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Face a l’incurie de l’homme



En l’absence d’une cartographie des risques d’inondation et surtout d’une cartographie des dangers par zone écologique et géographique, absente dans le schéma d’aménagement du territoire, que la prévision des calamités climatiques est possible. 

La nature «se venge» 

par des inondations

Le réchauffement climatique, avec ses causes et ses conséquences, est un sujet d’actualité brûlant qui soulève davantage plus d'interrogations qu'il n'en résout. Les études scientifiques sur cette question se multiplient et de grandes incertitudes subsistent sur l'évaluation quantitative de la perturbation du climat. La part de l'homme dans le réchauffement de la planète n’est plus à en douter et le lien entre les activités humaines et les intempéries que connaît le monde est confirmé. Les précipitations prévues à travers plusieurs pays du bassin méditerranéen pour les périodes de septembre à avril devraient être globalement "au-dessus" de la normale ; les températures connaîtront une baisse par rapport à la normale selon les prévisions de plusieurs centres et spécialistes. Il faut donc s’attendre à des inondations puisque les précipitations connaîtront une valeur à la hausse de 20 à 60 mm. En plus des éventuelles inondations induites par une occupation des territoires ayant bravé le risque et le non-respect des PDAU. 

Les citoyens ne comprennent pas comment des permis de construire sont octroyés dans des zones à risque, à proximité des oueds et dans des dépressions. L’espace agricole sera également fortement impacté puisque les pluies arrivent tardivement retardant les semis et se traduisant par une perturbation du cycle végétatif des végétaux et impactant directement les rendements. Un indicateur confirme cette tendance, la saison d'automne a été chaude, avec un début des pluies tardif pour la plupart des régions du pays, engendrant des impacts directs sur l'agriculture et la ressource en eau. Il y a lieu de noter qu’au niveau planétaire, il a été confirmé que les années 2015, 2016 et 2017 s'inscrivent dans la tendance au réchauffement sur le long terme causée par l'augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre.

Selon les données de l'OMM, la température moyenne à la surface du globe en 2017 dépassait de 1,1 Co, celle de l'époque préindustrielle. La température moyenne en 2017 a, quant à elle, dépassé de 0,46 C la normale (14,3 °C) calculée pour les années 1981 à 2010.  La variabilité des principaux paramètres climatiques (températures, précipitations et vents) la gestion de l'eau, de l'énergie, de l'agriculture et de la santé, et l’Algérie est concernée. Les intempéries enregistrées ces dernières semaines dans plusieurs régions du pays ont causé des dégâts humains, matériels et en infrastructures. Ces intempéries se manifestent essentiellement par des pluies en trombe face auxquelles les réseaux d’évacuation restent impuissants pour diverses raisons.

 

Qui sont les responsables d’une telle situation ?

Plusieurs régions du pays ont connu et connaîtront encore des vagues d’intempéries et l’ère des bilans politiques est révolue ; c’est le moment des explications pour situer les responsabilités. Le retour d’expérience est important et doit être capitalisé pour cibler les sources de dangers et mettre en place un plan prévisionnel des catastrophes dues aux précipitations. Les intempéries ne doivent plus être considérées comme des précipitations exceptionnelles et des orages violents occasionnels. Il faudra compter avec ces changements climatiques et les dégâts occasionnés sont à imputer aux institutions n’ayant pas pu prévoir.

L’exemple de la wilaya de Constantine est très pédagogique, aucun bulletin météo spécial n’a été émis alors que les précipitations ont atteint 80 millimètres en 25 minutes. L’equivalent d’une tranche pluviométrique de  3 mois en situation normale. L’absence de BMS alertant la population d’un incident météorologique majeur est une des causes des dégâts occasionnés. Il en est de même pour les orages sur Aïn El Kébira, à Sétif, à Tébessa, à Djelfa et à Chréa, dans la wilaya de Blida. Les BMS arrivaient en retard ou étaient absents et même quand ils étaient diffusés, leur contenu restait assez vague et manquait de précisions pour diverses raisons tant techniques qu’humaines.

Les APC, daïras et wilayas ont également leur part dans ces inondations anthropiques car les réseaux d’évacuation des eaux ne sont souvent pas aux normes ou mal entretenus. Généralement, c’est après la catastrophe que les services publics se mettent à l’œuvre.

En l’absence d’une cartographie des risques d’inondation et surtout d’une cartographie des dangers par zone écologique et géographique, absente dans le schéma d’aménagement du territoire, que la prévision des calamités climatiques est possible. Mais le volet le plus important réside dans l’occupation du sol et la qualité des SRAT, des PAW, des PDAU et des SCU qui sont souvent piétinés par les autorités. Les responsables parlent de situations inédites, ce qui est faux car l’historique des inondations en Algérie ne date pas d’hier et il suffit d’exploiter le retour d’expérience s’il existe pour s’en rendre compte, comme l’expliquent les spécialistes dans ce domaine. Certes, l’Algérie n’est pas le seul pays au monde à vivre de telles épisodes mais vu la tranche pluviométrique très faible, on pourrait éviter ces catastrophes en période de crises économique, sociale et organisationnelle.

 

A quel type de climat s’attendre ?

Même si certains spécialistes émettent des réservent, le climat à venir se caractérisera par des précipitations orageuses puisque durant ce dernier siècle l’intensité des précipitations en région méditerranéenne a augmenté de plus de 20%. Un indicateur pertinent qui doit être pris en charge. Mais la prévention contre les dégâts des eaux se heurte en Algérie à une mauvaise urbanisation ayant ignoré les oueds qui se réveillent et auront des impacts de plus en plus virulents sur les espace urbanisés. Toutes les prévisions du GIEC tendent vers une accentuation des orages, une augmentation des températures et un bouleversement des espaces quant à leur occupation. Seule une nouvelle approche intégrée, écologique et durable pensée en dehors des cercles politico-économiques permettra à l’Algérie de mettre en place une stratégie efficace. Cette dernière devra réviser totalement le schéma directeur d’aménagement du territoire à travers une approche écolo-géographique pour identifier des ensembles homogènes permettant d’évaluer leur sensibilité aux inondations et d’y adapter des mesures préventives de protection.

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