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Préservation de l'environnement



Il est deux thèses qui s’opposent, voire s’affrontent quant à la question récurrente de la préservation de l’environnement de telle manière à participer à un meilleur cadre de vie. Les uns incriminent l’incivisme de l’administré, l’éco-responsabilité ou le geste écocitoyen qui fait défaut ; les autres décrient l’apathie dont font montre les collectivités locales en matière de gestion urbaine et de protection environnemental dans tous ses segments.

L’écogeste, talon d’Achille du citoyen

Lors de ces deux dernières décades, l’urbanisation effrénée, générée par la croissance urbaine, n’a eu de cesse de provoquer une exacerbation des conflits entre la population et son environnement. Au point de rendre inhospitalière nos cités. Alger, pour ne citer que cette grande mégalopole en est le parfait exemple, en raison de notre comportement hostile à l’égard de l’environnement. Le constat n’est pas, faut-il relever, aussi reluisant dans les zones suburbaines ou campagnardes où l’anarchie urbanistique que nous renvoie le décor est patente : le béton gargantuesque est érigé non sans faire le pied de nez à dame nature. Celle-ci est agressée au fil des ans par une urbanisation qui s’y plait à se mettre en porte-à-faux avec une architecture appropriée, agréable et censée épouser le décor bucolique. 

Même les corridors ou ces frontières supposées limiter une commune d’une autre sont happés par la hideur grise des bâtisses inachevées qui côtoient, sans gêne aucune, les monticules d’immondices et de gravats. La logique des Plans de développement communal introduit-elle des aménagements à même de considérer à sa juste valeur l’environnement ? Rien n’est moins sûr dans la mesure où il n’est pas aisé d’entrevoir cette association intime, voire cette symbiose tissée entre le bâti et sa«bulle»qu’est Dame nature. A telle enseigne que cette dysharmonie n’a pas laissé insensible, il y a plus d’une dizaine d’années, le premier magistrat du pays en exhortant les urbanistes et les maîtres d’ouvrage à «se rapprocher des gens des beaux-arts».

Il n’est pas hasardeux également de voir cet esprit de beylick poindre dans nos quartiers où chacun a fini par s’autoriser son «petit bled» dans la tête, à la faveur d’une gestion aléatoire des déchets urbains que conjugue un incivisme criant. On se débarrasse de nos résidus dans l’espace urbain commun, en les balançant n’importe où, n’importe comment et le moment qui nous arrange. La mission de la police de l’urbanisme et de la protection de l’environnement (PUPE) est confinée, faut-il noter, dans l’établissement des procès-verbaux, seulement. La rigueur dans la gestion de la ville et la coercition contre les réfractaires ne sont pas de mise. 

Les interventions viciées effectuées par les permissionnaires de voirie révèlent on ne peut clair l’absence de contrôle. Dès lors une foule d’interrogations nous turlupinent quant à la dégradation de notre environnement, notamment l’état des lieux de la salubrité publique dans lequel se vautre le citoyen qui, sommes-nous tenu de relever, a désappris à composer avec le bien-être public dans sa commune. Il n’est pas moins évident que, par ricochet, le bienfait social en pâtit. 

Dans ce contexte, il est deux thèses qui s’opposent, voire s’affrontent quant à la question récurrente de la préservation de l’environnement. Les uns incriminent l’incivisme de l’administré, l’éco- responsabilité ou le geste écocitoyen qui fait défaut, les autres décrient l’apathie dont font montre les collectivités locales en matière de gestion urbaine et de protection environnemental dans tous ses segments. Dans la presse, on lit un peu partout que certaines communes ou quartiers croulent sous les ordures. 

Les citoyens se plaignent du paysage répugnant de leurs cités au moment où ceux qui veillent à l’hygiène publique, par l’entremise de Netcom et Extranet et autres Epic Asrout et Hurbal s’en défendent à fer émoulu qu’ils ne lésinent pas sur les moyens et ne ménagent aucun effort à donner fière allure à la ville grâce aux tâches complexes, loin d’être une sinécure, disent-ils, auxquelles ils s’adonnent journellement. Mais la réalité est têtue et nous édifie sur un état des lieux de l’intra-urbain on ne peut plus repoussant. Résultat : les deux parties se renvoient la balle. Un dialogue de sourds s’installe et un cadre de vie déplorable qui enlise au fil des jours la cité dans sa fange. 

