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Cafés commercialisés en Algérie, dangereux pour la santé des consommateurs



En lançant un pavé dans la mare concernant la controverse des 84 % de marques des cafés commercialisés en Algérie non conforme à la réglementation en vigueur, le président  de l’Association de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce) a finalement  provoqué un tollé  au sein de la population notamment  la frange accro à la consommation du fameux breuvage.

A quel saint se vouer ?

D’autre part, en réaction à cette annonce quelque peu alarmante, les pouvoirs publics par la bouche même du ministre du Commerce, Saïd Djellab, qui est  revenu récemment quant à lui sur cette affaire de café nocif à la santé, toutefois en minimisant la gravité de la situation. «Des échantillons de toutes les marques de café commercialisées ont été analysés par les soins des laboratoires relevant du département ministériel du commerce, ce qui a permis de conclure que seulement 4 producteurs sur les 77 existant respectent la réglementation en vigueur en ce qui concerne le taux de sucre toléré. Les mis en cause devront répondre de leurs actes devant la justice », selon les déclarations du ministre. 

En effet, Tout compte fait et curieusement, très même, une information qui aurait dû faire les gros titres, alerter l’opinion publique nationale, mettre nos décideurs sur les dents, et soulever moult commentaires et critiques au sein de la presse algérienne, a fini par passer quasi inaperçue. Si l’on excepte quelques medias, force est de constater que la plupart n’ont pas jugé important d’informer leurs lecteurs. A se demander si une pareille attitude est motivée par la crainte d’être sevré de publicité de la part des entités touchées par cette affaire, ce scandale carrément, ou tout simplement est une perception différente, pour ne pas dire tronquée, de ce que devrait être le traitement de l’information partout dans le monde, et pas seulement en Algérie. L’association de protection du consommateur, dont le travail et le sérieux se sont «affinés» au fil du temps, et qui a déjà eu à balancer des coups de gueule tout aussi bien mérités que justifiés, vient de jeter un énorme pavé dans la mare. Elle nous apprend en effet que près de 84 % des cafés  «produits» en Algérie ne sont pas conformes aux normes sanitaires usitées aussi bien en Algérie que partout dans le monde. Ces cafés, dont nous ne connaissons hélas pas la marque, représentent forcément un danger certain pour la santé. Et, pour qui sait que l’Algérien est un consommateur invétéré de ce précieux et sombre breuvage, l’on se retrouve bel et bien en face d’un danger total et permanent pour la santé publique. La menace est d’autant plus grave qu’il est également admis par tous que le café, cette drogue sournoise, jouit d’un pouvoir d’accoutumance particulièrement fort. Sa puissance se mesure, par exemple, à l’aune des maux de tête et de coups de gueule, fréquents, coutumiers, généralisés, durant le mois de ramadan. Voilà pourquoi la passivité des décideurs et des médias nous intrigue. Est-ce parce que nous faisons face à une sorte de mort lente, que personne ne voit, ni ne remarque, qu’il faudra donc s’en accommoder, au même titre que celle qui se rapproche au fil des ans accumulés depuis l’établissement de son bulletin de naissance.

 

Avis d’un responsable de la Sarl AFRICAFE 

«Nous, Sarl AFRICAFE, dénonçons cette pratique d’ajout du sucre dans le café (durant la phase de torréfaction), ce que nous avons toujours fait, et suggérons la suppression pure et simple de cet article. Nous demandons au ministère du commerce l’interdiction du rajout du sucre dans le café. Le sucre brulé dégage de l’acrilamyde, qui est une substance dangereuse pour la santé humaine (cancérigène). Le consommateur doit être vigilant, et doit lire attentivement les mentions inscrites sur les emballages des produits. Le problème du sucre est un problème national, que le ministère du commerce doit prendre en charge sérieusement et éradiquer ce fléau qui touche toute la population algérienne. Plusieurs journées et séminaires ont été organisés durant ces 3 dernières années pour réglementer  ces pratiques. Il y a eu des décisions qui ont été prises, mais non concrétisées sur le terrain. Concernant le café, les Algériens ont toujours consommé du café pur, torréfié ou moulu. Dans notre réglementation algérienne, il y avait un article (décret exécutif N°92-30 du 20/01/1992) qui autorisait l’enrobage du café grillé (en grain) à hauteur de 2%. Cet enrobage servait à préserver les aromes du café, étant donné qu’il n’y avait pas, dans le temps, de moyen de conservation adéquat. Les emballages se sont développés (aluminium), le sous vide est apparu après, la conservation sous atmosphère protectrice en second lieu, nous ne citerons que cela. Donc, ce décret (cité plus haut) n’avait plus lieu d’exister. En 2002, de nouveaux torréfacteurs ont profité de cette brèche pour caraméliser le café à hauteur de 20 %. Personne ne se rendait compte qu’il consommait du café torréfié avec du sucre. Après sensibilisation des autorités, le ministère du commerce a autorisé le taux de sucre à 5 % maximum  (décret exécutif N°12-214 du 15/05/2012) et après moult discutions et interventions, le taux a été revu récemment à la baisse : 3% (décret exécutif N°17-99 du 26/02/2017).

 

Ce qu’en pense le citoyen lambda

A la question de savoir quels sont ses commentaires à propos des déclarations du président de l'APOCE concernant la non-conformité de 84% des marques de café commercialisées en Algérie, un citoyen qui a voulu garder l’anonymat a répondu : « En réalité, il est difficile d’accorder du crédit aux déclarations tenues récemment par le président de l’APOCE.  Je m’explique : pour tenir de tels propos, il est primordial de disposer de laboratoires hautement spécialisés et en adéquation avec ce qui se fait ailleurs. Or, chez nous, la légèreté avec laquelle de telles analyses bactériologiques sont faites nous conduit à dire que les résultats sont dénués de fondements scientifiques. Idem pour l’aspect contrôle en ce sens que les textes ne sont que rarement ou pas du tout appliqués à cause du non-suivi et de l'absence de la répression des infractions contre ces producteurs indélicats et peu soucieux de la santé du consommateur. La preuve, il y a moins d’une année, le ministre du Commerce avait avoué son impuissance face à un importateur. Et même si les textes régissant le contrôle et la répression, force est d’admettre que ce genre d'actions ne peut nullement aboutir, car elles ne sont pas fondées sur la réalité de la société algérienne. Je vous cite une marque de café qui a pignon sur rue, à savoir le café  «Torre...to».  Il reste un produit inconnu chez l'écrasante majorité des citoyens, pour eux c'est du café moulu et rien d'autre. Les citoyens n'ont pas encore cette culture de lire les composants du produit acheté comme sous d'autres cieux et les commerçants le vendent comme du café tout court, raison pour laquelle tout ce brouhaha et ces légiférations ne resteront que de l'encre sur papier qui ne protégera en aucun cas le vulnérable citoyen. Moi qui suis un amateur de café, je continue à prendre mon «petit noir» «sans aucun souci. Connaissant les meurs régissant le contrôle et la répression en Algérie, et vu les cas antérieurs en matière de dépassement et de non-conformité, je suis persuadé que ce sera un épisode qui passera allégrement aux dossiers classés. Les producteurs, eux, continueront leur «sale besogne» et les consommateurs continueront à passer pour des dindons de la farce. En Algérie, les textes législatifs sont tout ce qu’il y a de plus pointilleux, mais pour l’application, le doute est permis».

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