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Le développement socio économique de l’Afrique



Dire que l’Afrique est un continent riche par ses ressources naturelles est une réalité connue depuis au moins 5 siècles sans pour autant que ces dernières ont contribué à son développement.L’Afrique dispose également de ressources humaines intéressantes, formées et exploitées ailleurs, à cause de régimes politiques gangrenés. Toutes les spécialistes s’accordent à souligner que ce continent est riche en terres agricoles, en ressources minières, énergies fossiles et ressources hydriques, mais l’Afrique peine à se développer.

Miné par la corruption,

le despotisme et la dictature politique

Les pays africains, dans leur majorité, au lieu de tirer leçon des succès et des échecs des modèles de développement expérimentés de par le monde, persistent à s’engouffrer dans un cycle de régression socio économique infernal. Plusieurs facteurs essentiels sont la cause de cette situation avec un poids particulier aux faillites politiques induites par des présidents élus, souvent avec des fraudes, mais qui deviennent des dictateurs en modifiant la constitution et construisant des systèmes basés sur la corruption et le despotisme. Les aléas, les dangers et les risques induits par ce mode de gouvernance ont généré une insécurité de l’environnement économique et le règne de l’informel et de la corruption faisant fuir les investisseurs honnêtes et anéantissant les fondements du développement. Même si les pays africains se disent indépendants, la réalité est tout autre, puisqu’ils n’arrivent pas à assurer leur sécurité alimentaire. Le résultat est une nouvelle forme de dépendance avec leurs anciens colonisateurs. En l’absence de stratégie à long terme et de prospective, l’Afrique reste soumise à des politiques caractérisées par une navigation à vue. 

Les dirigeants de la majorité des pays africains ont fait de leurs citoyens «des receveurs universels» au point de changer même leurs habitudes alimentaires. Ainsi est né en Afrique le complexe suranné de la préférence étrangère au point où quelle que soit la qualité du produit national, il reste inférieur à celui de l’importation. Comment inverser cette tendance pour que les produits africains puissent être concurrentiels à l’échelle internationale. Le concept de la qualité donc de la formation et du professionnalisme se pose avec acuité.

Le développement socio économique de l’Afrique est miné par une instabilité politique qui reste une condition incontournable au développement. Incapable d’opter pour une démocratie réelle, tous les Chefs d’Etat qui accèdent au pouvoir, soit par des coups d’Etat, succession dynastique ou élections peu transparentes et loin d’être démocratiques, succombent aux appels de la pérennité au pouvoir et donc à la tentation de la dictature. Le culte de la personnalité prend de l’ampleur et sème la corruption, le clientélisme et le tribalisme. Ces derniers éléments sont les principaux facteurs ne permettant pas une réelle appropriation des principes de la démocratie. 

Le second facteur freinant le développement des pays africains est la corruption  qui reste un véritable fléau des pays sous-développés. La production de richesse en  Afrique, au lieu de se construire sur le travail et les valeurs, se fait sur le dos de l’Etat à travers des marchés ficelés, une qualité médiocre des réalisations, des surcoûts et des investissements improductifs. Ce fléau est encouragé puisqu’aucun contrôle de l’enrichissement illicite n’est possible, et surtout, par l’absence de contre-pouvoir réel comme une presse libre et une justice indépendante et transparente. Comment éliminer la corruption quand la bonne gouvernance n’est pas le fort des dirigeants africains au point d’organiser des élections truquées d’avance avec comme but de rester au pouvoir et pérenniser la médiocrité et le non-développement.

En 2017, l’Afrique reste le continent le moins avancé du monde et le restera encore pour longtemps puisqu’elle est soumise à une multitude de problèmes dont 95% sont d’origine humaine donc politique et de gestion. Ce continent bénéficie d’atouts majeurs comme le climat, la faiblesse des risques majeurs et de catastrophes naturelles et reste le principal fournisseur mondial de matières premières. Ses dirigeants au lieu de transformer et valoriser ces matières premières, préfèrent les exporter vers des pays qui vont les transformer et les leur revendre à des prix exorbitants.

Le bilan désastreux de la gestion des dirigeants africains est le résultat du principal problème de l’Afrique qu’est le leadership. Le résultat de ce despotisme est l’incapacité des citoyens africains à se reconnaître et se respecter mutuellement comme des êtres humains. Les crises tribales, ethniques, culturelles, les crimes, les massacres sont des indicateurs qu’aucun politicien ne peut démentir. Les très rares pays africains ayant pu améliorer leur taux de croissance économique ont pourtant des citoyens qui baignent dans la pauvreté, au point où certains économistes parlent de proportionnalité entre l’augmentation de la croissance économique nationale et celle de la pauvreté et de la souffrance. C’est le seul continent où quand il y a croissance, les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches.

L’Afrique, un continent où les grandes puissances se disputent les marchés et le pillage des ressources naturelles, dispose d’atouts certains tant humains que naturelles qui sont mis en réserve par les dirigeants peu transparents. Les nombreuses affaires de corruption, de passe-droit, de falsifications, de pressions diverses sur les affaires qui émergent etc., salissent la gestion des responsables africains et entravent toute stratégie de développement. 

Face à ces indicateurs, la jeunesse qui constitue la force tranquille de l’Afrique reste hors des différents systèmes politiques africains et attendent un sursaut démocratique qui tarde à venir. Le développement de l’Afrique reste pour un siècle si ce n’est plus, un handicap majeur soutenu par des politiciens véreux et une mafia financière dont l’enrichissement injustifié s’auto-protège par tous les moyens. 

