l’ancienne capitale militaire de la Numidie romaine. Le colonel CARBUCCIA reconstitua en outre la géographie de l’ancienne province romaine. Des fouilles des ruines de LAMBESE, il tire un rapport intitulé « Archéologie de la subdivision de Batna ». Il est reçu par l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Le rapport est conservé actuellement à la bibliothèque de l’Institut de France. Récompensé par une médaille de satisfaction, CARBUCCIA ne l’accepte que pour son régiment. 

DEMOGRAPHIE. Année 1936 :13 409 habitants dont 3 416 européens ; Année 1954 : 24 209 habitants dont 3 688 Éuropéens ; Année 1960 : 47 021 habitants dont 3 873 Éuropéens. 

DÉPARTEMENT.  Le département de BATNA est un département français d'Algérie entre 1957 et 1962 avec l’index 9B. Considérée depuis le 4 mars 1848 comme partie intégrante du territoire français, l'Algérie est organisée administrativement de la même manière que la France métropolitaine. C'est ainsi que pendant une centaine d'années, la ville de BATNA, fut une sous-préfecture du département de CONSTANTINE, et ce jusqu'au 20 mai 1957. A cette date, ledit département est amputé de sa partie méridionale, afin de répondre à l'accroissement important de la population algérienne au cours des années écoulées. Le département de BATNA fut donc créé à cette date, et couvrait une superficie de 38 494 km2 sur laquelle résidaient 529 532 habitants et possédait cinq sous-préfectures : ARRIS, BARIKA, BISKRA, CORNEILLE et KHENCHELA. L’Arrondissement de BATNA comprenait 11 centres : AÏN YAGOUT, BATNA, FESDIS, CHEMORA, CONDORCET, EL MAHDER, LAMBESE, LAVERAN, LUTAUD, MAC MAHON, VICTOR DURUY. 

Création et fonctionnement de l'arrondissement de BATNA : Erigé par décret du 1er  février 1885, l'arrondissement de BATNA ne comprend alors que 3 communes de plein exercice (BATNA, LAMBESE et BISKRA) et 4 communes mixtes (AÏN -EL-KSAR, AÏN-TOUTA, ARRIS et KHENCHELA), toutes distraites de l'arrondissement de Constantine. Deux communes mixtes sont érigées au début du 20e  siècle, BELEZMA en 1904 et BARIKA en 1907 ; une commune de plein exercice, KHENCHELA, vient compléter en 1911 une architecture qui, dès lors, ne change plus guère avant les prémices de la Guerre d'Algérie. Ce dispositif, commun à tous les territoires d'Algérie, combine ainsi communes de plein exercice et communes mixtes, composées de centres de colonisation et de sections indigènes, celles-ci étant formées de tribus et de douars. Les communes de plein exercice sont placées sous l'autorité d'un maire [élu] tandis que les centres de colonisation des communes mixtes sont dirigés par un adjoint européen et les sections indigènes par un caïd. L'unité administrative des communes mixtes est réalisée par un administrateur nommé. Doté des mêmes attributions qu'en métropole, le sous-préfet prolonge l'action du préfet à un échelon plus proche des administrés, sa tâche principale étant l'exercice de la tutelle des communes, avec un rôle d'inspection, de police et de renseignement sur les problèmes d'ordre politique, économique et social qui se posent à l'intérieur de sa circonscription. Il intervient aussi dans le développement agricole et rural de son arrondissement : on voit par exemple le sous-préfet de BATNA assurer l'application de programmes d'intérêt communal comme le Plan d'action communal de 1947. Une autre caractéristique de l'arrondissement de BATNA au moment du début des hostilités est, peut-être encore plus qu'ailleurs en Algérie, sa sous-administration : jusqu'en 1954, l'exercice des autorités civiles et militaires s'est fait avec des moyens extrêmement réduits, les cas les plus chroniques étant ceux des communes mixtes. On voit ainsi des administrateurs tenter de maintenir un contact suivi avec une population qui peut atteindre les 55 000 habitants (comme à BARIKA, KHENCHELA et BELEZMA) voire les 70 000 habitants (comme à ARRIS), tout en ne disposant que d'un ou deux collaborateurs directs et de quelques chefs musulmans dont l'activité n'a pas toujours été dirigée dans le sens du bien des administrés : une réalité que dénonce très vite le général PARLANGE à son arrivée au Commandement civil et militaire des Aurés-Némentchas est la corruption généralisée du personnel des caïds, censés représenter l'administration française au niveau des douar. Général Gaston PARLANGE (1897/1972), Jacques SOUSTELLE (1912/1990), Commandant civil et militaire du Sud constantinois à Batna en avril 1955. Gouverneur d’Algérie (1955/1956) Préfet de BATNA de 1956 à 1958. Les SAS ont été créées par Jacques SOUSTELLE en 1955 ; les SAS (sections administratives spécialisées) étaient placées sous l’autorité du général PARLANGE. Il y en eut environ 700. Dirigées par un officier, elles avaient pour fonction officielle d’agir auprès de la population rurale sur le plan social, médical et éducatif, jouant ainsi un rôle important dans le volet psychologique de la guerre (la pacification). Cette couverture « humanitaire » était doublée d’une activité plus directement liée à la guerre : le renseignement. Renaissance du pouvoir militaire : les SAS. En avril 1955, le Général PARLANGE est nommé responsable civil et militaire de la région des Aurès-Nementcha. Le Service des  « ffaires algériennes» est créé. Il est représenté sur le terrain par les «SAS», chefs des Sections administratives spécialisées. Leur mission était de reprendre contact avec la population des campagnes. Ils remplaçaient le maire, l’administrateur. Ils gèrent chacun une population de 10 à 20 000 personnes. Ils sont aidés de sous-officiers, d’attachés civils, de médecins, d’instituteurs. En 1960, 1 400 officiers et 650 sous-officiers servent dans les SAS. Ils sont souvent appuyés par leurs épouses qui font le travail de l’assistante sociale. Ils sont protégés par des supplétifs locaux, les moghaznis. Leur action multiple dans ses aspects fut, la plupart du temps, couronnée de succès. Elle entraîna des réactions de la part du FLN. 70 officiers furent tués. « Les képis bleus, comme on les appelait avec affection, écrit le Britannique Alistair Horne, formaient un corps d’hommes dévoués et courageux, qui savaient partout se faire aimer de la population et, qui, pour cette raison étaient l’une des cibles principales du FLN ». Les assistantes des officiers SAS exercent une action éducative et sociale au profit des femmes et des enfants. Parallèlement à la politique officielle, de nombreuses œuvres caritatives religieuses ou privées collaborent avec la Croix Rouge.

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