Contact

Chroniques

Derniere minute

Comme Ayoub (Job), le Prophète patient…



Ayoub vivait en Syrie, dans la région d’Al-Bathania, ou Batanée (Basan). La région était florissante en ces temps-là, dit-on. Quand il atteint l’âge adulte d’homme sage, Dieu lui révéla la Prophétie et l’envoya à son peuple pour lui apprendre la religion et ses préceptes. Dieu accorda à son Prophète Ayoub beaucoup de biens et de richesses. Il possédait des terres, des jardins et des cheptels d’animaux. Dans chaque cheptel, disait-on, on comptait plus de mille têtes d’une seule race. Et il en avait des bœufs, des brebis, et d’autres bêtes de travaux ou pour la consommation. Ayoub avait dix enfants. Sept garçons et trois filles. En plus de sa belle femme. 

Ayoub était aussi connu pour ses prières pour remercier Dieu de ses bienfaits. Iblis, et comme à l’accoutumée, ne vit pas d’un bon œil la reconnaissance de Ayoub pour Dieu. Car chaque jour Dieu augmentait la richesse et les biens d’Ayoub. Alors, Iblis fut pris d’une jalousie et d’une envie extrêmes. Il chercha à tout prix une ruse pour mettre fin à cette aisance du Prophète Ayoub, comme il l’avait fait, souvenons-nous, avec Adam lorsqu’il était au paradis.

Il dit à Dieu : «Le Prophète Ayoub ne te rend grâce et te glorifie que parce que tu l’as comblé de richesses et de biens. Et à sa place, toute autre personne aurait fait comme lui, pour tant de biens. O Dieu ! Si vous me donnez le pouvoir de lui ôter ses richesses et biens, je vais vous prouver qu’il redeviendra, comme les autres, infidèle et mécréant.» 

Lors Dieu est Omniscient et Il sait ce qui se trame dans les poitrines de ses créatures, ce qui est apparent et caché. Et pour montrer à Iblîs son Omniscience absolue, Dieu accepta sa proposition en lui donnant toute la liberté d’agir sur les richesses et les biens d’Ayoub. Sans attendre, Iblîs fit réunir ses enfants et ses démons et les informa de son grand projet jamais accompli.

«Si nous réussirons cette fois-ci, nous aurons atteints notre objectif, et nous aurons anéantis le mythe de l’homme fidèle à Dieu et ses principes. Car cette fois-ci, il s’agit d’un travail de fond, et même de vie ou de mort. Car il s’agit de détruire tous les biens du Prophète Ayoub ; et comme ça, nous prouverons à Dieu que tous les hommes sont pareils, s’il y a parmi eux qui l’adorent ce n’est que parce qu’ils jouissent de ses biens, et une fois pauvres, ils deviendront des infidèles ; et c’est ce que nous allons prouver avec Ayoub. Aidez-moi à lui soutirer tous ses biens.» 

Là où se trouvait un bien appartenant à Ayoub, Iblîs le détruisit avec l’aide de ses fils et démons. Ils partaient là où se trouvaient les jardins, les champs et les enclos de Ayoub, commençaient à souffler, souffler jusqu’à ce que de l’air chaud, comme du feu, en sortit de leurs bouches et les brûlaient. Quand Iblîs commis son forfait, il se déguisa en berger et partit voir Ayoub pour lui dire que l’air chaud à brûler tous les champs et tuer toutes les bêtes. Iblîs fut très déçu quand Ayoub lui dit : «Dieu a donné ; et Dieu a pris. Car tout Lui appartient.» 

Dérouté par la réponse du Prophète Ayoub, Satan (Iblîs) s’en alla retrouver Dieu et lui dit : «ô Dieu ! Si Ayoub n’a pas encore manifesté son infidélité envers Toi, c’est parce qu’il est sûr que Tu vas lui rendre ce qu’il a perdu. Il va T’invoquer pour ça. Donnez-moi le pouvoir de faire mourir ses enfants et je Vous prouverez qu’il deviendra infidèle. » Dieu lui accorda sa demande.»