Les prémices d’un réel développement, pas celui avancé par des statistiques faussées et arrangées, ne sera possible que si le continent accepte de se débarrasser de ses dirigeants corrompus et quitter son statut de victime pour passer à l’action à travers une réelle démocratie.

L’exploitation du rapport ACI-Afrique 2013-2016 estime que, de 1995 à 2005, le taux de croissance économique du continent a atteint une moyenne de 5%. Le continent détient 90% des gisements de cobalt, 90% de platine, 50% des gisements aurifères, 98% de chrome, 70% de tantalite, 64% de manganèse et un tiers des gisements d’uranium. A ces richesses il y a lieu d’ajouter la part des énergies fossiles que sont le gaz et le pétrole estimés à 9 000 milliers de barils par jour pour les 20 pays africains, soit un revenu moyen minimal quotidien de 500 millions de dollars.

La stratégie ACI-AFRIQUE puise dans les principes directeurs mondiaux du Plan 2020 résumés en cinq questions interdépendantes et thématiques connexes de la stratégie issues du Plan 2020, à savoir, la participation, la durabilité, l'image et identité coopérative, le cadre juridique et le capital coopératif. Pour concrétiser la Vision 2020, la stratégie du Plan 2020 consiste donc à se concentrer sur ces 5 thèmes essentiels interdépendants et d'établir des stratégies de mise en œuvre en relation avec chacun d'eux. Cette stratégie repose la révision et la refonte de la marque de «participation» à laquelle les dirigeants ne sont encore pas près d’accepter. 

Une analyse des échecs des politiques de développement totalement étatistes souvent soutenues par celles de l’ajustement structurel, de l’économie de marché et de la libéralisation des échanges extérieurs imposées par la mondialisation, impliquent pour l’Afrique une nouvelle stratégie du développement. Cette stratégie doit sérier ses objectifs en accordant une priorité absolue au social pour lutter contre la pauvreté et créer des emplois productifs.  Le second volet reste celui du développement humain durable, un concept, multidimensionnel qui englobe et dépasse toutes les visées saugrenues des dirigeants africains. Le développement humain durable analyse toutes les questions relatives à la société comme la croissance économique, les échanges, l’emploi, les libertés politiques, les valeurs culturelles, l’indépendance de la justice, la démocratie participative, la lutte contre la corruption, le respect des peuples dans leur choix,  etc. Ce concept, à qui sait le respecter, permet une mutation politique démocratique, seule garante d’un développement socio économique puisqu’il oblige l’Etat de mettre en valeur la ressource humaine fournissant un cadre de référence pour tous les objectifs du développement économique. 

Pour cela, une nouvelle architecture des pouvoirs est à concevoir, elle sera fondée sur la légitimité  des urnes et des gouvernements devant être capables de gérer rationnellement les ressources au profit de tous les citoyens. Les réponses aux besoins des populations exige la mise en place de politiques économiques rationnelles et des institutions démocratiques solides et des infrastructures convenables et modernisées, indispensables pour le maintient d’une croissance économique, une réduction de la pauvreté et la création d’emplois. La liberté, la paix et la sécurité, la stabilité intérieure, le respect des droits de l’Homme, y compris le droit au développement, et de l’Etat de droit, des politiques fondées sur l’économie de marché ne doivent pas être des slogans galvaudés par les responsables mais une réalité soutenue par la volonté générale de créer des sociétés justes et démocratiques sont également nécessaires et pour stimuler une synergie.  

L’Afrique ne pourra entamer son développement qu’à travers «la bonne gouvernance» qui, selon  les Nations-unies et les Agences de développement se traduit par la bonne gestion des affaires publiques et de la démocratie aussi bien au plan politique, économique, qu’administratif, avec, comme principaux indicateurs : la transparence, l’éthique et le respect de la déontologie dans la conduite des affaires ; l’indépendance et la crédibilité des juges et des tribunaux ; des élections libres, transparentes, organisées par une commission électorale indépendante ; la décentralisation ; le renforcement des contre-pouvoirs (presse, société civile, etc.). Le concept de gouvernance renvoie, selon ses promoteurs à trois systèmes : le système politico-administratif, le système économique et la société civile. Pour un réveil démocratique et socio économique de l’Afrique, il urge de corriger et de remodeler les politiques, les stratégies et les mécanismes qui, par le passé, n'ont pas su favoriser la mise en place de leviers de développement. Des changements institutionnels majeurs doivent être entrepris pour permettre l’émergence d’une gestion transparente débarrassée de l’oligarchie. Le concept d’une approche intégrée en matière de planification et de mise en œuvre comme outil d’évaluation intersectorielle. Donner la  priorité aux questions de développement de manière intersectorielle de sorte qu'un ensemble de questions soit abordé en même temps par tous les secteurs. Cela permettra de rechercher des solutions et de donner la priorité aux grands enjeux sur des bassins régionaux où la qualité des interventions peut être évaluée avec certitude  à travers un mouvement coopératif. Une meilleure gestion des ressources disponibles, un suivi des dépenses, une maximisation de la production locale, un recours rationnel à l’importation, la priorisation de la sécurité alimentaire, l’investissement sur le citoyen, une éducation libérée de concepts religieux, la formation de capital plus efficiente et efficace et, bien sûr, les fondements d’une démocratie permettant des élections claires et lavées du clientélisme et du culte de la personnalité encore présents en Afrique.

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