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Promotion de l’emploi



La stratégie algérienne pour la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes a été soulignée jeudi dernier à Tunis par la Commission économique pour l’Afrique de l'ONU (CEA).

La stratégie algérienne 

vantée par l’ONU

Intervenant lors de la 3e réunion du Comité intergouvernemental d’experts (CIE), relevant de la CEA, et consacrée au système des statistiques et aux questions de développement dans les pays de l'Afrique du nord, Mme Amal Nagah Elbeshbishi, une experte de cette commission de l'ONU, a mis en exergue les efforts de l’Algérie pour l’épanouissement des jeunes et des femmes, évoquant, dans ce sens, la mise en place de dispositifs d’emploi en faveur de ces deux franges de la société. A ce propos, elle a souligné que ces dispositifs, telle l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (ANSEJ), auxquels l’Algérie a alloué des budgets colossaux, ont contribué à réduire considérablement le taux de chômage dans le pays.

Elle a aussi relevé l'égalité des salaires hommes-femmes et la décision de hausser le quota des femmes au sein du Parlement et des autres assemblées élues (APC, APW) afin de leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans la vie politique du pays.

Mme Elbeshbishi a également cité les efforts de l’Algérie pour mettre fin à la violence à l’encontre des femmes tant dans le milieu social que professionnel. Elle a rappelé, dans ce sens, l’introduction dans le code pénal des dispositions de protection des femmes contre la violence.

Dans son intervention, cette experte de l'ONU a aussi abordé les politiques des autres pays de l’Afrique du Nord en matière de promotion d’emploi et d’épanouissement de la femme. Selon elle, les progrès enregistrés diffèrent d’un pays à un autre et dépendent des moyens et de la volonté politique.

Initiée par le Bureau de la CEA de l'ONU en Afrique du Nord, cette réunion représente une occasion pour les experts et représentants des pays nord africains d'échanger sur les besoins de la région en matière de production de statistiques de qualité et d'aborder également les questions de développement de cette sous-région de l'Afrique.

Cette rencontre se tient avec la participation de représentants de haut niveau des gouvernements et des institutions nationales des statistiques des pays concernés (Algérie, Tunisie, Maroc, Mauritanie, Libye, Egypte, Soudan).

Les recommandations issues de cette réunion seront soumises à la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement Economique de la CEA dans la perspective de leur mise en œuvre. 

La Commission Economique pour l’Afrique est l'une des cinq commissions régionales du Conseil Economique et Social de l’ONU (ECOSOC). Son Bureau en Afrique du Nord a pour mission de soutenir le développement des sept pays de la sous-région en les aidant à formuler et à mettre en œuvre les politiques et les programmes susceptibles de contribuer à leur transformation économique et sociale, en se basant en particulier sur deux thématiques principales : l'intégration régionale en Afrique du Nord et les problématiques liées aux compétences, à l’emploi et au développement équitable dans la région. Le CIE est un organe statutaire du Bureau de la CEA en Afrique du Nord, composé de représentants des pays membres. Il se réunit annuellement pour évaluer le contexte économique et social de la région et statuer sur les orientations stratégiques de la CEA en Afrique du Nord.

 

Une politique de l’emploi qui reste à évaluer

La politique algérienne en matière d’emploi et de gestion du marché du travail reste à bien évaluer, réformer et rénover. C’est le constat fait pour le compte de la Fondation européenne pour la formation (ETF) et de la Commission européenne dans le cadre du dialogue politique entre l’Union européenne et l’Algérie.

Dans un rapport élaboré en juillet 2013 par le Centre de recherches en économie appliquée au développement (Cread), et intitulé «Les politiques de l’emploi et les programmes actifs du marché du travail», il est indiqué de prime abord que les autorités ont dû céder aux revendications salariales, au lendemain du «printemps arabe», et l’accès des jeunes au marché du travail a été rendu facile.