Sans attendre, Iblîs rejoignit la maison du Prophète Ayoub où se trouvaient ses enfants et il fit tomber le toit sur leurs têtes. Les dix enfants d’Ayoub périrent ensevelis sous les décombres de la maison. Et pour voir la réaction du Prophète, Iblîs, déguisé sous les traits de son domestique, avec les vêtements déchirés et tout couvert de poussière, alla le trouver et lui dit : «ô Ayoub ! Dieu a fait trembler la terre sur la tête de tes enfants qui ont péri sous les décombres de leur maison. Ils sont tous morts. Le tremblement de terre n’a frappé que la maison de tes fils. Combien était horrible leur mort. Et combien elle était injuste. Leurs corps avaient été déchiquetés et éparpillés comme des troncs d’arbres moisis. Combien t’avaient-ils appelé avant de mourir pour que tu viennes les secourir. »

Ayoub pleura la mort de ses fils, longuement, puis leva ses mains au ciel et glorifia Dieu. « Il a donné, et Il a repris », avait-il dit, comme pour la première épreuve. Et encore une fois, Iblîs dût se rendre à l’évidence quant à la vraie foi d’Ayoub. Il partit rejoindre ses démons, mais toujours décidé à pousser Ayoub à l’incrédulité et au reniement de la grâce de Dieu. Qu’allait-il encore inventer ?

Malgré toutes ses peines et épreuves la femme de Ayoub restait fidèle à lui et continuait à lui prodiguer aide et assistance. Mais Iblîs, sans se lasser partit voir Dieu et lui dit : «Donne-moi, ô Dieu ! le pouvoir sur le corps de Ayoub et je vous prouverez qu’il n’agisse de la sorte que parce qu’il espère toujours tant qu’il est bien dans son corps et qu’il a toujours la santé.»  

Dieu lui dit : «Tu n’auras aucun pouvoir sur mon Prophète, car c’est moi qui l’aie choisi et Je sais ce qu’il y a dans son cœur, et ce qu’il fait de sa langue, mais Je t’accorde ce que tu veux en faire de son corps.»

Et comme les premières fois, Iblîs se rendit chez Ayoub ; et sans se faire remarquer, il souffla dans son nez et sa bouche. Quelques instants après, tout le corps du Prophète Ayoub se couvrit de pustules qui, le lendemain, se transformèrent en boutons de gale. Et plus Ayoub se grattait, plus la gale se propageait sur tout son corps.

En un court temps, Ayoub devint méconnaissable. Les boutons devinrent purulents et commencèrent à dégager une mauvaise odeur. A la fin, son corps se couvrit de petits vers parasites qui lui mangeaient la peau. Il prit une place chez lui et se retira du monde tout en glorifiant Dieu par ses prières et ses invocations. Seule sa femme venait lui rendre visite, l’aidait à se nourrir et le soignait autant qu’elle le pouvait.

Elle vendit tout ce qu’elle possédait pour le nourrir jusqu’à ce qu’il ne lui restât rien. Sans se fatiguer, elle partit demander l’aumône dans les tribus et villages avoisinants car elle était une femme digne d’être l’épouse d’un Prophète. Mais sa maladie augmentait de jour en jour. Quand l’odeur que dégageait son corps devint insupportable pour les villageois, ils décidèrent, en commun accord, de déposer Ayoub près de la décharge, loin du village. Et il en fut ainsi. Les hommes du village firent sortirent Ayoub de chez lui et le laissèrent seul dans le lieu où l’on jetait les ordures.

