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Performance et innovation



L’Algérie n’échappe pas à la règle. Le progrès des nations se mesure à leur performance et à celle de leurs systèmes de formation. En ce sens, il va sans dire que la contribution du système éducatif à la croissance devrait être un élément essentiel, sinon indéniable, dès lors qu’il est établi que l’Etat est le seul à mettre les moyens qu’il faut, notamment financiers, pour soutenir cette grande œuvre en vue d’une performance économique innovante inscrite dans la durée et à travers les temps.

L’éducation, le maillon manquant !

Selon les spécialistes ayant eu à traiter de la question, le rapport existant entre le développement en général et l’éducation, peut se mesurer à travers l’analyse de la performance en matière de productivité et d’innovation. Pour ce qui est de notre pays, les avis sont certes partagés suivant que nous prenions en considération les investissements colossaux consommés, ou les résultats obtenus depuis l’indépendance par une école que d’aucuns qualifie de «sinistrée».

En effet, d’un point de vue général, le constat est peu rassurant, d’autant que l’on observe une croissance de la productivité déclinante et une détérioration en termes d’innovation. Pour s’en convaincre, il suffirait peut-être de voir le niveau de nos cadres moyens et les classements, souvent aux dernières loges, de nos universités.

Arbitrage entre efficacité et égalité

Cependant, il sera utile de noter que l’étude de la performance reste incomplète, si elle ne prend pas également en considération l’impact des inégalités face à l’école. D’un point de vue purement méthodologique, les professeurs Philippe Aghion et Élie Cohen, estiment que «s’il existe un arbitrage entre efficacité et égalité, un certain déficit de performance dans une dimension (l’efficacité) pourrait ainsi s’interpréter comme la contrepartie de bonnes performances dans une autre (la lutte contre les inégalités)». Cela va, donc, autant pour l’analyse générale de cette relation permanente entre le développement des Etats et les systèmes de formation que pour l’analyse de la situation spécifique à notre pays.

A ce niveau, d’aucuns ne puis affirmer que le débat sur les inégalités à l’école n’a pas droit de cité, et ce depuis que l’école est rendue gratuite et à la portée de tous. Faux. Les inégalités existent tant du point de vue des moyens mis à disposition que du traitement des apprenants et de la performance.

Cela dit, le seul facteur de l’école publique ne peut à lui seul justifier une performance supposée. C’est en ce sens que les recherches les plus récentes en la matière, soulignent la variabilité des rendements de l’éducation et le risque associé à un sous-investissement en capital humain.

Ceci dit, les politiques publiques qui visent, ainsi, à remédier aux problèmes d’incohérences, portent souvent sur la seule question des frais de scolarité, alors qu’elles devraient concerner également la contribution financière parentale ou ce qui est couramment désigné sous le vocable de «la discrimination positive».

Pour une meilleure performance de l’école

En effet, cet aspect de la réalité a toujours été dans la ligne de mire du gouvernement, lequel -peut-être par incohérence dans la gestion- entreprend bien des actions qui -au lieu de les inclure dans le registre des investissements pour une meilleure performance de l’école- les a souvent assimilé à des actions de solidarité qui démontrent que les disparités sociales sont une réalité que d’aucuns ne puis ignorer.

Prenons l’exemple de l’année 2014, où le secteur de l’éducation a réservé une bonne partie de son budget pour ce genre d’actions. Selon le ministère de l’Education nationale, à propos du programme de soutien scolaire au profit des élèves, l’on rappelle qu’une enveloppe de 50 milliards de DA a été consacrée à l’aide des familles algériennes lors de la rentrée scolaire 2012-2013.

Cette enveloppe est appelée, selon les prévisions du ministère, à couvrir les besoins de plus de 8 millions d’élèves inscrits. Elle consistera à financer les actions de solidarité scolaire, dont on cite la prime de scolarité, la gratuité du manuel scolaire pour les élèves de première année primaire et le cours préparatoire ainsi que la restauration, le transport et la santé scolaire. Dans le même registre, il sera utile de préciser que rien que pour la prime de scolarité, communément appelée «prime du président», de l’ordre de 3000 DA l’élève, l’Etat devra débourser pas moins de de 9 milliards de DA, afin de répondre aux besoins de quelques 3 millions d’élèves classés dans la catégorie des démunies socialement.

Concernant la gratuité du manuel scolaire, le trésor public ne sera pas pour autant épargner, puisque les besoins de quelques 4 millions d’élèves seront assurés. Côté finances, l’enveloppe n’est pas des moindre puisqu’elle est de l’ordre de 6,5 milliards de DA.

Toujours dans le cadre des actions relevant du «social», l’Etat semble ne pas ménager sa bourse puisque en plus des cas déjà cités, d’autres catégories, des moins défavorisées vont bénéficier de sa générosité. On cite, entre autres, l’enveloppe de 2 milliards de dinars consacrée aux bibliothèques scolaires, celle de la restauration dont bénéficieront quelques 3 millions d’élèves, et dont les coûts sont majorés, et, en fin, la dépense qui sera induite par le transport scolaire qui sera assuré par pas moins de 4 565 bus, afin d’assurer le transport de près de 600.000 élèves des trois cycles scolaires.

