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Visite du premier ministre italien Guiseppe conte en Algérie



Six mois après sa nomination, le président du Conseil des ministres de la République italienne, Guiseppe Conte, effectue depuis hier lundi sa première visite de travail et d’amitié en Algérie. Cette visite s’inscrit dans le cadre de la promotion du dialogue politique de haut niveau entre l’Algérie et l’Italie qui sont liés par un Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération, signé à Alger, le 27 janvier 2003, par le président Bouteflika et son homologue italien. L’Algérie et l’Italie saisiront l’occasion de cette rencontre pour procéder à un échange sur les questions d’intérêt commun, aux niveaux méditerranéen, maghrébin et du Sahel. 

Des mots et des promesses

Les relations économiques entre l'Algérie et l'Italie connaissent une dynamique accrue, notamment avec un volume d'échanges commerciaux important,  qui nécessite toutefois la multiplication de partenariats diversifiés dans les activités productives. Ainsi, la visite du président du Conseil des ministres italien, Giuseppe Conte a été l'occasion pour les deux pays d'explorer les voies et moyens permettant d'élargir leur coopération économique. Les relations économiques algéro-italiennes restent toujours marquées par la dominance du secteur de l'énergie grâce auquel l'Italie est, depuis plusieurs années, à la tête du podium des principaux clients de l'Algérie. En effet, les exportations algériennes vers l'Italie, composées principalement des hydrocarbures, ont atteint 5,55 milliards de dollars en 2017, en hausse de 6,4% par rapport à 2016.  L'Italie est considérée comme l'une des principales destinations du gaz naturel algérien grâce au gazoduc Transméditerranéen pipeline, appelé également gazoduc Enrico Mattei, fruit du partenariat conclu en 1977 entre le groupe national des hydrocarbures Sonatrach et la compagnie énergétique italienne ENI. Les deux groupes négocient actuellement le renouvellement des contrats d'exportation arrivant à terme en 2019. Par ailleurs, Sonatrach et ENI poursuivent leurs efforts en quête de nouvelles opportunités en matière de coopération. Dans ce sens, les deux parties ont un accord portant sur l'exploration et l'évaluation du potentiel pétrolier du bassin offshore algérien (exploration en mer) dans sa partie orientale (zone d’intérêt est) sur une superficie de près 15.000 km2. Les deux compagnies ont aussi signé récemment un accord prévoyant la cession à ce groupe italien de 49% des intérêts de Sonatrach sur les trois périmètres de recherches Zemlet Elarbi, Sif Fatima et Orhoud II.  Ces contrats de recherche et exploitation d'une durée de 25 années seront financés à hauteur de 51% par Sonatrach et 49% par ENI. A cet effet, l’association Sonatrach-ENI prévoit de réaliser un programme d’exploration pour un investissement de plus 80 millions de dollars et un programme de travaux de développement estimé à plus d’un (1) milliard de dollars. 

ENI contribuera également à la réalisation du programme des nouvelles centrales photovoltaïques de Sonatrach. La première centrale sera mise en  service prochainement, dans la wilaya de Ouargla, avec une capacité de dix (10) mégawatts. En outre, le groupe Sonatrach compte sur l'expertise italienne pour lancer son vaste programme de pétrochimie.  A ce propos, il a avait conclu en 2017 un protocole d'entente avec la société italienne Versalis pour la réalisation d'études relatives à des projets pétrochimiques. Le protocole d'entente avec Versalis (filiale à 100% d'ENI) porte sur les études de faisabilité de réalisation de complexes pétrochimiques en Algérie, et le renforcement de la coopération entre les deux sociétés dans le domaine de la pétrochimie. Mais en attendant la réalisation de ce programme ambitieux, Sonatrach a signé en mai dernier un contrat avec l'américain ExxonMobil portant acquisition par la compagnie algérienne de la raffinerie d’Augusta en Italie, d’une capacité de traitement de 10 millions de tonnes/an. Cette acquisition permettra notamment de réduire sensiblement la facture de l'importation des carburants. Toutefois, devant la dominance du secteur énergétique sur les relations économiques avec l'Italie, l'Algérie se penche sur les possibilités de diversifier sa coopération avec ce partenaire européen à travers la relance de l'appareil productif national. L'Italie est appelée, ainsi, à tirer profit de la position avantageuse de ses produits sur le marché algérien pour multiplier ses investissements hors hydrocarbures en Algérie qui aspire à réduire la facture des importations en privilégiant la production locale. Durant les neuf premiers mois de 2018, l'Algérie s'est approvisionnée auprès de l'Italie pour 2,8 milliards de dollars, en hausse de près de 6% comparativement à la même période de l'année 2017. Mais en matière d'investissements, la présence italienne reste encore timide. Selon le rapport de l'Agence nationale de développement des investissements (ANDI), les projets d'investissement mixtes déclarés sur les neuf premiers mois de 2017 (derniers chiffres officiels disponibles) placent l'Italie au 11e  rang avec seulement deux (2) projets d'un montant de 429 millions de dinars. Dans le cadre des actions pour booster le partenariat bilatéral, le Forum des chefs d’entreprise (FCE) et l'ambassade d’Italie en Algérie avaient créé, en 2016, le Club d’affaires algéro-italien (CAAI), qui vise à mettre en place un cadre de coopération formel entre les entreprises des deux pays, permettant de favoriser davantage le développement de partenariats durables et plus diversifiés.

