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Economie et affaires : La Turquie à la conquête de l'Afrique



Explorer les opportunités d'affaires entre les deux parties et consolider les liens existants pour franchir les obstacles à l'approfondissement de cette relation en constante évolution, tels sont les objectifs poursuivis par le premier Forum économique et d’affaires Turquie-Afrique ouvert le 2 novembre dernier à Istanbul.

Ce rendez-vous auquel prennent part quelque 2200 personnes, en présence du président hôte Recep Tayyip Erdogan et de son homologue tchadien, Idriss Deby Itno, en sa qualité de président en exercice de l'Union africaine, réunit des représentants des institutions publiques et du secteur privé africains et turcs. Économie en pleine croissance, la Turquie s'est lancée à la conquête de l'Afrique depuis près d'une vingtaine d'années, se fait plus présente aujourd'hui et entend y rester. Pour cela, Ankara cible de nombreux secteurs dans lesquels sa présence sur le continent est remarquée : routes, chemin de fer, santé, éducation, tourisme, énergie, bâtiment, transport, communication. Et comme pour couronner le tout des chiffres qui parlent : ce pays est en effet classé 18e économie mondiale, 7e économie européenne, 6e destination touristique, 10e performance agricole, alors que son secteur de construction occuperait le 2 e rang mondial. Des chiffres récités à la tribune du Forum par le ministre de l'Economie, Nihat Zeybecki, avant de dénoncer sans les citer les puissances pour qui l'Afrique n'est qu'un champ d'expérimentation de leur lutte d'influence : " Quand je me suis rendu à Djibouti, j'ai vu que ce pays a d'énormes potentialités économiques, mais j'ai aussi noté qu'il héberge quatre bases militaires étrangères. La Turquie veut y implanter une base commerciale, une zone de libre échange ". Le ministre a aussi pris l'exemple de l'Ethiopie où une entreprise de textile turque emploie dix mille travailleurs.

Le président Idriss Deby Itno a dans son intervention loué le partenariat stratégique entre Ankara et l'Afrique dans un moment, a-t-il souligné, où les pays africains sont frappés par la chute du prix des matières premières. Mais il a noté l'amélioration du climat des affaires sur le continent et ce que cela comporte d'attractif pour les investissements. Il a appelé la Turquie, " puissance émergente", à soutenir la lutte contre le terrorisme qui frappe l'Afrique. Pour l'occasion, le président turc peut revendiquer une partie, ou même une grande partie du succès du rapprochement de son pays avec l'Afrique, le coup d'accélérateur de celui-ci ayant été donné il y a dix ans, sous son impulsion, du temps où il dirigeait le gouvernement, comme le rappelait le ministre de l'Economie.