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L’état a investi 200 milliards de dinars en 18 ans, pour éviter les inondations



Force est de constater que les multiples bulletins météo spéciaux (BMS) lancés par l’Office national de la météo sont à priori très mal exploités par les autorités locales du fait que ces dernières sont désarmées en moyens et en compétences techniques  face à l’ampleur des dégâts causés par le phénomène des catastrophes naturelles, notamment les inondations.

Où se situe la faille ?

Plusieurs régions d’Algérie ont connu ces dernières semaines une série de bouleversements atmosphériques ponctuées par des inondations violentes laissant dans leur sillage des victimes humaines et d’énormes dégâts matériels qui se chiffrent à des centaines de millions de dinars. Toutefois, il est intéressant de revoir la chronologie de ces tragiques évènements qui se sont déroulés à travers certaines wilayas du pays malgré qu’il soit encore prématuré de fournir un quelconque bilan  concernant en particulier les dégâts occasionnés par l’agressivité et la puissance  des fortes pluies qui continuent de s’abattre partout en Algérie. Ceci étant, il est prévu que des pluies orageuses continueront d’affecter toutes les  wilayas parfois sous formes d’averses selon les BMS de l’Office national de météorologie (ONM).

 

Les oueds sont-ils les seuls responsables des drames ?

Pour rappel, deux enfants sont morts suite à des crues de l’oued Mellah, à Djelfa, en septembre dernier. Les éléments de la protection civile de la wilaya de Djelfa ont repêché le 20 septembre les dépouilles de deux enfants morts noyés dans une crevasse pleine d’eau de l’oued Mellah. «Nos services sont intervenus à la mi-journée, au niveau de l’oued Mellah, à la sortie sud-ouest de la ville de Djelfa, pour le repêchage des deux victimes qui, selon les premières informations recueillies, jouaient sur les berges de ce cours d’eau», avait indiqué à l’APS le directeur de la protection civile, le lieutenant-colonel Laâtaoui Rachid. Les deux victimes, âgées de 7 et 13 ans, ont été trouvés dans une crevasse remplie d’eau de l’Oued, a-t-il ajouté, signalant, que les recherches à leur sujet ont débuté après le constat de leur retard par leurs familles, qui ont trouvé des vêtements appartenant à l’un des enfants près des berges de l’Oued, avant de donner l’alerte. Le wali s’est également rendu sur le lieu du drame où les deux enfants ont laissé leur vie. Sachant que ce cours d’eau (oued Mellah) traversant la ville de Djelfa, était mercredi en crue, à cause des fortes chutes de pluies enregistrées dans la région. A en croire le premier responsable du département ministériel des Ressources en eau, plus de 50% des inondations observées dans les villes sont la conséquence de débordements d’oueds obstrués, parce que n’ayant plus la capacité d’assurer l’écoulement normal des eaux générées par les intempéries.

 

En 18 ans, l’Etat a alloué plus de 200 milliards de DA 

Selon Hocine Necib, ministre des Ressources en Eau, l’Etat, en 18 ans, a alloué plus de 200 milliards de dinars pour lutter contre les inondations, ce n’est pas rien en termes de crédits mobilisés pour prendre en charge les effets dévastateurs de ce type de catastrophe naturelle. Cependant, les efforts sont toujours entrepris dans ce secteur pour tenter de limiter les dégâts. D’ailleurs, un classement des zones à risque est en cours de réalisation pour faire face aux intempéries, qui est la mission principale du département des Ressources en Eau, et ce, sur deux niveaux : l’encadrement technique et légal de la gestion de ce phénomène naturel ainsi que le travail sur terrain concernant les investissements engagés en collaboration avec les autres secteurs, particulièrement celui des Collectivités locales. «Afin de faire face à ce phénomène, nous avons investi depuis des années dans plusieurs wilayas du pays, telles que Ghardaïa, Sidi Bel Abbès et Batna, afin de les protéger des crues et inondations.Toutefois, limiter ce phénomène à une région du pays n’est pas la solution. C’est la raison pour laquelle, nous avons mis en place, en collaboration avec l’UE, une stratégie nationale de lutte contre les inondations qui est aujourd’hui opérationnelle. Dans le cadre de cette stratégie nous avons, depuis 2000, lancé 600 projets et mobilisé plus de 200 milliards de DA. Il y a eu, également, la protection de plusieurs grands ouvrages, notamment le réaménagement et le curage des oueds. En plus de tous ces investissements, nous avons acquis dernièrement des équipements de haute qualité dédiés aux villes à haut risque d’inondation», explique le ministre. Ces équipements placés au niveau des oueds permettront de détecter l’épaisseur de l’écoulement et émettront une alerte à un niveau bien précis. «Cela nous permettra d’intervenir, en collaboration avec les collectivités locales, en temps réel. Chlef, Blida et Médéa sont les wilayas-pilotes avant de généraliser ce système d’alerte à travers 28 wilayas», a encore ajouté M. Necib.

