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Agriculture

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Transformation de la pomme de terre



La sole occupée par la culture de la pomme de terre représente 1 à 2% de la surface agricole utile (SAU), et près de 30% de la superficie des cultures maraichères en moyenne chaque année. Les superficies sont occupées par la pomme de terre de saison (près de 57%) suivi par l’arrière-saison avec 40%. Ces dernières années, cette culture s’est adjugé des territoires sur l’ensemble du pays avec une spécialisation dans certaines wilayas, notamment à El oued, Mascara, Mostaganem et Ain Defla. 

Un développement encore timide 

Sur le plan de la productivité, une amélioration notable du rendement a été enregistrée au cours de la dernière décennie passant de 180 q/ha en 2008 à plus 350 q/ha en 2017. Cependant, parlant précisément de cette filière agricole, force est de reconnaître que la production nationale de la patate a considérablement augmenté atteignant, à titre d’exemple, un record qui a dépassé les 50 millions de quintaux, selon le bilan de la campagne agricole 2016/2017. Du coup, du côté des professionnels de la filière, on s’attend à la poursuite de cette excellente avancée dans la réalisation des performances dans ce segment de la production agricole.

 

Cap sur l’exportation et la transformation

«L’avenir de la filière, notamment la régularisation du marché de la pomme de terre qui devient de plus en plus excédentaire, se base sur deux facteurs indispensables, à savoir : l’exportation et la transformation». C’est ce qu’a révélé un responsable du ministère de l’Agriculture. En effet, le secteur a recensé une quinzaine de projets industriels dans la transformation de la pomme de terre. «En collaboration avec les autres secteurs, nous allons inciter ces industriels à réaliser leurs investissements et à signer des contrats avec les agriculteurs pour produire les quantités dont ils ont besoin», a-t-il déclaré à ce sujet.

Concernant les campagnes agricoles à venir, les opérations de plantation se poursuivent  normalement avec une disponibilité et une diversité des semences qui permettront de réaliser les prévisions qui tablent sur une production de six millions de tonnes (de la mi-mai jusqu’à fin août 2017).  Il y a lieu de dire que le ministère de tutelle avait planifié de réduire de 15% les importations de la semence en 2017, l’objectif étant d’arriver à zéro importation de cette semence en 2022. Aussi, le point noir de la filière demeure celui de la faiblesse du nombre d’entreprises de transformation agroalimentaire, puisque la production est destinée majoritairement à la consommation en frais. Pour en savoir plus sur le monde de la transformation industrielle du tubercule, notamment pour les frites surgelées, nous avons pris langue avec  M. Farouk Slimani, gérant de la SARL Fritop, un investisseur qui poursuit son petit bonhomme de chemin, non sans problèmes toutefois. 

 

Farouk Slimani, gérant de la SARL FRITOP 

«La régulation du marché, c’est  aussi  la transformation»

Les responsables de certaines institutions techniques en matière de production de pomme de terre plaident souvent en faveur de la mise en œuvre d’une stratégie de développement du créneau de la transformation de la pomme de terre en Algérie. Celle-ci offre des avantages indéniables : elle valorise le produit, contribue à la création d’emploi et participe à la régulation du marché.  C’est finalement le point de vue de M. Farouk Slimani, gérant de la SARL Fritop.

 

Quelles sont les principales motivations qui vous ont poussé à investir dans ce nouveau créneau de l’agroalimentaire en Algérie ?

Farouk Slimani : Premièrement, il faut savoir que l’idée d’investir dans ce tout nouveau créneau de l’agroalimentaire en Algérie, n’est pas fortuite dans le sens qu’elle a bien mûri dans la théorie avant d’être mise en œuvre sur le terrain. Deuxièmement, nous savons tous que, de nature, l’Algérien est quelque peu allergique à tout ce qui est produits alimentaires surgelés. 

Par ailleurs, même si le surgelé présente des avantages relatifs aux qualités d’emballage, de propreté, de disponibilité dans le temps, il n’empêche que son prix par rapport aux produits frais sous vide est facilement quatre fois supérieur au produit brut, c’est-à-dire au moment de l’achat chez le marchand du coin. 

Je m’explique : dans le cas de notre produit qui est la pomme de terre, si par exemple, le prix du kg du surgelé est compris entre 150 et 200 DA, celui du brut en général est à 50 DA. Donc, lorsqu’il est question de produire en gros, le rapport sera d’autant plus important. Finalement, entre la brute et la surgelée, on a préféré la frite fraîche sous vide, on a tranché pour une décision médiane, comme on dit chez nous, «kheiro el oumour awssatouha». Autre argument très important, l’Algérien est devenu ces dernières années un gros consommateur de frites.

