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Agriculture

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Culture biologique en Algérie



Selon le responsable de la Fondation pour la nature et l’homme, Nicolas Hulot, aujourd’hui notre agriculture est fondée sur un modèle productiviste dans lequel l’utilisation de pesticides et l’agrandissement des exploitations sont présentés comme les seuls moyens d’être compétitifs. 

Le secteur confronté à plusieurs contraintes

Pourtant ce modèle met en péril nos ressources naturelles, notamment les terres agricoles et la biodiversité qui en dépend, ainsi que leurs disponibilités pour les générations futures. A ce propos, deux attitudes sont possibles : se résigner et croire encore au modèle actuel qui appartient au passé ou s’ouvrir et inventer l’avenir collectivement. Tout compte fait, une vision commune de notre système alimentaire est plus que jamais nécessaire.

Pour nourrir la Planète et produire une alimentation saine et diversifiée, l’agriculture de demain devra être durable et solidaire. Afin d’y parvenir, le défenseur de la nature nous préconise de favoriser la mise en place de pratiques vertueuses comme l’agro-écologie, la distribution en circuits courts, l’aide à l’installation des jeunes agriculteurs ou encore la production de denrées capables de limiter le CO2 dans l’atmosphère (légumineuses, herbes de pâturages). Inciter les opérateurs économiques à investir dans l’industrie agroalimentaire des  produits biologiques.

Tout d’abord, il est utile d’expliquer au profane le vocable qui définit l’agriculture biologique. En fait, c’est  un système de gestion holistique de la production agricole qui favorise la santé de   l'agrosystème, y compris la biodiversité, les cycles biologiques et les activités biologiques des sols (FAO). L’agriculture biologique se définit, d’abord et avant tout, comme une méthode de culture et d’élevage qui se pratique en harmonie avec la nature. La valeur d’un produit biologique est donc liée à l'ensemble des principes qui ont permis sa production. «Biologique» est un terme d'étiquetage indiquant que les produits ont été obtenus dans le respect des normes de production biologiques, et certifiés comme tels par un organisme ou autorité d'inspection dûment constituée. Elle  repose sur les principes pratiques suivants : utiliser le moins possible d'apports de l'extérieur, et éviter l'emploi d'engrais et pesticides de synthèse et sans OGM (Codex Alimentarius en 1999).

En l’an 2000, un intérêt a été attribué par le gouvernement et le secteur privé aux produits de qualité (promotion de produits spécifiques, de terroir, biologiques).Toutefois, pour en savoir plus, nous nous sommes tournés vers Hadjira Abdellaoui, qui n'est autre que l'une des rares et  parmi les premières  expertes  en matière d’agriculture bio en Algérie, elle fut notre lien dans la confection de cet article, actuellement elle travaille en tant que cadre agronome au niveau de la DSA de Ain Témouchent  et, en parallèle, elle milite à travers tout le pays pour qu'un label bio voie le jour en Algérie.

Les premières productions biologiques remontent  à  l’année  2000  initiée par l’office nationale de la commercialisation du vin (ONCV), qui a mis en place un programme de promotion de l’agriculture biologique pour la viticulture et l’olive de table ainsi que la datte Deglet Noor dans la région de Tolga Wilaya de Biskra pris en charge par les exportateurs des produits bios. L’objectif de ces premières productions, comme d’ailleurs celui de toutes les autres qui vont suivre, est l’exportation vers le marché européen.

Celle-ci n’a réellement démarré qu’en 2003, elle a commencé que par la datte Deglet Noor quant aux autres produits tels que le vin issu de la viticulture bio et l’olive de table n’ont pu être exportés mais ils ont été vendus sur le marché national. Ceci étant, en Algérie il existe un nombre important de produits agricoles réalisés dans des conditions extensives et qui peuvent être assimilés à des produits biologiques car leur processus de production réunit dans sa quasi- intégralité les conditions exigées par l’agriculture biologique. Il est important de signaler que les systèmes de production pratiqués sont extensifs (moins 20 % de la superficie totale reçoit des intrants chimiques beaucoup plus les cultures maraîchères et un peu moins les céréales blé dur et blé tendres).

Finalement, il y a que deux produits  phares à savoir le vin Morjane issu de l’agriculture biologique qui est sur le marché local beaucoup plus au niveau des hôtels et magasins à boisson. Quant aux dattes biologiques Deglet Noor, elles sont destinées à l’exportation par deux sociétés Biodatte qui exporte une moyenne 982 t et la société Bionoor plus de 3500 t. D’après les agriculteurs de Biskra, ces derniers ont déclaré que le prix du kilo de la datte bio est 2 même 3 fois plus chère que la datte conventionnelle. Le marché local des produits bio certifiés algériens pourront être un jour sur les étalages des grandes surfaces comme, et pourquoi pas les épiceries fines et autres…

 

Que doit-on faire pour booter l’agriculture  biologique ?

1) - L’Etat doit investir dans les campagnes de sensibilisation, d’information  via les médias «TV, radio et journaux, affichage»,  la formation, l’accompagnement technique de tous les acteurs «les producteurs et opérateurs économique» durant leur parcours professionnel.

2) - Il faut mettre en place une synergie entre les différents secteurs «santé,  environnement, commerce, transport et enseignement supérieur» et la participation de la profession dans l’élaboration des politiques agricoles relatives au développement du bio. En Algérie l’agriculture biologique est une activité nouvelle et l’information sur ce secteur reste très fragmentée.