A croire que la gestion de collecte et de ramassage de nos déchets urbains relève de la quadrature du cercle au moment où sous d’autres cieux les déchets ménagers sont valorisés à travers d’abord le tri sélectif pour leur recyclage, avant de voir une bonne partie servir d’inputs pour faire fonctionner les usines d’incinération, permettant de produire de l’électricité urbaine pour des centaines de milliers de foyers, notamment. Dès lors, la question réside-t-elle dans l’insuffisance de moyens en matière de ressources humaines et financières affectées à nos Epic chargés de débarrasser le plancher de la ville des résidus ? Incombe-t-elle à la politique publique des gestionnaires de la cité ? Ou serait-ce l’indifférence de la société civile dont le réflexe éco citoyen est, faut-il souligner, loin d’être son credo, voire dans bien des cas, aux antipodes du «bien vivre ensemble» et du respect de l’environnement immédiat dans lequel elle évolue. 

La société civile, meilleur partenaire pour la préservation de l’environnement

 Au-delà de ces questionnements relatifs à la salubrité publique tant à l’intérieur de la ville (espace intra-urbain), qu’à l’extérieur de la ville, sa propreté, son agencement, sa cohésion urbaine et son harmonie, il serait simpliste de stigmatiser l’autre pour juste se soustraire de sa responsabilité dans une géographie partagée pourtant par tout un chacun. Comme il serait superflu de multiplier les Epic sans en semer la graine de la culture écologique, visant à faire naître une attitude responsable chez l’enfant d’abord, dans l’école principalement, puis faire évoluer des réflexes éco responsables chez la population.

Dans la foulée, serait-il malvenu de souligner que l’enfant chez nous, ne fait pas encore la différence entre un pot de fleurs et un bac à ordures ? Le garnement ne sait pas que s’il ne jette pas l’emballage de son bonbon dans la rue, il économisera le geste de nettoyer. 

Il ne sait pas non plus qu'' «arracher une plante, c'est déranger une étoile» pour reprendre une sagesse grecque chargée de bon sens et qui met en évidence l'interaction qu'il y a entre ciel et terre. Le geste raisonnable semble parfois nous échapper, car ne dit-on pas que «nettoyer c’est bon, ne pas jeter c’est mieux». Ce qui nous renvoie à juste titre au pertinent axiome de Nicolas Hulot : «L'écologie est aussi et surtout un problème culturel, le respect de l'environnement passe par un grand nombre de changements comportementaux». Pour ce faire, n’y a-t-il pas lieu de mobiliser des ressources à même de sensibiliser le citoyen et lui faire prendre conscience des enjeux de son environnement ?

A l’exemple des spots de sensibilisation diffusés sur certaines chaînes Tv mettant en avant la nécessité de faire preuve de modération dans la consommation d’énergie domestique, le rôle prépondérant des médias dans des campagnes d’information d’intérêt public serait davantage salutaire dans une entreprise d’hygiène publique ciblant les pensionnaires de nos cités à acquérir des aptitudes éco gestes vis-à-vis de l’environnement et, par extension, améliorer leur cadre de vie. Il va sans dire que les autorités locales ne doivent pas être en reste, encore moins à la traîne. Elles ne doivent non plus se montrer chiches en matière d’initiative pour le bien-être public. 

N’est-ce pas que la mission qui échoit aux gestionnaires de la ville est de favoriser de nouvelles valeurs, de nouvelles habitudes, de nouveaux comportements susceptible d’asseoir la notion du respect de l’environnement dans toute action publique et ce, grâce à une concertation permanente avec la population permettant de dégager des solutions communes sur les questions environnementales, en général et le volet propreté publique, en particulier ? En tout cas, c’est l’effort à consentir pour un développement participatif durable et le prix à payer pour un cadre de vie urbain hospitalier.