En outre, le consulat général d’Algérie à Milan va organiser le 29 de ce mois en cours un forum économique algéro-italien dédié aux opportunités d’affaires et d’investissements en Algérie, et ce, en collaboration avec l’Association professionnelle italienne Assolombarda. Près de 80 chefs d’entreprise italiens, dont la plupart fait partie de cette association, prendront part à ce forum économique qui intervient dans la continuité du premier forum tenu en 2016 à Milan.  L'Italie veut des relations énergétiques durables avec l'Algérie notamment en matière d'approvisionnements en gaz, a affirmé recemment l'ambassadeur d’Italie en Algérie, Pasquale Ferrara : «Comme il s'agit d'un investissement très important, les entreprises dans le secteur de l'énergie cherchent par définition une relation durable dans le temps. J'ai beaucoup de confiance que les négociations en cours (concernant les contrats de livraison du gaz arrivant à terme) vont produire un bon résultat». L'ambassadeur était interrogé par la presse sur les récentes déclarations du P-dg de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour,  considérant que l’Europe «n’était pas très claire» sur ses objectifs d’approvisionnement en gaz et continuait d’imposer des conditions «inacceptables» à la partie algérienne : «Je ne peux pas parler au nom des Européens, mais nous concernant, les discutions se déroulent très bien (…). C'est une perspective de longue haleine. Après, on peut négocier des petits détails et des contraintes», a-t-il souligné. Ferrara a fait part également de l'intérêt du groupe énergétique italien ENI pour l'investissement dans le domaine pétrochimique et dans la prospection du pétrole et du gaz en offshore afin de «chercher de nouvelles possibilités énergétiques pour l'Algérie». Pour lui, ces projets en cours de négociation, traduisent une «diversification des intérêts des entreprises énergétiques italiennes en Algérie».

Concernant une éventuelle installation du constructeur automobile Fiat Chrysler en Algérie, l'ambassadeur a indiqué qu'une délégation du groupe italien était venue en Algérie, pour étudier ce dossier. A ce titre, Fiat Chrysler examine particulièrement les règles fixées par le gouvernement à travers le nouveau cahier des charges. Il a par ailleurs souligné l'intérêt porté par les entreprises italiennes à l'investissement en Algérie dans les domaines du ciment, de la production d'ascenseurs, des travaux publics et des énergies renouvelables. L'ambassadeur italien a réitéré l'appui de son pays aux efforts de l'Algérie dans la diversification de son économie, d'où l'importance de dynamiser le Club d'affaires algéro-italien (CAAI). Le club vise à mettre en place un cadre de coopération formel entre les entreprises des deux pays, permettant de favoriser davantage le développement de partenariats durables et plus diversifiés.

Il s’agit d’une structure associative qui favorise le contact directe entre les opérateurs économiques algériens et italiens afin d’encourager les échanges commerciaux et promouvoir les opportunités de partenariat notamment en accompagnant les entreprises italiennes désireuses de s’installer en Algérie. De son côté, le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Ali Haddad, a relevé le niveau «très élevé» de l'Italie en matière d'industrie appelant les entrepreneurs algériens à profiter de leur savoir-faire. A ce titre, le CAAI constitue un cadre adapté pour aider les entrepreneurs algériens à mieux mûrir leurs projets de partenariats avec les Italiens et promouvoir des échanges plus équilibrés entre les deux parties, a-t-il noté. Par ailleurs, Haddad a fait savoir que son groupe de travaux publics ETRHB envisage d'investir dans le domaine du ciment avec une capacité de production allant jusqu'à 5 millions de tonnes en 18 mois et de 10 millions de tonnes en 36 mois. Pour rappel, l'Italie est le premier client de l'Algérie et son troisième fournisseur avec un volume global d'échanges de près de 9,3 milliards de dollars en 2017.

Les exportations algériennes vers l'Italie ont atteint 5,548 milliards de dollars, en hausse de 6,4% par rapport à 2016, tandis que ses importations ont diminué de 19,4 % pour s'établir à 3,754 milliards de dollars, selon les statistiques de la douane algérienne. Le groupe Sonatrach a expédié vers l’Italie, à la demande du groupe ENI, des quantités supplémentaires de gaz suite à l’explosion d’origine accidentelle survenue dans l’un des principaux hubs européens de distribution de gaz vers l’Europe situé à Baumgarten (Autriche). Sonatrach a répondu favorablement, une heure seulement après avoir été sollicité par son partenaire et client ENI, pour pallier le déficit partiel occasionné par cet incident. Le groupe algérien a ainsi expédié vers l’Italie des quantités supplémentaires de gaz, soit 12 millions de m3, destinées à assurer la continuité des flux gaziers. A travers cette opération de livraison d’importantes quantités supplémentaires de gaz dans des délais très réduits, Sonatrach conforte et confirme, en toutes circonstances, «sa position de fournisseur fiable de gaz vers l’Europe», permettant l’approvisionnement ininterrompu, aux côtés d’autres opérateurs des régions impactées par cet incident.

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