 

Donc selon votre argumentaire, l’Algérien gagnerait mieux en consommant de la frite fraîche sous vide que de la brute par rapport surtout au prix ?

Si on fait une simple analyse, la ménagère qui achète un kilo de frite fraîche sous vide conditionnée dans un sachet alimentaire selon les normes en vigueur, son prix de revient est égal sinon légèrement supérieur à la brute du marché. Pratiquement, si on considère que le coût en moyenne est de 50 DA il faut ajouter à cela 25 à 30 % des pertes qui englobent les épluchures, les petits tubercules, les verdissements et les autres charges (eau, électricité et M.O pour le restaurateur) cela représente 20 à 25 DA du prix d’achat. A vrai dire, cela nous revient en définitif à 75 DA/kg, alors que le kg de la frite Fritop se situe entre 80 à 90 DA. Économiquement parlant, pour le portefeuille du consommateur, le produit des frites fraîches sous vide est plus ou moins abordable par rapport à la pomme de terre brute.

 

Actuellement, quelle est la variété de pomme de terre la plus utilisée par la société Fritop pour la fabrication des frites fraîches sous vide ?

D’une manière générale ,une bonne frite doit être croustillante et de couleur dorée, avec un taux de matière sèche assez élevé compris entre  19 et 21 %  et un taux de sucre assez bas, ce sont des qualités qu’on retrouve chez les variétés «fritables» à l’image de la Triomphe, qui intéresse en particulier une certaine catégorie de restaurants classés qui exigent au départ des variétés de patates spécifiques pour les frites. Pour le moment, notre objectif est d’arriver un jour à offrir une frite fraîche qui possède des qualités d’une frite surgelée. Concernant notre choix pour la variété Spunta, cette dernière contient un pourcentage de M.S. assez bas qui facilite son utilisation dans la restauration rapide (sandwich et Fast Food).

 

Dans votre programme de développement de la société, avez-vous en projet des activités disant d’expérimentation de nouvelles variétés de pomme de terre ?

Effectivement, dans le cadre de notre stratégie de développement, nous sommes en train de tester des variétés spécifiques aux frites, à l’image de la variété Triomphe d’origine française. Nous avons déjà procédé à des expériences sur le terrain en privilégiant la plantation saison. Il nous faudra quelque temps de travail pour pouvoir se prononcer sur le choix de telle ou telle variété, et à  ce moment-là on aura une idée précise de la qualité qui ira pour la frite. Cependant, il est nécessaire de prendre en compte l’importance d’un programme de production de certaines variétés de pomme de terre adaptées à la transformation. En effet, il faut insister sur la nécessité de respecter le processus technique de cette culture partant du choix de la qualité des semences jusqu’à la phase de production et de prendre en considération l’irrigation, le traitement et l’accompagnement technique.

 

D’après votre expérience dans le créneau de la fabrication industrielle de la  frite, quels sont les difficultés rencontrées et quelles sont les solutions qui vous semblent les plus appropriées ? 

En premier lieu, je dirai la maîtrise du stockage du produit fini car ce dernier est de courte durée, au maximum dix jours. Autre chose, le dérèglement du marché et par ricochet l’approvisionnement en matière première qui n’est pas du tout une mince affaire. Nous sommes des victimes du phénomène des prix volatiles du marché national de ce produit de large consommation. Pour contrecarrer toutes ces difficultés et c’est le principe de notre politique, il est judicieux de se tourner vers les agriculteurs dans le but d’établir des partenariats gagnant-gagnant sur la base de contrats. On assure l’approvisionnement des producteurs en semences d’une part et, d’autre part, on fixe le prix de vente du kg au préalable, autrement dit à la signature du contrat.

Pour revenir à l’instabilité du marché de la pomme de terre, à mon avis si on ne développe pas en aval l’industrie de ce produit agricole et aussi l’exportation, on n’aura jamais de régulation ni de stabilité du marché. Nous souhaitons également que cette activité industrielle de transformation de la pomme de terre prospère encore davantage car je suis persuadé que tout le monde sera gagnant, non seulement dans la création de postes de travail, mais aussi dans l’exportation des produits agricoles finis en cas de saturation du réseau local. Nous avons beaucoup à faire en matière de marketing sans oublier la sensibilisation du consommateur algérien sur les avantages qu’offrent les frites fraîches sous vide du point de vue surtout hygiène.

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