Mais malgré ça, sa femme continuait à aller le nourrir et le soigner. Ayoub resta dans cette situation sept longues années sans se lamenter ni proférer le moindre mot déplacé contre la volonté de Dieu. De cette patience, les anges en furent émerveillés dans le ciel. Mais Iblîs, lui, en était contrarié, et malade de jalousie et de haine. Il ne trouva point de nouvelle ruse pour amener Ayoub à l’infidélité et la mécréance. Mais comme il était tout le temps à la recherche de quelque malice machiavélique, il se dit c’est grâce à sa femme que Ayoub tient encore. Et si je vais l’éloigner de lui, sûrement qu’il tombera dans mon piège. 

Les choses restèrent ainsi de longs mois. Les trois dernières personnes qui avaient cru en la Prophétie de Ayoub et qui l’avaient suivi doutèrent quand ils constatèrent que sa maladie empirait de jour en jour. Alors ils se dirent que peut-être Dieu l’a retiré du nombre des Prophètes et qu’il a, sûrement, commis des fautes inexpiables. Après le reniement des ces trois personnes, il ne restait à Ayoub que sa femme et ses prières. Et Ayoub en fut très peiné.

Par une seule invocation, il appela Dieu. Cette invocation ne peut émaner que d’un fidèle croyant en la Miséricorde du Tout-Puissant, sans aucun atome de doute ni de plainte. Dans sa grande douleur, sans se plaindre ni offenser, il dit : «Le mal m’a touché. Mais Toi, Tu es le plus miséricordieux des miséricordieux !» («Inniya massani edhurru wa anta arhamou errahimine») S.21/ V. 83. Il ajouta : «Le diable m’a infligé détresse et souffrance.» S.38/V.41

Cette invocation est d’une extrême piété. Car Ayoub ne demande rien. Il dit à Dieu qu’il a mal et c’est à Dieu de choisir pour lui. Dieu Vous êtes Miséricordieux, donc de Vous ne peut venir que la Miséricorde. Et dans n’importe quelle interprétation peut-elle être, cette Miséricorde, elle ne peut faire que du bien. Et Ayoub savait ça. C’est ce qu’on appelle la foi…

Une seule prière, quand elle est sincère et pleine de foi, peut ouvrir les portes du ciel. Car juste après l’invocation du Prophète Ayoub vint la réponse «Nous l’exauçâmes en écartant de lui le mal qu’il éprouvait. Nous lui rendîmes les siens et, avec eux, autant qu’eux, à titre de miséricorde de Notre part et d’exemple mémorable pour ceux qui (Nous) adorent.» S.21/V.84. 

Et Dieu révéla à Ayoub «Frappe la terre de ton pied : voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire.» S.38/V.42. 

Ayoub frappa le sol avec son pied et une source jaillit, fraîche et limpide, comme au temps du Prophète Ismaël. Et il lui fut révélé de se laver de cette eau. Et dès que Ayoub mit cette eau sur son corps, il redevint comme il était, et même encore plus sain qu’avant. Tout disparut de son corps en un temps record. Et après s’être lavé, il but de cette eau.

Et tel un remède miracle, l’eau de la source de Dieu nettoya ses entrailles des vers et autres microbes qui s’y trouvaient. Et comme s’il n’avait jamais été malade, après sept longues années de patience, Ayoub se releva et se mit en marche. (Cette source, appelée dans le pays d’Al-Bathania, en Syrie, existe toujours, dit-on, et elle est appelée : Source de Ayoub, ou Aïn Ayoub.) 

Dieu fit fructifier les biens et enfants de Ayoub en récompense de sa patience. Et aujourd’hui quand les hommes, où qu’ils soient, évoquent la patience (es-sabr), ils ajoutent toujours avec le mot le nom de Ayoub. Et l’on dit : Patient comme Ayoub, ou «Sabr Ayoub»….

Et si nous voulons adorer Dieu, nous devons l’adorer comme Ayoub (Job), le Prophète patient… Juste pour L’adorer. Juste pour Le glorifier et Lui rendre grâce pour tout ce qu’Il nous a donné.