 

La résilience face aux changements climatiques

Selon le ministre, ces changements climatiques font apparaître les pluies de fin d’été, qui sont des orages intenses, et ce, dans une période très courte menant à des dégâts considérables. En plus de l’identification des zones potentielles aux inondations, un classement des wilayas à haut risque est aujourd’hui en cours d’établissement. Des simulations sont au programme afin de mettre en place un panel de dispositifs pour gérer ce phénomène ainsi que l’expansion urbanistique. Pour les wilayas touchées récemment par les inondations, à l’instar de Tébessa, M. Necib a déclaré qu’il a été décidé, en concertation avec le ministère de l’Intérieur, d’éviter que les oueds ne se transforment en dépotoirs ou lieux d’habitation. Un travail de curage, de nettoiement des oueds et d’éradication des bidonvilles construits dans les lits des oueds, sera entamé dans les prochains jours, annonce-t-il. En conclusion, les experts en climatologie ont souvent avertit les pouvoirs publics de la menace et des risques pouvant mettre en péril, en l’espace seulement de quelques heures, la vie et les biens des citoyens quand bien même ces derniers sont protégés des inondations, cela n’est pas exceptionnel à notre pays mais valable partout de par le monde.

 

Alger totalement sécurisée, un vœu pieux ?

Le sempiternel problème des inondations demeure  un casse-tête  pour les pouvoirs publics qui n’arrivent pas à maitriser la situation en cas de survenance de cas d’inondations, alors que l’infortuné citoyen ne sait plus à quel saint se vouer. Le comble c’est que nos responsables surtout locaux ont la mauvaise manie de ne pas retenir la leçon des expériences dramatiques vécues lors des précédentes catastrophes due aux inondations. Bien que les services de la météorologie s’emploient à chaque évènement atmosphérique à diffuser de multiples bulletins météo spécial (BMS), plusieurs régions d’Algérie continuent de subir les conséquences des inondations violentes laissant au passage des victimes humaines et d’énormes dégâts matériels. En Algérie, le phénomène des catastrophes naturelles, à l’image des inondations, doit être pris avec une extrême priorité du fait que l’histoire nous a toujours appris que le risque zéro n’existe pas dans ce cas de figure. Et pourtant, le célèbre adage arabe dit, vaut mieux prévenir que guérir alors pourquoi négliger la prévention au lieu de compter les morts et comptabiliser les dégâts ? 

Pour ce faire, il s’avère que l’Etablissement de maintenance des réseaux routiers et d’assainissement d’Alger (ASROUT) vient d’élaborer un plan préventif pour parer aux fortes pluies, et ce, à travers la mobilisation de plus de 120 agents et des moyens matériels au niveau de 12 points noirs, selon les déclarations d’un responsable de cet EPIC spécialisé dans les travaux d’assainissement. Aussi, en prévision de fortes perturbations atmosphériques qui sont attendues durant les prochaines semaines, un programme préventif a été élaboré, sur la base du bulletin météorologique spécial (BMS) concernant d’importantes chutes de pluies, au niveau de 12 points noirs, situés dans les régions basses des communes de Sidi-M’hamed, Hussein-Dey, Bab-El-Oued, la Casbah, El-Harrach, Bouzaréah et Bir Mourad -Raïs, a indiqué à l’APS le DG d’Asrout, Aïter Saâdoune, au sujet des mesures prises contre la survenue d’inondations. Selon M. Aïter, le point le plus dangereux est situé à Hussein-Dey au niveau de la rue de Tripoli où se trouve la voie du tramway, outre d’autres points au niveau des communes d’El Harrach, Bouzaréah et Bir-Mourad-Raïs.

En cas d’émission d’un bulletin météorologique prévoyant de fortes chutes de pluie à Alger, les agents d’Asrout interviennent de manière périodique et continue au niveau des points noirs recensés à Alger, déjà touchés par les inondations, car situés dans des régions basses, a indiqué le responsable. Ces agents ont été dotés de moyens techniques modernes pour faire face aux inondations, assainir le réseau d’eau des résidus de terres amassés par les pluies et les avaloirs des feuilles d’arbres et différents déchets, a ajouté l’intervenant. En prévision de la saison hivernale, M. Aïter a fait savoir que ces services avaient procédé, jusqu’à ce mois en cours, à l’assainissement de plus de 67.000 avaloirs, soit 90 % des avaloirs d’Alger qui ont été nettoyés 3 ou 4 fois selon leur position, notamment ceux situés dans l’un des 12 points noirs. Alger compte près de 15.000 regards pour éviter le mélange de la terre avec l’eau potable, a rappelé le responsable qui ajoute que les agents ont procédé au nettoiement de 6393 regards, soit 45 % des regards d’Alger.

Ces agents sont également chargés de l’assainissement du réseau des eaux de pluie, en plus des 2500 canalisations d’eaux usées ainsi que les caniveaux qui s’étendent sur 4314 km pour éviter les inondations des routes par les eaux de pluie. Au-delà des efforts qui sont consentis dans le domaine de l’assainissement de la voierie pour tenter de limiter les éventuels dégâts, il se trouve que le travail des agents communaux est souvent très mal exécuté, chose qui mérite d’être souligné dans ce cadre. Pour rappel, les Algérois ont toujours à l’esprit ces scènes de panique à Alger suite à un déluge qui s’est abattu sur plusieurs quartiers en cette soirée du 1er octobre dernier. Une semaine auparavant, précisément le 22 septembre 2018, l’actuel ministre des Ressources en Eau, Hocine Necib avait déclaré : «La capitale est totalement sécurisée contre les aléas des inondations».

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