Cela dit, le volet santé n’est pas mis devant l’œil aveugle, puisque le ministre en charge du secteur a annoncé, à la même occasion, que les élèves souffrant de problèmes de vue notamment le strabisme (quelque 147 622 en 2012), seront pris en charge, en application du décret exécutif 12-159 publié le 1er avril dernier par le ministère de l’emploi, du travail et de la sécurité sociale. Ce qui s’ajoute au renforcement prévu des unités de dépistage et de suivi (UDS) pour les élèves de la première année de chaque cycle ainsi que pour les élèves des autres classes qui, sans le dire, devra encore couter quelques milliards.

Pour la précision, il sera aussi utile de noter que le budget global réservé au secteur de l’éducation dans le cadre de la loi de finances pour l’année 2012, est de l’ordre de 544.383.508.000 DA. En ce sens, si l’on fait la comparaison d’avec les autres secteurs d’activité, l’on se rendra compte que le budget de l’éducation se place en troisième position après ceux de l’intérieur et des collectivités locale (deuxième position avec 622.260.318.000 DA) et de la défense nationale (première position, avec 723.123.173.000).

Disparités incommensurables…

C’est, donc, là où apparaissent les disparités, où les élèves les plus nantis, dont les parents peuvent se permettre une scolarisation chez le privé de leurs enfants, ont plus de chance d’accéder à une formation de qualité répondant aux standards internationaux. A ce stade, faut-il toutefois ne pas crier à la victoire, puisque les écoles privées qui répondent aux exigences pédagogiques requises ne sont pas légion. L’exception n’étant jamais la règle.

De ce point de vue, on est amené à conclure que le déficit demeure toujours conséquent tant que les investissements consentis ne sont pas orientés vers le développement de la performance. Et cela va autant pour le volet prise en charge que pour celui des programmes de formation en total inadéquation avec la réalité et l’évolution de la société et des besoins de notre économie. Preuve en est, les diplômés du système actuel sont loin de répondre aux exigences du marché. Pis encore, l’on continue, en haut lieu, à défendre les résultats médiocres de notre école en essayant de démontrer la réussite d’un système qui échoue lamentablement, jusqu’à ne pouvoir produire -du moins pour une grande majorité- que des gens instruits moyennement. Pour les initiés, le système éducatif algérien n’a réussi qu’une prouesse : celle d’avoir formé des «incompétents» et des «illettrés polyglottes»

Selon les spécialistes ayant eu à traiter de la question, le rapport existant entre le développement en général et l’éducation, peut se mesurer à travers l’analyse de la performance en matière de productivité et d’innovation. Pour ce qui est de notre pays, les avis sont certes partagés suivant que nous prenions en considération les investissements colossaux consommés, ou les résultats obtenus depuis l’indépendance par une école que d’aucuns qualifie de «sinistrée».

En effet, d’un point de vue général, le constat est peu rassurant, d’autant que l’on observe une croissance de la productivité déclinante et une détérioration en termes d’innovation. Pour s’en convaincre, il suffirait peut-être de voir le niveau de nos cadres moyens et les classements, souvent aux dernières loges, de nos universités.

Arbitrage entre efficacité et égalité

Cependant, il sera utile de noter que l’étude de la performance reste incomplète, si elle ne prend pas également en considération l’impact des inégalités face à l’école. D’un point de vue purement méthodologique, les professeurs Philippe Aghion et Élie Cohen, estiment que «s’il existe un arbitrage entre efficacité et égalité, un certain déficit de performance dans une dimension (l’efficacité) pourrait ainsi s’interpréter comme la contrepartie de bonnes performances dans une autre (la lutte contre les inégalités)». Cela va, donc, autant pour l’analyse générale de cette relation permanente entre le développement des Etats et les systèmes de formation que pour l’analyse de la situation spécifique à notre pays.

A ce niveau, d’aucuns ne puis affirmer que le débat sur les inégalités à l’école n’a pas droit de cité, et ce depuis que l’école est rendue gratuite et à la portée de tous. Faux. Les inégalités existent tant du point de vue des moyens mis à disposition que du traitement des apprenants et de la performance.

Cela dit, le seul facteur de l’école publique ne peut à lui seul justifier une performance supposée. C’est en ce sens que les recherches les plus récentes en la matière, soulignent la variabilité des rendements de l’éducation et le risque associé à un sous-investissement en capital humain.

Ceci dit, les politiques publiques qui visent, ainsi, à remédier aux problèmes d’incohérences, portent souvent sur la seule question des frais de scolarité, alors qu’elles devraient concerner également la contribution financière parentale ou ce qui est couramment désigné sous le vocable de «la discrimination positive».