En réalité le secteur bio est confronté à plusieurs contraintes, les plus importantes à mon avis sont d’ordre institutionnel, réglementaire, agronomique et commercial. Sur le plan institutionnel, il est devenu impératif que le ministère de l’Agriculture et du Développement rural accorde à cette nouvelle activité l’importance qu’elle mérite. La mise en place d’un département spécialisé dans ce domaine est devenue une nécessité. Ce département pourrait jouer le rôle de  l’interlocuteur avec les professionnels, rassembler les données  et les statistiques relatives aux produits bios et tracer une stratégie nationale à suivre sur le moyen et long terme. Il n’y a pas  de pays  qui s’est lancé dans l’AB sans mettre en place des structures institutionnelles spécialisées dans ce domaine, exemple le cas de la Tunisie qui a une direction centrale du bio et même un institut technique de l’AB «ITAB».

L’Algérie a marqué un retard considérable de plusieurs années sur la mise en œuvre sur la réglementation en comparaison avec les pays voisins comme la Tunisie et l’Egypte. Ce retard a eu un impact négatif sur  le développement de l’AB en matière de production, commercialisation et l’exportation des produits bio. Un autre point essentiel pour l’AB est la certification bio qui fait défaut dans notre pays et l’absence des organismes internationaux de la certification à l’échelle nationale et qui est un grand  handicap  pour le développement de l’AB. Les mesures incitatives de l’AB sont très insuffisantes, il est important de les revoir et les étudier minutieusement. Le secteur nécessite un renforcement dans l’organisation professionnelle des producteurs bio. Le secteur bio doit mieux bénéficier de  subventions de l’Etat.

Ce secteur doit aussi bénéficier des subventions pour des actions fiables et tangibles bénéfique au secteur bio qui ne doit pas se limiter au développement de la production et de la productivité et axer sur  d’autres actions essentielles pour le développement de l’AB destinées aux agriculteurs mais aussi opter pour des facilités et des subvention pour l’importation des intrants biologiques tels que les bio-pesticides, les engrais organiques , emballages etc.) qui sont généralement rares  et chers parfois même indisponibles sur le marché national comparativement aux intrants conventionnels.

- Il faut amener la restauration collective à s'initier aux produits bios «fruits, légumes et lait» au niveau des établissements scolaires, des hôpitaux,  des  casernes, des maisons de retraite et des hôtels  qui offrent de nouveaux débouchés aux agriculteurs biologiques.

 

Volet Recherche

Développer de la recherche en AB par INRAA et les Universités pour améliorer les techniques bios tout en intégrant une approche participative du savoir traditionnel dans le programme de recherche. Il est nécessaire de structurer une plate-forme d’acteurs pour engendrer de nouvelles formes de coopération entre recherche, formation et développement :

*Encourager une recherche-expérimentation en prise directe avec les actions de développement permettant de :

*Obtenir et diffuser des références technico-économiques auprès de l’ensemble des partenaires sur les thématiques suivantes : productions animales et végétales bio, données agronomiques sur les systèmes des grandes cultures en rotation de cultures, cultures associées etc. ;

* identifier, voire sélectionner, des variétés autochtones présentant un intérêt régional et commercial (blé de qualité, légumes de plein champ etc.) ;

* améliorer qualitativement la production locale ou régionale pour mieux répondre à la demande des consommateurs (filière de céréales, qualité des viandes) ;

* améliorer la complémentarité entre le secteur bio et autres cas de l’écotourisme, et PME ET PMI

* diffuser des données sur la transformation et la commercialisation des produits bio régionaux en vue d’un meilleur positionnement stratégique

*développer une alternative pour restaurer le patrimoine environnemental

* améliorer le transfert de l’innovation et des résultats de la recherche auprès des agriculteurs bios.

- La recherche doit opter pour une approche qui peut combiner les savoirs des professionnels et les  savoirs savants portés par les chercheurs dans une optique de développement de «savoirs actionnables légitimés, autrement dit combinés». Il s’agit de «redonner sens» à la recherche appliquée, de retisser le lien entre recherche fondamentale et recherche appliquée en vue de développer l’agriculture biologique.

 

Volet formation et vulgarisation

Il faut renforcer la place du bio dans le programme de formation des instituts techniques de formation «ITMAS» formation professionnelle et enseignement supérieur «Master et Doctorat».

- Formation des cadres techniques et des responsables du développement du secteur sur l’AB 

- Créer un Institut technique de formation dédiée à l’agriculture biologique

- Améliorer le niveau de connaissances en agriculture biologique par l’accompagnement et l’appui technique des agriculteurs en matière de suivi de l’itinéraire de production biologique qui est plus complexe que les itinéraires conventionnels

- Créer des champs écoles-paysans-  au niveau des régions ayant des  niches bios qui serviront de modèles pour les producteurs  bio

- Mettre en place des cellules d’animation et de concertation auprès de chaque DSA et chambre de l’agriculture qui seront chargés de faire des campagnes d’information et de sensibilisation au niveau des territoires potentiels..

- Faire un monitorage et le suivi  continu sur l’évolution du secteur bio

- inscrire la journée bio et on appellera «tous pour le bio» dans l’agenda des manifestations agricoles.

 

Quid de l’avenir  du bio en Algérie ?

La situation de l’agriculture   biologique est prometteuse   dans notre pays néanmoins, elle nécessite  un renforcement institutionnel et organisationnel de son secteur. D'ailleurs, certifiée ou pas, le produit offre de nombreux  avantages économiques, environnementaux et sociaux, ainsi que pour la sécurité alimentaire. Elle permet aux agriculteurs biologiques aux moyens modestes, d’être moins dépendants des ressources extérieures (engrais et pesticides) en procurant des rendements et des revenus plus élevés et plus stables, ce qui va certainement améliorer leur situation matérielle.

Pour toutes ces raisons, l’agriculture   biologique peut considérablement   contribuer à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier des objectifs de réduction de la pauvreté et de protection de l’environnement. Enfin, coordination, complémentarités et coopération sont nécessaire pour le développement de l’agriculture biologique.

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