Le rapport indique qu’un budget de 350 milliards de dinars (environ 4,7 milliards de dollars) a été consacré au profit de la création d’emploi. Il est rappelé qu’une politique nationale de l’emploi et de résorption du chômage (accompagnement de l’insertion professionnelle des diplômés, soutien à la création de micro-entreprises, financement des dispositifs d’emplois d’attente) a été initiée dès 2008 et confortée par la mise en place de dispositifs et services dédiés, tout en subissant ultérieurement des réajustements et une hausse des dotations budgétaires.

Le nombre des principaux acteurs des politiques de l’emploi et de la gestion des PAMT se limite à cinq principales agences publiques : l’Agence nationale pour l’emploi (Anem), la Caisse nationale d’assurance chômage (Cnac), l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (Ansej), l’Agence de développement social (ADS) et l’Agence nationale de gestion du microcrédit (Angem), qui ont vu leurs rôles renforcés et leurs activités réorganisées, tout en bénéficiant de l’augmentation de leurs dotations budgétaires.

Le rapport relève que les statistiques des enquêtes sur les forces de travail (EFT) qu’élabore l’Office national des statistiques (ONS) sont parfois bloquées par le gouvernement. Comme l’on relève que les EFT et les données administratives sont deux sources d’informations qui agissent chacune avec «sa logique» et «ses limitations».

Le rapport constate notablement la faiblesse du taux d’activité global (de 42% en 2010 à 39,59% en 2011-2012), en faisant état de 10,6 millions d’occupés (dont 9,56 de salariés), sur un potentiel de 27 millions de main-d’œuvre potentielle et une population de 37 millions d’habitants en 2012. Certes, le taux de chômage a décru alors (à 9,96% soit 1,062 million de chômeurs) mais demeure élevé en milieu urbain, chez la population féminine plus vulnérable (17,2%), chez les jeunes (24%) et de manière spécifique pour les jeunes du secondaire et les universitaires femmes. 

 

Taux de chômage élevé chez les universitaires

Le taux de chômage des universitaires et des diplômés de la formation professionnelle est également élevé (+13% pour les premiers), note le rapport qui met en avant l’«inadéquation» des formations et le recours élevé à la main-d’œuvre étrangère. Egalement, le rapport note que la participation des femmes au marché du travail stagne à 14,2%.

Le rapport fait ressortir également que le marché du travail «n’est pas encore sorti des turbulences sociales». Ainsi, il est observé la faible part du secteur productif, la prédominance du secteur privé (employant à hauteur de 60%), la dominance des emplois temporaires (79,5%). Concernant le niveau d’informalité, autrement dit de l’absence de protection sociale de l’emploi, elle est de 40,7% en 2011 contre 45,6% en 2010. Cependant, le rapport note que l’EFT indique un taux d’emploi informel de 73,3% et que la Banque mondiale cite 34,8% du PIB.

Contrairement à l’ONU qui loue le modèle algérien de création d’emploi, le rapport de l’ETF observe qu’en matière de stratégie dédiée à l’emploi, «l’Algérie n’a pas innové». «Les politiques de l’emploi adoptées en 2008 ont simplement été renforcées. Les séries de loi qui régissent l’emploi et qui sont régulièrement actualisées restent obscures», note le rapport du Cread.

Le rapport fait ressortir que  «les experts restent mitigés à propos des avantages et des inconvénients des programmes, l’existence de bonnes pratiques», l’opportunité de la révision, voire la nécessité d’une nouvelle politique. Certains experts consultés considèrent les PAMT comme «essentiels» et devant être maintenus tels quels, car ayant permis une certaine «dignité» retrouvée et constituant de «bonnes pratiques» ; d’autres consultants expriment des avis contraires. Selon ces experts, qui les qualifient de «déplorables», en relevant tant l’absence de relations intersectorielles, la fragmentation des responsabilités que l’existence de moult dysfonctionnements, insuffisances et incohérences par rapport à la réalité, les programmes de l’emploi doivent être revus.

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