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Le pays envisage une dévaluation de sa monnaie, le naira : L’économie du Nigeria manque de devises étrangères



La grave pénurie de devises devrait contraindre le géant d’Afrique de l’Ouest à une nouvelle dévaluation du naira.
Une légère augmentation des cours du pétrole, à près de 50 dollars le baril, n’aura pas permis au géant d’Afrique de l’Ouest, désormais second exportateur d’or noir du continent, de résoudre sa crise de pénurie de devises.

Le Nigeria, qui a fondé son économie presque exclusivement sur le pétrole depuis cinquante ans, a plongé avec la chute du cours du baril. Mais la crise s’est transformée en récession avec la décision du gouvernement du président Muhammadu Buhari de maintenir artificiellement le taux de change du naira et de limiter les transactions faites en monnaies étrangères.
Le maintien du taux de change a finalement été abandonné en juin, lorsque le gouvernement a officiellement décidé de laisser flotter le naira en fonction de l’offre et de la demande. Mais les restrictions de transactions, notamment en dollars, affectent lourdement les entreprises qui peinent à importer leur matériel, leurs matières premières ou à payer leurs salariés expatriés. Alors que le pays était le symbole d’une Afrique en pleine croissance, l’économie du Nigeria a finalement ralenti et les prévisions annoncent une contraction de son PIB pour 2016, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, selon l’agence Bloomberg.

Les compagnies aériennes, également, souffrent de cette crise. La semaine dernière, Emirates et Kenya Airways ont annoncé la suspension de leurs vols pour la capitale fédérale Abuja, respectivement à partir du 30 octobre et du 15 novembre, même si elles conversent Lagos comme destination. United et Iberia Airlines ont déjà suspendu toutes leurs opérations au Nigeria, ne pouvant plus rapatrier leurs bénéfices, gagnés en nairas, mais qui doivent être enregistrés en dollars ou en euros sur les comptes de l’entreprise.
La situation n’est plus tenable et, pour de nombreux analystes financiers, une nouvelle dévaluation est à attendre bientôt, qui entraînera une inévitable hausse des prix, alors que les Nigérians peinent déjà à acheter leurs produits de consommations de base.