Pour une meilleure performance de l’école

En effet, cet aspect de la réalité a toujours été dans la ligne de mire du gouvernement, lequel -peut-être par incohérence dans la gestion- entreprend bien des actions qui -au lieu de les inclure dans le registre des investissements pour une meilleure performance de l’école- les a souvent assimilé à des actions de solidarité qui démontrent que les disparités sociales sont une réalité que d’aucuns ne puis ignorer.

Prenons l’exemple de l’année 2014, où le secteur de l’éducation a réservé une bonne partie de son budget pour ce genre d’actions. Selon le ministère de l’Education nationale, à propos du programme de soutien scolaire au profit des élèves, l’on rappelle qu’une enveloppe de 50 milliards de DA a été consacrée à l’aide des familles algériennes lors de la rentrée scolaire 2012-2013.

Cette enveloppe est appelée, selon les prévisions du ministère, à couvrir les besoins de plus de 8 millions d’élèves inscrits. Elle consistera à financer les actions de solidarité scolaire, dont on cite la prime de scolarité, la gratuité du manuel scolaire pour les élèves de première année primaire et le cours préparatoire ainsi que la restauration, le transport et la santé scolaire. Dans le même registre, il sera utile de préciser que rien que pour la prime de scolarité, communément appelée «prime du président», de l’ordre de 3000 DA l’élève, l’Etat devra débourser pas moins de de 9 milliards de DA, afin de répondre aux besoins de quelques 3 millions d’élèves classés dans la catégorie des démunies socialement.

Concernant la gratuité du manuel scolaire, le trésor public ne sera pas pour autant épargner, puisque les besoins de quelques 4 millions d’élèves seront assurés. Côté finances, l’enveloppe n’est pas des moindre puisqu’elle est de l’ordre de 6,5 milliards de DA.

Toujours dans le cadre des actions relevant du «social», l’Etat semble ne pas ménager sa bourse puisque en plus des cas déjà cités, d’autres catégories, des moins défavorisées vont bénéficier de sa générosité. On cite, entre autres, l’enveloppe de 2 milliards de dinars consacrée aux bibliothèques scolaires, celle de la restauration dont bénéficieront quelques 3 millions d’élèves, et dont les coûts sont majorés, et, en fin, la dépense qui sera induite par le transport scolaire qui sera assuré par pas moins de 4 565 bus, afin d’assurer le transport de près de 600.000 élèves des trois cycles scolaires.

Cela dit, le volet santé n’est pas mis devant l’œil aveugle, puisque le ministre en charge du secteur a annoncé, à la même occasion, que les élèves souffrant de problèmes de vue notamment le strabisme (quelque 147 622 en 2012), seront pris en charge, en application du décret exécutif 12-159 publié le 1er avril dernier par le ministère de l’emploi, du travail et de la sécurité sociale. Ce qui s’ajoute au renforcement prévu des unités de dépistage et de suivi (UDS) pour les élèves de la première année de chaque cycle ainsi que pour les élèves des autres classes qui, sans le dire, devra encore couter quelques milliards.

Pour la précision, il sera aussi utile de noter que le budget global réservé au secteur de l’éducation dans le cadre de la loi de finances pour l’année 2012, est de l’ordre de 544.383.508.000 DA. En ce sens, si l’on fait la comparaison d’avec les autres secteurs d’activité, l’on se rendra compte que le budget de l’éducation se place en troisième position après ceux de l’intérieur et des collectivités locale (deuxième position avec 622.260.318.000 DA) et de la défense nationale (première position, avec 723.123.173.000).

Disparités incommensurables…

C’est, donc, là où apparaissent les disparités, où les élèves les plus nantis, dont les parents peuvent se permettre une scolarisation chez le privé de leurs enfants, ont plus de chance d’accéder à une formation de qualité répondant aux standards internationaux. A ce stade, faut-il toutefois ne pas crier à la victoire, puisque les écoles privées qui répondent aux exigences pédagogiques requises ne sont pas légion. L’exception n’étant jamais la règle.

De ce point de vue, on est amené à conclure que le déficit demeure toujours conséquent tant que les investissements consentis ne sont pas orientés vers le développement de la performance. Et cela va autant pour le volet prise en charge que pour celui des programmes de formation en total inadéquation avec la réalité et l’évolution de la société et des besoins de notre économie. Preuve en est, les diplômés du système actuel sont loin de répondre aux exigences du marché. Pis encore, l’on continue, en haut lieu, à défendre les résultats médiocres de notre école en essayant de démontrer la réussite d’un système qui échoue lamentablement, jusqu’à ne pouvoir produire -du moins pour une grande majorité- que des gens instruits moyennement. Pour les initiés, le système éducatif algérien n’a réussi qu’une prouesse : celle d’avoir formé des «incompétents» et des «illettrés polyglottes»

www.lejournaldelemploi.dz